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dimanche 15 février 2026

Iris et iridium

Le nom (un) iris est emprunté au latin iris, iridis (lui-même emprunté au grec ι ̃ ρ ι ς « arc-en-ciel, halo, iris [plante], partie colorée de l'œil »).

irido- est issu du grec ι ̃ ρ ι ς, ι ́ ρ ι δ ο ς « partie colorée de l'œil » et, pour quelques mots, du substantif iridium « métal extrait de certains minerais de platine ».


1. iridescence, iridescent, iris, irisage, irisation, irisé, irisement, iriser.

Une iridescence est le caractère de ce qui est iridescent ; la propriété qu'ont certaines surfaces à sembler changer de couleur selon l'angle de vue ou d'illumination. L'adjectif iridescent, iridescente, qualifie ce qui brille avec des reflets irisés. Ce mot est un dérivé savant du latin iris, iridis (iris), avec le suffixe -escent.

Un iris est un arc-en-ciel ; un halo de lumière parasite.

Une irisation ou un iris sont un spectre lumineux produit par une diffraction de la lumière blanche ; des reflets aux couleurs de l'arc-en-ciel apparaissant sur la surface de certains corps.

Un irisage ou une irisation, un irisement sont l'action d'iriser ; son résultat.

L'adjectif irisé, irisée, signifie qui a les couleurs de l'arc-en-ciel ; qui brille de reflets colorés.

Le verbe iriser signifie colorer des couleurs, des nuances de l'arc-en-ciel ; faire briller, faire chatoyer. S'iriser signifie devenir irisé.


2. iridacée, iridée, iridomyrmex, iridoptérygidé, iris, irone.

A. Un iridomyrmex est un genre d'insectes hyménoptères formicidés d'Australie et d'Argentine.

Les iridoptérygidés sont une famille d'insectes néoptères orthoptéroïdes dictyoptères mantodés.

Un iris est un insecte.

B. un iris est une pierre d'iris, un minéral.

C. Une iridacée ou iridée sont une plante de la famille ayant pour type l'iris.

Un iris est une plante ; une poudre extraite de son rhizome ; sa couleur.

Le genre Iris se démarque, y compris au sein de sa propre famille, par une architecture florale très particulière ; chaque fleur est en fait formée de trois « sous-fleurs » réunies en une avec un style à trois branches qui prend des allures de corolle. On se doute bien qu’une structure aussi complexe et originale a du se mettre en place au cours de l’évolution sous la pression de la sélection liée à la pollinisation par les insectes. Extrait de Fleurs d’Iris : un tunnel pour pollinisateurs (Zoom nature). Voir aussi Un iris sauvage dans les vergers ; Iris d’Allemagne : fascinante orchidée du Nord ; L’iris des serpents souffre d’un problème de pollinisation ; L’iris des serpents : un iris pas comme les autres ; Un iris sauvage dans les vergers (Zoom nature).

Les racines d’iris sont exploitées depuis l’Antiquité en médecine et en parfumerie. Leur nom iris vient, par le latin iris, du grec iris, qui est le nom de la messagère des dieux Iris, personnification de l’arc-en-ciel dans la mythologie. En effet, selon Dioscoride, « L’iris a des fleurs blanches ou jaunes ou violettes ou bleues ; aussi cette variété de tons l’a-t-elle fait comparer à l’iris céleste. » Pline l’Ancien abonde dans ce sens : « Les fleurs sont de couleurs diverses, comme l’arc-en-ciel, d’où son nom », qui en grec déjà désigne aussi l’iris de l’œil. Incidemment, l’iridium, métal élément 77, a été nommé ainsi par le chimiste anglais Tennant en 1804 à cause de la diversité des couleurs de ses sels. Enfin, Linné a retenu le nom de genre Iris, qui comporte environ 250 espèces aujourd’hui. En savoir plus : À propos d’irones et d’ionones, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 503.

Une irone est une matière odorante que l'on extrait du rhizome de l'iris de Florence. Ce nom est un dérivé savant d'iris, avec le suffixe -one.

Il s’agit de substances d’origine végétale, utilisées en parfumerie, dont les noms ont été créés par le chimiste allemand Ferdinand Tiemann dans une publication de 1893, « Sur le parfum de la violette » : Iron et Ionon, avec le suffixe -on (-one en français) car ce sont des cétones. L’auteur rappelle que les sources naturelles de ce parfum sont principalement « la fleur fraiche de violette et la racine sèche de l’iris », ce qui donne implicitement l’origine des deux noms. Tiemann nomme Iron (irone) « le principe odorant de l’iris », une substance huileuse qu’il extrait de la racine (un rhizome) d’iris, et il attribue à cette molécule la formule C13H20O. En savoir plus : À propos d’irones et d’ionones, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 503.


3. iridectomie, iridien, iridocèle, iridochoroïdite, iridocyclite, irido-diagnostic, iridocèle, iridodialyse, iridodonèse, iridodonésis, irido-kératite, iridologie, iridologique, iridologue, iridoplégie, iridopsie, irido-sclérotomie, iridoscopie, iridotomie, irien, iris, iritis

Une iridectomie ou iridotomie sont une excision d'une partie de l'iris. Le nom (une) iridectomie est un composé savant des mots grecs ι ̃ ρ ι ς, ι δ ο ς (iris) et de ε ̓ κ τ ο μ η ́ « coupure, amputation ».

Les adjectifs iridien (1), iridienne ou irien, irienne, sont relatifs à l'iris de l'œil.

Une iridocèle est une protrusion, une saillie, de l'iris à travers une lésion de la cornée.

Une iridochoroïdite est une inflammation de l'iris et de la choroïde.

Une iridocyclite est une inflammation de l'iris et du corps ciliaire.

Un irido-diagnostic est une méthode de diagnostic d'une affection générale basée sur des détails de la structure de l'iris ; un diagnostic d'une affection de l'iris.

Une iridodialyse est une résection chirurgicale des adhérences de l'iris ; une désinsertion accidentelle ou chirurgicale de l'iris ; une division congénitale ou traumatique au niveau de l'iris.

Une iridodonésis ou une iridodonèse sont une mobilité anormale de la membrane irienne.

Une irido-kératite est une inflammation de l'iris et de la cornée.

Une iridologie est une étude de l'iris. L'adjectif iridologique est relatif à cette étude. Une, un iridologue sont des spécialistes.

Une iridoplégie est une paralysie complète ou partielle de l'iris.

Une iridopsie est un trouble oculaire caractérisé par la perception d'anneaux colorés autour d'une source lumineuse.

Une irido-sclérotomie est une incision chirurgicale de la sclérotique et de la marge de l'iris, pratiquée en cas de glaucome.

Une iridoscopie est un examen de l'iris.

Une iridectomie ou iridotomie sont une excision d'une partie de l'iris.

Un iris est une membrane de l'œil.

L'adjectif iridien (1), iridienne ou irien, irienne, est relatif à l'iris de l'œil.

Une iritis est une inflammation de l'iris. Ce nom est un dérivé savant d'iris, avec le suffixe -itis.


4. iridié, iridien, iridium, irido-bronze, iridosmine.

L'adjectif iridié, iridiée, qualifie ce qui contient de l'iridium.

L'adjectif iridien (2), iridienne, qualifie ce qui rappelle le chatoiement de l'arc-en-ciel et la dureté de l'iridium.

Un iridium est un métal. Ce nom a été créé sur le latin iris, iridis « arc-en-ciel » (iris), à cause des couleurs variées qu'offrent les combinaisons de ce métal.

Un irido-bronze est un alliage d'iridium et de bronze.

Une iridosmine est un alliage naturel d'iridium et d'osmium.

En 1804, le chimiste américain Tennant découvre encore un métal, caractérisé par la diversité de couleurs de ses sels. En s’inspirant d’Iris (Iris, Iridos en grec), la messagère des dieux, personnification de l’arc-en-ciel, il nomme ce métal en anglais iridium (français iridium, allemand Iridium, espagnol iridio). En grec, iris, iridos désignait déjà l’arc-en-ciel, ou la fleur d’iris (chez Théophraste), ou l’iris de l’œil (chez Galien), d’où irisé, « aux couleurs d’arc-en-ciel  », iridacée, «  plante de la famille de l’iris », irien, iridien, « relatif à l’iris de l’œil », des mots qui n’ont de rapport avec iridié, « qui contient de l’iridium », que par la mythologie grecque. En savoir plus : À propos du tantale et du titane, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 426.



mardi 10 février 2026

Intérêt

 

1. Un intérêt était un dommage, un préjudice. L'adjectif intéressé, intéressée a qualifié ce qui est atteint, endommagé. Un désintéressement est une indemnisation d'un créancier. Intéresser un organe signifiait l'atteindre, l'endommager. Désintéresser quelqu'un, c'est le dédommager.



2. Par référence aux sens actuels d'intérêt.

L'adjectif intéressant, intéressante, signifie qui se révèle utile ; qui procure un avantage matériel ou financier ; qui éveille la curiosité, l'attention de l'esprit ; qui retient l'attention par son esprit, son intelligence, certains traits de sa personnalité ; qui éveille, mérite l'attention bienveillante, la sympathie, la compassion ou la considération. L'intéressant est ce qui est avantageux ; ce qui retient l'attention.

L'adjectif inintéressant, inintéressante, signifie qui n'est pas intéressant, intéressante ; qui ne présente pas d'intérêt.

L'adjectif intéressé, intéressée, qualifie quelqu'un qui a une part importante dans quelque chose ; qui est concerné par quelque chose, y trouve son intérêt ; qui a des intérêts financiers ; qui a été rendu attentif et curieux, le montre ; qui recherche avant tout son avantage personnel. Une intéressée, un intéressé sont ceux qui sont concernés par quelque chose ; ceux qui recherchent un avantage personnel.

L'adjectif désintéressé, désintéressée, signifie qui n'a pas d'intérêt ou d'avantage à faire quelque chose ; qui le fait bénévolement, gratuitement ; qui est impartial(e).

Un intéressement est le fait de s'intéresser à quelque chose, de montrer de l'attention ; une participation aux résultats de l'entreprise, versée aux salariés.

Un intéressement aux plus-values est la fraction des plus-values versée aux gestionnaires des sociétés de capital-risque. L'usage français est de n'accorder d'intéressement aux plus-values qu'aux gestionnaires de sociétés de capital-risque. En anglais : carried interest. JORF du 18/03/2011.

Un désintéressement est le fait de ne pas agir par intérêt personnel, de ne pas avoir d'avantage à le faire ; une indifférence.

Intéresser quelqu'un, c'est être important pour lui, avoir des conséquences ; l'éveiller et retenir son attention, l'inciter à se sentir concerné, le faire participer, l'associer ; retenir son attention en le captivant, l'amusant, le passionnant ; l'amener quelqu'un à prendre gout à quelque chose ; susciter sa bienveillance, sa sympathie, sa pitié. S'intéresser à ... signifie avoir de l'intérêt pour quelque chose ou quelqu'un. Pour ces sens, le verbe intéresser est dérivé d'intérêt d'après le latin interesse. Se désintéresser de ... signifie ne pas y porter d'attention, y être indifférent.

Un intérêt est ce qui convient à une personne, une collectivité, une institution (l'intérêt général) ; ce qui lui est avantageux, bénéfique ; un revenu produit par un capital prêté ou placé et défini par un taux ; ce qui est important, ce qui suscite l'attention, ce qui fait l'objet des préoccupations ; une attention inspirée par ce qui est jugé important, captivant, ce qui répond à la curiosité, aux motivations ; un sentiment de bienveillance, d'attention affectueuse que l'on éprouve envers quelqu'un ; une importance, une utilité. Des intérêts sont une indemnisation, un dédommagement ; un revenu produit par un capital prêté ou placé.

Le taux d’intérêt, c’est le prix de l’argent. En général, ce taux est positif : celui qui emprunte une somme d’argent paye un intérêt à celui qui lui a prêté. Des taux d’intérêt négatifs inversent cette logique : c’est l’emprunteur qui est alors rémunéré, tandis que le prêteur reçoit à l’échéance une somme inférieure à celle qu’il a prêtée. En savoir plus : Banque de France

Un désintérêt : une indifférence.

Un inintérêt est une absence d'intérêt offert par quelque chose ; une absence d'intérêt porté par quelqu'un à quelque chose.

Le nom (un) intérêt est emprunté au latin classique interest (de interesse « être entre ; être parmi, être présent , assister à ; être distant », au figuré « participer à, s'occuper de » « différer ») « il y a de la différence entre » et « il est de l'intérêt de, il importe » ; le substantif interest a dû signifier « ce qui importe » et « ce qui diffère », d'où la notion de préjudice et, celle de dédommagement, l'intérêt d'une somme prêtée étant à l'origine considéré comme un dédommagement du revenu qu'aurait pu en tirer le créancier.



mercredi 24 décembre 2025

Huile

 Un huilage est un graissage avec de l'huile, une imprégnation d'huile ; un trempage dans un bain d'huile.

Une huile est une substance grasse ; un mélange d'huile et de produits colorants, un tableau ainsi peint ; un liquide, odorant et volatil, extrait par distillation de certaines plantes aromatiques ou d'agrumes ; un personnage important, haut placé, influent. Ce nom vient du latin oleum « huile d'olive, huile (en général) », de olea « olivier ; olive » (en grec ε ̓ λ α ι ́ α « olive », ε ́ λ α ι ο ν « olivier »).

Une huile à broche est une huile de base fluide, utilisée pour lubrifier certains mécanismes de précision. En anglais : spindle oil. JORF du 12/01/1999.

Le Dictionnaire des régionalismes de France indique qu'une huile d’enfer, une huile de l’enfer, une huile des enfers sont une huile d’olive de la plus basse qualité.

 Pour dire que l’on regrette la peine que l’on s’est donnée, le français dispose de diverses expressions comme regretter ses pas ou plaindre ses pas. L’Antiquité ne manquait pas non plus d’expressions similaires. La plus en usage était sans doute oleum et operam perdere, « perdre son huile et sa peine ». Si cette expression se rencontrait si souvent, c’est parce que l’huile était un produit de grande valeur dans l’Antiquité et qu’on en faisait de nombreux usages.

 Elle servait tout d’abord à oindre lutteurs et gladiateurs. Dans une de ses lettres, Cicéron écrit que Pompée avait perdu oleum et operam à organiser des combats de gladiateurs. Cette expression entre dans un proverbe cité par saint Jérôme : oleum perdit et impensas qui bovem mittit ad ceroma, « il perd son huile et son argent celui qui envoie un bœuf au gymnase où s’oignent les lutteurs », car bien évidemment les bœufs ne combattaient pas dans l’arène. On userait peut-être aujourd’hui de l’expression familière peigner la girafe…

 Mais l’huile permettait également aux intellectuels de s’éclairer pour lire et écrire la nuit. Pour eux, perdre son huile c’était produire un ouvrage de peu d’intérêt. On disait aussi qu’un écrit sentait l’huile de lampe si on y percevait trop les efforts laborieux de l’auteur.

 L’huile était enfin utilisée comme produit de beauté ; si, après s’être enduites d’huile parfumée, les prostituées ne parvenaient pas à séduire, elles aussi se lamentaient en disant qu’elles avaient perdu leur huile ; elles devaient aussi regretter leurs pas, même si dans l’Antiquité, le nom péripatéticien désignait essentiellement Aristote et ses disciples qui avaient l’habitude de philosopher en marchant.

 Académie française.


Le verbe huiler signifie enduire, frotter, imprégner d'huile ; assaisonner avec de l'huile ; pour une plante, suinter en laissant s'écouler un liquide gras sous l'effet d'une maladie.

je huile, tu huiles, il huile, nous huilons, vous huilez, ils huilent ;
je huilais, vous huiliez ; je huilai ; je huilerai ; je huilerais ;
j'ai huilé ; j'avais huilé ; j'eus huilé ; j'aurai huilé ; j'aurais huilé ;
que je huile, que tu huiles, qu'il huile, que nous huilions, que vous huiliez, qu'ils huilent ;
que je huilasse, qu'il huilât ; que j'aie huilé ; que j'eusse huilé ;
huile, huilons, huilez ; aie huilé, ayons huilé, ayez huilé ;
(en) huilant.

Une huilerie est une usine où l'on fabrique des huiles végétales. L'huilerie est cette industrie.

Une huilière, un huilier sont des fabricants, des marchands d'huile. Un huilier est un accessoire de table. L'adjectif huilier, huilière, est relatif à la fabrication des huiles.

L'adjectif huileux, huileuse, qualifie ce qui est de la nature de l'huile ; ce qui en contient ; ce qui a cet aspect ou cette consistance.

L'adverbe huileusement signifie d'une manière huileuse.

Un déshuilage est l'opération qui a pour but de séparer les huiles et les graisses des eaux de surface et des eaux résiduaires avant leur traitement ou le rejet à l'égout ; l'élimination des hydrocarbures ou des huiles d'un milieu donné ; l'opération qui consiste à éliminer par foulage l'huile qui imprègne une peau ; l'action de retirer des pâtes à peindre, généralement à la sortie du tube, l'huile en excès. Le verbe déshuiler signifie débarrasser une matière de l'huile qui l'imprègne ; éliminer les huiles ou les hydrocarbures d'un milieu donné, notamment des eaux, par des procédés physiques ou physicochimiques. Ce verbe est dérivé de huiler, avec le préfixe dés- (dé-). Un déshuileur est un appareil servant, dans une machine à vapeur, à séparer les particules d'huile d'avec la vapeur entraînée par l'air, et qui est indispensable notamment sur les compresseurs utilisés pour la réalimentation en air des réservoirs à pression.

Huile est écrit en 1250 uile, en 1120 oile, on trouve aussi la variante olie. Le mot donne l'anglais oil qui revient dans gazoil ou gazole. Il vient du latin oleum (oléagineux, pétrole, oléoduc). Le h évite la lecture vil, vile, ville (écrit vile en ancien français). Le terme est féminin par suite d'une modification de oleum en olea. En savoir plus : site de Dominique Didier.

olé(o)- et oléi- tirés du latin olea « olivier, olive », introduisent une relation avec l'huile ou, plus généralement, avec un corps gras quelconque.

  • Une oléacée est un arbre ou arbuste tel que l'olivier. Les oléacées sont une famille de plantes. Ce nom est formé de ole(i)-, du latin olea « olivier, olive », avec le suffixe -acé.

  • L'adjectif oléagineux qualifie ce qui contient de l'huile ; ce dont on peut tirer de l'huile ; ce qui est de la nature de l'huile ; ce qui en a la consistance ou y ressemble. Un oléagineux est une substance qui contient de l'huile ; une substance dont on tire des matières grasses alimentaires ou industrielles. Ce mot est un dérivé savant de l'adjectif oleagineus, oleaginus « d'olivier », avec le suffixe -eux, pour servir d'adjectif à huile.

  • un oléate : un sel ou un ester de l'acide oléique. Ce nom est formé de olé- (qui représente acide oléique), avec le suffixe -ate.

  • oléfiant : qui produit de l'huile. Ce mot est formé de ole(i)- du latin oleum « huile », et de -fiant, (-ifier).

  • une oléfine : chacun des hydrocarbures non saturés de la série éthylénique. Ce nom est emprunté à l'anglais olefine, attesté depuis 1860 et formé sur olefiant (lui-même emprunté au français oléfiant) par substitution de -ine à -iant.

  • L'adjectif oléicole est relatif à l'oléiculture. Une oléicultrice, un oléiculteur s'occupent d'oléiculture qui est la culture de l'olivier et l'industrie de l'extraction de l'huile d'olive.

  • oléifère : dont on extrait de l'huile.

  • oléiforme : qui a la consistance de l'huile.

  • une oléine : un ester de l'acide oléique.

  • une céroléine : un des esters constituant la cire d'abeille.

  • Le mot (un acide) oléique est formé de olé(i)-, du latin oleum « huile », et du suffixe -ique.

  • un oléate : un sel ou un ester de l'acide oléique.

  • un liniment oléocalcaire : un mélange à parties égales, d'huile d'olive et d'eau de chaux.

  • un oléoduc : un pipeline servant au transport du pétrole brut. Ce nom est formé de oléo-, d'après le formant -ole de pétrole (sous l'influence de l'anglais oil « pétrole ») et de la finale -duc sur le modèle d'aqueduc. L'emploi de ce mot a été recommandé pour remplacer l'anglicisme pipe-line.

  • Une, un oléographe s'occupent d'oléographie, un procédé d'impression sur papier de toile, imitant la peinture à l'huile. L'adjectif oléographique est relatif à l'oléographie.

  • un oléomètre ou éléomètre, élaimètre : un aréomètre servant à mesurer la densité des huiles ; un compteur indiquant la pression de l'huile dans un moteur.

  • un oléoplaste : un plaste élaborateur de gouttelettes de lipides.

  • une suspension oléopneumatique (pour certains véhicules automobiles).

  • un oléoprotéagineux : une plante cultivée pour ses graines riches en protides et en lipides, une plante oléoprotéagineuse.

  • une oléorésine : un produit naturel constitué par une résine dissoute dans une huile volatile.

  • oléorésineux : qui contient de l'huile et de la résine.

  • un oléoserveur : un avitailleur reliant l'oléoprise à l'avion.

  • un oléostéarate : un composé résultant d'un mélange d'acide oléique et d'acide stéarique.

  • un oléothorax : une injection d'huile goménolée ou de paraffine liquide effectuée progressivement lors du pneumothorax thérapeutique.

  • une oléotypie : un procédé d'impression.

  • un oléum : un liquide huileux, un acide sulfurique contenant un taux élevé d'anhydride. Ce nom vient du mot latin oleum « huile d'olive, huile en général ».

Un céréléon est un mélange de cire et d'huile qui diffère peu du cérat. Un oxéléon est un médicament fait d'huile et de vinaigre.

Du grec ε λ α ι η ε ι ς « huileux, plein d'huile » :

  • Une éléidine est une substance protéique, présente dans l'épiderme sous forme de plaques irrégulières et réfringentes, qui serait le précurseur de la kératine. Ce nom est formé sur le grec « huileux », dérivé de « olivier », avec le suffixe -ine (-in).

  • Un élæis ou éleis est un palmier. Le latin scientifique elaies, elœis, nom de cet arbre, a été tiré du grec ε λ α ι η ε ι ς « huileux, plein d'huile »

  • Un élaiosome ou éléosome est une excroissance de certaines graines, riche en lipide et en protéine qui attire les fourmis. Une fois l'élaiosome consommé par les larves, les fourmis se débarrassent de la graine permettant sa germination et assurant ainsi sa dispersion dans la nature (myrmécochorie)

Le nom (un) pétrole est emprunté au latin médiéval petroleum (aussi petroleum oleum) « huile minérale », proprement « huile de pierre » (du latin classique petra, voir : pierre, et oleum, voir : huile). Voir l'anglais oil.

Le suffixe -ol a été tiré de la finale de alcool et de celle de pétrole (oleum), pour former des mots désignant des alcools proprement dits ou des mots désignant des corps semblables aux alcools, des produits de distillation, la différence entre les deux n'ayant pas toujours été nette. En 1853 et 1854, dans une série de Mémoires sur la glycérine, sur les éthers, etc., Berthelot établit la théorie générale, en distinguant les alcools monoatomiques (alcools proprement dits) et les alcools polyatomiques (comme la glycérine). Ainsi, ce qui était «huile» entrant désormais dans la série «alcool», le suffixe -ol va se référer expressément à la terminaison et au signifié de alcool, comme l'atteste la création de glycol. CNRTL.

  • Un ichtyol est une huile obtenue par distillation de schistes bitumeux.

  • Un indole ou indol est un corps composé, obtenu par distillation d'indigo blanc sur de la poudre de zinc, que l'on rencontre aussi à l'état naturel. On lit un acide indole-acétique.

  • Une lanoline ou lanoléine sont une matière grasse composée d'un mélange d'acides gras estérifiés et d'alcools libres, obtenue à partir du suint de mouton et utilisée en pharmacie, en cosmétologie et dans l'industrie des cuirs. Le nom (une) lanoline est composé du latin lana (laine) et des suffixes -ol et -ine.

  • Un lino ou linoléum sont un revêtement de sol, une toile de jute enduite d'huile de lin et de poudre de liège, imperméable ; cette toile utilisée comme support de gravure. Ce nom est emprunté à l'anglais linoleum de même sens, mot forgé à partir du latin linum « lin » et oleum « huile », ce tissu inventé par l'Anglais Walton et breveté le 25 avril 1863, étant composé d'un mélange d'huile et de lin. La forme abrégée lino est déjà attestée en 1907 en anglais. Voir aussi : linographie, linogravé, linograveur, linogravure.

  • Une linoléine est un glycéride de l'acide linoléique. Ce nom est emprunté à l'anglais linolein de même sens, composé de lin- (du latin linum « lin ») et de olein (du latin oleum « huile » + -in, suffixe indiquant la nature d'un produit). Le mot (un acide) linoléique est emprunté à l'anglais [acid] linoleic, lui-même composé de lin-, de ole- et de -ic (en français -ique). Un linoléate est un sel ou ester de l'acide linoléique.

  • Un acide linolénique est un acide éthylénique possédant trois doubles liaisons, présent sous forme de glycéride dans les huiles siccatives. Ce terme a été formé d'après l'allemand Linolensäure créé par K. Hazura en 1887 (d'après Linolsäure « acide linoléique », avec l'insertion de l'élément de chimie -en- correspondant à -ène) et composé de lin(um) « lin », de ol(eum) « huile » et des éléments suffixaux -ène et -ique.

  • Un lysol est un mélange employé comme désinfectant. Ce nom est composé de lys(o)- tiré du grec λ υ σ ι ς « action de délier, dissolution, fin », et de -ol, du latin oleum « huile ».

Un fioul est un distillat lourd, résidu ou mélange utilisé comme combustible pour la production de chaleur. On trouve aussi, dans certains cas, la forme « fuel ». En anglais : fuel oil. JORF du 22/09/2000. Un mazout [en anglais : fuel oil] est un combustible liquide et visqueux provenant de la distillation du pétrole brut, utilisé pour la production de chaleur ou d'énergie. On lit un mazout domestique (heating oil), un mazout léger (light fuel oil), un mazout lourd (heavy fuel oil). Le terme anglais fuel-oil est composé de fuel « combustible » et de oil « huile ».

Un gazole [en anglais : gas oil] est un carburant pour moteur diesel. C'est le distillat du pétrole obtenu après le kérosène, utilisé pour la carburation du gaz à l'eau et pour l'alimentation des moteurs Diesel. Le mot angloaméricain gas-oil est composé de gas « gaz » et oil « huile » (désignant notamment le pétrole), cet hydrocarbure étant connu comme matière première dans la fabrication du gaz avant d'être plus généralement utilisé comme carburant de certains types de moteurs.

Une millerole ou millerolle était une unité de capacité utilisée pour le commerce de l'huile et du vin. Ce terme est emprunté au provençal ; l'ancien provençal milherola, attesté depuis 1325, est d'origine obscure.

Une œillette est une variété de pavot. Ce nom est dérivé de l'ancien français olie, voir : huile, avec le suffixe -ette, devenu œillette sous l'influence d'œil et d'œillet.




jeudi 18 décembre 2025

Heur et heure

 

heur

Un heur était un destin favorable, une bonne chance, ce qui arrive d'heureux. Avoir l'heur de ... signifie avoir la chance, le plaisir de ... Ce nom vient du latin augurium « augure, interprétation des présages, présage (dans la religion romaine) » par l'intermédiaire de la forme agurium du bas latin et glissement au sens de « sort, condition, destinée » ; la collision homonymique avec heure, notamment dans des expressions avec bon eur ou mal eur, est à l'origine de l'ajout de l'initiale h au Moyen Âge.

Les noms bonheur et malheur sont composés à l’aide d’heur, lui-même issu du latin augurium, « présage favorable ». À l’origine, et conformément à l’étymologie, heur s’écrivait sans h et se rencontrait sous les formes öur, eür ou eur. Ce nom signifiait « sort, fatalité, destin ». À partir du 14ème siècle, la graphie heur est apparue, sans doute par analogie avec le mot heure. Cette dernière forme est le fruit d’une réfection savante : le latin hora a en effet évolué en or(e), forme que l’on retrouve dans les adverbes encore et lors et la conjonction de coordination or. Cette modification graphique était liée à l’homonymie des deux termes, mais aussi au fait que l’on voyait de l’un à l’autre un rapport de cause à effet, l’heure de naissance étant censée influer sur la destinée et donc sur le bonheur ou le malheur des individus. Cette croyance, ajoutée au fait qu’au Moyen Âge l’orthographe était mal fixée, explique que l’on trouve, surtout dans les composés, une grande variété de formes avec ou sans h.

En effet si on peut lire dans un sermon de saint Bernard « Bienaureiz sera cil ki demorrat en sapience » (« Bienheureux sera celui qui restera dans la sagesse »), Pierre de Larivey écrit, quant à lui, dans Les Esprits, une pièce dont s’inspirera Molière pour son Avare, « Les pauvres femmes sont cause de tous maux et ne bienheurent jamais une maison que par leur mort ». De même, Guernes de Pont-Sainte-Maxence, auteur plus connu sous le nom de Garnier, écrit au 12ème siècle, dans sa Vie de saint Thomas Becket, « De tuz les cheitis, sui li plus malourez » (« De tous les infortunés, je suis le plus malheureux »), alors que son homonyme, Robert Garnier, écrira, quatre siècles plus tard, dans Antigone ou la Piété, « Et ne va malheurer de mon malheur ta vie ».

Ce rapprochement entre la bonne ou la mauvaise fortune et le moment de la naissance va être souligné par des formes comme malheure, contraction de male heure, que rien ne distingue phonétiquement de malheur, et que l’on rencontre dans des expressions comme De malheure suis né.

Mais c’est par la croyance aux horoscopes, nom qui est emprunté, par l’intermédiaire du latin horoscopus, « constellation sous laquelle on est né », du grec hôroskopos, « qui examine l’heure de naissance », que l’on va lier par des rapports de dépendance l’heur, les heures et les astres. Ces rapports de dépendance, notre langue les dit encore avec des expressions comme être né sous une bonne étoile et être né sous une mauvaise étoile. Mais bien vite, on va passer de la chance ou de la malchance qu’ont eue tel ou tel en naissant à leur caractère, et l’on dira d’eux qu’ils sont bien lunés ou mal lunés. Enfin, ceux qui sont nés sous une mauvaise étoile vont être peu à peu perçus comme responsables de ce qui leur arrive et l’on confondra assez vite l’infortuné et le méchant (on constate le même glissement de sens avec la forme misérable). Ainsi le terme malotru, dans lequel on reconnaît le radical astre, a d’abord désigné une personne née sous une mauvaise étoile, sens aujourd’hui disparu, avant de désigner quelqu’un de mal élevé et de grossier. Son antonyme benastru, qui désignait, dans la langue du Moyen Âge, une personne née sous une bonne étoile, a disparu du français courant. Il ne se conserve plus guère aujourd’hui que dans certains parlers régionaux de l’Ouest de la France, et en particulier en Mayenne.

Académie française.



Le français a exprimé la notion de bonheur par un nom venant, par une évolution populaire, de augurium. Ce mot désignait, dans la langue religieuse des Romains, le présage tiré du vol des oiseaux. Augurium a donné l’ancien français eür, dissyllabique. En évoluant en français eür a subi deux modifications, l’une purement orthographique : l’h initial dont il a été doté, d’après le mot heure (du latin hora) – l’autre, phonétique, qui a consisté d’abord dans la réduction de e-ü dissyllabique à u, fait général que nous retrouvons dans sûr, issu de seür, dans armure, issu de armeüre –, ensuite dans le passage de u à eu. Ce passage résulte de l’hésitation qui a existé jusqu’à la fin du 16ème siècle entre u et eu, surtout devant r. C’est ainsi que burre est devenu beurre, tandis qu’inversement meure est devenu mûre. On aboutit ainsi à un mot heur.

Par son origine le sens d’heur n’était ni favorable ni défavorable. On pouvait l’orienter à l’aide d’un adjectif en disant bonheur ou malheur. Mais, comme d’autres mots relatifs à l’issue d’un événement (fortune, succès, chance), il a pris un sens favorable et heur s’est trouvé synonyme de bonheur. Heur est encore très vivant dans la première moitié du 17ème siècle. Corneille l’emploie couramment : T’en souviens-tu, Cinna ? Tant d’heur et tant de gloire Ne peuvent pas sitôt sortir de ta mémoire. (Cinna, V, 1.) On le trouve aussi chez Molière. Dans L’École des femmes Arnolphe invite Agnès, qu’il va épouser, à bénir toute la journée l’heur de sa destinée (III, 2 ; v. 680). Mais on le chercherait vainement dans l’œuvre de Racine. Dans un passage du chapitre « De quelques usages » où il traite des mots vieillis ou disparus, La Bruyère constate avec regret, semble-t-il, que le mot n’est plus en usage : « Heur se plaçait où bonheur ne saurait entrer ; il a fait heureux qui est français et il a cessé de l’être. » Heur ne subsiste plus que dans un très petit nombre de locutions. Ainsi l’on peut dire par ironie : « Il n’a pas l’heur de vous plaire. » Littré enregistre encore le dicton : « Il n’y a qu’heur et malheur en ce monde » (c’est-à-dire : tout est incertain dans les destinées humaines). Nous ne croyons pas qu’il soit très usité. Il est légitime de se demander pourquoi heur a disparu. On peut penser à des homonymies fâcheuses avec heure : quelle heure avez-vous ? pouvait, à l’audition, se comprendre de deux façons. En savoir plus : Georges Gougenheim.

Le nom (un) bonheur est composé de bon et heur du latin augurium « augure, interprétation des présages, présage (dans la religion romaine) ».

Le nom (un) malheur est composé de mal et heur.

Le nom (une) félicité est emprunté au latin classique felicitas « bonheur, chance ».

Voir aussi : un ou une happy end (un dénouement heureux), des happy few (un ensemble restreint de privilégiés).

Heur s'est d'abord écrit eür, aür (1160). Le mot vient du latin impérial agurium, en latin classique augurium « présage » qui subit une syncope à la post-tonique. Il a été confondu avec heure venu de hora. Les composés bonheur et malheur subissent la même erreur. Le mot est en provençal auguri, augur, agur, en espagnol aguero, en portugais agouro, en italien augurio. Le terme a été disyllabique jusqu'au 16ème siècle. En savoir plus : site de Dominique Didier.

heure, heure-machine

Une heure est l'espace de temps égal à la vingt-quatrième partie du jour, d'une durée de 60 minutes ; un moment convenu, prévu, fixé ; un moment du jour plus ou moins long ; un moment de la vie d'un individu, d'une société. Ce nom vient du latin hora, unité de mesure du temps désignant un point aussi bien dans le temps en général que dans la journée d'après le système de division du temps, ou une durée.

La tournure « c’est quelle heure ? » fait l’objet d’une certaine stigmatisation par les locuteurs du français qui ne disposent pas de ce tour dans leur usage (si vous ne nous croyez pas, lisez voir les commentaires sous ce post Facebook). D’aucuns diront qu’il est plus correct de dire: « quelle heure est-il ? », ou simplement « il est quelle heure ? ». Peu de gens savent que cette tournure est régionale, et on ne la trouve d’ailleurs dans aucun dictionnaire spécialisé. En savoir plus : Français de nos régions.

Le Dictionnaire des régionalismes de France indique : à bonne heure (de bonne heure, tôt ; à cette heure) prononcé à c’t’heure (maintenant) ; à point d’heure (à une heure exagérément matinale ou tardive) ; à pas d’heure, à plus d’heure (trop tard) ; jusqu’à pas d'heure, jusqu'à plus d’heure (jusqu’à une heure exagérément tardive) ; entre l’heure (entre la fin de la matinée et le début de l’après-midi) ; tout à l’heure (de nos jours, actuellement) ; j’ai vu l’heure que ... (il s’en est fallu de peu que ...) ; une heure de temps : (durant une heure).

Une heure de grande écoute est une tranche horaire où l'audience est la plus forte. En anglais : prime time. Voir aussi : avant-soirée, créneau de jour. JORF du 18/01/2005.

Une heure-machine est une unité de temps de travail correspondant au travail d'une machine pendant une heure.

On lit une demi-heure, six heures et demie, un quart d'heure, six heures et quart, six heures moins le quart, un kilomètre-heure ou km/h.

Voir aussi : horaire, horloge, horodaté, horodateur, horodictique, horokilométrique, horométrie, horoscope, généthliaque.

Concluons en rappelant que si heure vient du grec hôra et heur du latin augurium, ces deux termes ont été souvent confondus tant était forte la croyance que le bonheur d’une vie dépendait de l’heure de la naissance et que donc naître à la bonne heure était une promesse de nombreuses bonnes années. En savoir plus : Académie française.

De leur côté, l’anglais year et l’allemand Jahr tirent leur nom d’une racine indo-européenne, jor-, qui pouvait désigner les années, mais aussi et surtout les saisons, appréhendées essentiellement par leur caractère cyclique. Cette racine est à l’origine du grec hôra, auquel nous devons, par l’intermédiaire du latin hora, le nom « heure ». Mais ce mot a d’abord désigné toute période de temps revenant régulièrement, les années, certes, mais aussi les saisons, les mois, les jours et les heures. Ce furent surtout les saisons qui intéressèrent les peuples de l’Antiquité, peuples essentiellement de cultivateurs et d’éleveurs. Dans la mythologie grecque, les Hôrai, que nous appelons improprement « les Heures », sont les filles de Zeus et de Thémis qui accompagnent les dieux et sont au nombre de trois puisque, aux temps archaïques, les Grecs ne comptaient que trois saisons, printemps, été et hiver. On invoquait surtout les deux premières, considérées comme les déesses de la vie et de la croissance. À ces sens s’ajoutait celui de « moment favorable, propice » et, le cours de la vie des êtres humains étant traditionnellement comparé au déroulement d’une année, ce même nom désignait aussi la jeunesse, puisqu’elle est considérée comme le plus bel âge, celui qui est gros de toutes les promesses de récoltes à venir. En savoir plus : Académie française.

La division en heures (du latin hora) était fondée chez les Romains sur le jour considéré comme temps de clarté. La durée qui s’étend du lever au coucher du soleil était divisée en douze heures. La sixième heure coïncidait avec le milieu du jour ainsi conçu, elle était toujours à midi. Mais les heures étaient variables selon les saisons : plus longues en été où il fait clair plus longtemps, et plus brèves en hiver. Cette division est restée dans l’usage ecclésiastique, avec les mots prime (première heure du jour), tierce (troisième heure), none (neuvième heure). Le mot sieste en porte aussi témoignage : il est emprunté de l’espagnol siesta (sixième heure). La sieste est donc le repos du milieu du jour. La division du jour (de minuit à minuit) en vingt-quatre heures égales date du Moyen Âge. Mais elle ne s’est généralisée qu’à la Renaissance, avec le perfectionnement des horloges et des montres, qui exigeaient des mesures constantes et indépendantes des saisons. Au contraire, l’ancienne division était appropriée aux cadrans solaires. En savoir plus : Georges Gougenheim.

La pensée de Pierre de Jade : J'arrive toujours à l'heure mais c'est rarement la bonne.



heurette

Au Moyen Âge, les formes heurete, horette, horeite, hurete ou encore urette ne supposaient pas un temps long : elles étaient couramment employées sans qu’il soit toujours facile de déterminer l’étendue temporelle qu’elles représentaient. Ainsi, dans son Comput (un ouvrage sur le calcul des calendriers), Philippe de Thaon en fait de minuscules laps de temps. Il écrit en effet : De momenz, d’atometes / Que apelum huretes, « De moments, d’atomettes, que nous appelons des heurettes ».

On notera avec intérêt que, deux siècles avant que ne soit attesté le nom atome, on rencontre cette forme atomete, utilisée pour désigner la plus petite division du temps, et présentée comme un synonyme d’heurette.

Un instant très bref, c’est encore le sens que Guyart des Moulins donne à heurette dans la première version française en prose de la Bible, où il écrit : Tant de richeces sont destruictes « en une heurete », pour traduire le latin una hora, un passage que la plupart des traducteurs modernes rendent par « en un moment » (Apocalypse, 18, 17).

Mais il arrive aussi qu’horette corresponde à peu près à notre heure. On lit ainsi dans le Dit du Besant de Dieu, de Guillaume le Clerc de Normandie : E une horette el cham labore (et il travaille une petite heure au champ). C’est ensuite par antiphrase et de manière plaisante que cette « petite heure » va désigner une durée longue et indéterminée.

En savoir plus : Académie française.



heureusement, heureux

L'adjectif heureux, heureuse, qualifie ce qui est favorisé par le hasard, le destin ou la nature ; ce qui apporte ou annonce quelque chose de favorable, de positif, un avantage quelconque ; ce qui a une conclusion satisfaisante, des conséquences positives ; ce qui présente un caractère harmonieux, un ensemble de qualités correspondant à certains critères d'appréciation ; ce qui a un rôle bénéfique, suscite un jugement favorable ; quelqu'un qui se trouve dans un état de bonheur, de satisfaction, d'épanouissement ; ce qui exprime, donne ou favorise le bonheur ; quelqu'un qui semble éprouver, manifester du bonheur. Ce mot est dérivé d'heur.

L'adverbe heureusement signifie d'une manière opportune ; d'une manière naturellement avantageuse, favorisée par la chance ; de façon à produire des effets positifs, avec succès ; d'une manière ingénieuse, harmonieuse (par hasard ou comme par l'effet du hasard) ; de manière bénéfique, propre à susciter un jugement favorable ; de façon propice ; dans un état de bonheur, d'une manière pleinement satisfaisante

L'adjectif bienheureux, bienheureuse, signifie qui représente une chance très favorable ; qui est signe ou promesse de bonheur. L'adverbe bienheureusement signifie de façon bienheureuse ; pour son bonheur ; dans un état de grande satisfaction. Une bienheureuse, un bienheureux sont des termes religieux désignant ceux qui ont été élus, qui jouissent de la béatitude éternelle ou ceux qui ont été béatifiés par l'Église, mais non encore canonisés.

L'adjectif malheureux, malheureuse, qualifie quelqu'un qui n'est pas heureux ; ce qui n'est pas favorisé par la nature, les circonstances ou le destin ; ce qui est sans importance, mérite peu d'attention ; ce qui n'est d'aucune efficacité ;quelqu'un qui se trouve dans un état de malheur, de peine, d'affliction. L'adverbe malheureusement signifie d'une manière malheureuse ; d'une manière misérable, affligeante, digne de pitié ; d'une manière malencontreuse, fâcheuse ; d'une manière qui donne de la peine, du tourment, du malheur ; (en début de phrase) par malheur , hélas. Une malheureuse, un malheureux sont ceux qui sont dans une situation pénible, douloureuse ; ceux qui inspirent la pitié.

Le verbe féliciter est emprunté au bas latin felicitare « rendre heureux ».



mardi 2 décembre 2025

La goule et la gueule

 1. Une goule est un vampire femelle qui, selon les superstitions orientales, dévore les cadavres dans les cimetières. Ce nom est emprunté à l'arabe ġūl, au pluriel ġīlān.


2. Familièrement, une goule est une bouche ; une gueule ; une ouverture plus ou moins arrondie. Venir, arriver la goule enfarinée signifient avec un visage faussement avenant. Se casser la goule signifie chuter. Fermer sa goule ou sa gueule signifient se taire. Faire la goule, faire la gueule signifient bouder. Voir le Dictionnaire des régionalismes de France. Cette forme du nom (une) gueule, attestée en ancien et moyen français a été reprise en français populaire et s'est maintenue dans certains parlers régionaux.

Familièrement, une goulée est une bouchée ou une gorgée avalées avec avidité. Prendre une goulée d'air signifie respirer profondément. Ce nom est dérivé de gole, goule, ancienne forme de gueule, avec le suffixe -ée.

Le verbe dégouliner est dérivé de dégouler « s'épancher », dérivé de goule (gueule).

Le nom (un) engoulevent (un oiseau) est composé de la forme verbale engoule (engouler) et de vent. Le verbe engouler (pour un animal, prendre brusquement avec la gueule ; avaler goulument) est dérivé de gueule.



Un goulet est un goulot ; un passage ou un bras de mer étroit ; un entonnoir pour pêcher. Un goulet d'étranglement est un goulot d'étranglement. Ce nom est un diminutif de goule, gueule, avec le suffixe -et.



Familièrement, une goulette ou margoulette sont une bouche, une mâchoire ; une gueule ; un visage, une figure. Se casser la margoulette signifie tomber. Pour l'étymologie de margoulette, voir : CNRTL.



Un vin gouleyant est frais et léger. Ce mot est dérivé de goule, gueule.



Familièrement, une, un gouliafre étaient des personnes qui mangent avec voracité et malproprement. L'adjectif gouliafre signifiait glouton, gloutonne, goulu, goulue. Ce mot est dérivé de gole, goule, gueule. Une gouliafrée était une orgie.



Un goulier est la mâchoire inférieure et la partie antérieure du cou du porc ; au Québec, c'est une bajoue de porc fumé. Ce nom attesté en Normandie et en Bretagne, est dérivé de goule, gueule, avec le suffixe -ier.



Un goulot est le col d'un récipient, d'une bouteille, d'un vase ; familièrement, c'est la bouche, le gosier. Boire au goulot signifie boire directement à la bouteille. Se rincer le goulot signifie boire. Ce nom est dérivé de goule, gueule, avec le suffixe -ot.

Un goulot d'étranglement est un passage difficile, ce qui retarde la circulation ou un processus.

Un dégoulottage est la suppression d’un goulot d’étranglement dans la chaine des opérations d’une installation industrielle afin d’en augmenter la capacité de production. En anglais : debottlenecking.


Une goulotte est un conduit d'écoulement des eaux ; un conduit ou un couloir incliné qui sert au transport par pesanteur de différents matériaux ; une ligne de glace en haute montagne. Voir le Dictionnaire des régionalismes de France. Ce nom est un diminutif de goule, gueule, avec le suffixe -otte.



L'adjectif goulu, goulue, signifie qui mange, boit ou désire une chose avec avidité ; qui est impatient, impatiente de manger. Ce mot est dérivé de goule, gueule, avec le suffixe -u. L'adverbe goulument ou goulûment signifie d'une manière goulue ; avec avidité. 


Familièrement, sa gueugueule est sa petite gueule. Une gueulade est un gueulement. Une gueulante est des cris, une clameur de protestation. Sa gueulette était sa petite gueule.

Un gueulard est l'ouverture supérieure d'un haut-fourneau ou du foyer d'une chaudière ; un porte-voix ; un canon. Familièrement, une gueularde, un gueulard sont ceux qui parlent fort et beaucoup. L'adjectif gueulard, gueularde, qualifie quelqu'un qui a pour habitude de parler haut et fort ; quelqu'un qui obéit difficilement ; quelqu'un qui est gourmand, goinfre ; ce qui est d'une couleur éclatante, criarde.

Familièrement, une gueulardise était une gourmandise ; une friandise.

Une gueule est la bouche de certains animaux ; un aspect, une apparence ; une ouverture béante. Ce nom vient du latin gula « gosier, gorge », « palais, bouche », par extension « gourmandise ».

Familièrement, une gueule est la bouche de l'homme ou un visage. Se casser la gueule signifie tomber. Casser la gueule à quelqu'un, c'est le frapper violemment au visage. Ta gueule ! Tais-toi !

Une gueulebée est un tonneau à un seul fond. Ce nom est composé de gueule et bée.

Une gueule-de-loup est un muflier, une plante ; un nœud ; une malformation caractérisée par un bec-de-lièvre complexe ; un tuyau permettant l'évacuation des fumées suivant la direction du vent ; un assemblage d'une menuiserie. Ce nom vient d'une certaine analogie de forme.

Familièrement, une gueulée était un cri, une clameur, des paroles proférées avec violence : une goulée. Un gueulement est le fait de gueuler ; un cri, un hurlement.

Familièrement, le verbe gueuler signifie pousser des hurlements ; crier, vociférer ; réclamer avec force ; revendiquer, protester bruyamment ; être bruyant ; produire un effet éclatant ; saisir avec la gueule.

Familièrement, une gueulerie est un gueulement.

Un gueules est une couleur rouge représentée sur une armoirie par des lignes verticales. Ce nom qui vient de gueule « gosier d'un animal », en raison du rôle important de la peau du gosier des animaux, surtout de la martre, dans la pelleterie ancienne, fait seulement référence à la couleur en héraldique (à comparer avec des noms de fourrure servant à désigner des couleurs : sable, hermine, vair),.

Familièrement, un gueuleton est un repas excellent et abondant. Le verbe gueuletonner signifie faire un gueuleton, bien manger.

On a lu un gueuloir pour la bouche considérée comme un instrument de résonance grâce auquel peut être jugée la qualité des sonorités de chaque mot du texte que l'on déclame.

Une gula est une gorge d'insectes (voir d'autres sens en entomologie).

L'adjectif gulaire qualifie ce qui fait partie ou est autour de la gueule : une plaque gulaire, une suture gulaire. Une gulaire est une plaque cornée autour de la gueule de certains animaux. Ce mot est tiré du latin gula « gosier, gorge » « palais, bouche » « gourmandise ». 

On lit un gulamentum (chez certains ordres d'insectes prognathes).

Le mot bégueule est composé de bée (béer) et gueule.

Le verbe dégouliner est dérivé de dégouler « s'épancher », dérivé de goule (gueule).

Les verbes dégueuler et égueuler sont dérivés de gueule.

Le nom (un) engoulevent (un oiseau) est composé de la forme verbale engoule (engouler, dérivé de gueule) et de vent.

Le verbe engueuler est dérivé de gueule. On lit aussi malengueulé (qui parle grossièrement, qui est malappris) [Québec]

Le nom (une) margoulette est un diminutif de goule, forme ancienne de gueule. D'où un margoulin.

samedi 15 novembre 2025

Gemme, gemme, gemme

Le nom (une) gemme, emprunté au latin gemma « bourgeon » et par analogie de forme et de couleur « pierre précieuse », a succédé à l'ancien français jame, forme autochtone, à une époque difficile à préciser étant donné que jame était souvent écrit en ancien français sous la forme étymologisante gemme (à comparer en ancien français avec les graphies fame / femme). Par l'intermédiaire des parlers du sud-ouest, le sens de résine est issu par métaphore de celui de « pierre précieuse ».

 

A. Une gemme est toute pierre précieuse ; tout cristal très dur, coloré et ayant l'aspect des pierreries.

Le gemmail est la technique de composition de vitraux d'art par simple juxtaposition et superposition de pièces de verre de couleur, sans le support d'un plombage. Un gemmail est un vitrail sans plomb, obtenu par collage de morceaux de verre. Le pluriel est des gemmaux. Ce nom est composé de gemme et du suffixe -ail tiré de vitrail.

L'adjectif gemmal (1), gemmale, gemmaux, gemmales, qualifie ce qui a l'apparence d'une pierre précieuse.

Le verbe gemmer (1) signifie orner de gemmes, de pierres précieuses. Ce verbe dérivé de gemme « pierre », est à comparer avec le latin gemmatus, et gemmare « être couvert de pierreries ».

L'adjectif gemmifère qualifie ce qui contient, recèle des gemmes, des pierres précieuses.

L'adjectif gemmiforme qualifie ce qui a les caractéristiques d'une gemme.

Une, un gemmiste sont des artistes spécialisés dans la composition de gemmaux.

La gemmologie est l'étude des gemmes, des pierres précieuses. Une, un gemmologue ou gemmologiste sont des spécialistes.


B. Une gemme est le suc résineux du pin recueilli par entaille pratiquée dans le tronc.

Un gemmage est l'opération qui consiste à inciser le tronc d'un pin pour en recueillir la résine. Ce nom est emprunté au landais yœmádya « récolte de la résine », dérivé de yēme, voir : gemme (3).

Un gemmage à vie est un gemmage modéré permettant la croissance de l'arbre. Un gemmage à mort est l'épuisement de l'arbre dans les années qui précèdent son abattage par l'ouverture de nombreuses carres [entailles faites au carré].

Un bois gemmé est durci par la montée de gemme. Le verbe gemmer (2) signifie inciser l'écorce des pins pour recueillir la gemme. Ce sens est emprunté au gascon gema « faire les opérations pour récolter la résine », en landais yœma « exploiter la résine », dérivé de yēme, voir : gemme. On lit un (ouvrier) gemmeur, une (ouvrière) gemmeuse.



B. Un sel gemme est un sel fossile extrait des mines sous forme de minerai.


C. Une gemme [gemma] est un bourgeon ou un élément reproducteur d'un végétal ou de certains animaux comme les polypes hydraires.

Les barbes des plumes gemmacées ont la forme d'un demi-cercle à leur extrémité.

L'adjectif gemmaire ou gemmal (2), gemmale, gemmaux, gemmales, est relatif au bourgeon.

Une gemmation est la formation des gemmes ou bourgeons reproducteurs ; en biologie, c'est une génération par bourgeonnement, une gemmiparité. Ce nom est dérivé du supin gemmatum, du latin classique gemmare « bourgeonner ».

L'adjectif gemmipare signifie, en botanique et en zoologie, qui se reproduit par des gemmes.

Une gemmothérapie est la partie de la phytothérapie utilisant des tissus végétaux, des bourgeons.

Une gemmule est le premier bourgeon apparaissant à la base des cotylédons qui donne naissance à la tige ; un amas de cellules entourées d'une coque protectrice que les éponges isolent quand les conditions de vie deviennent défavorables ; une particule représentative des propriétés cellulaires, imaginée par Darwin pour expliquer l'hérédité. Ce nom (une) gemmule est emprunté au bas latin gemmula « petit bourgeon ; petite pierre précieuse ».


D. Des gemmes [gemmae] sont des appendices thoraciques des hyménoptères formicidés de la sous-famille des ponérinés.

vendredi 14 novembre 2025

Est-ce que ça gazouille ?

 Pouvez-vous classer ces mots : famille de gaz, famille de gaze, autres mots ?


gaz

Un gaz est un état de la matière, classiquement opposé à celui des liquides et à celui des solides ; un fluide gazeux ; un mélange de gaz utilisé comme combustible ou carburant. Ce nom a été créé par le médecin flamand Van Helmont (1577-1644) à partir du latin chaos (en grec χ α ́ ο ς) « masse confuse des éléments répandus dans l'Univers », avec la graphie g d'après la prononciation flamande de ch-.

Mettre les gaz signifie accélérer. Avoir des gaz signifie avoir des flatulences.

Dans le détail, les gaz à effet de serre (GES) (en anglais greenhouse gas, GHG) absorbent le rayonnement infrarouge émis ou renvoyé par la surface de la Terre, ce qui augmente sa température, supérieure à ce qu'elle serait en l'absence des GES. En savoir plu : Géoconfluences.

Un gaz délaissé est une réserve de gaz naturel qui, pour des raisons techniques ou économiques, n'est pas exploitée. En anglais : stranded gas. JORF du 25/04/2009. Un gaz d'ajustement ou gaz d'appoint sont un gaz acheté pour couvrir rapidement une surconsommation journalière et dont la quantité n'a pas été prévue dans les contrats à long terme. En anglais : swing gas. Voir aussi : producteur d'ajustement. JORF du 12/02/2012. Un gaz de substitution est un gaz manufacturé qui peut être substitué au gaz naturel dans les applications thermiques. Un gaz de substitution est généralement composé d’un mélange d’air et de propane, ou d’air et de butane. Un gaz de synthèse est un mélange de monoxyde de carbone et d’hydrogène obtenu le plus souvent par oxydation partielle, qui est à la base de nombreuses synthèses chimiques. Parmi les produits synthétisés, on trouve le méthane, le méthanol, l’acide acétique et l’ammoniac. En anglais : synthesis gas. JORF du 03/04/2014.

Un gaz de charbon est un gaz naturel, essentiellement composé de méthane, extrait des gisements houillers. En anglais : coal-bed methane ; CBM ; coalbed methane ; CBM ; coal-bed natural gas ; CBNG ; coalbed natural gas ; CBNG. JORF du 14/08/2015. Un gaz d'hydrates ou gaz de clathrates sont un gaz naturel piégé dans les cavités présentes dans la structure cristalline des hydrates de gaz situés au fond des océans ou dans certaines zones périglaciaires. Le gaz d’hydrates est un gaz non conventionnel. Un gaz de réservoir compact est un gaz naturel qui est difficile à extraire de la roche dans laquelle il est piégé, en raison de la faible perméabilité de celle-ci. Le gaz de réservoir compact est un gaz non conventionnel. En anglais : tight formation gas ; tight gas. Un gaz de roche-mère :est un gaz naturel présent dans une roche, où il s’est formé et où il est resté confiné. Le gaz de roche-mère est un gaz non conventionnel. Lorsque la roche-mère est un schiste argileux, le gaz confiné est nommé « gaz de schiste ». En anglais : source rock gas. Un gaz de schiste est un gaz naturel présent dans des formations de schistes argileux. Le gaz de schiste est un gaz non conventionnel. En anglais : shale gas. Un gaz non conventionnel est un gaz naturel qui est piégé dans des roches peu perméables ou des gisements de charbon, et dont l’extraction nécessite le recours, dès le début de l’exploitation, à des techniques de stimulation de la roche qui diffèrent de celles qui sont utilisées couramment. Le gaz de roche-mère, le gaz de schiste, le gaz de réservoir compact, le gaz de charbon et le gaz d’hydrates sont des gaz non conventionnels. En anglais : non conventional gas ; NCG ; unconventional gas ; UG. JORF du 19/09/2018.

Un gaz de chasse est un gaz utilisé pour expulser des solides ou des liquides à l'extérieur d'une enceinte. En anglais : exhaust gas. Voir aussi : circuit d'alimentation. Un gaz de pressurisation est un gaz utilisé dans les réservoirs pour refouler les ergols dans les canalisations d'alimentation. En anglais : pressuring gas. Voir aussi : alimentation par détente, alimentation par pression constante, ergol. JORF du 22/09/2000.

Un gaz naturel est un mélange d'hydrocarbures saturés gazeux, très majoritairement du méthane, et d'autres composants, utilisable comme combustible. Uun gaz naturel comprimé, GNC ou gaz naturel pour véhicules, GNV sont un gaz naturel qui a été comprimé pour être utilisé comme carburant dans des véhicules. Le gaz est généralement comprimé à 200 bar, soit 2 x 107 Pa. En anglais : compressed natural gas ; CNG ; natural gas for vehicles ; NGV. Voir aussi : biométhane pour véhicules. JORF du 03/04/2014. Un gaz naturel liquéfié ou GNL est un gaz naturel qui a été condensé par refroidissement et qui est conservé sous forme liquide à des températures cryogéniques. Le gaz naturel liquéfié, qui est du méthane à l’état quasi pur, peut être utilisé soit comme combustible, pour la production d’électricité par exemple, soit comme carburant. En anglais : liquefied natural gas ; LNG. Voir aussi : condensat de gaz naturel, distribution directe du GNL, liquide de gaz naturel, soutage en GNL, terminal méthanier, unité flottante de production, de liquéfaction et d'expédition du GNL, unité flottante de stockage et de regazéification du GNL. JORF du 19/09/2018. En savoir plus : Géoconfluences. Un liquide de gaz naturel ou LGN est un hydrocarbure présent dans le gaz naturel, qui est récupéré sous forme liquide pendant les phases d’extraction et de production de celui-ci. L’éthane, le propane, les butanes et les condensats sont des exemples de liquides de gaz naturel.

Des gaz rares sont des gaz dépourvus d'affinité chimique et ne donnant aucun composé (l'argon, l'hélium, le krypton, le néon et le xénon).

Un gaz vecteur ou gaz porteur sont un gaz inerte introduit dans une colonne de chromatographie en phase gazeuse pour effectuer le transport physique des constituants d'un échantillon. En anglais : carrier gas. JORF du 02/09/2010.



gazage

1. Un gazage est l'action de gazer.

2. Un gazage est un flambage, l'action de passer un fil à la flamme d'un gaz.

Un dégazage est une élimination ou extraction des gaz ; l'opération consistant, après déchargement, à ventiler les citernes à cargaison pour éliminer les gaz explosifs qu'elles contiennent. Le terme « dégazage » est souvent utilisé improprement comme synonyme de « rejet en mer » (le plus souvent illicite) de déchets liquides ou solides.

Appelé parfois improprement « dégazage », le déballastage est le fait, pour un navire, d'opérer la vidange du lest liquide (ou ballast) qu'il transporte dans ses réservoirs pour s'alourdir pendant ses voyages à vide. Cette opération représente un double danger quand elle se fait en dehors des installations portuaires prévues à cet effet : dispersion des résidus (hydrocarbures par exemple) présents dans les cuves, à l'origine des nappes d’huile et des boulettes échouées sur les côtes ; dispersion d'espèces exotiques pompées lors du remplissage des cuves (eau de mer) en un autre lieu de la planète. En savoir plus : Géoconfluences.



gaze

Une gaze est un tissu très fin et très léger, de coton, de soie ou de lin, à l'aspect presque transparent, dont les fils de trame sont fortement liés à la chaine ; un tissu de coton très fin et aéré, généralement stérilisé, dont on se sert pour les pansements ; une membrane légère et transparente ; une substance ou une matière ayant l'aspect de la gaze. Ce nom est d'origine incertaine ; il serait plutôt emprunté à l'arabe qazz « bourre de soie », lui-même emprunté au persan, qu'issu du nom de la ville de Gaza en Palestine où l'existence ancienne d'une industrie textile n'est pas assurée.

Une gaze métallique est un treillage fait d'un fil de métal très fin servant à diffuser une flamme.



gazé, gazéifiable, gazéificateur, gazéification, gazéifier, gazéifieur, gazéiforme, gazéité

L'adjectif gazé, gazée, signifie qui subit ou a subi l'action de gaz asphyxiants.

Un gazé est un nom vernaculaire d'un insecte lépidoptère de la famille des piéridés, Aporia crataegi, de couleur blanche aux nervures noires. On lit aussi une piéride de l'aubépine.

J’ai vraiment un faible pour le gazé, ce papillon pourtant d’apparence banale ! Mais passé le premier coup d’œil, on perçoit vite son élégance raffinée ou l’art de faire du très beau avec presque rien : que du blanc, mais quel blanc pur, un blanc neige souligné par un réseau de nervures noires. Chez les individus âgés, les ailes en perdant une partie de leur revêtement d’écailles deviennent presque hyalines d’où ce surnom de gazé au sens de gaze. Les anglo-saxons le nomment à juste titre le « blanc veiné de noir » (black-veined white). Et puis il y a sa façon de voler en alternant battements amples et planés qui lui donne cet air éthéré d’elfe léger comme l’air ! Extrait de Le gazé : l’elfe blanc des prés fleuris (Zoom nature).

L'adjectif gazéifiable signifie qui peut être transformé(e) en gaz.

Un gazéificateur est un appareil d'éclairage au gaz ; un appareil servant à gazéifier l'eau.

Une gazéification est une transformation d'une substance en gaz ; une incorporation d'un gaz à un liquide ; un procédé de fermentation d'un liquide qui vise à rendre celui-ci gazeux.

La regazéification du gaz naturel liquéfié ou regazéification du GNL est l'opération qui consiste à reconvertir à l'état gazeux du gaz naturel qui a été préalablement liquéfié par refroidissement pour être transporté. La regazéification du gaz naturel liquéfié constitue la dernière étape de la chaîne du GNL. En anglais : liquefied natural gas regasification, LNG regasification. Voir aussi : chaine du gaz naturel liquéfié, gaz naturel liquéfié, unité flottante de stockage et de regazéification du GNL. JORF du 26/11/2021.

Le verbe gazéifier signifie transformer une substance en fluide gazeux ; incorporer un gaz en suspension dans un liquide ; rendre gazeux un liquide par fermentation.

Un gazéifieur est un dispositif de pyrolyse de déchets industriels et urbains produisant du gaz combustible.

L'adjectif gazéiforme signifie qui existe à l'état de gaz, est de même nature que le gaz.

Une gazéité est la propriété d'un corps d'exister à l'état de gaz.



gazelle

Une gazelle est un mammifère de la famille des antilopes ; une jeune fille ou femme élancée, particulièrement gracieuse. Ce nom est emprunté à l'arabe classique ġazāl (au féminin ġazāla), en arabe maghrébin ġazēl.

Une (entreprise) gazelle est une jeune pousse dont la croissance soutenue pendant plusieurs exercices atteste l'extensibilité du modèle économique. En anglais : scalable start-up, scale up, scaleup, scale up company. Voir aussi : extensibilité d'un modèle économique, jeune pousse, licorne. JORF du 30/08/2022.

Une cheville de gazelle, une corne de gazelle, un pied de gazelle sont un petit gâteau, à base de pâte d'amandes, originaire du Maghreb.



gazer

Le verbe gazer (1) signifie couvrir d'une gaze ; couvrir d'une substance qui en a l'aspect ; adoucir, tempérer. Ce verbe est dérivé d'une gaze.

Le verbe gazer (2) signifie intoxiquer quelqu'un avec des gaz de combat ; soumettre à l'action d'une flamme des fils dont on veut enlever le duvet ; aller bien, prendre bonne tournure. Les verbes gazer (2) et dégazer sont dérivés de gaz, d'où un dégazage, un dégazement, un dégazeur.



gazetier, gazette

Une gazetière, un gazetier étaient des fondateurs, directeurs ou rédacteurs d'une gazette ; des chroniqueurs ; des journalistes ; des personnes qui colportent des ragots.

Une gazette est une publication périodique ; en Belgique, un journal [un papier de gazette] ; un récit détaillé de petites nouvelles ; c'était une personne bavarde et bien informée. Ce nom est emprunté à l'italien gazzetta « feuille volante d'information », du vénitien Gazeta de le novite, nom d'un journal créé à Venise et qui coûtait une gazeta « pièce de monnaie valant environ trois liards » frappée à Venise en 1539 (d'où le français gazette « pièce de monnaie italienne ») ; le vénitien gazeta est d'origine controversée : soit dérivé du latin classique gāza « trésor, richesses », emprunté au grec γ α ́ ζ α « trésor du roi de Perse », soit, moins vraisemblablement, dérivé du vénitien gaza « pie », de même origine que geai.

Les premiers journaux français apparurent au 17ème siècle. On les appela des gazettes, ainsi La Gazette de France que Théophraste Renaudot publia chaque semaine à partir de 1631. Le mot vient de l’italien gazzetta, d’abord nom d’une petite monnaie de Venise, qui était le prix des feuilles de nouvelles paraissant dans cette ville. En savoir plus : Georges Gougenheim.



gazeur

1. Une gazeuse, un gazeur sont des ouvriers en dentelle qui font les remplissages des fleurs et des feuilles dans le point d'Alençon ; ceux qui savent gazer, déguiser les choses trop libres. Ce nom est dérivé de gazer (1), avec le suffixe -eur.

2. Un gazeur est un appareil servant à gazer les fils textiles. Ce nom est dérivé de gazer (2).



gazeux

L'adjectif gazeux, gazeuse, qualifie ce qui est relatif au gaz ; ce qui est de la nature du gaz ; ce qui est composé de gaz. Une boisson gazeuse contient du gaz carbonique dissous.



gazier

Une gazière, un gazier (1) sont des personnes qui travaillent pour la fabrication ou l'exploitation du gaz ; des employés du gaz. Familièrement, un gazier était un homme quelconque, un gars, un type.

L'adjectif gazier, gazière, est relatif au gaz de ville, à l'exploitation ou à la fabrication du gaz.

Un thème gazier est un ensemble de caractéristiques qui définissent un certain type de prospect gazier. Des prospects forment un thème gazier lorsqu’ils ont en commun le même niveau stratigraphique, la même roche-mère, le même réservoir ou les mêmes mécanismes de piégeage. En anglais : gas play.


Une gazière, un gazier (2) fabriquent de la gaze.



gazillon

Un gazillon est un bandeau de gaze très légère.



gazinière

Une gazinière est un appareil de cuisson au gaz.



gazo-

gazo- représente le nom gaz.



gazochimie, gazoduc, gazogène, gazo-iodé

La gazochimie est la partie de la chimie qui étudie la préparation, la purification et l'analyse des gaz.

Un gazoduc est une conduite destinée au transport du gaz du lieu du gisement au lieu d'exploitation.

L'adjectif gazogène qualifie ce qui fonctionne au gaz ; ce qui produit un gaz ; ce qui transforme un corps en gaz ; ce qui rend gazeux. Un gazogène est un appareil produisant un gaz par oxydation incomplète d'un combustible liquide ou solide ; un moteur et un véhicule fonctionnant ainsi.

L'adjectif gazo-iodé, gazo-iodée, qualifie ce qui est à base de gaz et d'iode.



gazole

Un gazole [en anglais : gas oil] est un carburant pour moteur diesel. C'est le distillat du pétrole obtenu après le kérosène, utilisé pour la carburation du gaz à l'eau et pour l'alimentation des moteurs Diesel. Le mot anglo-américain gas-oil est composé de gas « gaz » et oil « huile » (désignant notamment le pétrole), cet hydrocarbure étant connu comme matière première dans la fabrication du gaz avant d'être plus généralement utilisé comme carburant de certains types de moteurs.



gazoline

Une gazoline est une essence liquide, très volatile, obtenue à partir de la distillation du pétrole. Ce nom est emprunté à l'anglais gasolene, gasoline, dérivé de gas, avec -ol, tiré de benzol, et le suffixe -ène, -ine.

Le verbe dégazoliner signifie récupérer le pétrole dans le gaz naturel. On a lu dégasoliner.



gazométallurgie

La gazométallurgie est la partie de la métallurgie qui traite de l'utilisation de gaz pour débarrasser les métaux en fusion de leurs impuretés au moyen de l'injection de gaz inertes ou inactifs au travers du métal fondu et susceptible de produire une émulsion gazeuse.



gazomètre, gazométrie, gazométrique

Un gazomètre est un appareil ou une construction destiné à emmagasiner, à mesurer un gaz, à en régulariser la diffusion. La gazométrie est la partie de la chimie qui étudie les volumes et les densités des gaz. L'adjectif gazométrique est relatif à la mesure des gaz, à leur conservation.



gazon, gazonnage, gazonnant, gazonnement, gazonné, gazonner, gazonneux, gazonnier, gazonnière

Un gazon est de l'herbe très courte et très fine ; une surface ainsi couverte. Une motte de gazon est une motte de terre carrée couverte de gazon que l'on découpe à la pelle. Ce nom vient de l'ancien bas francique waso « motte de terre revêtue d'herbe », à comparer avec l'ancien haut allemand waso, le moyen néerlandais wase, l'allemand Rasen, Wasen « gazon ». Le mot a été introduit dans la Galloromania comme terme juridique de l'investiture. Les Francs avaient l'habitude d'offrir une paire de gants et un morceau de gazon découpé en symbole de la remise d'une terre.

On utilise un lève-gazon (en horticulture).

On lit un gazonnage ou gazonnement d'un terrain, un dégazonnement ou dégazonnage, un engazonnement.

Une plante gazonnante forme un gazon ; elle ne pousse pas en hauteur, elle rampe.

Une surface gazonnée, un terrain gazonné sont couverts de gazon.

Le verbe gazonner signifiait couvrir, revêtir de gazon ; pousser en gazon ; se couvrir de gazon. Le verbe dégazonner signifie retirer le gazon, l'herbe. Le verbe engazonner signifie semer du gazon ou garnir de gazon.

L'adjectif gazonneux, gazonneuse, qualifie ce qui est couvert d'herbe courte et fine.

Une gazonnière, un gazonnier sont des jardiniers spécialisés dans la réalisation de plate-bandes de gazon. Une gazonnière est une entreprise spécialisée dans la culture et l'exploitation du gazon en plaques, en tapis, en rouleaux ; un terrain planté de gazon en vue de l'exploitation du gazon en plaques, en tapis, en rouleaux. OQLF.



gazoscope

Un gazoscope est un appareil permettant de déceler le grisou.



gazouillage, gazouillant, gazouillard, gazouillé, gazouillement, gazouiller, gazouilleur, gazouillis

L'adjectif gazouillant, gazouillante, signifie qui gazouille. On a lu aussi gazouilleur, gazouilleuse, gazouillard, gazouillarde. On a lu une gazouillarde, un gazouillard pour ceux qui a une mauvaise élocution, un mot gazouillé.

On lit un gazouillement ou un gazouillage (d'un oiseau ou d'une personne).

Le verbe gazouiller (1) signifie, pour un oiseau, faire entendre une suite de sons légers et agréables ; pour de l'eau, faire un bruit léger en s'écoulant ; pour une personne, commencer à parler, parler doucement, sur un ton chantant, parler, discourir. Ce verbe est dérivé du radical onomatopéique gas-, voir jaser ; voir aussi gargouiller.

Une personne, gazouilleuse, un oiseau gazouilleur gazouillent.

Un gazouillis est un bruit léger produit par une personne, un animal ou une chose qui gazouille ; une suite de sons variés qu'émet un enfant d'un à cinq mois.


Familièrement, le verbe gazouiller (2) signifie gazer un peu, aller assez bien. Ça gazouille.



Gazprom

Gazprom (acronyme de Gazovaïa Promychlennost : « industrie gazière » en russe) est une société anonyme russe spécialisée dans les activités gazières, mais aussi pétrolières. Elle est un exemple de société privatisée dans des conditions opaques au profit des oligarques pendant la période de transition économique, puis reprises en main par l’État sous le mandat de Vladimir Poutine. En savoir plus : Géoconfluences.