dimanche 15 février 2026

Iris et iridium

Le nom (un) iris est emprunté au latin iris, iridis (lui-même emprunté au grec ι ̃ ρ ι ς « arc-en-ciel, halo, iris [plante], partie colorée de l'œil »).

irido- est issu du grec ι ̃ ρ ι ς, ι ́ ρ ι δ ο ς « partie colorée de l'œil » et, pour quelques mots, du substantif iridium « métal extrait de certains minerais de platine ».


1. iridescence, iridescent, iris, irisage, irisation, irisé, irisement, iriser.

Une iridescence est le caractère de ce qui est iridescent ; la propriété qu'ont certaines surfaces à sembler changer de couleur selon l'angle de vue ou d'illumination. L'adjectif iridescent, iridescente, qualifie ce qui brille avec des reflets irisés. Ce mot est un dérivé savant du latin iris, iridis (iris), avec le suffixe -escent.

Un iris est un arc-en-ciel ; un halo de lumière parasite.

Une irisation ou un iris sont un spectre lumineux produit par une diffraction de la lumière blanche ; des reflets aux couleurs de l'arc-en-ciel apparaissant sur la surface de certains corps.

Un irisage ou une irisation, un irisement sont l'action d'iriser ; son résultat.

L'adjectif irisé, irisée, signifie qui a les couleurs de l'arc-en-ciel ; qui brille de reflets colorés.

Le verbe iriser signifie colorer des couleurs, des nuances de l'arc-en-ciel ; faire briller, faire chatoyer. S'iriser signifie devenir irisé.


2. iridacée, iridée, iridomyrmex, iridoptérygidé, iris, irone.

A. Un iridomyrmex est un genre d'insectes hyménoptères formicidés d'Australie et d'Argentine.

Les iridoptérygidés sont une famille d'insectes néoptères orthoptéroïdes dictyoptères mantodés.

Un iris est un insecte.

B. un iris est une pierre d'iris, un minéral.

C. Une iridacée ou iridée sont une plante de la famille ayant pour type l'iris.

Un iris est une plante ; une poudre extraite de son rhizome ; sa couleur.

Le genre Iris se démarque, y compris au sein de sa propre famille, par une architecture florale très particulière ; chaque fleur est en fait formée de trois « sous-fleurs » réunies en une avec un style à trois branches qui prend des allures de corolle. On se doute bien qu’une structure aussi complexe et originale a du se mettre en place au cours de l’évolution sous la pression de la sélection liée à la pollinisation par les insectes. Extrait de Fleurs d’Iris : un tunnel pour pollinisateurs (Zoom nature). Voir aussi Un iris sauvage dans les vergers ; Iris d’Allemagne : fascinante orchidée du Nord ; L’iris des serpents souffre d’un problème de pollinisation ; L’iris des serpents : un iris pas comme les autres ; Un iris sauvage dans les vergers (Zoom nature).

Les racines d’iris sont exploitées depuis l’Antiquité en médecine et en parfumerie. Leur nom iris vient, par le latin iris, du grec iris, qui est le nom de la messagère des dieux Iris, personnification de l’arc-en-ciel dans la mythologie. En effet, selon Dioscoride, « L’iris a des fleurs blanches ou jaunes ou violettes ou bleues ; aussi cette variété de tons l’a-t-elle fait comparer à l’iris céleste. » Pline l’Ancien abonde dans ce sens : « Les fleurs sont de couleurs diverses, comme l’arc-en-ciel, d’où son nom », qui en grec déjà désigne aussi l’iris de l’œil. Incidemment, l’iridium, métal élément 77, a été nommé ainsi par le chimiste anglais Tennant en 1804 à cause de la diversité des couleurs de ses sels. Enfin, Linné a retenu le nom de genre Iris, qui comporte environ 250 espèces aujourd’hui. En savoir plus : À propos d’irones et d’ionones, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 503.

Une irone est une matière odorante que l'on extrait du rhizome de l'iris de Florence. Ce nom est un dérivé savant d'iris, avec le suffixe -one.

Il s’agit de substances d’origine végétale, utilisées en parfumerie, dont les noms ont été créés par le chimiste allemand Ferdinand Tiemann dans une publication de 1893, « Sur le parfum de la violette » : Iron et Ionon, avec le suffixe -on (-one en français) car ce sont des cétones. L’auteur rappelle que les sources naturelles de ce parfum sont principalement « la fleur fraiche de violette et la racine sèche de l’iris », ce qui donne implicitement l’origine des deux noms. Tiemann nomme Iron (irone) « le principe odorant de l’iris », une substance huileuse qu’il extrait de la racine (un rhizome) d’iris, et il attribue à cette molécule la formule C13H20O. En savoir plus : À propos d’irones et d’ionones, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 503.


3. iridectomie, iridien, iridocèle, iridochoroïdite, iridocyclite, irido-diagnostic, iridocèle, iridodialyse, iridodonèse, iridodonésis, irido-kératite, iridologie, iridologique, iridologue, iridoplégie, iridopsie, irido-sclérotomie, iridoscopie, iridotomie, irien, iris, iritis

Une iridectomie ou iridotomie sont une excision d'une partie de l'iris. Le nom (une) iridectomie est un composé savant des mots grecs ι ̃ ρ ι ς, ι δ ο ς (iris) et de ε ̓ κ τ ο μ η ́ « coupure, amputation ».

Les adjectifs iridien (1), iridienne ou irien, irienne, sont relatifs à l'iris de l'œil.

Une iridocèle est une protrusion, une saillie, de l'iris à travers une lésion de la cornée.

Une iridochoroïdite est une inflammation de l'iris et de la choroïde.

Une iridocyclite est une inflammation de l'iris et du corps ciliaire.

Un irido-diagnostic est une méthode de diagnostic d'une affection générale basée sur des détails de la structure de l'iris ; un diagnostic d'une affection de l'iris.

Une iridodialyse est une résection chirurgicale des adhérences de l'iris ; une désinsertion accidentelle ou chirurgicale de l'iris ; une division congénitale ou traumatique au niveau de l'iris.

Une iridodonésis ou une iridodonèse sont une mobilité anormale de la membrane irienne.

Une irido-kératite est une inflammation de l'iris et de la cornée.

Une iridologie est une étude de l'iris. L'adjectif iridologique est relatif à cette étude. Une, un iridologue sont des spécialistes.

Une iridoplégie est une paralysie complète ou partielle de l'iris.

Une iridopsie est un trouble oculaire caractérisé par la perception d'anneaux colorés autour d'une source lumineuse.

Une irido-sclérotomie est une incision chirurgicale de la sclérotique et de la marge de l'iris, pratiquée en cas de glaucome.

Une iridoscopie est un examen de l'iris.

Une iridectomie ou iridotomie sont une excision d'une partie de l'iris.

Un iris est une membrane de l'œil.

L'adjectif iridien (1), iridienne ou irien, irienne, est relatif à l'iris de l'œil.

Une iritis est une inflammation de l'iris. Ce nom est un dérivé savant d'iris, avec le suffixe -itis.


4. iridié, iridien, iridium, irido-bronze, iridosmine.

L'adjectif iridié, iridiée, qualifie ce qui contient de l'iridium.

L'adjectif iridien (2), iridienne, qualifie ce qui rappelle le chatoiement de l'arc-en-ciel et la dureté de l'iridium.

Un iridium est un métal. Ce nom a été créé sur le latin iris, iridis « arc-en-ciel » (iris), à cause des couleurs variées qu'offrent les combinaisons de ce métal.

Un irido-bronze est un alliage d'iridium et de bronze.

Une iridosmine est un alliage naturel d'iridium et d'osmium.

En 1804, le chimiste américain Tennant découvre encore un métal, caractérisé par la diversité de couleurs de ses sels. En s’inspirant d’Iris (Iris, Iridos en grec), la messagère des dieux, personnification de l’arc-en-ciel, il nomme ce métal en anglais iridium (français iridium, allemand Iridium, espagnol iridio). En grec, iris, iridos désignait déjà l’arc-en-ciel, ou la fleur d’iris (chez Théophraste), ou l’iris de l’œil (chez Galien), d’où irisé, « aux couleurs d’arc-en-ciel  », iridacée, «  plante de la famille de l’iris », irien, iridien, « relatif à l’iris de l’œil », des mots qui n’ont de rapport avec iridié, « qui contient de l’iridium », que par la mythologie grecque. En savoir plus : À propos du tantale et du titane, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 426.



mercredi 11 février 2026

Dire, ne pas dire, février 2026

Nouvelle parution de la rubrique Dire, ne pas dire de l'Académie française le 11 février 2026. 

Cela commence bien avec la comparaison des usages d'achever, terminer et finir.

L'Académie déconseille de dire "vous pouvez compter sur ..." au sens de "vous pouvez vous attendre à ..." Il semble difficile d'influer sur l'oral.

On découvre une intéressante comparaison de rassis et ranci.

Les équivalents au boxing day pourraient être spontanément utilisés par les médias. 

Je suis vraiment impressionné par l'étude du champ lexical de roi complétée par celle de la galette. 

Dans le Courrier des internautes sont comparés les usages de n'importe qui et qui que ce soit, cette dernière locution étant employée dans certaines tournures plutôt figées. .

Le point de vue sur l'expression "manger sur le pouce" me semble pertinent. 

Ce courrier se termine agréablement par la découverte du nom psithurisme. 


mardi 10 février 2026

Intérêt

 

1. Un intérêt était un dommage, un préjudice. L'adjectif intéressé, intéressée a qualifié ce qui est atteint, endommagé. Un désintéressement est une indemnisation d'un créancier. Intéresser un organe signifiait l'atteindre, l'endommager. Désintéresser quelqu'un, c'est le dédommager.



2. Par référence aux sens actuels d'intérêt.

L'adjectif intéressant, intéressante, signifie qui se révèle utile ; qui procure un avantage matériel ou financier ; qui éveille la curiosité, l'attention de l'esprit ; qui retient l'attention par son esprit, son intelligence, certains traits de sa personnalité ; qui éveille, mérite l'attention bienveillante, la sympathie, la compassion ou la considération. L'intéressant est ce qui est avantageux ; ce qui retient l'attention.

L'adjectif inintéressant, inintéressante, signifie qui n'est pas intéressant, intéressante ; qui ne présente pas d'intérêt.

L'adjectif intéressé, intéressée, qualifie quelqu'un qui a une part importante dans quelque chose ; qui est concerné par quelque chose, y trouve son intérêt ; qui a des intérêts financiers ; qui a été rendu attentif et curieux, le montre ; qui recherche avant tout son avantage personnel. Une intéressée, un intéressé sont ceux qui sont concernés par quelque chose ; ceux qui recherchent un avantage personnel.

L'adjectif désintéressé, désintéressée, signifie qui n'a pas d'intérêt ou d'avantage à faire quelque chose ; qui le fait bénévolement, gratuitement ; qui est impartial(e).

Un intéressement est le fait de s'intéresser à quelque chose, de montrer de l'attention ; une participation aux résultats de l'entreprise, versée aux salariés.

Un intéressement aux plus-values est la fraction des plus-values versée aux gestionnaires des sociétés de capital-risque. L'usage français est de n'accorder d'intéressement aux plus-values qu'aux gestionnaires de sociétés de capital-risque. En anglais : carried interest. JORF du 18/03/2011.

Un désintéressement est le fait de ne pas agir par intérêt personnel, de ne pas avoir d'avantage à le faire ; une indifférence.

Intéresser quelqu'un, c'est être important pour lui, avoir des conséquences ; l'éveiller et retenir son attention, l'inciter à se sentir concerné, le faire participer, l'associer ; retenir son attention en le captivant, l'amusant, le passionnant ; l'amener quelqu'un à prendre gout à quelque chose ; susciter sa bienveillance, sa sympathie, sa pitié. S'intéresser à ... signifie avoir de l'intérêt pour quelque chose ou quelqu'un. Pour ces sens, le verbe intéresser est dérivé d'intérêt d'après le latin interesse. Se désintéresser de ... signifie ne pas y porter d'attention, y être indifférent.

Un intérêt est ce qui convient à une personne, une collectivité, une institution (l'intérêt général) ; ce qui lui est avantageux, bénéfique ; un revenu produit par un capital prêté ou placé et défini par un taux ; ce qui est important, ce qui suscite l'attention, ce qui fait l'objet des préoccupations ; une attention inspirée par ce qui est jugé important, captivant, ce qui répond à la curiosité, aux motivations ; un sentiment de bienveillance, d'attention affectueuse que l'on éprouve envers quelqu'un ; une importance, une utilité. Des intérêts sont une indemnisation, un dédommagement ; un revenu produit par un capital prêté ou placé.

Le taux d’intérêt, c’est le prix de l’argent. En général, ce taux est positif : celui qui emprunte une somme d’argent paye un intérêt à celui qui lui a prêté. Des taux d’intérêt négatifs inversent cette logique : c’est l’emprunteur qui est alors rémunéré, tandis que le prêteur reçoit à l’échéance une somme inférieure à celle qu’il a prêtée. En savoir plus : Banque de France

Un désintérêt : une indifférence.

Un inintérêt est une absence d'intérêt offert par quelque chose ; une absence d'intérêt porté par quelqu'un à quelque chose.

Le nom (un) intérêt est emprunté au latin classique interest (de interesse « être entre ; être parmi, être présent , assister à ; être distant », au figuré « participer à, s'occuper de » « différer ») « il y a de la différence entre » et « il est de l'intérêt de, il importe » ; le substantif interest a dû signifier « ce qui importe » et « ce qui diffère », d'où la notion de préjudice et, celle de dédommagement, l'intérêt d'une somme prêtée étant à l'origine considéré comme un dédommagement du revenu qu'aurait pu en tirer le créancier.



jeudi 8 janvier 2026

Dire, ne pas dire, janvier 2026

 Dans la rubrique Dire, ne pas dire, de janvier 2026, l'Académie française continue ses analyses constructives de l'évolution de la langue française.

 Opposer ambivalent et ambigu permet de mettre en évidence l'interprétation des significations équivalentes ou non ressenties comme telles.

 Ce qui est précis n'est pas toujours concis même si un ouvrage bref et didactique est un précis de ... Heureusement, les sens de l'étymon, de tailler les arbres à frapper à mort, massacrer, sont bien lointains. 

 Une autre étude intéressante, toujours bien documentée, permet de comparer les usages de vite, rapide et prompt. Je regrette cependant que, comme dans le Dictionnaire de ladite académie, les adjectifs soient rarement accordés. Écrire "ces coureurs sont les plus vites de leur équipe de relai" permettrait de lever des inhibitions. 

 L'Académie nous fait ensuite découvrir l'usage de "en pour" et de "banger". 

 Le verbe choquer ne peut guère être compris au sens d'impressionner favorablement. 

 La passionnante étude du verbe aller et de ses radicaux de conjugaison nous entraine dans un voyage étymologique remarquable.

 Le courrier des internautes permet de rappeler l'usage de leur et leurs, la non prononciation de la plupart des [ə] correspondant à la lettre "e", et la dénomination de l'actinidier devenant kiwitier.


 

 


mercredi 24 décembre 2025

Huile

 Un huilage est un graissage avec de l'huile, une imprégnation d'huile ; un trempage dans un bain d'huile.

Une huile est une substance grasse ; un mélange d'huile et de produits colorants, un tableau ainsi peint ; un liquide, odorant et volatil, extrait par distillation de certaines plantes aromatiques ou d'agrumes ; un personnage important, haut placé, influent. Ce nom vient du latin oleum « huile d'olive, huile (en général) », de olea « olivier ; olive » (en grec ε ̓ λ α ι ́ α « olive », ε ́ λ α ι ο ν « olivier »).

Une huile à broche est une huile de base fluide, utilisée pour lubrifier certains mécanismes de précision. En anglais : spindle oil. JORF du 12/01/1999.

Le Dictionnaire des régionalismes de France indique qu'une huile d’enfer, une huile de l’enfer, une huile des enfers sont une huile d’olive de la plus basse qualité.

 Pour dire que l’on regrette la peine que l’on s’est donnée, le français dispose de diverses expressions comme regretter ses pas ou plaindre ses pas. L’Antiquité ne manquait pas non plus d’expressions similaires. La plus en usage était sans doute oleum et operam perdere, « perdre son huile et sa peine ». Si cette expression se rencontrait si souvent, c’est parce que l’huile était un produit de grande valeur dans l’Antiquité et qu’on en faisait de nombreux usages.

 Elle servait tout d’abord à oindre lutteurs et gladiateurs. Dans une de ses lettres, Cicéron écrit que Pompée avait perdu oleum et operam à organiser des combats de gladiateurs. Cette expression entre dans un proverbe cité par saint Jérôme : oleum perdit et impensas qui bovem mittit ad ceroma, « il perd son huile et son argent celui qui envoie un bœuf au gymnase où s’oignent les lutteurs », car bien évidemment les bœufs ne combattaient pas dans l’arène. On userait peut-être aujourd’hui de l’expression familière peigner la girafe…

 Mais l’huile permettait également aux intellectuels de s’éclairer pour lire et écrire la nuit. Pour eux, perdre son huile c’était produire un ouvrage de peu d’intérêt. On disait aussi qu’un écrit sentait l’huile de lampe si on y percevait trop les efforts laborieux de l’auteur.

 L’huile était enfin utilisée comme produit de beauté ; si, après s’être enduites d’huile parfumée, les prostituées ne parvenaient pas à séduire, elles aussi se lamentaient en disant qu’elles avaient perdu leur huile ; elles devaient aussi regretter leurs pas, même si dans l’Antiquité, le nom péripatéticien désignait essentiellement Aristote et ses disciples qui avaient l’habitude de philosopher en marchant.

 Académie française.


Le verbe huiler signifie enduire, frotter, imprégner d'huile ; assaisonner avec de l'huile ; pour une plante, suinter en laissant s'écouler un liquide gras sous l'effet d'une maladie.

je huile, tu huiles, il huile, nous huilons, vous huilez, ils huilent ;
je huilais, vous huiliez ; je huilai ; je huilerai ; je huilerais ;
j'ai huilé ; j'avais huilé ; j'eus huilé ; j'aurai huilé ; j'aurais huilé ;
que je huile, que tu huiles, qu'il huile, que nous huilions, que vous huiliez, qu'ils huilent ;
que je huilasse, qu'il huilât ; que j'aie huilé ; que j'eusse huilé ;
huile, huilons, huilez ; aie huilé, ayons huilé, ayez huilé ;
(en) huilant.

Une huilerie est une usine où l'on fabrique des huiles végétales. L'huilerie est cette industrie.

Une huilière, un huilier sont des fabricants, des marchands d'huile. Un huilier est un accessoire de table. L'adjectif huilier, huilière, est relatif à la fabrication des huiles.

L'adjectif huileux, huileuse, qualifie ce qui est de la nature de l'huile ; ce qui en contient ; ce qui a cet aspect ou cette consistance.

L'adverbe huileusement signifie d'une manière huileuse.

Un déshuilage est l'opération qui a pour but de séparer les huiles et les graisses des eaux de surface et des eaux résiduaires avant leur traitement ou le rejet à l'égout ; l'élimination des hydrocarbures ou des huiles d'un milieu donné ; l'opération qui consiste à éliminer par foulage l'huile qui imprègne une peau ; l'action de retirer des pâtes à peindre, généralement à la sortie du tube, l'huile en excès. Le verbe déshuiler signifie débarrasser une matière de l'huile qui l'imprègne ; éliminer les huiles ou les hydrocarbures d'un milieu donné, notamment des eaux, par des procédés physiques ou physicochimiques. Ce verbe est dérivé de huiler, avec le préfixe dés- (dé-). Un déshuileur est un appareil servant, dans une machine à vapeur, à séparer les particules d'huile d'avec la vapeur entraînée par l'air, et qui est indispensable notamment sur les compresseurs utilisés pour la réalimentation en air des réservoirs à pression.

Huile est écrit en 1250 uile, en 1120 oile, on trouve aussi la variante olie. Le mot donne l'anglais oil qui revient dans gazoil ou gazole. Il vient du latin oleum (oléagineux, pétrole, oléoduc). Le h évite la lecture vil, vile, ville (écrit vile en ancien français). Le terme est féminin par suite d'une modification de oleum en olea. En savoir plus : site de Dominique Didier.

olé(o)- et oléi- tirés du latin olea « olivier, olive », introduisent une relation avec l'huile ou, plus généralement, avec un corps gras quelconque.

  • Une oléacée est un arbre ou arbuste tel que l'olivier. Les oléacées sont une famille de plantes. Ce nom est formé de ole(i)-, du latin olea « olivier, olive », avec le suffixe -acé.

  • L'adjectif oléagineux qualifie ce qui contient de l'huile ; ce dont on peut tirer de l'huile ; ce qui est de la nature de l'huile ; ce qui en a la consistance ou y ressemble. Un oléagineux est une substance qui contient de l'huile ; une substance dont on tire des matières grasses alimentaires ou industrielles. Ce mot est un dérivé savant de l'adjectif oleagineus, oleaginus « d'olivier », avec le suffixe -eux, pour servir d'adjectif à huile.

  • un oléate : un sel ou un ester de l'acide oléique. Ce nom est formé de olé- (qui représente acide oléique), avec le suffixe -ate.

  • oléfiant : qui produit de l'huile. Ce mot est formé de ole(i)- du latin oleum « huile », et de -fiant, (-ifier).

  • une oléfine : chacun des hydrocarbures non saturés de la série éthylénique. Ce nom est emprunté à l'anglais olefine, attesté depuis 1860 et formé sur olefiant (lui-même emprunté au français oléfiant) par substitution de -ine à -iant.

  • L'adjectif oléicole est relatif à l'oléiculture. Une oléicultrice, un oléiculteur s'occupent d'oléiculture qui est la culture de l'olivier et l'industrie de l'extraction de l'huile d'olive.

  • oléifère : dont on extrait de l'huile.

  • oléiforme : qui a la consistance de l'huile.

  • une oléine : un ester de l'acide oléique.

  • une céroléine : un des esters constituant la cire d'abeille.

  • Le mot (un acide) oléique est formé de olé(i)-, du latin oleum « huile », et du suffixe -ique.

  • un oléate : un sel ou un ester de l'acide oléique.

  • un liniment oléocalcaire : un mélange à parties égales, d'huile d'olive et d'eau de chaux.

  • un oléoduc : un pipeline servant au transport du pétrole brut. Ce nom est formé de oléo-, d'après le formant -ole de pétrole (sous l'influence de l'anglais oil « pétrole ») et de la finale -duc sur le modèle d'aqueduc. L'emploi de ce mot a été recommandé pour remplacer l'anglicisme pipe-line.

  • Une, un oléographe s'occupent d'oléographie, un procédé d'impression sur papier de toile, imitant la peinture à l'huile. L'adjectif oléographique est relatif à l'oléographie.

  • un oléomètre ou éléomètre, élaimètre : un aréomètre servant à mesurer la densité des huiles ; un compteur indiquant la pression de l'huile dans un moteur.

  • un oléoplaste : un plaste élaborateur de gouttelettes de lipides.

  • une suspension oléopneumatique (pour certains véhicules automobiles).

  • un oléoprotéagineux : une plante cultivée pour ses graines riches en protides et en lipides, une plante oléoprotéagineuse.

  • une oléorésine : un produit naturel constitué par une résine dissoute dans une huile volatile.

  • oléorésineux : qui contient de l'huile et de la résine.

  • un oléoserveur : un avitailleur reliant l'oléoprise à l'avion.

  • un oléostéarate : un composé résultant d'un mélange d'acide oléique et d'acide stéarique.

  • un oléothorax : une injection d'huile goménolée ou de paraffine liquide effectuée progressivement lors du pneumothorax thérapeutique.

  • une oléotypie : un procédé d'impression.

  • un oléum : un liquide huileux, un acide sulfurique contenant un taux élevé d'anhydride. Ce nom vient du mot latin oleum « huile d'olive, huile en général ».

Un céréléon est un mélange de cire et d'huile qui diffère peu du cérat. Un oxéléon est un médicament fait d'huile et de vinaigre.

Du grec ε λ α ι η ε ι ς « huileux, plein d'huile » :

  • Une éléidine est une substance protéique, présente dans l'épiderme sous forme de plaques irrégulières et réfringentes, qui serait le précurseur de la kératine. Ce nom est formé sur le grec « huileux », dérivé de « olivier », avec le suffixe -ine (-in).

  • Un élæis ou éleis est un palmier. Le latin scientifique elaies, elœis, nom de cet arbre, a été tiré du grec ε λ α ι η ε ι ς « huileux, plein d'huile »

  • Un élaiosome ou éléosome est une excroissance de certaines graines, riche en lipide et en protéine qui attire les fourmis. Une fois l'élaiosome consommé par les larves, les fourmis se débarrassent de la graine permettant sa germination et assurant ainsi sa dispersion dans la nature (myrmécochorie)

Le nom (un) pétrole est emprunté au latin médiéval petroleum (aussi petroleum oleum) « huile minérale », proprement « huile de pierre » (du latin classique petra, voir : pierre, et oleum, voir : huile). Voir l'anglais oil.

Le suffixe -ol a été tiré de la finale de alcool et de celle de pétrole (oleum), pour former des mots désignant des alcools proprement dits ou des mots désignant des corps semblables aux alcools, des produits de distillation, la différence entre les deux n'ayant pas toujours été nette. En 1853 et 1854, dans une série de Mémoires sur la glycérine, sur les éthers, etc., Berthelot établit la théorie générale, en distinguant les alcools monoatomiques (alcools proprement dits) et les alcools polyatomiques (comme la glycérine). Ainsi, ce qui était «huile» entrant désormais dans la série «alcool», le suffixe -ol va se référer expressément à la terminaison et au signifié de alcool, comme l'atteste la création de glycol. CNRTL.

  • Un ichtyol est une huile obtenue par distillation de schistes bitumeux.

  • Un indole ou indol est un corps composé, obtenu par distillation d'indigo blanc sur de la poudre de zinc, que l'on rencontre aussi à l'état naturel. On lit un acide indole-acétique.

  • Une lanoline ou lanoléine sont une matière grasse composée d'un mélange d'acides gras estérifiés et d'alcools libres, obtenue à partir du suint de mouton et utilisée en pharmacie, en cosmétologie et dans l'industrie des cuirs. Le nom (une) lanoline est composé du latin lana (laine) et des suffixes -ol et -ine.

  • Un lino ou linoléum sont un revêtement de sol, une toile de jute enduite d'huile de lin et de poudre de liège, imperméable ; cette toile utilisée comme support de gravure. Ce nom est emprunté à l'anglais linoleum de même sens, mot forgé à partir du latin linum « lin » et oleum « huile », ce tissu inventé par l'Anglais Walton et breveté le 25 avril 1863, étant composé d'un mélange d'huile et de lin. La forme abrégée lino est déjà attestée en 1907 en anglais. Voir aussi : linographie, linogravé, linograveur, linogravure.

  • Une linoléine est un glycéride de l'acide linoléique. Ce nom est emprunté à l'anglais linolein de même sens, composé de lin- (du latin linum « lin ») et de olein (du latin oleum « huile » + -in, suffixe indiquant la nature d'un produit). Le mot (un acide) linoléique est emprunté à l'anglais [acid] linoleic, lui-même composé de lin-, de ole- et de -ic (en français -ique). Un linoléate est un sel ou ester de l'acide linoléique.

  • Un acide linolénique est un acide éthylénique possédant trois doubles liaisons, présent sous forme de glycéride dans les huiles siccatives. Ce terme a été formé d'après l'allemand Linolensäure créé par K. Hazura en 1887 (d'après Linolsäure « acide linoléique », avec l'insertion de l'élément de chimie -en- correspondant à -ène) et composé de lin(um) « lin », de ol(eum) « huile » et des éléments suffixaux -ène et -ique.

  • Un lysol est un mélange employé comme désinfectant. Ce nom est composé de lys(o)- tiré du grec λ υ σ ι ς « action de délier, dissolution, fin », et de -ol, du latin oleum « huile ».

Un fioul est un distillat lourd, résidu ou mélange utilisé comme combustible pour la production de chaleur. On trouve aussi, dans certains cas, la forme « fuel ». En anglais : fuel oil. JORF du 22/09/2000. Un mazout [en anglais : fuel oil] est un combustible liquide et visqueux provenant de la distillation du pétrole brut, utilisé pour la production de chaleur ou d'énergie. On lit un mazout domestique (heating oil), un mazout léger (light fuel oil), un mazout lourd (heavy fuel oil). Le terme anglais fuel-oil est composé de fuel « combustible » et de oil « huile ».

Un gazole [en anglais : gas oil] est un carburant pour moteur diesel. C'est le distillat du pétrole obtenu après le kérosène, utilisé pour la carburation du gaz à l'eau et pour l'alimentation des moteurs Diesel. Le mot angloaméricain gas-oil est composé de gas « gaz » et oil « huile » (désignant notamment le pétrole), cet hydrocarbure étant connu comme matière première dans la fabrication du gaz avant d'être plus généralement utilisé comme carburant de certains types de moteurs.

Une millerole ou millerolle était une unité de capacité utilisée pour le commerce de l'huile et du vin. Ce terme est emprunté au provençal ; l'ancien provençal milherola, attesté depuis 1325, est d'origine obscure.

Une œillette est une variété de pavot. Ce nom est dérivé de l'ancien français olie, voir : huile, avec le suffixe -ette, devenu œillette sous l'influence d'œil et d'œillet.




lundi 22 décembre 2025

Ces mots français venus du Moyen-Orient et de Méditerranée

Des milliers de mots de la langue française proviennent de contrées lointaines de l’Hexagone. Parmi eux, des centaines ayant des liens directs ou indirects avec l’arabe mais également, à une moindre échelle, le persan. 

 https://www.rfi.fr/fr/

Iris et iridium

Le nom (un) iris est emprunté au latin iris, iridis (lui-même emprunté au grec ι ̃ ρ ι ς « arc-en-ciel, halo, iris [plante], partie colorée...