Affichage des articles dont le libellé est recherches lexicales. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est recherches lexicales. Afficher tous les articles

vendredi 19 juin 2026

La gourme et la morve

Une gourme est une maladie contagieuse chez les jeunes équidés ; un impétigo ; en Belgique, c'est une enflure de la peau. Jeter sa gourme signifie, pour un cheval, être atteint de la gourme pour la première fois ; pour une personne, faire des folies de jeunesse. Ce nom vient de l'ancien bas francique worm [ou wurm] « pus » que l'on peut restituer d'après l'ancien haut allemand wurm et le néerlandais worm de même sens, l'ancien provençal vorm « morve du cheval ».

L'adjectif gourmeux, gourmeuse, signifie atteint, atteinte de la gourme ; dont l'origine est la gourme.

Comme l’indique notre définition, la gourme désignait (depuis le 14ème siècle) une maladie du jeune cheval. Dès le 16ème siècle, jeter sa gourme a pris le sens figuré de « faire ses premières folies » en parlant des jeunes gens.

Certains historiens de la langue pensent que c’est la métaphore médicale qui explique le glissement de sens : les frasques seraient une sorte de passage obligé, comme les maladies infantiles (la gourme désignait aussi l’impétigo des enfants).

D’autres linguistes font l’hypothèse d’une contamination entre la gourme, maladie du cheval et la gourmette, une chaînette métallique tenant à chaque côté du mors et passant sous la mâchoire inférieure du cheval, qui permettait de le contraindre et de le diriger (un cheval pouvait ainsi avoir la gourmette trop serrée). Il existait d’ailleurs une expression figurée, que donne la première édition de notre Dictionnaire, avec gourmette : rompre, casser sa gourmette, « se dissiper ou s’abandonner à ses passions après s’être contraint, après avoir vécu dans la retenue ». Sa signification est effectivement très proche du sens figuré de jeter sa gourme et il est plausible qu’il y ait eu une contamination de sens.

Nous l’avons vu, le nom gourme désigne une maladie qui affecte principalement les jeunes chevaux. Ce mot (dont la variante méridionale était vorme) serait issu du bas francique wurm ou worm, « pus », et, pour certains linguistes, on pourrait y rattacher le mot morve.

En remontant plus loin encore dans le temps, les historiens de la langue font l’hypothèse que ces formes worm et wurm seraient de la même famille que le mot latin vermis, « ver ».

En savoir plus : Académie française.


L'adjectif gourmé, gourmée, signifiait qui a une apparence raide, compassée, sans naturel. Gourmer un cheval signifie le brider en lui mettant la gourmette. Se gourmer signifiait affecter un air, un maintien raide et compassé.

Familièrement, gourmer quelqu'un signifiait le battre à coups de poing. Se gourmer signifiait se battre à coups de poings. Une gourmade était un coup, un coup de poing sur la figure.

Le verbe gourmer est dérivé de gourme sans doute en raison des tuméfactions qui résultent de coups de poings, comparables à celles laissées sur la peau par la gourme, ou du sens « rendre raide comme la gourmette qui entrave le libre jeu de la ganache du cheval ».


Une gourmette est une chainette passant sous la mâchoire inférieure du cheval et servant à fixer le mors dans sa bouche ; une chaine de montre, un bracelet à mailles aplaties. Familièrement, lâcher la gourmette à quelqu'un signifiait lui donner plus de liberté.

Quant à notre gourmette, si elle est rangée aujourd’hui dans le domaine « Orfèvrerie » du Dictionnaire de l’Académie française, elle est de moins haute naissance. En effet, avant d’être une chaîne de montre ou de bracelet à mailles plates, elle a été une chaînette métallique tenant à chaque côté du mors de bride et passant sous la mâchoire inférieure du cheval, que l’on appelait aussi mors à gourme. C’est de là que vient l’expression jeter sa gourme, « se livrer aux plaisirs et à certains excès propres à la jeunesse ». On dit d’ailleurs aussi en ce sens : casser sa gourmette. Cette gourme est une maladie des chevaux que Bescherelle définit ainsi : « C’est un écoulement d’une humeur visqueuse, gluante, roussâtre ou blanchâtre, qui flue des naseaux. » Ce nom, gourme, est issu du bas francique wurm ou worm, « pus », des formes à l’origine des noms allemand et anglais signifiant « ver ». En savoir plus : Académie française.


L'adjectif gourmeux, gourmeuse, signifie atteint, atteinte de la gourme ; dont l'origine est la gourme.


Une morve est une maladie contagieuse caractérisée notamment par un écoulement nasal abondant ; une sécrétion visqueuse s'écoulant des narines ; un degré de cuisson d'un sirop ; une maladie attaquant diverses plantes. Ce nom est peut-être une altération, par métathèse consonantique, née dans le domaine d'oc, de vorm « morve (du cheval) », forme méridionale de gourme.

Le verbe morver a signifié laisser couler sa morve.

L'adjectif morveux, morveuse, signifie relatif, relative à la morve, ce qui est de morve ; atteint, atteinte de la morve ; qui a la morve au nez, qui est couvert, couvert, de morve ; pour une plante, qui a la morve, se pourrit.

Familièrement, se sentir morveux signifie se sentir coupable, atteint par le jugement proféré, la critique émise. Une morveuse, un morveux sont des enfants, des personnes très jeunes, ou des personne gonflées de prétentions en dépit de leur jeune âge.

Le nom (une) malléine (un extrait de culture du bacille de la morve utilisé pour le diagnostic allergique de la morve) est un dérivé savant du latin malleus « marteau ; morve [maladie du cheval] ». D'où : malléiner, une malléination

myx(o)- est tiré du grec μ υ ́ ξ α « morve, mucosité » : une myxadénite, un myxadénome, une myxine, une myxobactérie, un myxochondrome, un myxocystome, myxœdémateux, un myxœdème, myxoïde, une myxomatose, un myxome, des myxomycètes, un myxomyome, une myxorrhée, un myxosarcome, un myxovirus (ci-dessous).

Le verbe moucher vient du latin tardif muccare dérivé de muccus « morve », variante de mucus. D'où : un mouchoir.

Le nom (un) mucus vient de ce mot latin signifiant « morve ». Le mot muqueux est emprunté au latin mucosus « muqueux », de mucus. Le nom (une) mucosité est emprunté au latin médiéval mucositas, de mucosus (voir : muqueux). Voir aussi : muci-, muco-, muscoso-.



La mort

Une mort est la cessation de la vie ; une fin ; une diminution de la force, de l'activité, des pouvoirs ; une sensation intense ; un malheur, une grande affliction. Ce nom vient du latin mors, mortis « mort, peine de mort [morte multare] » désignant la personnification de la Mort, au figuré « déficience, ruine, perte [mors memoriae] », dans la langue philosophique et religieuse pour la vie terrestre, dans la langue chrétienne « mort spirituelle (par le péché), mort spirituelle définitive ».

La locution in articulo mortis signifie à l'article de la mort.

Une morte, un mort sont le corps d'une personne décédée ; une personne très diminuée, atteinte dans son intégrité physique ou morale. La morte, le mort sont ceux qui ne participent pas à une partie de bridge ou de whist. En Belgique, sonner à mort signifie sonner le glas.

L'adjectif mort, morte, signifie qui a cessé de vivre ; qui semble, sous certains aspects, avoir perdu la vie ; qui est privé(e) d'une partie importante de ses moyens, est à bout de forces ; qui n'a plus d'existence reconnue, ne présente plus d'intérêt ; qui n'est pas ou n'est plus vivant, vivante ; qui n'est pas ou n'est plus en mouvement, en activité.

(Couleur) feuille-morte est de cette couleur, brun-roux.

Une nature morte est un tableau représentant des objets inanimés ou des animaux morts. Une, un nature-mortiste sont des peintres de natures mortes.

L'adjectif mainmortable signifie assujetti(e) à la mainmorte et qui est de mainmorte. Une mainmorte est un état des biens de dépendants dont ils ne pouvaient disposer ; la situation juridique des biens non aliénables.

Une malemort est une mort tragique.

Il semble que, pour tenir la mort à distance et pour s’en protéger par le langage, les vivants aient assemblé, à la manière des fils de Caïn, une grande quantité d’expressions, tantôt populaires et triviales, tantôt poétiques, tantôt limpides, tantôt obscures, mais toujours euphémiques pour dire le trépas. Les latins disaient que l’on rejoignait ses ancêtres, que l’on allait ad patres. Certaines expressions rappellent que la vie est liée au souffle et que la mort nous le reprend : rendre l’esprit, rendre l’âme, rendre son dernier soupir. D’autres sont plus imagées comme casser sa pipe ou avaler son bulletin de naissance. Pour désigner la mort comme état, et non plus comme évènement, on trouve, entre tant d’autres, manger les pissenlits par la racine, être six pieds sous terre, être entre quatre planches. En savoir plus : Académie française.

Le verbe estourbir (assommer, tuer) est un terme argotique dérivé de la forme alémanique du participe passé de l'allemand sterben « mourir », à comparer avec l'argot schtourbe « mort ».

-thanasie est tiré du grec -θ α ν α σ ι α, lui-même de θ α ́ ν α τ ο ς « mort » : une apothanasie (une prolongation de la vie), une cacothanasie (la pratique des médecins qui épuisent tous les moyens, même les plus énergiques, alors qu'il n'y a aucune probabilité de sauver le malade, lui rendant ainsi la mort plus pénible), une dysthanasie (une mort lente et douloureuse marquée par une longue agonie), une euthanasie (l'acte de provoquer la mort par compassion à l’égard d’un malade incurable pour mettre fin à ses souffrances), d'où : euthanasier, euthanasique.

Le nom (une) kère (un génie femelle de la destinée ou de la mort dans la mythologie grecque) est emprunté au grec κ η ́ ρ « déesse de la mort », « mort ; malheur, calamité ».

Le mot létal (qui provoque la mort) est emprunté au latin letalis « mortel, qui cause la mort », dérivé de letum « la mort ». Ce mot a été écrit léthal par rapprochement avec Léthé qui est emprunté au grec Λ η ́ θ η « Léthé, un des fleuves des Enfers », de λ η ́ θ η « oubli ». D'où : une létalité qui a aussi été écrit léthalité.

Le mot léthifère [le h n'est pas étymologique] (qui cause, entraine, provoque la mort ; où de nombreuses personnes trouvent la mort) est emprunté au latin letifer « qui donne la mort, meurtrier », composé de leti- (de letum « la mort », voir : létal) et de -fer (-fère).

Le mot (un roi) mat est tiré de l'expression échec et mat, emprunté à l'arabe as-sāh māt(a) « le roi est mort » (as-, forme assimilée de l'article défini al-; sāh « roi, dans le jeu d'échecs », emprunté au persan sāh « roi », voir : schah ; māta « il est mort »). D'où le verbe mater (1).

Les jurons mordieu ou mordienne, mordious, morbleu, signifient mort de Dieu ! par la mort de Dieu !


Un morfil est l'ensemble des particules et petites aspérités métalliques qui se forment sur le bord du tranchant d'une lame fraichement affutée ; l'ensemble des petites barbes métalliques sur les bords du corps du burin ; l'ensemble des barbes laissées sur la plaque de cuivre par le burin ou la pointe du graveur. Ce nom est composé de mort et de fil. Un morfilage est la dernière opération de l'affutage des dents d'une lame de scie. Le verbe morfiler signifie débarrasser du morfil le bord d'une lame fraichement affutée ; rendre lisse un objet métallique ; faire une encoche sur la tranche d'une carte, pour tricher. Le verbe émorfiler signifie retirer le morfil sur une lame qui vient d'être affutée (un émorfilage).


L'adjectif moribond, moribonde, signifie près de disparaitre, près de sa fin ; faible, sans éclat ; sur le point de mourir. Une moribonde, un moribond sont sur le point de mourir. Ce mot est emprunté au latin moribundus « qui est près de mourir ». Le verbe moribonder a signifié agoniser.


nécro- est tiré du grec ν ε κ ρ ο ́ ς « mort, cadavre ».


Le nom (un) obit (une mort, un décès ; une messe célébrée par fondation pour un défunt ; une chapelle pour ce service religieux. des obits : des honoraires versés aux prêtres pour la célébration d'un service funèbre) est emprunté au latin ecclésiastique obitus (tiré du latin obitus « mort »), « service anniversaire pour un mort ». Le mot obituaire est emprunté au latin médiéval obituarium.


Un serf mortaillable était attaché à la glèbe de père en fils, il ne pouvait transmettre ses biens qu'à des héritiers directs, le seigneur en héritant en cas contraire (taillable et mortaillable). On lit aussi : mainmortable.

Une mortaille est le droit que le seigneur avait, dans quelques coutumes, de succéder à son serf sans héritiers naturels. Ce nom est composé de mort et taille.


Une mortalité est le fait d'être mortel ; la nature, la condition mortelle ; le fait de mourir. Ce nom est emprunté au latin mortalitas « nature, condition mortelle, sujétion à la mort », à basse époque « quantité d'individus qui meurent ; épidémie, peste ; carnage ».

La mortalité désigne le nombre de décès intervenus sur une période donnée (une année) dans une population donnée. Elle s'exprime en général par le taux (brut) de mortalité pour lequel le nombre de décès est rapporté à 1 000 habitants le plus souvent, mais aussi à 10 000 ou à 100 000 lorsque les données le justifient.

La surmortalité correspond à un taux de mortalité anormalement élevé par rapport à une situation considérée comme « normale ». Pour la mesurer, on utilise l’indice comparatif (ou standardisé) de mortalité calculé, pour un groupe donné, comme le rapport entre le nombre de décès effectivement observés sur une période donnée et le nombre de décès qui seraient survenus au cours de cette même période si ce groupe avait été soumis à la mortalité par âge de l'ensemble de la population, multiplié par 100. Un rapport supérieur à 100 s'interprète comme une surmortalité dans le groupe observé.

Le taux de mortalité infantile est le nombre de décès d’enfants de moins d’un an pour 1 000 naissances vivantes. Les taux de mortalité infantile dans le monde sont très inégaux.

La mortalité prématurée ou évitable est par convention l’ensemble des décès survenus entre 1 et 64 ans. Certaines causes de décès à l’origine de la mortalité prématurée peuvent être considérées comme « évitables », c’est-à-dire qu’en l’état actuel des connaissances médicales et compte-tenu des capacités de prise en charge du système de soins, elles ne devraient pas entraîner de décès avant 65 ans.

En savoir plus : Géoconfluences.


Une immortalité est la qualité, l'état de celui ou de ce qui est immortel, de ce qui se perpétue ou semble se perpétuer indéfiniment, de ce qui dure ou semble durer tel quel pendant très longtemps ; une survivance dans la mémoire humaine ; la qualité de membre de l'Académie française.

Une néomortalité est la mortalité des nouveau-nés.


Une mort-aux-rats est une substance empoisonnée destinée à détruire les rats. Ce nom est composé de mort, aux, rats.


Un mort-bois est le bois de peu de valeur. Ce nom est une traduction, à l'aide de mort et de bois, du latin médiéval mortuum lignum, mortuum nemus auquel correspond le bas latin arbor infelix (à comparer avec l'antonyme felix « qui porte des fruits ») et auquel s'oppose le latin médiéval nemus vivum, lignum vivum. Mort-bois est à dissocier de bois mort « bois sec, bois pourri, bois abattu ».


Une morte-eau est une marée de faible amplitude qui survient à la quadrature entre la nouvelle et la pleine lune ; c'est aussi l'époque à laquelle se produit cette marée. Ce nom est une traduction du latin médiéval aqua mortua.


L'adjectif mortel, mortelle, signifie sujet, sujette à la mort ; qui peut périr, disparaitre ; qui cause la mort ; qui est pénible, désagréable ou ennuyeux, ennuyeuse à mourir ; qui évoque la mort, en a les caractéristiques. Une dépouille mortelle est un cadavre. Une mortelle, un mortel sont des êtres humains. Ce mot est emprunté au latin mortalis « sujet à la mort, périssable ; humain, mortel ; des mortels » « être humain » « mortel, qui donne la mort », spécialement mortale crimen, mortalia delicta « péché mortel » dans la langue chrétienne.

L'adverbe mortellement signifie de façon mortelle.

Une immortalisation est l'action d'immortaliser dans la mémoire ; son résultat ; c'est aussi une production de cellules en culture. Le verbe immortaliser signifie préserver de la mort, assurer la vie éternelle ; assurer une très longue durée à quelque chose et permettre ainsi sa transmission à la postérité ; rendre immortel dans la mémoire des hommes. S'immortaliser signifie acquérir une très longue renommée, devenir célèbre.

L'adjectif immortel, immortelle, signifie qui n'est pas sujet, sujette à la mort ; qui se perpétue ou semble se perpétuer indéfiniment ; qui dure ou semble pouvoir durer tel quel pendant très longtemps ; qui lasse par sa durée excessive. Une immortelle, un immortel sont ceux qui ne meurent pas ou des membres de l'Académie française. Une immortelle est une plante à fleurs persistantes.



Une morte-saison est une saison où l'activité est moindre pour un corps de métier. Ce nom est composé de morte, mort et saison.


Un mort flat est un ver à soie mort de flacherie. Ce nom est composé de mort et de flat de l'ancien français flac, flache « qui manque de fermeté », issu du latin classique flaccus (voir : flasque 1 et flacherie).


Un mort-gage est un procédé de crédit. Ce nom est une traduction du latin médiéval juridique mortuum wadium.


Une, un morticole étaient des médecins réputés faire mourir les malades plutôt que les guérir. Ce nom vient du titre du roman de Léon Daudet, Les Morticoles (composé du latin mors, mortis « mort » et du suffixe -cole) qui désigne des maniaques de la médecine, habitants de la Morticolie, pays imaginaire administré par des médecins. On a lu morticoliser.


L'adjectif mortifère signifie qui cause la mort ; qui provoque ou entraine la mort d'un grand nombre de personnes. Ce mot est emprunté au latin mortifer « mortel, qui cause la mort, fatal ».


L'adjectif mortifiant, mortifiante, signifie qui mortifie, blesse ou est propre à blesser le corps ; qui afflige le corps ou l'âme pour favoriser la pénitence, l'élévation spirituelle ; qui est de nature à blesser l'âme, à la corrompre ; qui mortifie l'amour-propre ; qui est est humiliant, humiliante, vexant, vexante.

Une mortification est un processus d'altération, de décomposition d'un tissu par la mort des cellules ; l'état qui en résulte ; l'action de garder certaines viandes pour qu'elles deviennent tendres et gagnent du fumet ; un acte volontaire par lequel on s'inflige une souffrance corporelle ou morale dans un souci de pénitence ou d'élévation spirituelle ; une blessure d'amour-propre, une humiliation, une vexation.

L'adjectif mortificatoire signifie mortifiant, mortifiante.

L'adjectif mortifié, mortifiée, signifie qui pratique des mortifications, a coutume de se mortifier ; qui est blessé(e) dans son amour-propre, est vexé(e), contrarié(e).

Le verbe mortifier signifie altérer, provoquer la décomposition d'un tissu biologique ; attendrir une viande en la battant, en la faisant rassir ; faisander un gibier ; meurtrir, mettre à mal ; infliger une souffrance dans un esprit de pénitence ou dans un souci d'élévation spirituelle ; faire souffrir quelqu'un dans son amour-propre ; blesser, humilier, vexer. Se mortifier signifie s'infliger une souffrance. Ce verbe est emprunté au latin mortificare, dans la langue chrétienne « tuer, mettre à mort » [spirituellement, par opposition à vivificare, « faire mourir » ; à l'emploi passif « être mort à, délivré de (lege, vitiis...)»], spécialement « mortifier, réprimer [opera carnis, voluntatem]», se mortificare, à l'époque médiévale [mordificare] en médecine « déterminer la gangrène » et en alchimie.


Une mortinaissance est la naissance d'un enfant mort-né.

Une mortinatalité est le nombre des enfants mort-nés par rapport à celui des naissances normales pour une période et dans une population donnée. Ce nom est composé du latin mors, mortis « mort » et de natalité.

L'adjectif mort-né, mort-née, signifie qui est mort, morte avant de naitre ; qui échoue avant même d'avoir pris son essor. Une mort-née, un mort-né sont des enfants morts avant de naitre.


Des morts-terrains sont des terrains qu'il faut traverser pour atteindre les roches exploitables ; des terrains relativement récents, recouvrant complètement un gite minier de formation plus ancienne.


L'adjectif mortuaire qualifie ce qui concerne la mort ; ce qui est funèbre, triste, lugubre. Ce mot est emprunté au substantif latin mortuarium, attesté une première fois au sens figuré puis à l'époque médiévale comme terme de droit au sens de « main-morte » et de « somme due à l'église sur l'héritage d'un mort » ; mortuarium est issu du bas latin mortuarius « funèbre [en parlant des jeux] » d'où le sens actuel.

une dissolution mortuaire ou une immersion mortuaire [en anglais : water cremation] le procédé par lequel le corps d'un défunt est réduit en ses composantes chimiques les plus élémentaires par hydrolyse alcaline. On lit ausso aquamation, resomation et biocrémation qui sont des marques de commerce. OQLF.

L'adverbe mortuairement signifie de manière mortuaire.


L'adjectif et le nom morte-vivante, mort-vivant qualifient ceux qui paraissent morts ou semblent sur le point de mourir.


Un mort-volant ou mort volant est une soie mal filée comportant des brins libres lors du dévidage des cocons. Ce nom est composé de mort et de volant, le participe présent de voler (1).


Voir aussi : mourant, mourir, mouroir.

jeudi 18 juin 2026

Mordre, morceau, mors

En Suisse, une morce est une bouchée, un morceau.

Un morceau est une partie d'un aliment, d'un mets solide ; une partie rompue, coupée, brisée d'un corps ou d'une substance solide ; une partie distincte mais non séparée d'un tout ; un fragment ; une œuvre artistique ou littéraire considérée comme un tout. Ce nom est un diminutif de mors, avec le suffixe -eau.

En Belgique, couper à morceaux signifie couper en morceaux.

L'adjectif morcelable signifie qui peut être morcelé(e).

Un morcelage est l'action de morceler. Se morceler signifie être divisé en plusieurs parties.

Un morcèlement (anciennement : morcellement) est l'action de morceler et son résultat.

Le verbe morceler signifie diviser en plusieurs morceaux en plusieurs parties. Ce verbe est dérivé de morceau.

En argot, un morcif est un morceau. Cracher le morcif signifie lâcher, manger le morceau. Ce nom est une déformation argotique de morceau par la substitution du suffixe -if à -eau. En argot, un morcif est un morceau. Cracher le morcif signifie lâcher, manger le morceau. Ce nom est une déformation argotique de morceau par la substitution du suffixe -if à -eau.

Le nom (un) écrou (2) (un acte qui constate l'arrivée d'un prisonnier) vient de l'ancien bas francique skrôda « bout, lambeau ».

Le verbe froisser vient du latin vulgaire frustiare « mettre en pièces », dérivé du latin classique frustum « morceau, fragment ».

Le nom (un) lopin est dérivé de lope « morceau », qui n'est cependant attesté en ce sens qu'au 15ème siècle, peut-être de même origine que loupe (1).


Une mordache est une plaque de métal mou ou un morceau de bois garnissant les mors d'un étau ; l'extrémité de certaines pinces ou de grosses tenailles ; une grosse pince qui sert à disposer les buches dans une cheminée. Ce nom est probablement emprunté à un représentant occitan ou peut-être plutôt franco-provençal signifiant « morailles », du latin vulgaire mordacia, féminin du latin médiéval mordacium « agrafe », de mordaceus « pince », altération morphologique de mordax « tenailles » de mordax « habitué à mordre, mordant (au propre et au figuré) ».


Une mordacité est la qualité d'une substance corrosive et le caractère de ce qui blesse. Ce nom est emprunté au latin mordacitas « aptitude à piquer, nature piquante, saveur piquante » et au figuré « paroles mordantes, virulence du langage ».


Le mordage du poisson est l'action de mordre et le résultat de cette action, la façon qu'a le poisson de mordre l'appât. Ce nom est dérivé de mordre, avec le suffixe -age.


Un mordançage est une imprégnation de la laine, d'une étoffe par un mordant, en vue de l'impression ou de la teinture ; une technique pour permettre ou faciliter l'action d'un colorant ; une transformation d'une épreuve photographique ; l'action de l'acide qui attaque le métal du cliché.

Le verbe mordancer signifie imprégner de la laine, une étoffe par un mordant en vue de l'impression ou de la teinture ; appliquer un mordant sur une copie photographique. Ce verbe est dérivé de mordant.


Un mordâne est un contrefort de consolidation, d'un tenon, correspondant à un évasement en biais de sa mortaise. Ce nom est composé de mors du latin morsus « action de mordre, morsure » et de d'âne probablement à cause de la ressemblance de la partie saillante de cette découpe avec la lèvre inférieure d'un âne.


L'adjectif mordant, mordante, signifie qui mord ; qui entame, use, corrode ; qui provoque une sensation vive ; qui a une sonorité particulièrement pénétrante ; qui est d'une hostilité, d'une agressivité blessante.

L'adjectif extramordant, extramordante, qualifie ce qui donne une intense impression de morsure.

A. Un mordant est un instrument servant à saisir, pincer ou maintenir en place un objet ; une partie d'une tenaille ; une substance corrosive ; une substance permettant de fixer la couleur ; une substance dont on imprègne les tissus pour qu'ils prennent la teinture ; un vernis utilisé dans les impressions métalliques ; une substance chimique qui rend la coloration plus aisée.

B. Un mordant est le caractère de ce qui attaque, de celui qui attaque, qui critique avec vivacité ; une vivacité, une énergie, un entrain ; ce qui caractérise une sonorité et une vivacité particulières.


Une mordelle (Mordella) est un insecte. Ce nom est dérivé de mordre car les articles triangulaires des antennes représentent les dents d'une scie

Les mordellidés sont une famille d'insectes coléoptères polyphages cucujiformes ténébrionoïdes.


L'adjectif mordeur, mordeuse, signifie qui a l'habitude de mordre ; qui mord ou a mordu ; qui provoque une sensation vive.


L'adjectif mordicant, mordicante, qualifie ce qui est âcre et provoque un picotement ; quelqu'un qui aime à railler, à critiquer. Une chaleur mordicante est une sensation de picotement que l'on éprouve au contact de la peau de certains malades qui ont de la fièvre. Ce mot est emprunté au bas latin mordicans, mordicantis, participe présent de mordicare « irriter, avoir une action corrosive », dérivé de mordere, voir : mordre.

Une mordication est un picotement.

L'adverbe mordicus signifie obstinément, avec entêtement.


Un mordillage ou mordillement sont l'action de mordiller.

L'adjectif mordillant, mordillante, qualifie ce qui provoque ou se traduit par des sensations vives et répétées.

Le verbe mordiller signifie mordre légèrement et à diverses reprises. Ce verbe est dérivé de mordre, avec le suffixe -iller. On a lu aussi mordillonner et une mordillure.


Le verbe mordre signifie saisir avec les dents ; serrer fortement de manière à entamer ou à blesser ; attaquer, se défendre en saisissant avec les dents ; s'enfoncer dans quelque chose, s'y accrocher ; empiéter ; trouver une prise ; entamer en coupant ; porter atteinte, attaquer en usant, en consumant, en corrodant ; faire profondément souffrir, tourmenter ; critiquer avec agressivité, ironie ; regarder ; piger ; venir à l'appât et se faire prendre ; se laisser attirer, séduire. Mordre la poussière signifie subir un échec.

Se mordre signifie serrer fortement entre ses dents au point de se couper, de se blesser. Se mordre la joue, c'est la pincer avec les dents. Se mordre la langue, c'est se retenir de parler. Se mordre la queue, c'est, pour certains animaux, tenir sa queue dans la bouche, dans la gueule. Se mordre les doigts de quelque chose, s'en mordre les doigts signifient s'en repentir vivement, avoir des regrets. Ce verbe vient du latin populaire mordĕre (à comparer avec l'italien mordere, le catalan, l'espagnol, le portugais morder), en latin classique mordēre « entamer avec les dents », et en parlant du froid ou de paroles « tourmenter, piquer, chagriner ».

Ne pas en démordre signifie s'entêter, ne pas renoncer.

Familièrement, à la mords-moi-le-nœud signifie d'une façon extravagante, pas sérieuse. 


L'adjectif mordu, mordue, qualifie quelqu'un qui est amoureux ou qui est passionné. Une mordue, un mordu sont ceux qui sont passionnés par une activité ou un centre d'intérêt.

Être mordu par des puces, c'est être piqué. Avec une couture mordue, un bord de l'étoffe dépasse l'autre. Sur un navire, une manoeuvre mordue est étroitement serrée entre le réa et la joue d'une poulie, si bien qu'elle ne peut plus courir.

Le nom (une) momordique (une plante) est emprunté au latin botanique momordica, formé d'après le latin momordi, de mordere (mordre) parce que la semence est rugueuse et comme mordillée.


Une morène est un petit nénuphar à fleurs blanches. Ce nom est peut-être composé de mors du latin morsus « morsure » et de rène (rencontré en ancien français sous les formes raine, rene, reine) en position de génitif, du latin rana « grenouille », une appellation vulgaire reprise dans le latin botanique pour désigner une espèce du genre des hydrocharidacées, hydrocharis Morsus ranae.


Un morfil (2) est l'ensemble des particules et petites aspérités métalliques qui se forment sur le bord du tranchant d'une lame fraichement affutée ; l'ensemble des petites barbes métalliques sur les bords du corps du burin ; l'ensemble des barbes laissées sur la plaque de cuivre par le burin ou la pointe du graveur. Ce nom est composé de mort et de fil.

Un morfilage est la dernière opération de l'affutage des dents d'une lame de scie.

Le verbe morfiler signifie débarrasser du morfil le bord d'une lame fraichement affutée ; rendre lisse un objet métallique ; faire une encoche sur la tranche d'une carte, pour tricher.

Le verbe émorfiler signifie retirer le morfil sur une lame qui vient d'être affutée (un émorfilage). 


Familièrement, un morpion (ou, en argot, un morbaque) est un pou du pubis ; une personne de petite taille ou dont on a peine à se débarrasser ; un enfant, un gamin. Le morpion est un jeu. Ce nom est composé de mordre et de pion au sens de « pou », attesté en wallon au 15ème siècle, donc littéralement « le pou qui mord ». 


Un mors est une pièce métallique du harnais ; ce qui réfrène, ce qui contraint ; chacune des mâchoires d'un étau, de tenailles, de pinces ; la saillie d'une reliure. Ce nom vient du latin morsus « morsure (au propre et au figuré) » de mordere « mordre ».

Prendre le mors aux dents signifie s'emballer ; se mettre soudainement et avec énergie à une tâche, une activité ; se laisser aller à la colère.

Prendre le frein aux dents signifiait « prendre une bonne résolution et l’effectuer ». Cette expression, qui disparaît de notre Dictionnaire dès la 4e édition (1762), était concurrencée par prendre le mors aux dents, qui a fini par la remplacer. Il peut être intéressant de se pencher sur l’évolution du sens de cette dernière, dans laquelle le nom mors représente, comme l’ancien frein, « l’appareil qui se place dans la bouche du cheval pour le gouverner ». Si l’on en croit les premières éditions de notre Dictionnaire, l’expression a d’abord voulu dire « prendre une bonne resolution & l’effectuer ». Elle avait donc alors un sens positif et évoquait un sursaut moral. La deuxième édition (1718) est encore plus explicite : « Il se dit aussi de ceux qui ayant esté dans l’indolence ou dans le libertinage, prennent tout d’un coup la resolution de se corriger & de se porter au bien, & qui l’effectuent ». Or aujourd’hui, elle a une valeur morale négative et, pour notre Dictionnaire, elle « se dit d’une personne qui cède soudain à ses impulsions, ou s’emporte subitement ». De la bonne résolution, on est passé à l’impulsion. Cela étant dit, il est toujours question d’un emballement soudain, qu’il prenne la forme d’un redressement ou d’un relâchement. Et cet emballement, c’est celui du cheval qui tient le mors entre ses dents, empêchant ce mors de faire son office de contrôle. En savoir plus : Académie française.

Un mors du diable est une scabieuse des bois, une plante.

Un mors de chape est une agrafe vestimentaire.


 Une morsure est l'action de mordre ; une marque, une plaie qui en résulte ; une blessure, une piqure ; l'action d'entamer en coupant ; une vive attaque ressentie à la surface de la peau, sur le corps ; une empreinte, une marque laissée par le temps, l'âge ; une attaque d'un matériau servant de support d'impression ; une attaque de la pierre ou des métaux dans les procédés lithographiques ; l'action de ce qui tourmente, de ce qui ronge, de ce qui attaque. Ce nom est dérivé de mors avec le suffixe -ure.

Morbide, morbidesse et morbidité

 

A. L'adjectif morbide (1) signifie pathologique, qui a rapport à la maladie, qui en donne l'apparence.

L'adverbe morbidement signifie d'une façon morbide.

Une morbidité (1) est un état de maladie, un déséquilibre psychique ou mental. Un taux de morbidité ou une morbidité sont le pourcentage des individus malades dans une population.

La morbidité est la fréquence de la maladie, mais aussi par extension de la déficience, de l'incapacité, du handicap ou de la dépendance, dans une population donnée. en savoir plus : Géoconfluences.

Une comorbidité est l'association à une maladie donnée d'une ou de plusieurs affections qui peuvent en aggraver le pronostic ou conduire à en modifier le traitement. En anglais : comorbidity. Une multimorbidité est une association de plusieurs maladies chez une même personne. En anglais : multimorbidity. JORF du 07/08/2022.

L'adjectif morbifique signifie qui peut causer la maladie, un désordre psychique ou mental.

On a lu morbifuge pour ce qui chasse la maladie. 

L'adjectif morbigène signifie qui engendre, favorise la maladie.


B. L'adjectif morbide (2) qualifie ce qui dénote ou flatte des tendances malsaines, des gouts dépravés.

L'adverbe morbidement signifie d'une façon morbide.

On a lu un morbidisme pour un gout malsain, un penchant pour le morbide.

Une morbidité (2) est un caractère morbide, pervers d'une œuvre qui flatte des gouts malsains.

Un défilement morbide [en anglais : doomscrolling] est le comportement qui consiste à faire défiler de manière compulsive les publications sur un fil d'actualité ou les nouvelles d'un site Web, malgré leur caractère négatif, voire tragique. OQLF.


C. L'adjectif morbide (3) qualifiait ce qui a de la morbidesse, un aspect velouté, à la fois souple et délicat.

Une morbidesse était une mollesse et une délicatesse dans la représentation des visages ; une grâce alanguie empreinte de mélancolie suggérant une certaine nonchalance ; une douceur alanguie.

Une morbidezza ou morbidezze étaient une délicatesse, une mollesse.


Le mot morbide est emprunté au latin morbidus « malade, malsain », dérivé de morbus « maladie ».


L'adjectif morbilleux, morbilleuse, est relatif à la rougeole, à ses symptômes, à ses manifestations. Une morbilleuse, un morbilleux sont des malades. Ce mot est emprunté à l'anglais morbillous, lui-même du latin scientifique morbillosus, dérivé de morbus « maladie » ; à comparer avec morbilles « marques de petite vérole » au 17ème siècle et le latin scientifique morbillus.

Une éruption morbilliforme simule celle de la rougeole.


Le moral et la morale

A. L'adjectif moral (1), morale, moraux, morales, qualifie ce qui concerne l'esprit, le psychisme ; ce qui est de nature spirituelle ; ce qui repose sur la croyance, l'opinion, le sentiment et non sur la matérialité des faits ou sur la rigueur du raisonnement.

L'adverbe moralement (1) signifie d'un point de vue moral.

Le moral est l'ensemble des facultés morales, spirituelles, et des phénomènes de la vie psychique (le physique et le moral). Un moral est un état de l'esprit ; une disposition de l'esprit qui porte une personne à réagir plus ou moins vigoureusement dans des circonstances difficiles.

Voir : démoraliser (1) (décourager, démotiver, déprimer), démoralisant, démoralisateur, une démoralisation.


B. L'adjectif moral (2), morale, moraux, morales, qualifie ce qui a rapport aux mœurs, aux coutumes, traditions et habitudes de vie propres à une société, à une époque ; ce qui concerne les règles ou principes de conduite, la recherche d'un bien idéal, individuel ou collectif, dans une société donnée ; ce qui est relatif à la réflexion philosophique sur le bien et le mal, à une théorie particulière des règles de conduite.

L'adverbe moralement (2) signifie d'un point de vue moral.

Une moralerie était une sentence morale.

L'adjectif amoral, amorale, amoraux, amorales, qualifie ce qui est étranger à la morale ; ce qui est naturellement indifférent aux idées de bien et de mal.

L'adjectif extra-moral, extra-morale, extra-moraux, extra-morales, qualifie ce qui n'est pas du domaine de la morale.

L'adjectif immoral, immorale, immoraux, immorales, signifie qui a une conduite contraire aux principes de la morale ; qui est contraire à la morale ou aux bonnes mœurs. L'adverbe immoralement signifie d'un point de vue immoral. Les Immoraux sont les partisans de Robespierre.

L'adjectif métamoral, métamorale, métamoraux, métamorales, qualifie ce qui concerne les principes premiers ou les fondements de la morale.

Une morale est un ensemble de règles concernant les actions permises et défendues dans une société ; un ensemble de normes ou de règles de conduite ; un ensemble de règles que chacun adopte dans sa conduite ; un ensemble de règles de conduite reconnues comme absolument et universellement valables ; une étude des règles de la conduite et de l'éthique ; une leçon morale qui se dégage d'une œuvre littéraire ; un enseignement moral que l'on peut tirer d'un évènement.

Faire la morale à quelqu'un, c'est lui faire des reproches sur sa conduite, lui donner des conseils sur sa conduite future.

Une métamorale est tout ce qui est transcendant par rapport à la réalité morale donnée, et nécessaire à l'intelligibilité de cette réalité.

Le mot moral est emprunté au latin moralis « relatif aux mœurs ». D'où : un moral, une morale.


L'adjectif moralisant, moralisante, signifie qui aime à faire la morale ; qui défend la morale ; qui élève ou a pour but d'élever le sens moral, les sentiments ; qui est propre à celui qui veut élever le sens moral, la valeur morale d'autrui.

L'adjectif moralisateur, moralisatrice, signifie qui vise à donner une leçon de morale, à défendre la morale ; dont la nature ou le but est de développer le sens moral, de former à un idéal moral ; qui est propre au moralisateur. Une moralisatrice, un moralisateur sont ceux qui donnent des leçons de morale, qui prêchent pour un idéal moral ; ceux qui se plaisent ou se complaisent à prêcher la morale, à moraliser.

Une moralisation est l'action d'élever l'homme dans l'ordre de la morale ; le résultat de cette action ; l'action de rendre une chose conforme à la morale ; une soumission à des règles morales ; son résultat.

L'adjectif moralisé, moralisée, signifie formé(e) à la réflexion ou à la discipline morale.

Le verbe moraliser signifie faire, donner une leçon de morale à quelqu'un dans le but de l'instruire ou de le réprimander ; rendre l'homme moral ou plus moral ; l'inciter à agir moralement, l'élever ou l'aider à s'élever dans l'ordre de la morale ; rendre conforme à la morale ; soumettre quelque chose à des règles morales ; se livrer à des considérations, des réflexions morales dans un but édifiant ; tirer la leçon morale des choses, des faits, des évènements. Se moraliser signifie devenir moral. Ce verbe est dérivé de moral.

Le verbe démoraliser (2) signifie faire perdre le sens moral, rendre immoral.

Un moraliseur était celui qui se plait à moraliser, à donner des leçons de morale.


Un moralisme est une doctrine ou une attitude, philosophiques ou religieuses, qui érigent la morale en absolu et affirment la prééminence des valeurs morales sur les autres valeurs ; c'est aussi une recherche trop exclusive de la perfection morale ou un attachement formaliste à la morale. Ce nom est dérivé de morale.

Une, un moraliste sont des philosophes, des théologiens qui traitent de la science morale ; ceux qui observent, décrivent et analysent les mœurs, les passions d'une époque ; ceux qui se placent à un point de vue moral, qui se réfèrent à un bien idéal ; ceux qui se plaisent ou se complaisent à moraliser ; ceux qui sont attachés au formalisme de la morale ou qui se veulent les défenseurs de la morale. L'adjectif moraliste signifie empreint, empreinte de formalisme moral ; qui développe des considérations morales ; qui vise à donner des leçons morales.

L'adverbe moralistement signifie d'un point de vue moraliste.

Un immoralisme est une doctrine qui propose des règles de vie différentes ou inverses ; une tendance à mettre en cause, à mépriser la morale établie ou à en faire peu de cas. L'adjectif immoraliste est relatif à l'immoralisme. Une, un immoraliste sont des partisans de l'immoralisme.


Une moralité est le caractère de ce ou de celui qui peut être apprécié ou jugé selon les notions de bien et de mal ; le caractère de ce qui est conforme aux principes, à l'idéal de la conduite ; le caractère de celui qui agit conformément aux principes, à l'idéal de la conduite ; la valeur d'une personne du point de vue moral ; un sens moral, une conscience morale ; une leçon morale, exprimée ou implicite, proposée par une œuvre ; l'enseignement moral que l'on peut tirer d'un évènement, d'un fait, d'un comportement ; une conclusion morale. Ce nom est emprunté au latin tardif moralitas « caractère, caractéristique ».

Une amoralité est le caractère de ce qui est amoral, au-delà de toute distinction entre le bien et le mal.

Une immoralité est une conduite ou un comportement immoral ; le caractère immoral d'une action, d'une parole, d'une chose.


La pensée de Pierre de Jade : Quand on n'a pas le moral on déprime et quand on n'a pas de morale on opprime.

vendredi 29 mai 2026

Météo, météore, météorisme, météorite

 

  1. un météore, une météorite

  2. un météorisme

  3. une météo


1. Un météore est un phénomène, perceptible dans l'atmosphère ou à la surface du globe, qui peut consister en une manifestation aqueuse, gazeuse, électrique ou optique ; un corps solide qui se consume en traversant l'atmosphère ; la trainée incandescente laissée par le passage de ce corps ; celle, celui ou ce qui éblouissent de façon vive mais passagère. Ce nom est emprunté au grec μ ε τ ε ́ ω ρ α « phénomènes ou corps célestes » pluriel neutre de l'adjectif μ ε τ ε ́ ω ρ ο ς « qui est en l'air ».

Un hydrométéore est un météore consistant en un ensemble de particules d'eau.

L'adjectif météorique est relatif à un météore ou plusieurs ; à ce qui est atmosphérique ; à ce qui a l'éclat, la rapidité d'un météore.

Une météorisation (1) est l'ensemble des processus mécaniques, physico-chimiques ou biochimiques, qui fragmentent, désagrègent, ameublissent et altèrent les roches. Ce nom est dérivé de météore, avec le suffixe -isation (-iser, -tion).

Une météorite est un fragment de matière cosmique, qui tombe sur la terre après s'être embrasé en traversant l'atmosphère. Ce nom st dérivé de météore, avec le suffixe -ite. Une micrométéorite est une météorite de très petites dimensions.

L'adjectif météoritique qualifie ce qui provient de météorites ; ce qui est relatif aux météorites.

Une météoromancie est une divination par l'observation des météores. Ce nom est formé de météor(o)-, du grec μ ε τ ε ́ ω ρ ο ς, voir : météore, et de -mancie. Une météoromancienne, un météoromancien pratiquent la météoromancie. L'adjectif météoromancien, météoromancienne, qualifie ce qui concerne la météoromancie.



2. Un météorifuge est un médicament qui lutte contre le ballonnement, qui détruit les gaz.

Une météorisation (2) est une affection, fréquente surtout chez les ruminants, produite par une accumulation anormale de gaz dans le rumen.

Le verbe météoriser signifie gonfler l'abdomen par l'accumulation des gaz intestinaux ; causer la météorisation d'un animal. Ce verbe est emprunté au grec μ ε τ ε ω ρ ι ́ ζ ω « s'élever dans les airs » et déjà en grec médical au participe passif « souffrant de flatulence ». Le mot est attesté comme terme de chimie en 1620 (mercure météorisé).

Un météorisme est un gonflement de l'abdomen dû à l'accumulation des gaz intestinaux ; un ballonnement. Ce nom est emprunté au grec μ ε τ ε ω ρ ι σ μ ο ́ ς « action de lever » d'où « enflure, gonflement », dérivé de μ ε τ ε ω ρ ι ́ ζ ω « lever en l'air ».



3. Un météogramme est un diagramme représentant la variation temporelle d'une ou de plusieurs variables météorologiques. Les variables peuvent être, par exemple, la température, l'humidité, la pression atmosphérique, la direction et la vitesse des vents, la quantité de précipitations ou la couverture nuageuse, à une altitude donnée. JORF du 19/01/2025.

Une météorognosie est la partie de la météorologie ayant pour objet l'étude des influences exercées au sein de l'atmosphère par les différents météores.

Un météorographe est un appareil permettant d'enregistrer simultanément les variations de plusieurs phénomènes atmosphériques.

L'adjectif météorolabile qualifie ce qui est particulièrement sensible aux variations atmosphériques.

Une météorologie ou météo est l'étude des phénomènes atmosphériques et la prévision du temps ; un service chargé d'établir et de communiquer les prévisions météorologiques ; le bulletin de ces prévisions et son contenu ; le temps qu'il fait ; l'ensemble des conditions atmosphériques. Ce nom est emprunté au grec meteôrologia « recherche ou traité sur les corps, les phénomènes célestes ».

Un bulletin météo est un bulletin météorologique.

L’abréviation familière météo est bien entrée dans l’usage et s’emploie dans la langue courante en lieu et place du terme météorologie, discipline qui a pour objet l’étude des phénomènes atmosphériques et de leurs variations, et qui a pour objectif la prévision à court terme de l’évolution du temps. On veillera toutefois à ne pas confondre cette discipline avec son objet, et on se gardera bien d’utiliser météo pour désigner le temps qu’il fait ou le climat. En savoir plus : Académie française.

La météorologie de l'espace est l'étude des phénomènes extra-atmosphériques et de leurs effets dans l'environnement terrestre ou dans des zones de l'espace où s'exercent des activités humaines. L'étude porte principalement sur les phénomènes solaires ; elle porte également sur les effets éventuels des météorites. Les phénomènes étudiés sont susceptibles d'affecter les performances et la fiabilité des équipements en orbite ou au sol ainsi que la santé et la vie humaines. En anglais : space weather. Voir aussi : éjection de masse coronale, espace extra-atmosphérique, météorologie spatiale, science de l'espace. JORF du 10/10/2009.

La météorologie spatiale est l'ensemble des activités de la météorologie qui utilisent des systèmes spatiaux. En anglais : space meteorology. Voir aussi : météorologie de l'espace, science dans l'espace. JORF du 18/04/2001.

Une héliométéorologie est la partie de la météorologie qui traite des rapports entre la circulation atmosphérique et l'activité solaire.

Les adjectifs météorologique ou météo sont relatifs à la météorologie, ce qui concerne la prévision du temps, ce qui est atmosphérique.

L'adverbe météorologiquement signifie d'un point de vue météorologique.

Une, un météorologue ou météorologiste sont des spécialistes de la météorologie.

Une météoropathologie est une étude des rapports entre les conditions et phénomènes météorologiques et la pathologie humaine ou animale.

Un météoroscope est un instrument météorologique.

dimanche 15 février 2026

Iris et iridium

Le nom (un) iris est emprunté au latin iris, iridis (lui-même emprunté au grec ι ̃ ρ ι ς « arc-en-ciel, halo, iris [plante], partie colorée de l'œil »).

irido- est issu du grec ι ̃ ρ ι ς, ι ́ ρ ι δ ο ς « partie colorée de l'œil » et, pour quelques mots, du substantif iridium « métal extrait de certains minerais de platine ».


1. iridescence, iridescent, iris, irisage, irisation, irisé, irisement, iriser.

Une iridescence est le caractère de ce qui est iridescent ; la propriété qu'ont certaines surfaces à sembler changer de couleur selon l'angle de vue ou d'illumination. L'adjectif iridescent, iridescente, qualifie ce qui brille avec des reflets irisés. Ce mot est un dérivé savant du latin iris, iridis (iris), avec le suffixe -escent.

Un iris est un arc-en-ciel ; un halo de lumière parasite.

Une irisation ou un iris sont un spectre lumineux produit par une diffraction de la lumière blanche ; des reflets aux couleurs de l'arc-en-ciel apparaissant sur la surface de certains corps.

Un irisage ou une irisation, un irisement sont l'action d'iriser ; son résultat.

L'adjectif irisé, irisée, signifie qui a les couleurs de l'arc-en-ciel ; qui brille de reflets colorés.

Le verbe iriser signifie colorer des couleurs, des nuances de l'arc-en-ciel ; faire briller, faire chatoyer. S'iriser signifie devenir irisé.


2. iridacée, iridée, iridomyrmex, iridoptérygidé, iris, irone.

A. Un iridomyrmex est un genre d'insectes hyménoptères formicidés d'Australie et d'Argentine.

Les iridoptérygidés sont une famille d'insectes néoptères orthoptéroïdes dictyoptères mantodés.

Un iris est un insecte.

B. un iris est une pierre d'iris, un minéral.

C. Une iridacée ou iridée sont une plante de la famille ayant pour type l'iris.

Un iris est une plante ; une poudre extraite de son rhizome ; sa couleur.

Le genre Iris se démarque, y compris au sein de sa propre famille, par une architecture florale très particulière ; chaque fleur est en fait formée de trois « sous-fleurs » réunies en une avec un style à trois branches qui prend des allures de corolle. On se doute bien qu’une structure aussi complexe et originale a du se mettre en place au cours de l’évolution sous la pression de la sélection liée à la pollinisation par les insectes. Extrait de Fleurs d’Iris : un tunnel pour pollinisateurs (Zoom nature). Voir aussi Un iris sauvage dans les vergers ; Iris d’Allemagne : fascinante orchidée du Nord ; L’iris des serpents souffre d’un problème de pollinisation ; L’iris des serpents : un iris pas comme les autres ; Un iris sauvage dans les vergers (Zoom nature).

Les racines d’iris sont exploitées depuis l’Antiquité en médecine et en parfumerie. Leur nom iris vient, par le latin iris, du grec iris, qui est le nom de la messagère des dieux Iris, personnification de l’arc-en-ciel dans la mythologie. En effet, selon Dioscoride, « L’iris a des fleurs blanches ou jaunes ou violettes ou bleues ; aussi cette variété de tons l’a-t-elle fait comparer à l’iris céleste. » Pline l’Ancien abonde dans ce sens : « Les fleurs sont de couleurs diverses, comme l’arc-en-ciel, d’où son nom », qui en grec déjà désigne aussi l’iris de l’œil. Incidemment, l’iridium, métal élément 77, a été nommé ainsi par le chimiste anglais Tennant en 1804 à cause de la diversité des couleurs de ses sels. Enfin, Linné a retenu le nom de genre Iris, qui comporte environ 250 espèces aujourd’hui. En savoir plus : À propos d’irones et d’ionones, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 503.

Une irone est une matière odorante que l'on extrait du rhizome de l'iris de Florence. Ce nom est un dérivé savant d'iris, avec le suffixe -one.

Il s’agit de substances d’origine végétale, utilisées en parfumerie, dont les noms ont été créés par le chimiste allemand Ferdinand Tiemann dans une publication de 1893, « Sur le parfum de la violette » : Iron et Ionon, avec le suffixe -on (-one en français) car ce sont des cétones. L’auteur rappelle que les sources naturelles de ce parfum sont principalement « la fleur fraiche de violette et la racine sèche de l’iris », ce qui donne implicitement l’origine des deux noms. Tiemann nomme Iron (irone) « le principe odorant de l’iris », une substance huileuse qu’il extrait de la racine (un rhizome) d’iris, et il attribue à cette molécule la formule C13H20O. En savoir plus : À propos d’irones et d’ionones, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 503.


3. iridectomie, iridien, iridocèle, iridochoroïdite, iridocyclite, irido-diagnostic, iridocèle, iridodialyse, iridodonèse, iridodonésis, irido-kératite, iridologie, iridologique, iridologue, iridoplégie, iridopsie, irido-sclérotomie, iridoscopie, iridotomie, irien, iris, iritis

Une iridectomie ou iridotomie sont une excision d'une partie de l'iris. Le nom (une) iridectomie est un composé savant des mots grecs ι ̃ ρ ι ς, ι δ ο ς (iris) et de ε ̓ κ τ ο μ η ́ « coupure, amputation ».

Les adjectifs iridien (1), iridienne ou irien, irienne, sont relatifs à l'iris de l'œil.

Une iridocèle est une protrusion, une saillie, de l'iris à travers une lésion de la cornée.

Une iridochoroïdite est une inflammation de l'iris et de la choroïde.

Une iridocyclite est une inflammation de l'iris et du corps ciliaire.

Un irido-diagnostic est une méthode de diagnostic d'une affection générale basée sur des détails de la structure de l'iris ; un diagnostic d'une affection de l'iris.

Une iridodialyse est une résection chirurgicale des adhérences de l'iris ; une désinsertion accidentelle ou chirurgicale de l'iris ; une division congénitale ou traumatique au niveau de l'iris.

Une iridodonésis ou une iridodonèse sont une mobilité anormale de la membrane irienne.

Une irido-kératite est une inflammation de l'iris et de la cornée.

Une iridologie est une étude de l'iris. L'adjectif iridologique est relatif à cette étude. Une, un iridologue sont des spécialistes.

Une iridoplégie est une paralysie complète ou partielle de l'iris.

Une iridopsie est un trouble oculaire caractérisé par la perception d'anneaux colorés autour d'une source lumineuse.

Une irido-sclérotomie est une incision chirurgicale de la sclérotique et de la marge de l'iris, pratiquée en cas de glaucome.

Une iridoscopie est un examen de l'iris.

Une iridectomie ou iridotomie sont une excision d'une partie de l'iris.

Un iris est une membrane de l'œil.

L'adjectif iridien (1), iridienne ou irien, irienne, est relatif à l'iris de l'œil.

Une iritis est une inflammation de l'iris. Ce nom est un dérivé savant d'iris, avec le suffixe -itis.


4. iridié, iridien, iridium, irido-bronze, iridosmine.

L'adjectif iridié, iridiée, qualifie ce qui contient de l'iridium.

L'adjectif iridien (2), iridienne, qualifie ce qui rappelle le chatoiement de l'arc-en-ciel et la dureté de l'iridium.

Un iridium est un métal. Ce nom a été créé sur le latin iris, iridis « arc-en-ciel » (iris), à cause des couleurs variées qu'offrent les combinaisons de ce métal.

Un irido-bronze est un alliage d'iridium et de bronze.

Une iridosmine est un alliage naturel d'iridium et d'osmium.

En 1804, le chimiste américain Tennant découvre encore un métal, caractérisé par la diversité de couleurs de ses sels. En s’inspirant d’Iris (Iris, Iridos en grec), la messagère des dieux, personnification de l’arc-en-ciel, il nomme ce métal en anglais iridium (français iridium, allemand Iridium, espagnol iridio). En grec, iris, iridos désignait déjà l’arc-en-ciel, ou la fleur d’iris (chez Théophraste), ou l’iris de l’œil (chez Galien), d’où irisé, « aux couleurs d’arc-en-ciel  », iridacée, «  plante de la famille de l’iris », irien, iridien, « relatif à l’iris de l’œil », des mots qui n’ont de rapport avec iridié, « qui contient de l’iridium », que par la mythologie grecque. En savoir plus : À propos du tantale et du titane, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 426.