Une
mort est la cessation de la vie ; une fin ; une diminution de
la force, de l'activité, des pouvoirs ; une sensation intense ; un
malheur, une grande affliction. Ce nom vient du latin mors, mortis
« mort, peine de mort [morte multare] » désignant la
personnification de la Mort, au figuré « déficience, ruine, perte
[mors memoriae] », dans la langue philosophique et religieuse
pour la vie terrestre, dans la langue chrétienne « mort spirituelle
(par le péché), mort spirituelle définitive ».
La
locution in articulo mortis signifie à l'article de la
mort.
Une
morte, un mort sont le corps d'une personne décédée ; une
personne très diminuée, atteinte dans son intégrité physique ou
morale. La morte, le mort sont ceux qui ne participent pas à
une partie de bridge ou de whist. En Belgique, sonner à mort
signifie sonner le glas.
L'adjectif
mort, morte, signifie qui a cessé de vivre ; qui semble, sous
certains aspects, avoir perdu la vie ; qui est privé(e) d'une partie
importante de ses moyens, est à bout de forces ; qui n'a plus
d'existence reconnue, ne présente plus d'intérêt ; qui n'est pas
ou n'est plus vivant, vivante ; qui n'est pas ou n'est plus en
mouvement, en activité.
(Couleur)
feuille-morte est de cette couleur, brun-roux.
Une
nature morte est un tableau représentant des objets inanimés
ou des animaux morts. Une, un nature-mortiste sont des
peintres de natures mortes.
L'adjectif
mainmortable signifie assujetti(e) à la mainmorte et qui est
de mainmorte. Une mainmorte est un état des biens de
dépendants dont ils ne pouvaient disposer ; la situation juridique
des biens non aliénables.
Une
malemort est une mort tragique.
Il
semble que, pour tenir la mort à distance et pour s’en protéger
par le langage, les vivants aient assemblé, à la manière des fils
de Caïn, une grande quantité d’expressions, tantôt populaires et
triviales, tantôt poétiques, tantôt limpides, tantôt obscures,
mais toujours euphémiques pour dire le trépas. Les latins disaient
que l’on rejoignait ses ancêtres, que l’on allait ad patres.
Certaines expressions rappellent que la vie est liée au souffle et
que la mort nous le reprend : rendre l’esprit, rendre l’âme,
rendre son dernier soupir. D’autres sont plus imagées comme casser
sa pipe ou avaler son bulletin de naissance. Pour désigner
la mort comme état, et non plus comme évènement, on trouve, entre
tant d’autres, manger les pissenlits par la racine, être six
pieds sous terre, être entre quatre planches. En savoir plus :
Académie française.
Le
verbe estourbir (assommer, tuer) est un terme argotique dérivé de
la forme alémanique du participe passé de l'allemand sterben
« mourir », à comparer avec l'argot schtourbe « mort ».
-thanasie
est tiré du grec -θ α ν α σ ι α, lui-même de θ α ́ ν α
τ ο ς « mort » : une apothanasie (une prolongation de la vie),
une cacothanasie (la pratique des médecins qui épuisent tous les
moyens, même les plus énergiques, alors qu'il n'y a aucune
probabilité de sauver le malade, lui rendant ainsi la mort plus
pénible), une dysthanasie (une mort lente et douloureuse marquée
par une longue agonie), une euthanasie (l'acte de provoquer la mort
par compassion à l’égard d’un malade incurable pour mettre fin
à ses souffrances), d'où : euthanasier, euthanasique.
Le
nom (une) kère (un génie femelle de la destinée ou de la mort dans
la mythologie grecque) est emprunté au grec κ η ́ ρ « déesse
de la mort », « mort ; malheur, calamité ».
Le
mot létal (qui provoque la mort) est emprunté au latin letalis
« mortel, qui cause la mort », dérivé de letum « la mort
». Ce mot a été écrit léthal par rapprochement avec Léthé qui
est emprunté au grec Λ η ́ θ η « Léthé, un des fleuves des
Enfers », de λ η ́ θ η « oubli ». D'où : une létalité qui
a aussi été écrit léthalité.
Le
mot léthifère [le h n'est pas étymologique] (qui cause, entraine,
provoque la mort ; où de nombreuses personnes trouvent la mort) est
emprunté au latin letifer « qui donne la mort, meurtrier »,
composé de leti- (de letum « la mort », voir :
létal) et de -fer (-fère).
Le
mot (un roi) mat est tiré de l'expression échec et mat,
emprunté à l'arabe as-sāh māt(a) « le roi est mort »
(as-, forme assimilée de l'article défini al-; sāh
« roi, dans le jeu d'échecs », emprunté au persan sāh «
roi », voir : schah ; māta « il est mort »). D'où le
verbe mater (1).
Les jurons mordieu ou mordienne, mordious, morbleu, signifient mort
de Dieu ! par la mort de Dieu !
Un
morfil est l'ensemble des particules et petites aspérités
métalliques qui se forment sur le bord du tranchant d'une lame
fraichement affutée ; l'ensemble des petites barbes métalliques sur
les bords du corps du burin ; l'ensemble des barbes laissées sur la
plaque de cuivre par le burin ou la pointe du graveur. Ce nom est
composé de mort et de fil. Un
morfilage est la dernière opération de l'affutage des dents
d'une lame de scie. Le
verbe morfiler signifie débarrasser du morfil le bord d'une
lame fraichement affutée ; rendre lisse un objet métallique ; faire
une encoche sur la tranche d'une carte, pour tricher. Le
verbe émorfiler signifie retirer le morfil sur une lame qui
vient d'être affutée (un émorfilage).
L'adjectif
moribond, moribonde, signifie près de disparaitre, près de
sa fin ; faible, sans éclat ; sur le point de mourir. Une moribonde,
un moribond sont sur le point de mourir. Ce mot est emprunté
au latin moribundus « qui est près de mourir ». Le
verbe moribonder a signifié agoniser.
nécro-
est tiré du grec ν ε κ ρ ο ́ ς « mort, cadavre ».
Le
nom (un) obit (une mort, un décès ; une messe célébrée par
fondation pour un défunt ; une chapelle pour ce service religieux.
des obits : des honoraires versés aux prêtres pour la célébration
d'un service funèbre) est emprunté au latin ecclésiastique obitus
(tiré du latin obitus « mort »), « service anniversaire
pour un mort ». Le mot obituaire est emprunté au latin médiéval
obituarium.
Un
serf mortaillable était attaché à la glèbe de père en
fils, il ne pouvait transmettre ses biens qu'à des héritiers
directs, le seigneur en héritant en cas contraire (taillable et
mortaillable). On lit aussi : mainmortable.
Une
mortaille est le droit que le seigneur avait, dans quelques
coutumes, de succéder à son serf sans héritiers naturels. Ce nom
est composé de mort et taille.
Une
mortalité est le fait d'être mortel ; la nature, la
condition mortelle ; le fait de mourir. Ce nom est emprunté au latin
mortalitas « nature, condition mortelle, sujétion à la mort
», à basse époque « quantité d'individus qui meurent ; épidémie,
peste ; carnage ».
La
mortalité désigne le nombre de décès intervenus sur une
période donnée (une année) dans une population donnée. Elle
s'exprime en général par le taux (brut) de mortalité pour lequel
le nombre de décès est rapporté à 1 000 habitants le plus
souvent, mais aussi à 10 000 ou à 100 000 lorsque les données le
justifient.
La
surmortalité correspond à un taux de mortalité anormalement
élevé par rapport à une situation considérée comme « normale ».
Pour la mesurer, on utilise l’indice comparatif (ou standardisé)
de mortalité calculé, pour un groupe donné, comme le rapport entre
le nombre de décès effectivement observés sur une période donnée
et le nombre de décès qui seraient survenus au cours de cette même
période si ce groupe avait été soumis à la mortalité par âge de
l'ensemble de la population, multiplié par 100. Un rapport supérieur
à 100 s'interprète comme une surmortalité dans le groupe observé.
Le
taux de mortalité infantile est le nombre de décès
d’enfants de moins d’un an pour 1 000 naissances vivantes. Les
taux de mortalité infantile dans le monde sont très inégaux.
La
mortalité prématurée ou évitable est par convention
l’ensemble des décès survenus entre 1 et 64 ans. Certaines causes
de décès à l’origine de la mortalité prématurée peuvent être
considérées comme « évitables », c’est-à-dire qu’en l’état
actuel des connaissances médicales et compte-tenu des capacités de
prise en charge du système de soins, elles ne devraient pas
entraîner de décès avant 65 ans.
En
savoir plus : Géoconfluences.
Une
immortalité est la qualité, l'état de celui ou de ce qui
est immortel, de ce qui se perpétue ou semble se perpétuer
indéfiniment, de ce qui dure ou semble durer tel quel pendant très
longtemps ; une survivance dans la mémoire humaine ; la qualité de
membre de l'Académie française.
Une
néomortalité est la mortalité des nouveau-nés.
Une
mort-aux-rats est une substance empoisonnée destinée à
détruire les rats. Ce nom est composé de mort, aux, rats.
Un
mort-bois est le bois de peu de valeur. Ce nom est une
traduction, à l'aide de mort et de bois, du latin médiéval mortuum
lignum, mortuum nemus auquel correspond le bas latin arbor
infelix (à comparer avec l'antonyme felix « qui porte
des fruits ») et auquel s'oppose le latin médiéval nemus
vivum, lignum vivum. Mort-bois est à dissocier de bois
mort « bois sec, bois pourri, bois abattu ».
Une
morte-eau est une marée de faible amplitude qui survient à
la quadrature entre la nouvelle et la pleine lune ; c'est aussi
l'époque à laquelle se produit cette marée. Ce nom est une
traduction du latin médiéval aqua mortua.
L'adjectif
mortel, mortelle, signifie sujet, sujette à la mort ; qui
peut périr, disparaitre ; qui cause la mort ; qui est pénible,
désagréable ou ennuyeux, ennuyeuse à mourir ; qui évoque la mort,
en a les caractéristiques. Une dépouille mortelle est un cadavre.
Une mortelle, un mortel sont des êtres humains. Ce mot est
emprunté au latin mortalis « sujet à la mort, périssable ;
humain, mortel ; des mortels » « être humain » « mortel, qui
donne la mort », spécialement mortale crimen, mortalia delicta
« péché mortel » dans la langue chrétienne.
L'adverbe
mortellement signifie de façon mortelle.
Une
immortalisation est l'action d'immortaliser dans la mémoire ;
son résultat ; c'est aussi une production de cellules en culture. Le
verbe immortaliser signifie préserver de la mort, assurer la
vie éternelle ; assurer une très longue durée à quelque chose et
permettre ainsi sa transmission à la postérité ; rendre immortel
dans la mémoire des hommes. S'immortaliser signifie
acquérir une très longue renommée, devenir célèbre.
L'adjectif
immortel, immortelle, signifie qui n'est pas sujet, sujette à
la mort ; qui se perpétue ou semble se perpétuer indéfiniment ;
qui dure ou semble pouvoir durer tel quel pendant très longtemps ;
qui lasse par sa durée excessive. Une immortelle, un immortel
sont ceux qui ne meurent pas ou des membres de l'Académie française.
Une immortelle est une plante à fleurs persistantes.
Une
morte-saison est une saison où l'activité est moindre pour
un corps de métier. Ce nom est composé de morte, mort et saison.
Un
mort flat est un ver à soie mort de flacherie. Ce nom est
composé de mort et de flat de l'ancien français flac, flache
« qui manque de fermeté », issu du latin classique flaccus
(voir : flasque 1 et flacherie).
Un
mort-gage est un procédé de crédit. Ce nom est une
traduction du latin médiéval juridique mortuum wadium.
Une,
un morticole étaient des médecins réputés faire mourir les
malades plutôt que les guérir. Ce nom vient du titre du roman de
Léon Daudet, Les Morticoles (composé du latin mors,
mortis « mort » et du suffixe -cole) qui désigne des maniaques
de la médecine, habitants de la Morticolie, pays imaginaire
administré par des médecins. On a lu morticoliser.
L'adjectif
mortifère signifie qui cause la mort ; qui provoque ou
entraine la mort d'un grand nombre de personnes. Ce mot est emprunté
au latin mortifer « mortel, qui cause la mort, fatal ».
L'adjectif
mortifiant, mortifiante, signifie qui mortifie, blesse ou est
propre à blesser le corps ; qui afflige le corps ou l'âme pour
favoriser la pénitence, l'élévation spirituelle ; qui est de
nature à blesser l'âme, à la corrompre ; qui mortifie
l'amour-propre ; qui est est humiliant, humiliante, vexant, vexante.
Une
mortification est un processus d'altération, de décomposition
d'un tissu par la mort des cellules ; l'état qui en résulte ;
l'action de garder certaines viandes pour qu'elles deviennent tendres
et gagnent du fumet ; un acte volontaire par lequel on s'inflige une
souffrance corporelle ou morale dans un souci de pénitence ou
d'élévation spirituelle ; une blessure d'amour-propre, une
humiliation, une vexation.
L'adjectif
mortificatoire signifie mortifiant, mortifiante.
L'adjectif
mortifié, mortifiée, signifie qui pratique des
mortifications, a coutume de se mortifier ; qui est blessé(e) dans
son amour-propre, est vexé(e), contrarié(e).
Le
verbe mortifier signifie altérer, provoquer la décomposition
d'un tissu biologique ; attendrir une viande en la battant, en la
faisant rassir ; faisander un gibier ; meurtrir, mettre à mal ;
infliger une souffrance dans un esprit de pénitence ou dans un souci
d'élévation spirituelle ; faire souffrir quelqu'un dans son
amour-propre ; blesser, humilier, vexer. Se mortifier
signifie s'infliger une souffrance. Ce verbe est emprunté au latin
mortificare, dans la langue chrétienne « tuer, mettre à
mort » [spirituellement, par opposition à vivificare, «
faire mourir » ; à l'emploi passif « être mort à, délivré de
(lege, vitiis...)»], spécialement « mortifier, réprimer
[opera carnis, voluntatem]», se mortificare, à
l'époque médiévale [mordificare] en médecine « déterminer
la gangrène » et en alchimie.
Une
mortinaissance est la naissance d'un enfant mort-né.
Une
mortinatalité est le nombre des enfants mort-nés par rapport
à celui des naissances normales pour une période et dans une
population donnée. Ce nom est composé du latin mors, mortis
« mort » et de natalité.
L'adjectif
mort-né, mort-née, signifie qui est mort, morte avant de
naitre ; qui échoue avant même d'avoir pris son essor. Une
mort-née, un mort-né sont des enfants morts avant de naitre.
Des
morts-terrains sont des terrains qu'il faut traverser pour
atteindre les roches exploitables ; des terrains relativement
récents, recouvrant complètement un gite minier de formation plus
ancienne.
L'adjectif
mortuaire qualifie ce qui concerne la mort ; ce qui est
funèbre, triste, lugubre. Ce mot est emprunté au substantif latin
mortuarium, attesté une première fois au sens figuré puis à
l'époque médiévale comme terme de droit au sens de « main-morte »
et de « somme due à l'église sur l'héritage d'un mort » ;
mortuarium est issu du bas latin mortuarius « funèbre
[en parlant des jeux] » d'où le sens actuel.
une
dissolution mortuaire ou une immersion mortuaire [en
anglais : water cremation] le procédé par lequel le corps
d'un défunt est réduit en ses composantes chimiques les plus
élémentaires par hydrolyse alcaline. On lit ausso aquamation,
resomation et biocrémation qui sont des marques de commerce. OQLF.
L'adverbe
mortuairement signifie
de manière mortuaire.
L'adjectif
et le nom morte-vivante, mort-vivant qualifient ceux qui
paraissent morts ou semblent sur le point de mourir.
Un
mort-volant ou mort volant est une soie mal filée
comportant des brins libres lors du dévidage des cocons. Ce nom est
composé de mort et de volant, le participe présent de voler (1).
Voir aussi : mourant, mourir, mouroir.