Un nobiliaire est un registre contenant le relevé des familles nobles. L'adjectif nobiliaire signifie qui appartient à la noblesse, qui lui est propre, qui la concerne. Ce mot est dérivé du latin nobilis (noble), avec le suffixe -aire.
Le nom et adjectif nobilissime était, dans l'histoire romaine, un qualificatif honorifique.
Une nobilité est la qualité d'une terre noble.
Un noble était une monnaie d'or.
A. L'adjectif noble qualifie quelqu'un qui, en France, appartient, par naissance ou par anoblissement, à une classe sociale exerçant à l'origine le métier des armes ou, plus tardivement, certaines charges, et en jouissant, en contrepartie, de certains privilèges ; quelqu'un qui, hors de France, appartient par naissance, fonction, élévation par le souverain, à une classe sociale jouissant de certaines prérogatives ; ce qui est propre aux nobles ; leur est relatif ; ce qui appartient à un noble, à une famille noble ; ce qui est composé de nobles ; ce qui est habité, occupé par des nobles. Une, un noble sont ceux qui appartiennent par naissance, fonction, élévation par le souverain, à une classe sociale jouissant de certaines prérogatives, charges ou privilèges. Ce mot est emprunté au latin nobilis (de noscere « connaitre » proprement « ce que l'on peut connaitre »), de là « connu ; bien connu, fameux (pour une personne ou une chose)», par extension « de famille noble, de naissance noble ; noble », nobiles « les nobles, la noblesse » (la nobilitas comprenant les patriciens, les plébéiens arrivés aux magistratures curules et leurs descendants).
B. L'adjectif noble qualifie ce qui est supérieur au reste de la catégorie, de l'ensemble, de l'espèce ; ce qui présente, possède certaines qualités considérées comme essentielles ou supérieures ; ce qui est exempt de vulgarité, de bassesse ; ce qui dénote des sentiments élevés, a de la distinction dans son allure, son comportement, sa personnalité ; ce qui a, manifeste de la dignité, de la générosité, de la grandeur dans sa pensée, dans sa conduite ; ce qui dégage une impression de grandeur, de majesté ; ce qui a des caractères empreints de régularité, de majesté, d'ampleur ; ce qui est perfectionné, d'excellente qualité, de haut niveau. Le noble est ce qui est élevé, dénué de vulgarité ; ce qui se distingue par sa qualité, sa pureté, son harmonie, sa majesté.
L'adverbe noblement signifie d'une façon noble.
Une noblesse est une qualité par laquelle quelqu'un est noble ; l'ensemble des gentilshommes et des anoblis ; un ordre social dont les membres exercent certaines fonctions et détiennent en contrepartie certains privilèges ; l'ensemble de ses membres ou de leurs descendants.
Péjorativement, une noblaillerie est le désir de paraitre noble, une prétention à la noblesse. Une noblaillonne ou noblilionne, nobillonne, noblionne, un noblaillon ou nobliau, noblilion, nobillon, noblion sont des personnes de petite noblesse ou de noblesse douteuse.
On a lu le verbe noblifier signifiant ennoblir, une noblifieuse, un noblifieur, ceux qui noblifient.
Voir aussi le Dictionnaire des belgicismes.
L'adjectif ignoble qualifiait ce qui n'est pas noble, qui est propre à une personne de basse condition ; qui appartient à la réalité commune, est trivial(e), prosaïque ; il qualifie ce qui est abject, infâme, vil ; ce qui choque violemment les sens ou le bon gout ; ce qui cause une vive répugnance. Ce mot est emprunté au latin ignobilis « de basse naissance ; inconnu, obscur ». L'adverbe ignoblement signifie d'une façon ignoble.
L'adjectif et le nom anobli, anoblie, qualifient une personne nouvellement anoblie. Le verbe anoblir signifie rendre noble ; donner la qualité de noble ou un titre de noblesse et les droits y afférant ; ennoblir, donner les qualités physiques ou morales propres à la noblesse. S'anoblir signifie acquérir légitimement la qualité de noble ou un titre de noblesse ; prendre les qualités physiques ou morales propres à la noblesse. L'adjectif anoblissant, anoblissante, signifie qui confère la noblesse. Un anoblissement est l'action d'anoblir ; le résultat de cette action ; les droits moraux attachés à une élite.
Le verbe ennoblir signifie donner les qualités physiques ou morales propres (ou supposées telles) à la noblesse ; donner à quelqu'un, lui conférer de la noblesse, de la richesse morale, de la dignité, de l'honneur, accroître sa considération ; empreindre quelque chose de noblesse, lui donner un air noble, honorable ; augmenter son éclat ; améliorer les qualités d'un matériau. L'adjectif ennoblissant, ennoblissante, qualifie ce qui ennoblit quelqu'un, quelque chose. Un ennoblissement est !'action d'ennoblir et le résultat de cette action.
Anoblir et ennoblir sont deux verbes dérivés de noble, mais ils ont aujourd’hui des sens différents. Le premier signifie que l’on confère à une personne ou à une famille les titres, droits et prérogatives de la noblesse. On dit ainsi que la cérémonie de l’adoubement anoblissait l’homme de guerre du haut Moyen Âge. Jadis, on trouvait aussi ce verbe employé absolument dans l’expression le ventre anoblit, par où l’on entendait que, dans certaines contrées, la noblesse se transmettait autant par les femmes que par les hommes. Le second verbe, ennoblir, a d’abord signifié « pourvoir d’un titre de noblesse » mais en ce sens on lui préfère aujourd’hui anoblir. Il ne s’utilise plus de nos jours qu’au sens de « donner de l’élévation, de la dignité, de la noblesse à quelqu’un ou à quelque chose ». En savoir plus : Académie française.
L’histoire de la noblesse romaine est longue et complexe,
s'étendant sur plus de deux millénaires et traversant des
transformations profondes, du pouvoir politique et militaire de la
République à la sphère sociale et culturelle de l'époque moderne
et contemporaine. On peut distinguer trois grandes phases :
l’époque républicaine et impériale (antiquité), le Risorgimento
et la période monarchique (époque moderne), et l'ère
contemporaine.
À l'époque de la royauté romaine, l'élite
était composée des patres, figures religieuses et politiques qui
détenaient le pouvoir. Avec la chute de la monarchie et
l'établissement de la République (vers 509 avant J.-C.), ce groupe
s'est cristallisé en un ordre aristocratique héréditaire, le
patriciatum. Les patriciens contrôlaient les principales
magistratures, le Sénat et les terres. Leur pouvoir était fondé
sur la possession de vastes propriétés terriennes (latifundia) et
une lignée familiale revendiquant une ascendance divine. Les
premières lois romaines, telles que les Douze Tables,
témoignent des privilèges et des droits spécifiques accordés aux
patriciens.
Les tensions sociales entre patriciens et plébéiens
(le reste de la population romaine) ont conduit à des luttes pour
l'accès aux magistratures et à la redistribution des terres. Le
mariage entre patriciens et plébéiens, l'ouverture de certaines
fonctions aux plébéiens, et l'émergence de nouveaux groupes
sociaux enrichis grâce au commerce et aux conquêtes, ont
progressivement érodé le monopole patricien. Un nouveau concept de
noblesse, la nobilitas, a émergé, regroupant les familles
patriciennes et celles de nouveaux riches ayant accédé aux
magistratures cursus honorum. Cette nobilitas se basait
moins sur l'origine exclusive que sur le prestige familial et
l'exercice de fonctions publiques.
Sous l'Empire, la nobilitas
est consolidée. L'empereur s'appuie sur les familles les plus
influentes, les gentes romaines, pour constituer son administration
et son armée. Les titres et les privilèges continuent de se
transmettre au sein de ces familles. La distinction entre les
patricii et les plebei s'estompe, mais la noblesse romaine, désormais
plus souple en ses critères d’accès, demeure une force politique
et sociale majeure. La construction de villas luxueuses et
l’accumulation de richesses témoignent du faste de cette élite.
Après des siècles de fragmentation politique, l'Italie est unifiée
en 1861. La noblesse italienne, divisée entre diverses dynasties
régionales, se retrouve confrontée à un nouveau contexte national.
Certains nobles soutiennent le Risorgimento, le mouvement pour
l'unification, tandis que d'autres conservent des positions
traditionalistes. L'abolition du servage et les réformes agraires
fragilisent le pouvoir économique des grandes familles nobles.
Avec la proclamation du Royaume d'Italie, une nouvelle noblesse "de
cour" émerge autour du roi Victor Emmanuel II et de ses
successeurs. Le régime monarchique reconnaît certains titres de
noblesse existants, mais en crée également de nouveaux, souvent en
récompense de services rendus à l'État. Les familles nobles
italiennes cherchent à moderniser leurs stratégies économiques et
à s'adapter aux réalités sociales du nouveau royaume.
Plusieurs familles nobles se
distinguent durant cette période, notamment les Savoie (famille
royale), les Orsini, les Colonna, les Borghese, les Rospigliosi, les
Barberini, et les Ruspoli. Elles possèdent de vastes domaines, des
palais prestigieux à Rome et dans d'autres villes italiennes, et
jouent un rôle important dans la vie politique, économique et
culturelle du pays.
Sous le régime fasciste (1922-1943), la
noblesse italienne est confrontée à une politique de répression
des élites traditionnelles. Après la Seconde Guerre mondiale et la
proclamation de la République italienne (1946), la noblesse perd
officiellement ses privilèges politiques et juridiques. Les titres
de noblesse ne sont plus reconnus par l'État.
Aujourd'hui, la noblesse romaine et
italienne a largement disparu en tant que classe politique dominante.
Cependant, de nombreuses familles nobles continuent d'exister,
conservant un patrimoine culturel et artistique important. Elles
s'investissent de plus en plus dans des activités philanthropiques,
la restauration de monuments historiques, et la promotion de l'art et
de la culture italienne. Certaines familles gèrent des domaines
viticoles ou agricoles de renom, tandis que d'autres se sont tournées
vers le monde des affaires et de la finance.
Malgré la perte
de son pouvoir politique, la noblesse italienne conserve un certain
prestige social et culturel. Elle est souvent associée à
l'élégance, au raffinement, et à l'histoire. Les films, les romans
et les séries télévisées contribuent à maintenir l'image de la
noblesse italienne dans l'imaginaire collectif. Certaines familles
nobles organisent des événements culturels et des expositions pour
préserver et partager leur histoire et leur patrimoine.
La
noblesse en Europe, étendue géographique et concept en constante
évolution, constitue une composante majeure de l'histoire du
continent depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine. Son
existence, ses formes, ses privilèges et son rôle social varient
considérablement selon les régions, les époques et les systèmes
politiques.
Les racines de la noblesse se trouvent dans les
sociétés guerrières de l'Antiquité, où les chefs militaires et
leurs fidèles se distinguaient par leur pouvoir, leur richesse et
leur statut. En Grèce, les basileis et les aristocrates exerçaient
une influence prépondérante. À Rome, les patriciens formaient une
élite sociale et politique.
Au Moyen Âge, la noblesse européenne s'est structurée autour de la chevalerie. L'Empire carolingien a contribué à consolider le système féodal, où les seigneurs accordaient des terres (feux) à leurs vassaux en échange de services militaires. La noblesse se définissait alors par la possession de terres, l'exercice d'une justice seigneuriale et l'obligation de faire la guerre. L'importance du chevalier, figure emblématique de la noblesse, culmina au 12ème siècle avec l'établissement de la courtoisie et des tournois. La distinction entre haute noblesse (grands seigneurs, ducs, comtes) et basse noblesse (chevaliers, écuyers) s'affina.
La
noblesse française se caractérise par une grande diversité. La
noblesse de race (ou noblesse de sang) se revendiquait d'une
ascendance noble ancienne, tandis que la noblesse de charge (ou
noblesse d'épée) était conférée par le roi pour des services
rendus. La noblesse de robe émergea avec le développement de la
bureaucratie royale, regroupant les hauts magistrats.
La
noblesse anglaise, comprenant les pairs (membres de la Chambre haute
du Parlement) et la gentry (propriétaires terriens influents), a
joué un rôle crucial dans l'histoire politique du pays. Le système
féodal anglais, bien que présent, était moins rigide que sur le
continent.
Le Saint-Empire romain germanique, morcelé en de
nombreux États, a donné naissance à une noblesse très fragmentée,
composée de princes, de ducs, de comtes, de barons et de chevaliers.
Le titre impérial était convoité, mais l'autorité impériale
restait limitée.
En Espagne, les hidalgos constituaient une
classe noble de moindre importance. La Reconquista et la colonisation
des Amériques ont enrichi de nombreux nobles espagnols.
La
péninsule italienne, divisée en cités-États et royaumes, abritait
une noblesse urbaine riche et influente, souvent impliquée dans le
commerce et les arts. Les familles nobles, comme les Médicis à
Florence, ont exercé un pouvoir considérable.
Dans les
royaumes et les empires d'Europe de l'Est (Pologne, Hongrie, Russie),
la noblesse (szlachta, magnates, boiars) jouissait de privilèges
importants, notamment l'immunité fiscale et le droit de participer à
la vie politique.
La noblesse bénéficiait de nombreux
privilèges : fiscaux (exemption ou réduction d'impôts),
judiciaires (justice spécifique, immunité, etc.),
seigneuriaux (droits féodaux sur les paysans : banalités,
cens), honorifiques (titres de noblesse, droits de protocole,
etc.), accès aux hautes fonctions (armée, administration,
Église).
Au-delà de ses privilèges, la
noblesse assurait diverses fonctions : militaire (leadership
militaire, défense du territoire), politique (participation à
la prise de décision, conseil aux souverains), économique (gestion
des terres, développement de l'agriculture et du commerce),
culturelle (mécénat artistique, diffusion des idées, rôle de
modèle social).
À partir du 18ème siècle, la noblesse fut
confrontée à des défis croissants. L'ascension de la bourgeoisie,
enrichie par le commerce et l'industrie, remettait en question le
monopole économique et politique de la noblesse. Les idées des
Lumières, égalité et liberté, remettaient en cause les privilèges
de naissance. La Révolution française (1789) abolit la noblesse et
ses privilèges en France. Les révolutions libérales à travers
l'Europe (1830, 1848) ont souvent conduit à la suppression des
privilèges nobiliaires.
Cependant, la noblesse ne disparut pas
complètement. Dans de nombreux pays, elle conserva une influence
sociale et économique, parfois même politique, bien que
transformée. Elle s'adapta aux nouvelles réalités en investissant
dans l'industrie, en participant à la vie politique comme citoyens
ordinaires, et en valorisant son rôle de gardienne de la tradition
et de la culture.
Aujourd'hui, la noblesse européenne
existe principalement comme un titre honorifique, transmis par
héritage. Elle continue de susciter l'intérêt et la fascination,
témoignant d'un héritage historique complexe et fascinant.