dimanche 20 juillet 2025

Destin, destinée

 Un destin est une puissance extérieure à la volonté humaine, qui, selon certaines croyances, régirait l'univers, en fixant de façon irrévocable le cours des évènements ; un enchainement nécessaire et imprévu des événements qui composent la vie d'un être humain indépendamment de sa volonté ; le sort spécial réservé à un être humain ou à une chose, conditionné par un fait inéluctable, notamment par sa nature propre ; l'aboutissement, l'issue fatale, la mort ; l'existence d'un être humain, favorisée ou non par les évènements extérieurs, et pouvant être modifiée par sa propre volonté. Ce nom est un déverbal de destiner.

On a lu une beauté destinale, un abrégé destinal signifiant qui se rapporte au destin ; qui caractérise ou évoque le destin.

Une, un destinataire sont des personnes à qui une chose est destinée ; des personnes à qui sont adressés une lettre, un colis, un message, etc. Ce nom est un dérivé savant du radical du supin destinatum du latin destinare (destiner).

Une destinatrice, un destinateur sont des personnes qui destinent quelque chose à quelqu'un ; des expéditeurs ; les auteurs d'un message linguistique.

Une destination est une motivation morale, spirituelle ; le but métaphysique de l'existence de l'être humain en général ; un rôle spécial attribué à un être humain, à une chose ; une fonction particulière attribuée à un être humain en raison de ses qualités naturelles ; une fonction particulière attribuée par l'homme à une chose de sa création, en rapport avec ses qualités spécifiques ; l'usage auquel une chose a été affectée ; une direction à suivre, un lieu où doit se rendre une personne, où l'on envoie un objet. Ce nom est emprunté au latin impérial destinatio « fixation, détermination, résolution ».

Pour les professionnels du secteur touristique, la destination est un produit en soi, voire même une marque (brand). Le choix d'une destination par un touriste résulte des caractères d'attractivité du lieu mais aussi d'un ensemble de facteurs dépendant du touriste lui-même, de la nature de sa quête et de ses besoins : détente, repos et divertissement ; intérêt pour l'ailleurs et pour l'Autre ; instrument de différenciation sociale, privilège et distinction ; signe d'appartenance à une catégorie sociale et recherche de l'entre-soi. Les facteurs politiques pèsent aussi sur le choix ou le rejet de destinations touristiques : actions positives des autorités en faveur du tourisme ou à l'inverse, insécurité, risques sanitaires et autres. En savoir plus : Géoconfluences.

Une destinée est une puissance, souvent personnifiée, qui selon certaines croyances, réglerait le déroulement inéluctable des évènements et les lois régissant l'univers ; le sort spécial réservé à quelqu'un ou quelque chose et prédéterminé par sa nature propre ou les évènements extérieurs, généralement en dehors de toute volonté humaine ; un aboutissement, une issue fatale ; l'existence d'un être humain, pouvant être modifiée par sa propre volonté ; une situation à venir, considérée principalement du point de vue de la réussite.

Le verbe destiner signifie déterminer le destin, la destinée, la destination de quelqu'un ou quelque chose ; prédestiner, fixer d'avance les évènements qui régiront inéluctablement l'existence de quelqu'un ; projeter d'unir une personne à une autre par les liens du mariage ; réserver, préparer quelque chose à l'intention de quelqu'un pour le lui offrir ; réserver à quelqu'un une situation, un emploi d'une certaine durée ; vouer quelqu'un à un avenir plus ou moins favorable ; consacrer, préparer une personne à une carrière, ou en avoir l'intention ; mettre en réserve quelqu'un pour l'utiliser à un usage occasionnel ; attribuer un usage, une utilisation déterminée à un objet. Ce verbe est emprunté au latin classique destinare « fixer, assujettir ; affecter à ; décider ».

Le participe passé de fari a donné un nom, fatum, « destin », d’où sont issus le portugais fado et le français fée, et qui est parent, car tiré de la même racine indo-européenne, de l’allemand Bann, « sort », et de l’anglais boon, « prière pour obtenir une faveur », puis « faveur, aubaine ». C’est à fatum que nous devons aussi l’adjectif fatidique, proprement « celui qui dit le destin ». L’origine de ce nom est intéressante puisqu’elle nous montre toute la puissance que l’on accordait aux mots, car ce qui est dit par un augure ou un personnage de haut rang, et cela est un ressort de la tragédie antique, s’accomplira. Pour conclure, revenons une fois encore au monde de l’enfance en précisant que les Latins l’associaient au fatum. Varron nous dit en effet que le fatum, « le destin, la destinée », est déterminé par l’époque de la vie, choisie par les Parques, où l’enfant commence à parler (fari). En savoir plus : Académie française.

Le nom (un) fado (un chant populaire portugais, à la fois plaintif et passionné, accompagné à la guitare, et dont les paroles sont le plus souvent une invocation au destin) vient de ce mot portugais signifiant proprement « destin funeste, malheur », du latin fatum « destin ».

Le mot fatal (qui est marqué par le destin ; qui doit arriver inévitablement, qui est inéluctable ; qui entraine ou annonce la mort, le malheur, la ruine) est emprunté au latin classique fatalis « du destin, du sort ; funeste, pernicieux » (de fari « prédire », fatum). D'où fatalement, fataliste, fataliste.

Le nom (une) fatalité (ce qui ne peut pas manquer d'arriver ; une suite de coïncidences inexpliquées : ce qui déterminerait le cours des évènements d'une façon irrévocable ; des nécessités ou des contraintes irrémédiables) est emprunté au bas latin fatalitas « nécessité du destin; fatalité ».

Le nom (un) fatum (un destin irrévocable) vient de ce mot latin signifiant « destin, destinée » (de fari « dire, prédire »).

Le mot feu (décédé récemment) vient du latin vulgaire fatutus « qui a telle destinée », dérivé du classique fatum « destin ».

Le mot mauvais (qui ne vaut rien ; qui n'a pas les qualités qu'on attend ; qui n'est pas en bon état ; qui est mal adapté ; qui ne convient pas ; qui n'est pas approprié au but visé ; qui est désagréable, déplaisant ; qui cause une déception ; qui peut avoir des conséquences fâcheuses, pénibles, pernicieuses ; qui a une influence néfaste ; qui annonce du malheur ; qui est enclin à mal agir, à mal se comporter ; qui aime faire le mal ; qui est contraire au bien, à la morale) vient du latin populaire malifatius, proprement « qui est affecté d'un mauvais sort », composé de malum, neutre de l'adjectif malus « mauvais » (mal) et de fatum « oracle, destinée » et qui est l'antonyme de bonifatius (bonum + fatum). Malifatius et bonifatius correspondent au grec κ α κ ο ́ μ ο ι ρ ο ς, ε υ μ ο ι ρ ο ς, (μ ο ι ̃ ρ α « destinée »). D'où mauvaisement et mauvaiseté.

Le verbe prédestiner est emprunté au latin chrétien praedestinare « préparer à l'avance de toute éternité », en latin classique « réserver par avance » composé de prae- « en avant » et destinare « destiner à, affecter à ». D'où une prédestination, il est prédestiné.

Le nom (un) sort vient du latin classique sortem, accusatif de sors qui désignait plusieurs procédés de tirage au sort, en particulier pour consulter les dieux, d'où les sens d'« oracle », « destin, lot, part ».

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