Même la liberté de s'exprimer s'amenuise de jour en jour. Pour que la langue française conserve sa vitalité en s'affranchissant des impératifs commerciaux, le mégadictionnaire, gratuit et sans inscription, aide à trouver les mots, sans les censurer ni les bannir, tout en proposant des approfondissements avec des sites de qualité.
"C'est même pas français, c'est pas dans le dictionnaire !"
Beaucoup d'enfants sont restés perplexes en entendant cela. Peu
ont pris le temps de vérifier d'autant que cet ouvrage est rare dans
les familles tant qu'il n'y a pas une obligation d'achat d'un
dictionnaire adapté à l'âge, donc inutile car l'élève y trouve
rarement ce dont il a besoin, ou la fameuse distribution de cet
ouvrage par le maire aux élèves entrant en sixième.
Se
rendant compte du peu d'intérêt de cette "récompense",
certaines municipalités distribuent maintenant des tablettes.
Mais
il n'y a pas que les enfants... Un secrétaire de mairie me disait
fièrement avoir conseillé au maire de répondre au député qui
refusait un financement que le mot "infaisable" n'était
pas dans le dictionnaire. Il n'apprécia pas qu'à mon avis, cela
dépendait des dictionnaires...
Certains diront qu'on
trouve tout sur internet. Oui si l'on connait le mot, si on sait
l'écrire, si on évite les suggestions de recherche et les
références commerciales. Et encore...
Au moins les
dictionnaires "papier" permettaient d'explorer l'univers
des mots, du moins le croyait-on. Nous avons tous été étonnés de
ne pas y trouver un mot dérivé pourtant d'usage courant, de
découvrir un mot commençant par eury- sans s'imaginer qu'il puisse
y en avoir des dizaines, ou de ne pas comprendre les
définitions.
C'est encore pire avec internet. Vous ne
trouverez dans les dictionnaires que les mots que vous savez écrire
donc que vous connaissez déjà. Il n'y a pas d'index, pas de champ
sémantique. C'est comme si vous arriviez dans un immense centre
commercial pour acheter un objet que vous ne savez pas nommer alors
que tous les noms des rayons ont été enlevés.
Les
dictionnaires indiquent généralement une graphie choisie en se
basant sur "l'usage" mais bien souvent pour économiser de
l'espace.
De nombreux mots disparaissent des dictionnaires
ou n'y sont même pas admis. Chaque dictionnaire se base sur un
corpus (certains auteurs et médias), sur les attentes présumées
des acheteurs et sur le devoir impérieux de montrer le bon usage.
Les fameuses nouveautés, argument commercial repris systématiquement
par les médias, ont une durée d'utilisation généralement limitée.
Certains chroniqueurs en ont fait leur terrain de prédilection pour
traquer les manquements et fustiger ceux qui ne respectent pas les
règles.
Ceux qui vivent de la langue française veillent
à conserver la complexité de ces règles et même à l'amplifier
afin de préserver l'élitisme, base de l'enseignement. Celles que
j'ai décortiquées sont pourtant inutiles voire néfastes pour la
compréhension du fonctionnement de notre langue.
Si vous
entendez quelqu'un clamer dans un média complaisant qu'il est opposé
à une réforme de l'orthographe, renseignez-vous. Il y a
certainement intérêt pour en tirer profit. Notre langue évolue et
c'est bien ainsi.
Cela se complique de plus en plus avec
le politiquement correct. Il devient incongru d'utiliser certains
mots. Il est impossible de citer d'excellents articles de linguistes
car on y trouve un mot prohibé. "Quand on se repose sur
l'intelligence artificielle, on ne peut pas attendre des résultats
intelligents" écrit l'un de ceux dont les liens vers ses
articles sur un réseau dit social sont systématiquement effacés.
Quelles ressources pour la langue française ?
La langue française, en France, est dominée par des entreprises
commerciales qui font tout pour se prétendre indispensables. La
tâche est ardue pour se libérer de leur carcan.
Les
ouvrages anciens étant réédités avec un vocabulaire
"contemporain", le dictionnaire Littré reste la base pour
(re)découvrir les éditions originales (par exemple sur Gallica)
mots du 19ème siècle maintenant honnis.
L'Académie
française nous offre des rubriques souvent passionnantes, parfois
pointillistes ou surannées. Je les indique généralement dans le
mégadictionnaire en les modifiant en raison de la déplorable
habitude d'utiliser comme titre la tournure "fautive".
L'Office
québécois a édité de nombreuses rubriques sur l'usage des mots en
particulier au Québec, elles-aussi référencées dans le
mégadictionnaire. Le dictionnaire terminologique est d'un usage plus
ardu à moins de rechercher des précisions sur un mot.
Il
n'y a pas de coordination entre l'ajout de néologismes par l'Office
québécois de la langue française et la Commission d'enrichissement
de la langue française dont les décisions sont publiées au journal
officiel de la République française.
Pour finir, il est
impossible de compter sur l'apport des médias qui privilégient des
tournures élitistes et les (faux) anglicismes.
Un dictionnaire qui aide à trouver les mots.
Les dictionnaires "papier" indiquent deux à trois fois
moins de mots que le mégadictionnaire de la langue française. Ils
n'ont pris en compte que progressivement les rectifications
orthographiques de 1990. Les homonymes indiqués se limitent aux
homophones ayant, selon ces ouvrages, la même prononciation.
Le
Petit Larousse souffre du pointillisme de l'ordre alphabétique et de
la séparation systématique entre noms propres et noms communs.
Certains choix de mots et de graphies sont discutables, la
prononciation est "normative". La typographie le rend très
difficile à lire dès que la vue baisse.
Le Petit Robert
a commencé de timides groupements (adjectif et adverbe). Il amorce
des pistes étymologiques.
Les dictionnaires adaptés aux
âges ne sont utiles que pour les apprenants (CP/CE1). Les autres
suggèrent une langue française limitée et stéréotypée.
Le
passage à internet n'a pas apporté de réelles améliorations. Les
liens hypertextes s'ouvrent rarement dans la même fenêtre ce qui
égare rapidement. Les commentaires et apports des internautes sont
généralement refusés. Et surtout, il faut connaitre et savoir
écrire le mot dont on a besoin...
Littré indique les
mots précédents et suivants mais cela oblige à les chercher un à
un.
Dans le mégadictionnaire, on peut facilement intégrer
un maximum de mots pour aider à les trouver avec des définitions
aussi concises que possible, des rapprochements par ressemblances et
des regroupements par familles. Les contributions ne sont pas
modifiées ou retirées sans l'accord de l'auteur.
Le
mégadictionnaire est une porte d'entrée dans la langue française,
généralement plus efficace que les portails.
Que va devenir le mégadictionnaire ?
L'histoire du dictionnaire international de la langue française
est tumultueuse.
Une recherche de cohérence dans
l'enseignement a conduit à établir des listes puis un dictionnaire
des homophones d'abord publié dans des sites gratuits donc peu
fiables ou rapidement envahis par la publicité.
Les
fournisseurs d'accès à internet ayant proposé de créer des sites
perso, cette solution a nécessité un investissement en temps de
travail conséquent. Mais en 2014, Orange a interdit l'accès au site
Gaétan Solo qui existait depuis dix ans puis a supprimé tout ce
site, dont le dictionnaire des homophones, de son serveur. La raison
n'en a pas été indiquée, était-ce parce que des liens pointaient
vers des sites complémentaires ?
Heureusement, les
fichiers étaient réalisés avec un logiciel gratuit et bien
pratique (à condition de trouver un site de téléchargement sans
entourloupe) : Nvu devenu Kompozer.
D'autre part, n'ayant
que de très maigres connaissances en informatique, la mise en page
devenue fastidieuse m'a orienté vers les sites Google qui n'imposent
pas de publicités.
Le dictionnaire des homophones, devenu
le Dicthographe (ou Dictho), occupait des milliers de pages sur une
vingtaine de sites en 2020, date à laquelle Google a décidé de
modifier l'apparence des sites. La nouvelle version ne convenant plus
et le logiciel html ne pouvant plus supporter une telle densité,
tout a été transféré sur Libre Office avec une parution en
fichiers pdf. De nombreuses coquilles ont dû être
corrigées.
L'internet était une évolution prometteuse.
Collaborer, innover, conserver des documents en pouvant les enrichir,
échanger, nous y avons cru. Beaucoup ont été découragés par des
commentaires sur la qualité de l'orthographe et des photos, ou des
remarques agressives. La création d'un site n'est plus
encouragée.
Aujourd'hui, la seule collaboration suggérée
est financière, l'innovation non commerciale a pratiquement disparu
et tout est conçu pour créer une éphéméréité
intrusive.
Pourtant certains sites perdurent contre vents
et marées, ayant évité les écueils des innovations graphiques «
indispensables » mais rapidement inadaptables aux nouveaux
standards. Ils sont parfois victimes de leur gigantisme, ne pouvant
pas mettre à jour leur contenu. Quelques forums sont lassants,
permettant surtout à certains de montrer qu'ils sont capables de
plastronner avec des informations décousues piochées ça et là.
Le dictionnaire international de la langue française
Le mégadictionnaire de la langue
française, également nommé Dicthographe ou Dictho, permet de
trouver un maximum de mots avec leurs variantes graphiques, par
exemple en raison de l’évolution de l’orthographe, par ordre
alphabétique, par famille ou par ressemblance.
Le
mégadictionnaire simplifie la reconnaissance de la nature des mots :
chaque nom est précédé d’un article, chaque adjectif est précédé
par le verbe être ou un nom. Les noms propres y sont insérés,
généralement s’il existe des noms dérivés.
Les mots
sont groupés par famille étymologique, c’est-à-dire par
référence à une origine commune.
Ce dictionnaire
s’adresse aussi à ceux qui hésitent sur l’orthographe et donc
bien souvent sur la prononciation en tenant compte des
particularismes régionaux ou nationaux et de la tendance à ne plus
opposer nettement des sons voisins (le â de gâteau et le a de
bateau par exemple).
Dans le mégadictionnaire sont aussi
prises en compte les formes verbales, sans négliger celles qui, pour
certains, seraient actuellement moins prisées (imparfait du
subjonctif par exemple).
Pour les mots techniques, un lien
permet d’accéder au site adéquat. Les paronymes sont indiqués
avec la mention : « Mots se ressemblant ». La francophonie y est
particulièrement à l’honneur.
Trois couleurs sont
utilisées : le bleu pour les mots moins utilisés (familiers,
littéraires, régionaux, anciens), le rouge pour les mots
scientifiques et techniques, et le noir.
Le
mégadictionnaire, constamment complété et amélioré, est gratuit
et ne vous impose pas de publicité.
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