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jeudi 10 septembre 2026

Recherches lexicales

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Papille, papule, pus et pustule

Papillon

Papier et papyrus

Papa, papy, pape et pape

Panneau

Panne

Paille

Oreille

Noble

Nerf

Neige

Nègre

La gourme et la morve

La mort

Mordre, morceau, mors

Morbide, morbidesse et morbidité

Le moral et la morale

Météo, météore, météorisme, météorite

Iris et iridium

Intérêt

Huile

Heur et heure

La goule et la gueule

Gemme, gemme, gemme

Le verbe gésir

Gaz, gaze,...

Fable, fabulation, affabulation

Dessein, dessin

Destin, destinée

Design, designer

mercredi 9 septembre 2026

Papille, papule, pus et pustule

 Un champignon papillacé est pourvu de papilles.

L'adjectif papillaire signifie qui présente des papilles ; qui est en forme de papille ; qui est de la nature d'une papille ; qui est relatif, relative à une papille.

Une papille est une petite éminence conique à la surface du derme, de certaines muqueuses ou de certains organes, qui correspond à une terminaison vasculaire ou nerveuse, et qui a généralement une fonction sensorielle, notamment gustative ou tactile ; c'est aussi une émergence sur les organes de certains végétaux. Ce nom est emprunté au latin papilla « mamelon ; pustule, bouton ».

Une papille optique est la saillie du nerf optique au centre de la rétine.

On lit, en entomologie, une papille alaire, les papilles anales, les papilles rectales.

L'adjectif papillé, papillée, signifie garni(e) de papilles ou dont la langue est pourvue de papilles très sensibles.

Une papillectomie est une résection du repli duodénal (papille) au niveau duquel se jettent le canal cholédoque et le canal de Wirsung (canal pancréatique). Ce nom est composé de papille au sens de « saillie dans le duodénum » et de -ectomie.

L'adjectif papilleux, papilleuse, signifie papillifère, qui porte des papilles ; papillé(e), qui a l'aspect, la forme d'une papille.

L'adjectif papillifère signifie papilleux, papilleuse, qui porte des papilles.

L'adjectif papilliforme signifie qui a l'aspect d'une papille.

Une papillite est une inflammation des papilles linguales ou une inflammation avec œdème de la papille optique.

L'adjectif papillomateux, papillomateuse, signifie formé(e) de papillomes, qui en a l'aspect, ou s'y rapporte.

Un papillomavirus est un genre de virus.

Un papillome est une tumeur bénigne, épithélioconjonctive, formée de digitations conjonctivovasculaires revêtues d’un épithélium hyperplasique. Ce nom est emprunté à l'allemand Papillome, créé en 1958 par R. Virchow à partir du substantif Papille (en français papille) et du suffixe -om (en français -ome).


Une papule est une petite éminence cutanée qui se dessèche sans laisser de cicatrices ; une protubérance arrondie, molle et liquide, sur le parenchyme de certaines plantes. Ce nom est emprunté au latin papula « pustule, bouton ».

L'adjectif papuleux, papuleuse, signifie qui porte des papules ; qui est couvert, couverte de papules ; qui se rapporte aux papules ; qui est caractérisé(e) par la présence de papules.

L'adjectif papulo-squameux, papulo-squameuse, qualifie ce qui est caractérisé par des papules et par des squames.


Les pemphigidés sont une famille d'insectes hémiptères sternorhynques aphidomorphes aphidoïdes. On lit aussi les ériosomatidés.

Un pemphigus est une dermatose caractérisée par une éruption de bulles remplies d'un liquide séreux, dont on dénombre plusieurs variétés ; c'est aussi un genre et sous-genre d'insectes hémiptères sternorrhynches aphididés, par exemple le puceron des galles du peuplier, Pemphigus bursarius. Ce nom vient du latin médical pemphigus, du grec π ε ́ μ φ ι ξ, -ι γ ο ς « souffle » d'où « ce qui est gonflé ; pustule ».


Une phlyctène est une ampoule vésiculeuse remplie de sérosité, généralement transparente, qui s'amasse sous l'épiderme. Ce nom est emprunté au grec φ λ υ ́ κ τ α ι ν α, - η ς « pustule, vésicule, ampoule ».

L'adjectif phlycténoïde qualifie ce qui a l'aspect d'une phlyctène ; ce qui est caractérisé par des phlyctènes.

L'adjectif phlycténulaire qualifie ce qui présente ou produit de petites phlyctènes.

Une phlycténule est une phlyctène de petites dimensions.


Le nom (un) pus (un exsudat pathologique apparaissant à un point infecté de l'organisme) est emprunté au latin pus, puris « pus, humeur ».

Le mot purulent est emprunté au latin purulentus, lui-même dérivé du latin pus, puris, voir : pus.


Une pustulation est une formation de pustules sur le corps dans une affection cutanée.

Une pustule est une lésion dermatologique élémentaire désignant une petite cavité remplie de pus, qui peut être folliculaire ou non folliculaire, et qui doit être distinguée d’une vésicule ou d’une bulle ne devenant purulente que secondairement ; c'est aussi une petite vésicule envahissant les feuilles ou les tiges des plantes et chacune des petites saillies couvrant la peau de certains animaux. Ce nom est emprunté au latin d'époque impériale pustula « pustule, ampoule », dérivé de pus, puris.

Une pustule maligne est la forme la plus commune du charbon chez l'homme.

L'adjectif pustulé, pustulée, signifie couvert, couverts de pustules, qui porte des pustules.

L'adjectif pustulent, pustulente, signifie qui présente des pustules.

Le verbe pustuler a signifié se couvrir (comme) de pustules ; proliférer comme des pustules ; produire comme des pustules.

L'adjectif pustuleux, pustuleuse, qualifie ce qui est caractérisé par la formation de pustules ; ce qui a la forme, la nature d'une pustule ; ce qui est couvert de pustules ; ce qui a la forme, l'aspect d'une pustule. Une pustuleuse, un pustuleux ont des pustules sur le corps, sur le visage.

On lit une éruption vésiculopustuleuse, l'adjectif pustuliforme (qui ressemble à une pustule) et une pustulose. Une acropustulose est une dermatose pustuleuse siégeant aux extrémités, en particulier mains et pieds, doigts et orteils, prédominant souvent sur les faces palmaire ou plantaire.

pyo- est tiré du grec π υ ̃ ο ν « pus » : une pyoarthrite ou pyo-arthrite, un pyocolpos, une pyocyanine, un bacille, un microbe pyocyanique, un pyocyte, un pyoderma gangrenosum, une pyodermite, un micro-organisme pyogène, pyogénique, une pyohémie ou pyémie , pyohémique, une pyométrie, une pyométrite, une pyomyosite, une pyonéphrite, une pyonéphrose, un pyopéricarde, une pyopéricardite, un pyo-pneumokyste, un pyopneumopéricarde, un pyopneumothorax aigu, une pyorrhée, pyorrhéique, un pyosalpinx, un pyothorax, un pyulque, une pyurie, un empyème, une empyocèle, un hypopyon.

Le nom (une) gourme vient de worm ou wurm « pus » que l'on peut rattacher à vorm « morve du cheval », voir : CNRTL.

Le verbe suppurer est emprunté au latin suppurare, de même sens, dérivé de pus, puris « pus ». D'où : suppurant, suppuratif, une suppuration, suppuratoire, suppuré, suppureux.

Papillon

Un écu papelonné ou papillonné est chargé d'écailles figurées par des demi-cercles imbriqués. L'adjectif papelonné, papelonnée, qualifie ce qui semble couvert d'écailles. Ce mot est issu d'une forme ancienne de papillon.

Le verbe papelonner a signifié couvrir d'éléments ressemblant à des écailles.


L'adjectif papilionacé, papilionacée, signifie pourvu(e) de cinq pétales inégaux en forme d'ailes de papillon déployées. Une mouche papilionacée a les ailes courtes et couvertes de poils fins et ras. Les valves d'une (coquille) papilionacée rappellent par leur forme des ailes de papillon. Ce mot est emprunté au latin des botanistes papilionaceus de même sens, dérivé savant de papilio, voir : papillon (avec le suffixe -aceus, voir : -acées).

Effectivement, la gousse est le fruit caractéristique des plantes de la famille des fabacées ou légumineuses. Cette famille regroupe près de 20 000 espèces ce qui la place au troisième rang des familles de plantes à fleurs, derrière les orchidées et les astéracées ou composées. Autrefois, on la connaissait sous le nom évocateur de papilionacées car la majorité de ses espèces possèdent des fleurs irrégulières à cinq pétales dont l’ensemble fait penser à un papillon en vol Extrait de Un fruit, une famille : la gousse et les légumineuses (Zoom nature).


Les papilionidés sont une famille d'insectes lépidoptères glossates (rhopalocères) eulépidoptères ditrysiens papilionoïdes. Ce nom est dérivé du latin papilio, papilionis « papillon », avec le suffixe -idés.

Les papilionoïdes sont la super-famille d'insectes lépidoptères glossates, eulépidoptères, ditrysiens, regroupant les familles des lycénidés, nymphalidés, papilionidés, piéridés et riodinidés.


Un papillon est le nom usuel des insectes adultes de l'ordre des lépidoptères, aux quatre ailes habituellement couvertes d'écailles fines comme la poussière, et parés de couleurs plus ou moins brillantes et généralement pourvus d'une spiritrompe capable d'aspirer le nectar des fleurs ; ce qui en a la forme ; une personne brillante, versatile, inconstante ; un feuillet inséré dans un ouvrage ; une feuille jointe à un texte, à un document ; un avis de contravention posé sur le pare-brise. Ce nom est une altération expressive (pap- avec répétition du p évoquant le battement des ailes de l'insecte), de pavillon au sens 1, du latin papilionem, accusatif de papilio de même sens (voir : pavillon). Comme terme de sports papillon est probablement un calque de l'anglais butterfly.

Un papillon est un petit papier détachable à bande semi-adhésive. « Post-it », qui est un nom de marque, ne doit pas être employé. En anglais : post-it note ; stick note. JORF du 18/01/2005.

Nous avons déjà évoqué largement cette funeste incompatibilité entre biodiversité et intensification de l’agriculture avec l’exemple des papillons de jour (voir la chronique : Fleurs et papillons unis dans un même déclin) ou d’une manière plus générale pour tous les insectes volants (voir la chronique : Crash silencieux en plein vol). Mais le groupe des papillons de nuit était resté jusqu’ici inexploré par rapport à cette problématique ; or, ils se distinguent par divers caractères généraux qui peuvent laisser penser qu’ils soient impactés différemment : une très grande diversité d’espèces et de nombreuses espèces dont les chenilles se montrent plutôt polyphages, c'est-à-dire capables de se nourrir souvent sur une large gamme de plantes nourricières. Extrait de Papillons de nuit et agriculture intensive (Zoom nature).

Un papillonnage est un papillonnement, un battement, une agitation, un éparpillement ; un caractère léger, volage, une absence de profondeur ; la sortie des papillons des cocons de vers à soie ; chacun des mouvements latéraux d'une drague effectué par des treuils latéraux.

Une papillonite est une dermatose provoquée par les lépidoptères aux écailles modifiées pour devenir urticantes. Voir aussi : érucisme.

L'adjectif papillonnant, papillonnante, qualifie ce qui papillonne, palpite comme des ailes de papillon ; ce qui a la légèreté du vol d'un papillon, va et vient sans s'arrêter ; quelqu'un qui ne se fixe pas, ce qui passe d'un sujet à l'autre de façon superficielle ; quelqu'un qui est badin, inconstant, volage.

Un écu papillonné ou papelonné est chargé d'écailles figurées par des demi-cercles imbriqués.

Un papillonnement est un papillotement, une agitation rapide, un battement ; l'action de papillonner, de passer d'un sujet à l'autre, de ne pas savoir se fixer.

Le verbe papillonner signifie palpiter, s'agiter rapidement comme des ailes de papillon ; aller d'une personne à une autre, d'un objet à un autre, sans s'arrêter, et sans nécessité ; passer d'un sujet à l'autre sans se concentrer, sans rien approfondir ; imprimer un mouvement de papillonnage à une drague ; ce verbe a signifié voler du linge dans les voitures des blanchisseurs.

L'adjectif papillonneur, papillonneuse, signifie qui papillonne, palpite. Une papillonneuse, un papillonneur étaient ceux qui volent du linge dans les voitures de blanchisseurs.

Le papillon était appelé en latin papilio. Ce mot a donné en ancien français, par une évolution phonétique normale, paveillon, pavillon. Mais au 10ème siècle, papillon a été refait sur le latin pour désigner l’insecte volant, pavillon ne subsistant que pour les sens figurés. Certains de ces sens sont d’ailleurs anciens : les écrivains romains du 3ème siècle de l’ère chrétienne donnent le nom de papiliones (pluriel de papilio) aux tentes des soldats. Peut-être les soldats appelaient-ils ainsi plaisamment leurs tentes à cause de la ressemblance des côtés de celles-ci avec un papillon aux ailes déployées. Au Moyen Âge, on continue à appeler les tentes des pavillons. À partir du 16ème siècle le nom s’étend à des bâtiments solides et notamment à de petites maisons d’agrément, au milieu d’un jardin. D’autres sens figurés de pavillon sont celui de « drapeau » ou d’« étendard » à la suite d’une comparaison analogue, et celui d’ouverture évasée d’un instrument de musique ou de l’oreille. En savoir plus : Georges Gougenheim.

Mais papillon, lui aussi, devait donner naissance à de nouveaux sens figurés et à des dérivés. On appelle nœud papillon une certaine forme de nœud dont la disposition rappelle les ailes du papillon. Une très petite affiche ou un minuscule rectangle de papier qu’on peut coller sur un livre sont aussi des papillons, sans doute à cause de leur petitesse et de leur légèreté. Le verbe papillonner se dit, depuis le 16ème siècle, de personnes qui voltigent çà et là ou qui se livrent à mille occupations sans arriver à se fixer. Cette fois, ce qui est en cause, c’est le vol irrégulier, imprévisible, du papillon, qui décrit souvent des lignes brisées quand il va de fleur en fleur. En savoir plus : Georges Gougenheim.

Le nom (un) pavillon vient du latin pāpiliōnem (accusatif de pāpilio) au sens de « tente », issu, par comparaison, du sens propre de « papillon », voir ce mot.

Le nom (un) parpaillot (un calviniste, un protestant ; un impie, un mécréant) est probablement issu, par substitution de suffixe, de parpaillon « papillon » lui-même issu, avec intercalation d'un -r-, de papillon, peut-être par comparaison de l'infidélité des protestants avec le vol des papillons qui passent de fleur en fleur.

Voir aussi : des farfalles (des pâtes alimentaires).


Un papillotage est l'action de mettre des papillotes sur la tête ; un papillotement, le mouvement des yeux, des paupières qui papillotent ; un effet produit par des points lumineux ou vivement colorés qui papillotent, s'agitent sans cesse ; un aspect flou, tremblé.

L'adjectif papillotant, papillotante, signifie qui papillote, clignote des yeux ; qui éblouit par une multitude de points lumineux ou par une lumière intermittente ; qui accumule les effets surprenants, les expressions brillantes.

Une papillote est un paillon, une paillette d'or ou d'argent brodée sur une étoffe, un vêtement ; un papillon, un petit morceau de papier tortillé en son milieu ; ce qui sert à rouler une mèche de cheveux ; une mèche ainsi frisée, une boucle mince en accroche-cœur ; un papier d'emballage fantaisie, tortillé ou frangé aux bouts ; une variété de bonbon ; un papier pour griller au four ou cuire à l'étouffée certains légumes, poissons, viandes ; un mets ainsi préparé ; un papier d'ornement dont on entoure le manche d'un gigot ou d'une côtelette. Ce nom est issu, par substitution de suffixe, de papillon ; les paillettes étant comparées aux ailes chatoyantes des papillons.

Un papillotement est l'action de papilloter, de cligner des paupières ; un éparpillement de points lumineux ou vivement colorés qui papillotent ou s'agitent sans cesse ; l'effet qui en résulte ; une juxtaposition, un éparpillement d'une multitude de couleurs qui papillotent ; une surcharge d'expressions brillantes ou d'effets déroutants dans le style d'un écrivain ; un mouvement incessant de la pensée d'un objet à un autre ; une oscillation lumineuse.

Le verbe papilloter signifie garnir la tête de papillotes, rouler les cheveux en papillotes pour friser ou onduler ; mettre un poisson, une viande, en papillote, envelopper d'une papillote ; avoir un éclat scintillant, des reflets mouvants par une lumière ou des couleurs trop vives ; éblouir par un flot de paroles ; manquer de netteté, trembloter.

Avoir les yeux qui papillotent, c'est battre rapidement des paupières, avoir un mouvement oculaire oscillant nerveux et involontaire ; voir trouble.

Le nom féminin papillote s’est dit de paillettes d’or et d’argent disposées sur des étoffes et aussi de petits morceaux de papier qui entourent les cheveux que l’on veut friser. Et encore de bonbons de chocolat dont l’enveloppe de papier rappelle cette disposition. Ici nous trouvons un souvenir de l’éclat et de la forme des ailes du papillon. En savoir plus : Georges Gougenheim.

Le verbe papilloter et son dérivé papillotage se disent d’un clignotement rapide des paupières qui empêche les yeux de se fixer sur un point. Les critiques d’art du 18ème siècle s’en sont servis pour désigner l’effet produit par des couleurs trop vives et trop tranchantes qui éblouissent et fatiguent les yeux. À leur suite, les critiques littéraires les ont dits d’un style trop continuellement brillant qui produit sur l’esprit le même effet que les couleurs sur la vue.

Papier et papyrus

Les feuilles de papyrus furent exportées d'Égypte en Europe occidentale jusque vers la fin du 8ème siècle, l'arrivée des Arabes dans la vallée du Nil au 6ème siècle ayant progressivement mis un terme à leur exportation. Il fut dès lors peu à peu remplacé dans les pays occidentaux par le parchemin presque exclusivement en usage encore au 12ème siècle. À cette époque, papyrus commença à désigner le papier de chiffon, d'origine chinoise, fabriqué ensuite par les Arabes (après la prise de Samarkand, 751) qui l'introduisirent vers le début du 11ème siècle en Espagne et de là en Italie du Nord, d'où il se répandit en France où fonctionnent des moulins à papier vers le milieu du 14ème siècle en Champagne et en Lorraine. En Italie du Nord, le mot se présente sous deux formes : le type paper à l'Ouest, issu par voie demi-savante de paperium (altération de papyrum d'après le suffixe -erium), relevé au 13ème siècle, d'où le français papier ; le type palpei (parpé) au Centre, issu d'une forme en palp-, d'origine discutée, d'où le français paupier, répandu en Lorraine et en Champagne. 

Pour désigner le papier lui-même, on a pris en France le mot papyrus, en l’adaptant d’après le suffixe -ier, d’où notre mot papier (13ème siècle). Plus tard, au 15ème et au 16ème siècles, on a fait sur le même radical les mots papetier et papeterie. Le mot français s’est répandu dans la plupart des langues de l’Europe occidentale avec quelques variantes à la finale (espagnol papel, anglais paper, allemand Papier, etc.). En savoir plus : Georges Gougenheim.


Familièrement, un papelard est un papier manuscrit ou imprimé, ou un article rédigé pour un journal. Des papelards sont des papiers officiels, des documents d'identité. Ce nom est issu de papier par substitution des suffixes -el et -ard.


La paperasse ou des paperasses sont un ensemble de papiers écrits ou imprimés, présentant peu d'intérêt et jugés encombrants ; un ensemble de documents administratifs. Ce nom est dérivé de papier, avec le suffixe -as, -asse (-ace).

Le verbe paperasser a signifié remuer, feuilleter, classer des paperasses ; produire de la paperasse ; multiplier les documents administratifs.

Une paperasserie est une accumulation de paperasses ; un ensemble de paperasses ; une multiplication abusive de papiers administratifs.

Une paperassière, un paperassier sont ceux qui s'occupent à écrire des paperasses, des documents administratifs. L'adjectif paperassier, paperassière, qualifie quelqu'un qui s'attache exagérément à la paperasse administrative, qui la multiplie abusivement.


Une papérisation est une opération effectuée sur un support, (en général un film, en matériau de synthèse), visant à lui donner des propriétés de surfaces les plus proches possibles de celles des papiers.

L'adjectif papérisé, papérisée, qualifie ce qui a pris les caractères du papier. Ce mot est dérivé de papier, avec le suffixe -isé selon la forme du participe passé d'un verbe en -iser.


Familièrement, une paperole ou paperolle est un petit morceau de papier. Ce nom, emprunté au béarnais, est dérivé de papier, avec le suffixe -ole, -olle. 


La papeterie est la fabrication et le commerce du papier ; les articles de papier ; les articles de bureau.

Une papeterie est une usine où l'on fabrique le papier ; un magasin où l'on vend du papier et des articles de bureau ; une écritoire, un nécessaire à écrire.

Une papetière, un papetier sont des fabricants de papier ou ceux qui ont un commerce de papeterie, qui vendent du papier et des articles de bureau. L'adjectif papetier, papetière, est relatif à la fabrication du papier (l'industrie papetière). Ce mot est dérivé de papier, avec le suffixe -(t)ier.

Une librairie-papeterie est une librairie où l'on vend également de la papeterie, tenue par une libraire-papetière, un libraire-papetier.


Un papier est une matière à base de cellulose que l'on étend et sèche pour former une feuille mince ; une feuille d'étain ou d'aluminium utilisée pour présenter ou emballer divers produits ; une feuille ou un ensemble de feuilles sur quoi l'on écrit ou reproduit quelque chose ; une feuille, un morceau de papier ; une feuille sur laquelle est écrit ou imprimé un texte ; une pièce ou un document administratif (avoir ses papiers d'identité) ; un article rédigé pour un journal.

Un papier-calque est un calque, un papier translucide.

On lit l'industrie des papiers-cartons.

L'OQLF indique un papier à démaquiller, un papier à stérilisation, un papier ciré, un papier fumigatoire, un papier hygiénique, un papier ingraissable, un papier stérilisé, un papier sulfurisé, un papier tue-mouches, un papier-mouchoir.

Un papier commercial [Québec] ou billet de trésorerie sont un billet à ordre à court terme, non garanti, émis par une entreprise ou un établissement financier et négociable sur le marché monétaire.

Un papier électronique est un support souple fonctionnant avec une source d’énergie et un microprocesseur, sur lequel peuvent s’afficher des textes ou des images au moyen d'encre électronique. En anglais : electronic paper ; e-paper. Voir aussi : encre électronique. JORF du 16/09/2014.

Un papier-filtre est utilisé pour la filtration des liquides.

Un papier-ministre est un papier de format spécial.

Un papier-monnaie est une monnaie fiduciaire non convertible en métal précieux.

Un papier-paille est un papier fabriqué à partir de paille cuite avec de la chaux.

Un papier-pierre est un carton très dur.

Un papier tue-mouche est un piège adhésif.

Une, un gâte-papier étaient des gratte-papiers, des scribouillards, des mauvais écrivains. Le pluriel est des gâte-papiers.

Une, un gratte-papier sont des employés de bureau ou des fonctionnaires chargés de tâches peu importantes ; ce sont aussi des écrivains médiocres. Le pluriel est des gratte-papiers.


Une, un papivore sont des grands lecteurs ou des magnats de la presse. Ce nom est composé de papi- pour papier, et -vore (manger).


L'adjectif papyracé, papyracée, signifie mince et rigide comme une feuille de papier. Ce mot est une adaptation du latin papyraceus « de papyrus ».

Un papyrifère est une plante dont l'écorce sert ou peut servir à faire du papier.

La papyrographie est le procédé d'impression lithographique qui utilise, au lieu de la pierre, un support en papier recouvert d'une préparation spéciale ; la science des textes sur papyrus. Ce nom est composé de papyro- tiré du latin papyrus «papier» et de -graphie.

La papyrologie est l'étude des manuscrits sur papyrus. L'adjectif papyrologique est relatif à la papyrologie. Une, un papyrologue sont des spécialistes.

Un papyrus est un roseau, une plante ; une feuille constituée par la superposition de bandes de tiges de cette plante ; un ensemble de feuilles collées bout à bout ; un manuscrit dont le support est un papyrus ; le texte de ce manuscrit. Ce nom est emprunté au latin papyrus « feuille ; écrit », lui-même emprunté au grec π α ́ π υ ρ ο ς terme de botanique.

Doublets également que les formes, savantes : « crypte », « papyrus », « paradis », « lynx », et populaires : « grotte », « papier », « parvis », « once ». Il convient donc de se souvenir qu’il est des mots grecs qui se cachent sous des déguisements latins et il ne faut pas priver de leur origine première des formes qui nous semblent par trop uniquement latines ou uniquement françaises. En savoir plus : Académie française.


L'origami est l'art traditionnel japonais du papier plié.

Papa, papy, pape et pape

  • 1. La nourriture
  • 2.A. Le père
  • 2.B. Religions


Paper, on l’a vu, est issu indirectement du latin pappa, terme expressif du langage enfantin servant à désigner la nourriture ; cela nous amène à nuancer légèrement ce que nous avons écrit plus haut au sujet de pape, quand ce mot désigne l’évêque de Rome. Ces deux noms pape ne sont pas entièrement étrangers l’un à l’autre ; il existe en effet en latin une autre forme pappa, qui est elle aussi un nom familier du langage des enfants, qui signifie « père » et dont est issu le nom pape, « souverain pontife ». En savoir plus : Académie française.


1. La nourriture

En Belgique, une pape est une bouillie pour enfants ; une colle de pâte ; une colle de farine ; une boue. Une pape au riz est un riz au lait. Mettre la pape en bouche signifie devoir tout expliquer. Le nom (une) pape vient du latin pap(p)a, mot expressif dont les enfants désignent la nourriture, attesté dans les autres langues romanes : en italien pappa, en espagnol papa et également en anglais. 


Familièrement, l'adjectif papelard, papelarde, qualifiait quelqu'un qui est faux, hypocrite, avec une apparence doucereuse et affable, ainsi que ce qui témoigne de ce caractère. L'origine de ce mot est discutée, voir : CNRTL.

L'adverbe papelardement a signifié d'une manière papelarde.

Le verbe papelarder a signifié faire le papelard ; flatter pour tromper ; dire quelque chose d'une façon papelarde.

Une papelardise est le caractère, la manière d'agir d'une personne papelarde.

Papare est à l’origine de l’ancien français paper, d’où dérivent papoter et le verbe, aujourd’hui hors d’usage, papeler, « manger », puis « marmonner (des prières) ». C’est de ce dernier qu’est dérivé papelard, désignant un faux dévot dont la foi de façade se manifestait par un constant marmonnement de prières, qui était perçu comme un hypocrite. Le Moyen Âge s’est plu à dénoncer ce type d’individu, en ayant recours à des jeux de mots, fort en vogue à l’époque. [...] Ces formes furent productives puisque, en ancien français, existaient les verbes papelarder, « être hypocrite », et papeter, « babiller », et que les noms papelarderie, papelardie et papelardisme étaient synonymes d’hypocrisie. En savoir plus : Académie française.


Un papet ou pépet, pèpet sont une bouillie, une soupe épaisse. Un papet vaudois ou papet de faux poireaux est un plat constitué de pommes de terre et de poireaux très cuits servis avec une saucisse. Un papet est aussi une bouillie sucrée, un flan, ou une tarte ainsi garnie de cet appareil (une tarte au papet). Ce nom vient du latin papa ou pappa « nourriture (dans le langage des enfants) » ou est un déverbal de l'ancien français paper, du latin papare ou pappare « manger » donnant pape « bouillie », attesté au 12ème siècle et encore présent régionalement sous diverses formes suffixées.

En Belgique, un aliment papeux est pâteux (particulièrement en parlant du pain).


1. Le Dictionnaire des régionalismes de France indique qu'une tarte au papin ou un papin aux pruneaux sont une pâte briochée, garnie d’une sorte de crème pâtissière aux pruneaux. Ce nom est aussi indiqué comme une variante de papet (1).

2. En Belgique, un papin est un cataplasme.

3. Un papin [en anglais : german cockroach] est un nom usuel de la phyllodromie, Blattella germanica, une blatte cosmopolite très nuisible dans les entrepôts et les boulangeries. Papin signifie colle de pâte : lorsqu'on écrase la blatte, il sort de son corps une liqueur ressemblant à cette colle.


Un papotage est un bavardage, l'action de papoter ; des propos légers ; une conversation creuse et futile.

Le verbe papoter signifie parler beaucoup, avec familiarité, légèreté ou frivolité. Ce verbe est dérivé, avec le suffixe -oter, du radical onomatopéique papp- exprimant le mouvement des lèvres, que l'on retrouve dans le verbe latin pappare « manger » (d'où le verbe en ancien français paper, voir : papelard).

On a lu une papoteuse, un papoteur pour désigner ceux qui papotent, une papotière, un papotier, ceux qui aiment papoter.

Papotage est dérivé, par l’intermédiaire de papoter, qui a d’abord signifié « manger sans ardeur », de l’ancien verbe paper, « manger » ; il désigne des propos légers et frivoles sur des sujets de peu d’importance. C’est un synonyme de bavardage, pour ce qui est de la légèreté et de la futilité des propos échangés. En savoir plus : Académie française.


2.A. Le père

Papa est une manière de s'adresser à son père. Un papa est un père. Ce mot du langage enfantin a des correspondants dans de nombreuses langues : en grec π α ́ π π α ς, en latin pappa, en catalan et en espagnol papa.

Familièrement, à la papa signifie avec calme, sans hâte et sans grands efforts ou sans complication ; d'une familiarité débonnaire ; de papa signifie désuet, démodé, périmé.


Un grand-père ou grand-papa, grand-dabe sont le père du père ou de la mère. Un grand-père est aussi un homme âgé.

Le Dictionnaire des régionalismes de France indique : mamama, papapa (grand-mère, grand-père). 

Le Dictionnaire des régionalismes de France indique qu'un papé ou papet, papète, papette sont un grand-père, un vieil homme. Un papé-grand est un arrière-grand-père. Le papet est le tirage du 90 au loto. Le nom papète / papette est un emprunt à l’occitan papeta (analogique de mameta par inversion affective du genre).

Papé/papet, concurrencé par pépé, papy, papi ou encore par pépère ou grand-père, est un emprunt à l’occitan papé, attesté en français du Languedoc depuis 1802, qui couvre une large aire méridionale, où il coexiste parfois avec papette.

Un papy ou papi, papet, papé sont un grand-père ; un homme âgé. Le nom (un) papy est soit formé sur le radical du latin pappus « grand-père » qui est à l'origine de formes régionales comme papé dans le Midi et papi dans le Centre et en Lorraine, soit formé sur le radical expressif qui est à l'origine de papa, comme mamie (2) a été influencé par maman, et influencé par l'anglais pappy hypocoristique pour « père », notamment pour la graphie de la finale -y, qui l'emporte sur -i. Le parallélisme avec mamie (2), attesté antérieurement, peut expliquer le succès de cet appellatif.

Un papy-boom est une augmentation du nombre de personnes âgées et la génération parvenue à l'âge de la retraite. Ce nom est composé de papy et de boom « explosion », sur le modèle de baby-boom.


2.B. Religions

Un papas est un prêtre, évêque ou patriarche de l'Église d'Orient. Ce nom est emprunté au grec byzantin π α π ɑ ̃ ς « prêtre de l'Église grecque », à rattacher au grec classique π α ́ π π α ς « papa ».


L'adjectif papabile ou papable qualifie quelqu'un qui peut être élu pape.

L'adjectif papal, papale, papaux, papales, qualifie ce qui est pontifical, ce qui appartient au pape, ce qui est fait par le pape. Ce mot est emprunté au latin médiéval papalis de même sens, dérivé de papa « pape ».

Un papalin était une monnaie des États pontificaux ; un soldat du pape ; un papiste, un partisan du pape. L'adjectif papalin, papaline, qualifie quelqu'un qui est du parti du pape ou de l'Église catholique romaine. Ce mot est emprunté à l'italien papalino, attesté comme adjectif depuis le 17ème siècle, dérivé de papa « pape » (voir ce mot).

Une papamobile est une voiture blindée utilisée par le pape.

Une papauté est un pontificat, la dignité, la fonction de pape, la durée d'exercice de cette fonction ; l'ensemble de ceux qui gouvernent en collégialité et sous l'autorité du pape à Rome ; le pouvoir temporel du pape ; l'État que constituait le Saint-Siège ; l'ensemble des papes. Ce nom est dérivé de pape (1) d'après royauté.

Un pape est un souverain pontife, le chef de l'Église catholique romaine ; un pontife, une personnalité considérée comme le chef incontesté d'un mouvement, d'un parti, d'une école littéraire ou philosophique ; un passereau. Ce nom est emprunté au latin ecclésiastique papa (en grec ecclésiastique π α ́ π α ς, π α ́ π π α ς) « père », titre d'honneur donné aux évêques, puis dès le 6ème siècle. de préférence à l'évêque de Rome auquel il est pratiquement réservé dès le 9ème siècle, attesté dès le 1er siècle au sens de « père nourricier ».

Une monnaie-du-pape est une lunaire, une plante.

Une papesse est une femme pape ; une reine d'Angleterre, chef de l'Église anglicane ; une femme ayant une autorité morale incontestée, à la tête d'un mouvement. Ce nom est dérivé de pape avec le suffixe -esse.

On a lu des papicoles pour désigner des adorateurs d'un pape.

Une, un papimane vivent dans la « Papimanie », un pays habité par la cour du pape, imaginé par Rabelais ; ce sont aussi des papistes, des partisans du pape, de son gouvernement spirituel et temporel. Ce nom est formé de papi-, du latin papa, en grec π α ́ π α ς , voir pape (1) et de -mane (2).

Un papisme est une doctrine des partisans de l'autorité absolue du pape ; un catholicisme romain.

Une, un papiste sont des partisans de l'autorité absolue du pape.

On a lu une papisterie pour désigner la catholicité romaine.

L'adjectif papistique est relatif au papisme, aux papistes.

samedi 5 septembre 2026

Panneau

 A. Un panneau est un élément tissé, tressé ou rembourré ; une partie d'une construction, d'un ouvrage de menuiserie ou d'un bâtiment constituant une surface limitée par un encadrement ; une surface plane. Ce nom vient du latin populaire pannellus, dérivé de pannus « morceau d'étoffe », voir : pan (1).

Un panneau de repli est un système de secours, placé hors de la salle de commande, qui permet à l'équipe de conduite, dans le cas où la salle de commande serait rendue inexploitable, de ramener le réacteur nucléaire à l'arrêt dans un état sûr.

Un panneau à message variable ou PMV est un panneau de signalisation comportant un dispositif télécommandé permettant d'afficher des messages rapidement modifiables. En anglais : variable message sign ; VMS. JORF du 22/09/2000.

On panneau d'accrochage est un présentoir de magasin garni de supports pour accrocher des articles. Les articles en question sont « accrochables » et non « peg-boardables ». En anglais : peg-board. JORF du 05/06/2014.

En spatiologie, on lit un panneau solaire à concentrateur (en anglais : concentrator solar array), un panneau solaire souple (en anglais : flexible solar array ; solar blanket). JORF du 31/12/2005.

Un panneau-réclame est une surface publicitaire dans un espace public.

Un panneautage (1) est un revêtement fait de panneaux ; une création de cloisons ; la technique d'assemblage qui consiste à juxtaposer plusieurs pièces de bois afin de former une pièce plus large (en anglais : edge joining ; edge-to-edge joining ; edge-to-edge jointing, OQLF).

Le verbe panneauter (1) signifie couvrir de panneaux, de châssis vitrés servant à protéger les plantes cultivées sur couche.

Une panneauteuse, un panneauteur (1) transmettent par panneaux des indications à un pilote en course.

Une panneresse est un carreau, une pierre de taille ou une brique ayant une face en parement.

L'adjectif panelé, panelée, qualifie ce qui est revêtu de panneaux.


B. Un panneau est un filet vertical utilisé pour la capture du gibier. Tomber dans le panneau signifie tomber dans le piège. Un panneautage (2) est une chasse au panneau. Le verbe panneauter (2) signifie chasser avec des panneaux. Une panneauteuse, un panneauteur (2) sont ceux qui braconnent avec des panneaux.

Au siècle dernier nous avons également accueilli panel, qui désigne un groupe de personnes sélectionnées pour constituer un échantillon représentatif. C’était le retour sur ses terres de l’ancien français panel, qui, entre autres sens, repris sous la graphie moderne de panneau, avait ceux de « morceau d’étoffe » et de « filet tendu pour prendre le gibier » (d’où l’expression donner ou tomber dans le panneau) ; ce panel, issu du latin vulgaire pannellus, désignait aussi un morceau de parchemin et, par métonymie, le parchemin sur lequel était établie la liste des jurés, puis cette liste ou le jury lui-même, et c’est quand il avait ce sens que l’anglais nous l’a emprunté. En savoir plus : Académie française.

L’expression familière donner, tomber dans le panneau, « se laisser duper, abuser », vient également de la chasse. Au Moyen Âge, le panneau (un nom parent de pan et panel) désignait un piège consistant en un morceau de toile ou un filet servant à prendre le petit gibier ou à détourner les grands animaux. Mais dès le 17ème siècle, on commença à rencontrer ce nom avec un sens figuré dans un certain nombre de locutions. Notre Dictionnaire le signalait déjà dans sa première édition : « On dit figurément Tendre un panneau à quelqu’un, pour dire, Luy preparer l’occasion de faire une faute, de tomber dans un inconvenient, de prendre une raillerie pour une chose serieuse : Et on dit en ce sens, Donner dans le panneau. c’est un homme à donner dans tous les panneaux qu’on luy tend. » Avec le temps panneau fut concurrencé par d’autres noms de même sens (donner dans le piège, dans la nasse, dans la souricière) ; quand la locution donner dans devint moins aisément compréhensible, elle commença à être remplacée par tomber dans et c’est la huitième édition de notre Dictionnaire qui signala, pour la première fois, la concurrence entre les deux verbes. En savoir plus : Académie française.

Le verbe épanneler (dégrossir un bloc de pierre ou de marbre pour le sculpter) est dérivé de l'ancien français pennel, voir : panneau au sens de « patron employé dans la coupe des pierres ».

Panne

 1. Le nom (une) panne (une étoffe, un tissu) vient du latin pĭnna « plume ; aile », probable variante de pĕnna, voir : penne, attesté en gallo-roman au sens de « fourrure » qui aurait pu être influencé par le germanique, plus exactement par le francique, puisque ce sens vit en ancien provençal pena « sorte de fourrure » depuis le début du 13ème siècle.


2. Une panne est la graisse sous la peau du porc ; la graisse qui enrobe le filet et les rognons du porc ;ce nom a parfois désigné la graisse apparente chez un être humain. Ce nom est un emploi figuré de panne (1), la couche de graisse plus ou moins épaisse adhérant à la couenne, pouvant être comparée à la doublure d'un vêtement.


3. Rendre la panne, mettre, rester, se tenir en panne signifient disposer la voilure de façon à immobiliser le bateau ou à ne le soumettre qu'à l'effet de dérive.

Être, mettre, rester, se tenir en panne signifient s'arrêter dans l'exécution d'un projet en attendant le moment favorable.

Une panne est un arrêt momentané accidentel et subit du fonctionnement d'un mécanisme, d'un moteur, d'un appareil ; une impossibilité de fonctionner ou de continuer, d'achever une tâche ; une interruption, une coupure accidentelle ; un arrêt momentané d'une activité, d'un travail. Ce nom est le même mot que penne, voir aussi panne (1), l'extrémité de la vergue à antenne, rappelant la pointe d'une plume.

En informatique, une panne est un état anormal d'une unité fonctionnelle la mettant dans l'impossibilité d'accomplir une fonction requise. Le terme anglais fault désigne aussi une anomalie, condition anormale diminuant ou supprimant l'aptitude d'une entité fonctionnelle à accomplir une fonction requise. JORF du 22/09/2000.

Une panne était un rôle insignifiant, sans importance (être dans la panne, dans la misère), ou une œuvre insignifiante, de médiocre qualité. L'adjectif panné, pannée, signifiait pauvre, sans argent, dans la misère. Une panouille était un petit rôle, une figuration.

Le verbe dépanner est dérivé de panne. D'où un dépannage, un dépanneur, une dépanneuse.

Le verbe empanner (pour un navire à voile) est dérivé de panne. D'où : un empannage.


4. Une panne est la partie amincie du marteau, opposée à la tête, ainsi que la partie plate et tranchante d'un piolet. Ce nom est le même mot que penne, voir aussi panne (1), par analogie de forme.


5. Une panne est une bande de nuages au-dessus de l'horizon (une panne de brume). Ce nom est probablement le même mot que penne, voir panne (1) par analogie avec la forme d'une plume, ou à rapprocher du provençal moderne pano « nuage léger qui flotte dans les airs », se rattachant au latin pannus « morceau d'étoffe ».


6. Une panne est une poutre horizontale reliant les fermes d'un comble. Ce nom très attesté dans le nord et l'est de la France, est probablement à rattacher comme l'ancien provençal padenal, le gascon padeau, le galicien padea, l'allemand pfette, au bas latin patĕna « crèche, mangeoire », emprunté au grec π α ́ θ ν η v, φ α ́ τ ν η, également attesté au pluriel au sens de « lambris d'un plafond disposé par compartiments » et « râtelier », la transposition de sens s'étant faite à partir de la notion de position horizontale et de longueur des poutres d'une mangeoire, alors que celle de cavité n'aurait joué aucun rôle (par analogie avec l'assemblage de larges barres de bois que forme le râtelier posé sur l'auge).


7. Une panne est une tuile. Ce nom est emprunté au néerlandais pan ou à l'ancien flamand pane « tuile », du latin patina « plat creux ». D'abord employé en français pour désigner une tuile faitière en forme de S couché, le mot désigne dans les dictionnaires de Wallonie et du Nord de la France une tuile en général.

Le Dictionnaire des belgicismes indique une latte à pannes (une latte clouée sur les chevrons pour maintenir les tuiles), une panne de verre (une tuile en verre ; un crâne chauve), une pannerie (une fabrique de tuiles).


8. En Belgique, une panne est une dépression humide dans les dunes. Ce nom est probablement un emploi par analogie de forme du sens de « poêle à frire » du mot panne en néerlandais, lui-même issu du latin patina « plat creux », pour désigner une dépression. En Belgique le nom de la ville La Panne (en néerlandais De Panne) signifie « la dépression ». Le mot correspondant Pfanne et l'anglais pan connaissent la même acception.


9. En Belgique, une panne est un bassin hygiénique, un bassin de lit.


10. En Belgique, une panne est une poêle à frire.

samedi 29 août 2026

Paille

Une paillade était un pailler où logeaient les domestiques.


Un paillage ou empaillage, empaillement, rempaillage sont l'action de pailler un siège et cette garniture paillée.

Un paillage ou empaillage, empaillement sont l'action de pailler le sol, un végétal, un terrain ensemencé ; son résultat.

Un paillage est un épandage de paille ou de paillis sur un sol cultivé ou forestier. En anglais : mulching. Voir aussi : paillis. JORF du 13/05/2012.

Un empaillage est l'action de garnir un siège de paille ; l'action d'entourer un plant, un jeune arbre de paille pour le protéger ; l'action d'empailler un animal mort.

Un rempaillage est l'action de rempailler un siège, par opposition à un dépaillage.

Ce nom est dérivé de pailler, avec le suffixe -age.


L'adjectif paillard, paillarde, signifiait qui aime les plaisirs de la chair et la joyeuse vie. Une chanson paillarde a un caractère grivois. Des paillardes étaient un récit ou une chanson de caractère grivois. Une paillarde, un paillard étaient des débauchés, des fêtards. Ce mot est dérivé de paille (le paillard étant proprement le gueux couchant sur la paille).

L'adverbe paillardement a signifié d'une manière paillarde.

Le verbe paillarder a signifié mener une vie de paillard.

Une paillardise est le caractère ou la conduite d'une personne paillarde ; un penchant prononcé pour les plaisirs de la chair ; une action témoignant d'une sensualité grossière ; une parole, un récit de caractère grivois.

Dans ce même registre, cet auteur nous rappelle que paillard vient de paille « parce que les paillards couchaient tous pêle-mêle et se vautraient dans la paille et, suivant d’autres, parce que, chez les Romains, les prostituées exerçaient leur ignoble métier sur la paille ». L’argot a souvent déformé ce nom pour en faire les formes pageot ou pajot. Peut-être faut-il y voir l’influence du mot paillot qui, depuis la fin du Moyen Âge, désignait une petite paillasse. Pageot s’est aussi rencontré sous la forme abrégée page et sa variante pagne. En savoir plus : Académie française.


1. Une paillasse était un sac de toile bourré de paille, de feuilles sèches etc. servant de matelas ou de lit ; c'est une dalle servant de support ou de plan de travail ; la partie d'un évier, sur laquelle on met à égoutter la vaisselle. Ce nom est dérivé de paille, avec le suffixe -asse, les sens techniques venant peut-être du fait que de tels appuis étaient primitivement faits de paille ou de murs de torchis.

Familièrement, une paillasses était un ventre. Se crever la paillasse signifiait se donner beaucoup de mal.

Les autres synonymes nous renseignent, eux, sur l’histoire de la literie puisqu’ils tirent tous leur nom de la matière dont étaient garnis les lits. Ce pouvait être de la paille, et c’est là l’origine du nom paillasse. Les liens avec la prostitution étant toujours très forts, Bescherelle nous apprend, dans son Dictionnaire national, qu’on appelait paillasse de corps de garde une « femme ou fille de mauvaise vie, qui s’abandonne indifféremment à tous les soldats, au premier venu ». En savoir plus : Académie française.


2. Un paillasse était un bateleur de foire qui était chargé d'attirer le public ; un clown de parade ou de piste ; un homme sans consistance, ni volonté. Ce nom est probablement emprunté au substantif italien pagliaccio, le nom d'un bateleur, personnage de théâtre, dérivé, à l'aide du suffixe -accio (-asse), de paglia (paille) parce que ce personnage portait un vêtement de toile écrue rappelant un sac de paille.

Une paillasserie était une plaisanterie, une facétie digne d'un paillasse ; le caractère, le tempérament de paillasse.

Une paillassine était une femme costumée en paillasse.


Un paillasson est un tapis de fibres végétales, pour s'essuyer les chaussures ; familièrement, c'est quelqu'un qui subit insultes et rebuffades sans réagir, sans protester. Un paillasson est aussi une natte de paille tressée pour protéger les pierres de taille et les matériaux de construction ; une tresse de paille servant à confectionner des chapeaux ; un chapeau ainsi confectionné ; une natte ou une claie utilisée pour protéger du froid ou du soleil les couches et les espaliers de végétaux. Ce nom est dérivé d'une paillasse.

Un paillassonnage est l'action de paillassonner les végétaux en couche ou en espalier ; son résultat. un changement de partenaire en amour, une liaison passagère.

Le verbe paillassonner signifie couvrir de paillassons ; il a signifié multiplier les aventures extraconjugales.


Un paillat est une corbeille en paille. Ce nom est régional.


La paille est un ensemble de tiges de céréales coupées et dépouillées de leur grain. Une paille est une tige ou un fragment d'une tige de céréale ; un brin de paille, un tuyau de matière plastique ou de papier, dont on se sert pour aspirer une boisson ou pour faire des bulles de savon ; une paillette, un défaut interne d'une pièce de verre ; une tache fine et allongée dans une pierre précieuse ; une longue cheville à tête, en fer ; une chose insignifiante. Ce nom vient du latin palea « balle de céréale » et « menue paille », puis, par extension, « tige entière de céréale dépouillée de son grain » et par analogie « paillette ou limaille de métal » (palea aeris).

Un homme de paille est un homme de rien, un prête-nom.

Être sur la paille signifie se trouver dans un extrême dénuement.

Un objet de paille est fait avec de la paille filée et tressée.

De la paille de fer est des filaments, des copeaux de métal réunis en paquets.

Le paille est une couleur jaune pâle.

Un monte-paille est un appareil élévateur permettant d'engranger la paille.

Un papier-paille est fabriqué à partir de paille cuite avec de la chaux.

La paille et l’osier ont en commun d’être des matières abondantes, peu onéreuses et faciles à travailler. On les utilisait beaucoup autrefois. Il est donc normal qu’on les retrouve dans de nombreuses expressions et locutions, comme homme de paille et mannequin d’osier. En savoir plus : Académie française.


Une pièce d'acier ou de verre paillée ou pailleuse (2) présente une ou plusieurs pailles, un ou plusieurs défauts internes.

L'adjectif paillé, paillée, qualifie ce qui est de la couleur, de la nuance de la paille. Une marchandise paillée est entourée, garnie de paille. Un siège paillé est garni de paille tressée. Ce mot est dérivé de pailler.

Une chaise dépaillée, un fauteuil dépaillé sont dégarnis de leur paille.

L'adjectif empaillé, empaillée, qualifie ce qui est garni de paille et un animal mort qui est rembourré de paille.

Un siège peut être rempaillé, regarni de paille. Familièrement, l'adjectif rempaillé, rempaillée, signifiait de nouveau riche.

Un paillé est un fumier pailleux dont la paille n'est pas encore décomposée ; c'était une litière n'ayant servi qu'un jour.

Familièrement, une empaillée, un empaillé étaient des empotés, ceux qui manquent de vivacité et paraissent gauches et niais.


Un paille-en-cul ou paille-en queue sont un phaéton, un oiseau. Ce nom est composé de paille, en, cul ou queue, cet oiseau étant doté d'un long double penne semblant une longue paille implantée dans sa queue.


Les verbes pailler ou empailler signifiaient emballer une marchandise, un objet, dans de la paille ; ils signifient garnir un siège de paille tressée. Pailler ou empailler le sol, un végétal, un terrain ensemencé, c'est les protéger, généralement avec de la paille ou du fumier. Le verbe pailler est dérivé de paille.

Le verbe dépailler signifie retirer la paille d'un siège.

Le verbe empailler signifie garnir de paille ; envelopper de paille pour protéger des heurts ; entourer de paille pour protéger des intempéries ou des dégradations ; emplir de paille la peau des animaux pour conserver leur apparence naturelle.

Le verbe rempailler signifie refaire en paille le fond de quelque chose, généralement d'un siège ; empailler de nouveau.


Un pailler est une cour de ferme ou un bâtiment où l'on conserve la paille et les fourrages ; une meule de paille ; un hangar. Ce nom est issu du latin palearium « grenier à paille » ou du bas latin paleare « tas de paille ».

Une poule paillère, un oiseau pailler sont nourris sur le pailler, la basse-cour où est entreposée de la paille.

Une paillère est une meule de paille.


Un (vin) paillet est un vin paillé, clairet, blanc, rosé ou gris. Ce mot est probablement une altération de paillé.

Un paillet est un tas de paille ou une natte ou garniture en filin utilisée sur des navires.

Un paillet est une paillette, une pièce de serrurerie.

Ce nom est soit une forme masculine issue de paillette, ou une altération de paillé, participe passé de pailler « tresser, disposer de la paille ».


Un pailletage est l'action de pailleter et son résultat.

L'adjectif pailleté, pailletée, signifie orné(e) de paillettes ou parsemé(e) d'éléments brillants, constellé(e) de points lumineux. Un pailleté est un tissu brodé de paillettes.

Le verbe pailleter signifie broder, parsemer de paillettes ; consteller de points lumineux, parsemer de reflets scintillants ; faire scintiller.

je paillète ou paillette, tu paillètes ou paillettes, il paillète ou paillette, nous pailletons, vous pailletez, ils paillètent ou paillettent ;je pailletais ; je pailletai ; je paillèterai ou pailletterai ; je paillèterais ou pailletterais ;j'ai pailleté ; j'avais pailleté ; j'eus pailleté ; j'aurai pailleté ; j'aurais pailleté ;que je paillète ou paillette, que tu paillètes ou paillettes, qu'il paillète ou paillette, que nous pailletions, que vous pailletiez, qu'ils paillètent ou paillettent ; que je pailletasse, qu'il pailletât, que nous pailletassions ; que j'aie pailleté ; que j'eusse pailleté ;paillète ou paillette, pailletons, pailletez ; aie pailleté, ayons pailleté, ayez pailleté ;(en) pailletant.

Une pailleteuse, un pailleteur sont une orpailleuse, un orpailleur, ceux qui recueillent les paillettes d'or.

Une paillette est une fine lamelle brillante ou non ; un point scintillant ; une bractée, une feuille de végétal ; une soierie légère ; une paille, un défaut dans un diamant ou une pierre précieuse ; un paillet, une pièce de serrurerie. Ce nom est dérivé de paille, avec le suffixe -ette (-et).

Une paillette est un type de réflecteur léger utilisé en grand nombre pour former des nuages destinés à leurrer les radars et les autodirecteurs de missiles. La paillette peut se présenter sous forme d'aiguille, de bandelette ou de ruban métallique ou métallisé. En anglais : chaff ; rope ; window. Voir aussi : autodirecteur. JORF du 22/09/2000.

Une paillette d'or est une parcelle d'or.


Une pailleuse, un pailleur sont ceux qui vendent et/ou qui transportent de la paille ; ceux dont le métier est de pailler les sièges. Ce nom est dérivé du verbe pailler.

Une empailleuse, un empailleur sont des artisans qui empaillent les sièges ; des naturalistes, des artisans qui empaillent les animaux.

Une rempailleuse, un rempailleur rempaillent les chaises par profession.


L'adjectif pailleux, pailleuse, qualifie ce qui est fait de paille, ce qui en contient, ce qui a la couleur de la paille. Un fumier pailleux est un paillé, un fumier dont la paille n'est pas encore décomposée. Ce mot est dérivé de paille.


Un paillis est une mince couche de paille brisée, ou d'autres débris végétaux, épandue comme litière à la surface du sol. Ce nom est dérivé de paille, avec le suffixe -is.

Un paillis est un matériau qui, épandu à la surface du sol, conserve l'humidité et limite l'érosion ainsi que le développement des espèces végétales concurrentes. Le paillis peut être organique, naturel (feuilles, écorce et sciure de bois, paille, résidus d'exploitation... broyés) ou synthétique (plastique), rarement minéral (laine de verre). En anglais : mulch. Voir aussi : paillage. JORF du 13/05/2012.


1. Une paillole est une paillette d'or des sables aurifères des rivières. Ce nom est dérivé de paille, avec le suffixe -ole.

2. Une paillole est un filet de pêche à mailles fines et à fils déliés. Ce nom est formé comme paillole (1) ou est emprunté au correspondant provençal paiolo, palholo.


A. Un paillon est un emballage de paille ou de jonc, de forme conique ; une poignée de paille utilisée comme filtre ou comme tamis au fond d'une cuve ; une petite corbeille de paille ; familièrement, c'était une infidélité en amour.

B. Un paillon est une grosse paillette découpée dans une mince feuille de métal battu ; une petite plaque de métal pour donner à l'émail transparent des reflets chatoyants ; une goutte d'étain sur une platine de cuivre.

Ce nom est dérivé de paille, avec le suffixe -on.

Le verbe paillonner signifie étamer une pièce en y faisant fondre des paillons d'étain, après l'avoir enduite de cire ou de poix-résine.


Un paillot (1) était une petite paillasse servant à protéger de l'humidité la literie d'un lit d'enfant ; c'est un ados de terre formé entre les rangées de ceps par le premier labour. Ce nom est dérivé de paille, avec le suffixe -ot. En viticulture, il s'agit peut-être d'une altération, à l'aide du même suffixe, de pailluel « mur de terre et de paille hachée », à comparer avec l'ancien picard pailloleur « maçon qui construit un pailleul [mur de bauge, de terre mêlée avec de la paille hachée] » et d'autre part pailloter « garnir de torchis » et paillotage « mur de torchis ».

Un paillol ou paillot (2) était la soute à biscuits d'une galère, où était logé l'employé aux écritures ; c'était un forçat employé aux écritures dans les bureaux d'un bagne. Étant donné l'origine des premiers emplois du nom (un) paillot (2) (à l'Arsenal de Rouen où les Génois travaillaient en nombre, puis en Provence au début du 16ème siècle) et l'ancienneté du mot dans le domaine italien, il est probable que ce mot provienne du génois. Voir : CNRTL.

Peut-être faut-il y voir l’influence du mot paillot qui, depuis la fin du Moyen Âge, désignait une petite paillasse. En savoir plus : Académie française.


Une paillote ou paillotte était une hutte couverte de paille ou une toile de paille de riz.

Une paillote est un bar, un restaurant, une location de transats, etc. établis sur le littoral. Une, un paillotiste sont des exploitants d'un tel établissement.

Ce nom est dérivé de paille, avec le suffixe -ot(t)e (-ot). Pour le premier sens, il est probablement emprunté au portugais palhota « hutte de paille ». 


dimanche 16 août 2026

Oreille

Un animal oreillard a de longues oreilles.

Un oreillard est un âne, un lièvre ou une chauve-souris.

Un oreillard ou une oreille, une oreillette, un oreillon sont la partie rembourrée, située de chaque côté du dossier de certains fauteuils, permettant d'appuyer la tête.

Une oreille est l'un des deux organes de l'audition et de l'équilibration des vertébrés ; l'organe de l'ouïe, l'ensemble de l'appareil auditif ; la capacité de bien percevoir les sons ; la confiance que l'on accorde à quelqu'un ; l'oreille externe, le pavillon de l'oreille ; ce qui a la même fonction ; ce qui a la même forme ou la même position. Ce nom vient du latin populaire auricula « oreille ; ouïe ; anse de cruche, en composition dans quelques noms de plantes : auricula muris, etc., diminutif en -icula (à comparer avec le suffixe -ule) du latin classique auris « oreille ; oreille attentive, attention ; jugement de l'oreille ; orillon d'une charrue », auquel il s'est substitué.

Le Dictionnaire des belgicismes indique : une oreille de lièvre (une mâche, une salade), en avoir une sur l’oreille (être éméché), une oreille de béguine (une pomme séchée au four), faire l’oreille de veau (faire semblant de ne pas comprendre).

On entend parfois "rabattre les oreilles" (comme certains chiens peuvent le faire) pour "rebattre les oreilles" : ennuyer en répétant toujours la même chose.


L'adjectif oreillé, oreillée, a signifié pourvu(e) d'oreilles.


A. Une oreille d'âne ou oreille de vache sont une consoude, une plante.

B. Une oreille d'âne ou oreille de lièvre (1) sont un buplèvre, une plante.

Deux plantes sauvages de notre flore au moins en ont ainsi hérité de ce surnom populaire d’oreille-d’âne : la consoude officinale et la knautie sylvatique. Toutes les deux ont des feuilles allongées, prolongées en pointe et un peu rugueuses au toucher. Cela dit, on a tout autant utilisé oreille-de-vache pour désigner la première !

Plus récemment, au moins trois plantes exotiques, cultivées comme ornementales d’appartement, ont ainsi été surnommées, soit en français soit en anglais (Donkey’s ears). Le Sanseveria, une asparagacée, connu aussi sous le surnom de… langue de belle-mère, possède des feuilles épaisses (plante succulente), très allongées et dures, un peu repliées : oreille-d’âne lui va donc très bien. Le Kalanchoe gastonnis-bonnieri, crassulacée originaire de Madagascar, est aussi une plante succulente aux feuilles plus larges. Le troisième est un séneçon cinéraire originaire de Colombie au feuillage recouvert d’un feutrage blanc épais, Senecio niveoaureus : c’est son toucher très velu serré qui a dû susciter cette image.

On retrouve ce surnom pour un champignon ascomycètes, une pezize commune, Otidea onotica : cette grande espèce (pour une pézize) se présente sous forme de coupes charnues tendres, fendues en deux sur toute leur longueur. Les coupes jaune orangé à orange abricot sont teintées intérieurement de rose quand elles s’ouvrent. Ce champignon pousse dans les forêts de feuillus et de conifères en fin d’été-automne. On la surnomme aussi oreille-de-lièvre : en termes de proportions, les oreilles du lièvre se rapprochent effectivement de celles de l’âne !

Extrait de Voyage avec un âne au pays des mots (Zoom nature).

C. Une oreille d'âne sert à amener l'air par un hublot.

D. Une oreille d'âne est un outil pour fixer une clé sur un étau.


Une oreille d'homme est un asaret d'Europe ou cabaret, une plante.

Une oreille d'ours est une primevère, une plante.

Une oreille de cochon est un appareil servant à la remise sur rails.

Une oreille de Judas est un champignon.

L’hyménium caoutchouteux teinté de brun pourpre se retrouve chez sa proche cousine (même genre : voir ci-dessous), l’oreille-de-Judas qui fréquente essentiellement les bois morts de sureaux noirs. Cette dernière a des carpophores nettement plus grands, bien individualisés même s’ils peuvent être serrés ; mais surtout, le dessus et le dessous sont de la même couleur, critère très facile à observer. Extrait de Auriculaire mésentérique : le champignon tripe (Zoom nature).

Une oreille de lièvre (2) est une voile.

Une oreille-de-mer ou oreille de Saint-Pierre sont un haliotide ou un ormeau, un mollusque, un coquillage.

Une oreille de Midas est un coquillage marin.

Une oreille-de-souris ou oreille de rat sont un myosotis ou une piloselle, une plante.


Un oreiller est une pièce de literie, destinée à soutenir la tête pendant le repos ; ce qui a une fonction comparable ; ce sur quoi on se repose, ce qui assure la tranquillité de l'esprit. Ce nom est dérivé d'oreille.

La seconde entrée qui a retenu mon attention concerne le couple coussin/oreiller. Je ne suis pas sûr, comme l’écrivent Hanse et collègues, que si un Belge demande un coussin dans un hôtel en France, il se fera d’office apporter « un coussin d’étoffe de décoration plus ou moins grossière et peut-être plus ou moins défraîchi » (p. 84). En tout cas la probabilité est plus faible s’il se rend dans l’une des zones vertes désignées sur la carte ci-dessous. En savoir plus : Francais de nos régions.


Une oreillette est un petit récepteur qui s'adapte à l'oreille ; un objet qui se place sur l'oreille ; une cavité du cœur qui reçoit le sang et l'envoie dans le ventricule ; un beignet de pâte très fine et étirée, cuit dans l’huile bouillante puis saupoudré de sucre fin, traditionnel de la Chandeleur et du Mardi gras ou des repas de fête d’hiver (voir le Dictionnaire des régionalismes de France) ; un champignon ; une expansion du pétiole ou du limbe ; une expansion du sommet des valves chez les mollusques lamellibranches.

Un oreillard ou une oreille, une oreillette, un oreillon sont la partie rembourrée, située de chaque côté du dossier de certains fauteuils, permettant d'appuyer la tête.

Une oreillère ou une oreille, une oreillette, un oreillon sont la partie d'un casque ou d'une coiffure couvrant chacune des oreilles.

Une oreillette ou une oreille, un oreillon, un orillon sont une partie saillante d'un objet rappelant une oreille.

Une oreillette ou une oreille, un oreillon sont ce qui, de part et d'autre d'un objet, permet de le saisir, de le fixer.


A. Un oreillon est ce qui a la forme d'une oreille ; une partie de l'oreille des chauves-souris ; une petite touffe de plumes disposée de chaque côté de la tête d'un oiseau. Des oreillons sont des rognures de peau, d'oreilles, qui servent à faire de la colle forte.

B. Les oreillons sont une maladie infectieuse et contagieuse. L'adjectif ourlien, ourlienne, est relatif aux oreillons.

C. Un oreillon ou orillon sont une saillie arrondie que forme sur le flanc la face d'un bastion.

Les noms oreillère, oreillette et oreillon sont dérivés d'oreille.

Les parties du visage sont désignées pour la plupart par des mots qui continuent leurs dénominations latines : front vient de frons, œil d’oculus, nez de nasus. Oreille, toutefois, ne vient pas d’auris, mais de son diminutif auricula. Menton remonte au latin mentum par l’intermédiaire d’un dérivé du latin vulgaire mento (accusatif mentonem). En savoir plus : Georges Gougenheim.

Le nom (un) auriculaire est emprunté au latin auricularius « qui a rapport à l'oreille ». On a lu est monaural ou monauriculaire pour monophonique.

Le nom (un) auricule est emprunté au latin auricula « oreille ; ouïe ; anse de cruche», diminutif de auris « oreille ; oreille attentive, attention ; jugement de l'oreille ; orillon d'une charrue ».

Le verbe essoriller (couper les oreilles, couper très court les cheveux) est dérivé d'oreille avec le préfixe privatif es- du latin ex-.

Les noms (une) haliotide (un mollusque) et (un) haliotis (un coquillage de même type) sont des adaptations du latin haliotis, haliotidis, du grec α ́ λ ι ο ς « marin » et ο υ ̃ ς, ω ̓ τ ο ́ ς « oreille ».

Le nom (un) myosotis (une plante ; sa fleur ; sa couleur) est emprunté au latin myosota, myosotis, transcription du grec μ υ ο ς ω ̃ τ α, μ υ ο σ ω τ ι ́ ς « myosotis », proprement « oreille de souris » en raison de la forme des feuilles.

Le nom (un) ormeau (2) ormet ou ormier (une haliotide, une oreille de mer) est une altération d'ormier, d'où l'anglais ormer, terme dialectal de l'Ouest, du latin auris maris « oreille de mer », en raison de la ressemblance de ce coquillage avec l'oreille, auris «coquille» étant attesté, ou une forme contractée de oreille de mer.

Le nom (une) otarie (un mammifère marin) est emprunté au grec ω ̓ τ α ́ ρ ι ο ν « petite oreille », diminutif de ο υ ̃ ς, ω ̓ τ ο ́ ς « oreille ». D'où : les otariidés.

-ote, du grec ο υ ̃ ς, génitif ω ̓ τ ο ́ ς « oreille » :

  • ictérote : qui a des oreilles jaunes ou des taches jaunes sur chaque côté de la tête.

  • une lépiote : un champignon.

  • mélanote : qui a les oreilles, les ouïes noires.

  • oxyote : qui a les oreilles pointues.

  • une pleurote : un champignon.

  • une psalliote : un champignon.

ot(o)- est tiré du grec ο υ ̃ ς, ω ̓ τ ο ́ ς « oreille » : une otacariase, une otalgie, un othématome, otique, une otite, otitique, un otocéphale, otoconial, une otoconie, un otocyon, un otocyste, un otolithe, otolithique, une otologie, otologique, une, un otologiste ou otologue, une oto-mastoïdite, une otomycose, un otomys, une otopathie, une otoplastie, une oto-rhino-laryngologie ou ORL , oto-rhino-laryngologique ou ORL, une, un un oto-rhino-laryngologiste ou oto-rhino-laryngologue, otorhino, ORL, une otorragie ou otorrhagie, une otorrhée ou otorrée, un otoscope, une otoscopie, otoscopique, une otospongiose.

Le nom (une glande) parotide (une glande salivaire ; un gonflement, une tumeur de la parotide ou de sa région) est emprunté au latin parotis, parotidis « gonflement des glandes de l'oreille », du grec π α ρ ω τ ι ́ ς (de π α ρ α ́ « à côté [de] » et ο υ ̃ ς, ω ̓ τ ο ́ ς « oreille »). D'où : une parotidectomie (une ablation totale ou partielle de la parotide), parotidien (relatif à la parotide, à sa région), une parotidite (une inflammation de la parotide, accompagnant une infection ou une intoxication).

Un étrange hasard a fait que l’année 1810 a vu, parmi celle de nombreux autres mots, l’apparition de deux termes ayant le même radical. En effet, on pouvait lire pour la première fois, dans le Nouveau Dictionnaire de médecine de Joseph Capuron, le mot otite et, dans une « Notice sur l’habitation des phoques » de François Péron, parue dans les Annales du Muséum d’histoire naturelle, le mot otarie. Ouvrages bien savants pour ces noms, tous deux tirés du grec ous, ôtos, « oreille », et qui allaient rapidement entrer dans la langue courante.

Il faut dire que cette première moitié du 19ème siècle fut une période faste pour les mots formés à partir de cette racine, puisque naquirent dans notre langue les termes otique (1812), otorrhée (1823), otolithe (1827) et otocyon (1847). L’otorhinolaryngologiste et son otoscope viendraient un peu plus tard. L’otologie et l’otalgie dataient du 18ème siècle, mais un autre nom les avait précédés : myosotis. L’anglais forget-me-not et l’allemand Vergissmeinnicht nous auraient rappelé, s’il en avait été besoin, qu’il convient de ne pas oublier cette fleur qui symbolise le souvenir fidèle. Ce mot se rencontre d’abord chez Rabelais sous la forme myosota, proprement « oreilles de souris ». Et d’ailleurs, quand cette fleur fait son entrée dans le Dictionnaire de l’Académie française, en 1762, ce n’est pas à Myosotis qu’on la trouve, mais à Oreille de souris, avec cependant cette note à la fin de la définition : « On dit aussi myosotis. » Cette indication figurera jusqu’à la sixième édition en 1835, même si à cette date Oreille de souris cesse de faire l’objet d’une entrée séparée et doit être cherché à Oreille. Les deux dernières éditions soulignent que cette fleur s’appelle aussi Ne-m’oubliez-pas.

Auparavant c’est le latin qui fournissait les noms liés à cet organe, et d’abord auris, dont le diminutif auricula, altéré en oricla, est à l’origine du nom « oreille ».

Auris a de nombreux dérivés. Du latin auricularius, « qui concerne l’oreille », Rabelais, encore lui, a tiré l’expression « doigt auriculaire », pour désigner un doigt suffisamment fin pour pouvoir être introduit dans l’oreille, expression ensuite simplifiée en « auriculaire ». Ce n’était pas le seul sens de auricularius, puisque le latin médiéval appelait ainsi un confesseur – et rappelons que l’on oppose encore la confession auriculaire (à l’oreille du prêtre) à la confession publique –, mais aussi un confident ou un espion. Ce rapport entre oreille et espionnage se retrouve à toutes les époques ; on l’a ainsi vu pendant les deux guerres mondiales sur de nombreuses affiches signalant que « les murs ont des oreilles ».

De aus, une forme ancienne de auris, a été tiré auscultare, « prêter l’oreille, écouter attentivement », qui a donné « ausculter », mais aussi, dès le 9ème siècle, « écouter ». D’écouter, qui s’est d’abord écrit escouter et a d’abord signifié « espionner », a été tiré l’ancien français escoute, « personne qui écoute, espion », que l’anglais nous emprunta sous la forme scout, un nom qui désigna d’abord un soldat envoyé en éclaireur.

Le nom oreille a été particulièrement productif en français : il est à l’origine de nombreux termes, en rapport avec les oreilles ou liés à celles-ci par analogie. C’est le cas d’oreillard, qui s’est d’abord rencontré comme nom avec le sens de « confesseur », avant de désigner des animaux à grandes oreilles, âne, lièvre, lapin et une variété de chauve-souris dont les oreilles sont aussi grandes que le corps. Baudelaire a ajouté à ces sens, dans le Salon de 1846, celui d’« oreille de fauteuil » : Quand la septième heure ou huitième heure sonnée incline votre tête vers les braises du foyer et les oreillards du fauteuil.

Il en va de même pour oreillette, qui, après avoir été une petite oreille, a servi à nommer des couvre-oreilles, une cavité du cœur, un beignet, une feuille de mâche (sous la forme orillette) ou encore quelques variétés de champignons, avant d’être aujourd’hui un récepteur de petite taille que l’on peut placer dans son oreille.

Il y a aussi l’oreillon, qui fut dans un premier temps un coup sur l’oreille – et qui est peut-être à l’origine du nom horion –, puis, au pluriel, une maladie contagieuse touchant, entre autres, les oreilles ; c’est aussi la partie mobile d’un casque romain (et plus tard d’une casquette) protégeant les oreilles, ou une demi-pêche ou un demi-abricot. On se gardera bien d’oublier l’oreiller mais l’on s’étonnera que les expressions confidences sur l’oreiller et se réconcilier sur l’oreiller ne soient en usage que depuis le 20ème siècle, tant il y a lieu de croire que ce qu’elles désignent est bien antérieur.

C’est aussi d’oreille qu’est tiré le verbe essoriller, « couper les oreilles ». On essorillait naguère certaines races de chiens, pour que, de tombantes, leurs oreilles deviennent droites, mais c’était aussi un supplice fort en usage au Moyen Âge. Il était le plus souvent appliqué aux serfs et aux serviteurs de l’Église. Cette pratique se répandit tellement que deux conciles, au 7ème siècle, défendirent aux évêques d’infliger ce supplice à ceux qui les servaient, et que le concile de Francfort, en 794, interdit aux abbés de traiter ainsi les moines, quelque faute qu’ils aient pu commettre. Les sorciers coupables de s’être rendus au sabbat étaient essorillés avant d’être mis à mort et le bourreau clouait leurs oreilles au gibet. La rue de la Coutellerie, à Paris, s’appelait au 13ème siècle rue de la Vieille-Oreille (veteris auris), ce nom passa ensuite de Guigne-Oreille à Guigne-Ori ou Guilleri parce qu’à cet endroit se trouvait un pilori où l’on coupait les oreilles.

Rappelons pour conclure sur l’essorillement une anecdote rapportée par Grégoire de Tours dans son Histoire des rois francs, à la gloire de deux maîtres d’école qui enseignaient à l’époque où Chilpéric Ier était roi. Ce dernier, qui se piquait d’être théologien, poète et grammairien, avait voulu, en cette qualité, introduire une nouvelle orthographe. N’étant pas d’accord avec cette réforme, ces deux courageux maîtres préférèrent se laisser essoriller que d’accepter cette innovation.

Heureusement, comme cela s’est déjà vu avec penderie ou sauterie, les mêmes mots finissent par désigner des réalités moins cruelles. Ce fut aussi le cas avec essoriller puisque ce mot prit, à partir du 18ème siècle, le sens de « couper les cheveux fort court », et on lisait encore dans la 8e édition de notre Dictionnaire : « Qui vous a ainsi essorillé ? »

Académie française