jeudi 18 juin 2026

Le moral et la morale

A. L'adjectif moral (1), morale, moraux, morales, qualifie ce qui concerne l'esprit, le psychisme ; ce qui est de nature spirituelle ; ce qui repose sur la croyance, l'opinion, le sentiment et non sur la matérialité des faits ou sur la rigueur du raisonnement.

L'adverbe moralement (1) signifie d'un point de vue moral.

Le moral est l'ensemble des facultés morales, spirituelles, et des phénomènes de la vie psychique (le physique et le moral). Un moral est un état de l'esprit ; une disposition de l'esprit qui porte une personne à réagir plus ou moins vigoureusement dans des circonstances difficiles.

Voir : démoraliser (1) (décourager, démotiver, déprimer), démoralisant, démoralisateur, une démoralisation.


B. L'adjectif moral (2), morale, moraux, morales, qualifie ce qui a rapport aux mœurs, aux coutumes, traditions et habitudes de vie propres à une société, à une époque ; ce qui concerne les règles ou principes de conduite, la recherche d'un bien idéal, individuel ou collectif, dans une société donnée ; ce qui est relatif à la réflexion philosophique sur le bien et le mal, à une théorie particulière des règles de conduite.

L'adverbe moralement (2) signifie d'un point de vue moral.

Une moralerie était une sentence morale.

L'adjectif amoral, amorale, amoraux, amorales, qualifie ce qui est étranger à la morale ; ce qui est naturellement indifférent aux idées de bien et de mal.

L'adjectif extra-moral, extra-morale, extra-moraux, extra-morales, qualifie ce qui n'est pas du domaine de la morale.

L'adjectif immoral, immorale, immoraux, immorales, signifie qui a une conduite contraire aux principes de la morale ; qui est contraire à la morale ou aux bonnes mœurs. L'adverbe immoralement signifie d'un point de vue immoral. Les Immoraux sont les partisans de Robespierre.

L'adjectif métamoral, métamorale, métamoraux, métamorales, qualifie ce qui concerne les principes premiers ou les fondements de la morale.

Une morale est un ensemble de règles concernant les actions permises et défendues dans une société ; un ensemble de normes ou de règles de conduite ; un ensemble de règles que chacun adopte dans sa conduite ; un ensemble de règles de conduite reconnues comme absolument et universellement valables ; une étude des règles de la conduite et de l'éthique ; une leçon morale qui se dégage d'une œuvre littéraire ; un enseignement moral que l'on peut tirer d'un évènement.

Faire la morale à quelqu'un, c'est lui faire des reproches sur sa conduite, lui donner des conseils sur sa conduite future.

Une métamorale est tout ce qui est transcendant par rapport à la réalité morale donnée, et nécessaire à l'intelligibilité de cette réalité.

Le mot moral est emprunté au latin moralis « relatif aux mœurs ». D'où : un moral, une morale.


L'adjectif moralisant, moralisante, signifie qui aime à faire la morale ; qui défend la morale ; qui élève ou a pour but d'élever le sens moral, les sentiments ; qui est propre à celui qui veut élever le sens moral, la valeur morale d'autrui.

L'adjectif moralisateur, moralisatrice, signifie qui vise à donner une leçon de morale, à défendre la morale ; dont la nature ou le but est de développer le sens moral, de former à un idéal moral ; qui est propre au moralisateur. Une moralisatrice, un moralisateur sont ceux qui donnent des leçons de morale, qui prêchent pour un idéal moral ; ceux qui se plaisent ou se complaisent à prêcher la morale, à moraliser.

Une moralisation est l'action d'élever l'homme dans l'ordre de la morale ; le résultat de cette action ; l'action de rendre une chose conforme à la morale ; une soumission à des règles morales ; son résultat.

L'adjectif moralisé, moralisée, signifie formé(e) à la réflexion ou à la discipline morale.

Le verbe moraliser signifie faire, donner une leçon de morale à quelqu'un dans le but de l'instruire ou de le réprimander ; rendre l'homme moral ou plus moral ; l'inciter à agir moralement, l'élever ou l'aider à s'élever dans l'ordre de la morale ; rendre conforme à la morale ; soumettre quelque chose à des règles morales ; se livrer à des considérations, des réflexions morales dans un but édifiant ; tirer la leçon morale des choses, des faits, des évènements. Se moraliser signifie devenir moral. Ce verbe est dérivé de moral.

Le verbe démoraliser (2) signifie faire perdre le sens moral, rendre immoral.

Un moraliseur était celui qui se plait à moraliser, à donner des leçons de morale.


Un moralisme est une doctrine ou une attitude, philosophiques ou religieuses, qui érigent la morale en absolu et affirment la prééminence des valeurs morales sur les autres valeurs ; c'est aussi une recherche trop exclusive de la perfection morale ou un attachement formaliste à la morale. Ce nom est dérivé de morale.

Une, un moraliste sont des philosophes, des théologiens qui traitent de la science morale ; ceux qui observent, décrivent et analysent les mœurs, les passions d'une époque ; ceux qui se placent à un point de vue moral, qui se réfèrent à un bien idéal ; ceux qui se plaisent ou se complaisent à moraliser ; ceux qui sont attachés au formalisme de la morale ou qui se veulent les défenseurs de la morale. L'adjectif moraliste signifie empreint, empreinte de formalisme moral ; qui développe des considérations morales ; qui vise à donner des leçons morales.

L'adverbe moralistement signifie d'un point de vue moraliste.

Un immoralisme est une doctrine qui propose des règles de vie différentes ou inverses ; une tendance à mettre en cause, à mépriser la morale établie ou à en faire peu de cas. L'adjectif immoraliste est relatif à l'immoralisme. Une, un immoraliste sont des partisans de l'immoralisme.


Une moralité est le caractère de ce ou de celui qui peut être apprécié ou jugé selon les notions de bien et de mal ; le caractère de ce qui est conforme aux principes, à l'idéal de la conduite ; le caractère de celui qui agit conformément aux principes, à l'idéal de la conduite ; la valeur d'une personne du point de vue moral ; un sens moral, une conscience morale ; une leçon morale, exprimée ou implicite, proposée par une œuvre ; l'enseignement moral que l'on peut tirer d'un évènement, d'un fait, d'un comportement ; une conclusion morale. Ce nom est emprunté au latin tardif moralitas « caractère, caractéristique ».

Une amoralité est le caractère de ce qui est amoral, au-delà de toute distinction entre le bien et le mal.

Une immoralité est une conduite ou un comportement immoral ; le caractère immoral d'une action, d'une parole, d'une chose.


La pensée de Pierre de Jade : Quand on n'a pas le moral on déprime et quand on n'a pas de morale on opprime.

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