-ure, -ature : suffixe formateur de substantifs féminins à partir d'un adjectif, d'un substantif ou plus souvent d'un verbe.
-ure signifie le fait d'être, pour une personne ou une chose, ce que signifie l'adjectif de base.
courbé, une courbature.
-ure ou -ature a une valeur collective en rapport avec le substantif de base.
un cheveu, une chevelure.
un muscle, une musculature.
-ure signifie le fait d'avoir certaines des qualités du substantif de base :
un nerf, une nervure.
La base est un verbe : -ure ou -ature signifie l'accomplissement d'un procès ou la manière dont il s'accomplit, éventuellement, par métonymie, ce qui est ainsi accompli, le résultat de l'action.
baver, une bavure.
filer, une filature.
À un substantif en -age ou en -ment désignant une action, peut correspondre un dérivé en -ure désignant le résultat concret. Le suffixe -ment s'oppose souvent à -ure et à -age, plus voisins.
un balayage, une balayure.
un courbement, une courbure.
un égouttement, un égouttage, une égoutture.
un déferrage, un déferrement, une déferrure.
De nombreux mots en -(at)ure sont des emprunts au latin.
armature, clôture, manufacture, pâture, préfecture, quadrature, questure,...
-ure est un suffixe utilisé en chimie pour désigner un anion monoatomique qui, associé à un autre élément, forme un composé binaire en particulier, dans le nom des sels et des éthers-sels des acides suffixés en -hydrique.
Les mots construits sont des substantifs masculins : un amidure, un antimoniure, un borure,...
-ure est tiré du latin -urus (du grec « queue ») :
un animal dont la queue est caractérisée par le premier élément : un cœnure, un gymnure, un ménure, un oxyure, un pachyure.
une plante identifiée dans la taxinomie populaire par sa ressemblance avec la queue d'un animal : un léonure, un myosure.
-ure en chimie
Dans la Méthode de nomenclature chimique de 1787, Lavoisier et ses collègues écrivaient : « Nous trouvons dans ces trois mots comparables, carbure, sulfure & phosphure […] un moyen de donner une idée exacte de combinaisons analogues, & de les distinguer d’avec tous les autres composés. » Ce texte instaurait l’usage du suffixe -ure en chimie, adopté en particulier par GayLussac pour le cyanure en 1815. On voit que le suffixe s’ajoute au radical du mot latin de base, en l’occurrence ici : carbo, carbonis ; sulfur, sulfuris ; phosphorus, phosphori ; cyanus, cyani, alors que sont formés sur le génitif de ces mots les noms des acides carbonique, sulfurique, phosphorique et cyanique, dont le sel est un cyanate. Un cas particulier : on connaît l’acide hétérocyclique, l’acide cyanurique, où l’adjectif n’est pas formé sur cyanure, mais sur cyan- et -urique « relatif à l’urée », cet acide étant un dérivé de l’urée. En anglais, à la place de -ure, on emploie le suffixe -ide de oxide (d’ailleurs emprunté à la Nomenclature de 1787), d’où les formes distinctes de cyanide et cyanuric acid. Idem en allemand : Cyanid et Cyanursäure. En dehors de la chimie, le suffixe -ure est courant en français dans les mots abstraits (cf. nomenclature) et en zoologie, où l’élément ure signifie « queue » du grec oura, « queue ». Ainsi, le mot oxyure ne désigne pas un dérivé de l’oxygène, mais un vilain petit ver parasite dont la queue (ure) est en pointe (oxy) ! En savoir plus : À propos de cyanures, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 437.
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