vendredi 27 février 2026

Les homographes non homophones

Homographes particuliers

Tu as l'as de carreau.

Ben s'exclame : "Ben alors vous ne venez pas."  

Nous billions (projetions des billes sur) la surface métallique.  Des billions sont des millions de millions.

Il livre le pain bis au 22 bis.

C'est un bon ami qui a donné ce bon d'achat.

Il a renversé le panier de cassis en passant sur un cassis (dos-d'âne).

Le chef nous présente son chef-d'œuvre.

Les cossus (papillons) volent autour des messieurs cossus.

Un croc est une canine d'un carnivore. Il fait un croc-en-jambe à son adversaire.

Il est à l'est.

Il va ester sur les conséquences de l'utilisation de cet ester.   

Chez toi et moi, il y a des CD, des livres, des jeux, et cætera (ou et cetera, etc).

Les exocets (missiles, nom déposé) ont tué des exocets (poissons volants).

Il est venu exprès pour cet envoi exprès.

On ne peut pas se fier à lui car il est trop fier. 

Les fils de mes voisins ont apporté des fils de laine. 

J'étais jouasse car mon entraineur voulait que je jouasse.

Il a installé ses lacs près des lacs. 

Las (hélas), il est trop las (fatigué). 

Tu limes le bois pour reconstituer le limes (une fortification romaine). 

Je lis que l'emblème des rois était le lis. 

Le lot principal est un séjour dans le Lot. 

Marc ne boit pas le marc. 

Le chien enterre son os avec les autres os.

Ouïe (ouille) !  j'ai une otite et cela altère mon ouïe (audition).

Un pet est un bruit causé par des gaz intestinaux. Un pet est une matière plastique. Un pet est un bruit ou une trace causés par un choc. 

Cette montagne pointue est un pic. Cet oiseau est un pic-vert (ou pivert). 

J'avais acheté plus de yaourts mais il n'y en a plus. 

Pupillaire concerne un pupille. Pupillaire est relatif à la pupille de l'œil.

Les rachis (abréviation de rachianesthésie ou rachianalgésie) sont des anesthésies de la partie inférieure du corps. Le rachis est la colonne vertébrale, un axe central pour une plante ou une plume d'oiseau.

Sens-tu dans quel sens va le vent ? 

Le seps (reptile) est dérangé par les seps des charrues.

Soit ! Il se peut qu'il soit responsable.

Êtes-vous tous là ? Tous les participants auront une récompense.

Il fixe la vis vis-à-vis de la première.



Homographie avec un mot d'origine étrangère.

Il se base sur cette stratégie pour le base-ball.

Il va le biper (prévenir) avec son biper (ou bipeur).

Il a bu un bitter. Il ne va rien bitter (ou biter, comprendre).

Il faut booster (développer) le booster (amplificateur ou propulseur).

Si tu veux boxer, mets ton boxer  (boxer-short) et attache ton boxer (chien).

Le bull-terrier aboie quand le bull (bulldozer) passe.

Le bunker du golf est près d'un bunker.

Il va carter le fil (le mettre autour d'une carte). [rare]   Le mécanicien répare le carter.

Voilà un cent. Tu en auras bientôt cent.

Ce chat sur internet parle du chat de gouttière.

Il chatte (ou tchatte) sur internet. La chatte ronronne.

Tu chattes (ou tchattes) sur internet. Les chattes ronronnent.

Un chopper est un outil de la préhistoire ou une moto. Il va chopper (se tromper, ou heurter du pied un obstacle).

Il va clipper la gravure d'un clipper.

On entend les supporters corner pendant le corner.

Les dans sont les degrés de qualification dans les arts martiaux japonais.

Cet ancien dealer a recommencé à dealer.

Le discounter va à nouveau discounter les meubles.

Nous dominions les anciens dominions.

Il utilise un driver pour apprendre à mieux driver.  Il va driver le sulky.

Tu ne vas pas flipper en jouant au flipper !

Le forte demande une intensité plus forte pour ce final.

La gens était un groupe de familles romaines. Les gens sont arrivés.

L'interviewer (ou intervieweur) commence à interviewer l'invité.

Jean mit un jean.

Il a dessiné le jet d'un seul jet.

Un logos est une rationalité suprême. Les entreprises ont des logos.

Je trouve le temps long pour avoir un long drink.

Quand tu auras fini de tirer avec le luger, tu viendras luger avec nous.

Il a reçu un e-mail lui donnant rendez-vous sur le mail.  

Le manager (manageur) doit mieux manager (diriger) son équipe.

Pour le mixer, c'est  plus facile avec un mixer (ou mixeur).

Les papas rencontrent le papas.

Un plaid était l'assemblée ou la décision des comtes et des évêques à l'époque franque. Un plaid est une couverture de voyage ou un tissu de laine à carreaux.

L'ingénieur alla se placer près du placer (gisement sédimentaire).

J'ai vu le pointer pointer ses oreilles.

Le serveur va porter une porter au client.  

Je vais poster la commande d'un poster.

Cette émission prime sur les autres car elle est en prime time.

Un prospect est une distance à respecter entre des constructions. Un prospect est un client potentiel d'une entreprise.

Il fait de la pub (publicité) pour son pub à Belfast.

D'habitude, il a du punch, mais aujourd'hui, il a bu du punch.

Il change de putter pour putter la balle de golf.

Avec trente quarts d'essence, il a rempli trois quarts du réservoir.

Chaque ranger va se ranger.

Les ras (chefs éthiopiens) se dirigent vers le ras (plate-forme flottante).

Ils organisent des raves près du champ de raves.

Le reporter va reporter son article à demain.

Bien que n'étant pas rewriter, il va rewriter (récrire) l'article.

Le rot est une maladie des plantes. Un rot est une éructation.

Le sampler va sampler (échantillonner) les nouveaux morceaux.

Il sample (échantillonne) le sample (l'extrait musical).

Tu samples les samples.

Avec ce nouveau scanner, ils vont scanner plus précisément.

Il finit le best-seller avant d'aller seller le cheval.

Le Japonais a mis le ticket qu'il a payé 80 sens dans le mauvais sens.

Le danseur soul danse sur de la soul music.

Le sprinter se prépare à sprinter dans les cent derniers mètres.

Le squatter (squatteur) cherche un autre logement à squatter (squattériser).

Le supporter va supporter les conséquences de son geste.

Il surfait avec un style surfait.  

Il surfait (surestime) sa compétence quand il surfait.

Tu surfais ta compétence quand tu surfais. (verbes surfaire et surfer)

Il surfera (surestimera) sa compétence quand il surfera.

Tu surferas ta compétence quand tu surferas. (verbes surfaire et surfer)

Je surferai (surestimerai) ma compétence quand je surferai.

Ils surferaient leur compétence quand ils surferaient.

Tu surferais ta compétence quand tu surferais.

Il surferait sa compétence quand il surferait.  

Vous surferez votre compétence quand vous surferez. (verbes surfaire et surfer)

Vous surferiez (surestimeriez) votre compétence quand vous surferiez. (verbes surfaire et surfer)

Nous surferions (surestimerions) notre compétence quand nous surferions.(verbes surfaire et surfer)

Nous surferons (surestimerons) notre compétence quand nous surferons.

Ils surferont leur compétence quand ils surferont. (verbes surfaire et surfer)

Un suspense interdit l'exercice de fonctions religieuses. Un suspense est une attente angoissée.

Un têt est une coupelle en terre réfractaire. Un têt est le premier jour d'une année du calendrier lunaire vietnamien.

Une ton est une unité anglo-saxonne de masse. Un ton est une caractéristique de la voix, une manière de parler, une tonalité, une couleur.

Une truste (ou trustis) était l'entourage d'un roi mérovingien. Il truste (monopolise) la meilleure place.

Près de sa plante vivace, il écoute un allégro vivace.

 

Homographie avec un passé simple.

Je bus en vitesse car le bus arrivait.

Le joueur but après avoir marqué le but décisif.

Ils lui dirent "chut !" quand il chut de sa chaise.

Tu damas le sol puis tu décoras le mur avec un damas.

Hélas, tu le hélas trop tard.

Tu lampas l'eau puis tu installas le lampas.

Tu lias l'étude du crétacé au lias.

Il lut que le lut est un enduit.

Tu plus plus à Sophie qu'à Hélène. 

Il raya le nom du raya (ou raïa).

Tu rayas les noms des rayas (ou raïas).

Je sus alors que le roi avait dit :"Sus à l'ennemi !".

Tu tapas dans les réserves de tapas.

Le froid le transit pendant son transit.

Tu trias les documents sur le trias.

Enfin, tu vis la vis égarée. 



Homographie avec un verbe terminé par -ent.

Les pêcheurs affluent à l'affluent du Rhône.

Ils coalescent l'alliage : chaque métal est coalescent (réuni mais distinct).

Un triangle coïncident peut se superposer point par point à un autre. Les dates coïncident.

La Saône et le Rhône confluent : leur confluent est à Lyon.  

Ils nous content l'histoire et mon frère est content.

Ils convergent enfin bien que leur travail n'ait pas été convergent.

Ils nous convient à leur fête et ça nous convient. (verbes convier et convenir)

Les poules du couvent couvent.

Ils détergent le sol avec un nouveau détergent.

Ils divergent toujours car leur intérêt est trop divergent.

Des pays émergent sur ce marché émergent.

Les résultats équivalent, le procédé est aussi équivalent.

Il est évident qu'ils évident l'objet.

Comme ils excellent, le résultat est excellent.

Ils expédient ce qui ne leur semble qu'un expédient.  

Ils féculent les pommes de terre. Un féculent est un "sucre lent".

Ils ferment le récipient et attendent que le ferment agisse.  

Quand les torrents fluent, le paysage est fluent.

Ce personnage influent et ses collaborateurs influent trop sur les décisions.

Ce photographe insolent et son assistant insolent la pellicule.

Ils négligent de lui rappeler qu'il est trop négligent.

Avec mon lointain parent, ils parent au plus pressé.

Le président et le premier ministre président la réunion.  

Ils se pressent de le rassurer mais il pressent un malheur.

Ce résident et sa famille résident dans ce village.

Ils résilient le contrat pour l'étude de ce matériau résilient.

Ils somnolent en cours. Cet enfant est particulièrement somnolent.

Comme ils manquent de talent, ils talent les pommes en les cueillant.

Les réponses urgent car le dossier est vraiment urgent.

Avec leur aspect violent, ils violent les lois.



Homographie avec un verbe à l'imparfait.

Nous ablations des organes ; ces ablations permettaient la survie des patients.

Nous acceptions les acceptions de ces mots.

Nous actions vos actions dévouées. 

Par notre gravitation, nous accrétions la matière ; ces accrétions augmentaient nos astres.

Nous les adoptions mais ces adoptions devenaient difficiles.

Nous affections de ne pas remarquer leurs affections.

En manquant d'attentions, nous attentions à leur liberté.

Par nos auditions du personnel, nous auditions l'organisation.

Nous coéditions des ouvrages. Ces coéditions étaient recherchées.

Nous collections des objets pour nos collections.

Nous complétions les complétions pour la production de pétrole.

Nous concoctions de nouvelles idées pour les concoctions.

Nous nous contentions des améliorations obtenues grâce aux contentions.

Nous nous contractions sous l'effet des contractions de nos muscles.

Nous dations les dations.

En observant les décontractions successives, nous nous décontractions enfin.

Nous désaffections les locaux tant les désaffections étaient importantes. 

Les désertions étaient nombreuses alors nous désertions aussi de temps en temps.

Nous désinfections sans cesse mais ces désinfections étaient tardives. 

Grâce aux nouvelles détections, nous détections une forme de vie.

Nous les détractions en vain car nos détractions étaient infondées.

Nous dictions avec de nouvelles dictions. 

Nous diffractions la lumière avant d'étudier les diffractions d'autres ondes.

Nous disjonctions sous l'effet des disjonctions des responsabilités.

Nous éditions ces livres sans modifier la forme des anciennes éditions. 

Nous ne nous éjections qu'au dernier moment car ces éjections étaient risquées.

Nous ne nous électrocutions pas car nous connaissions les conséquences des électrocutions.

Nous exceptions les exceptions les plus rares.

Nous excrétions normalement mais nos excrétions devaient être analysées.

Nous exécutions les ordres mais refusions les exécutions.

Nous exemptions des malades mais ces exemptions étaient rares.

Nous formations l'ordinateur pour les nouvelles formations.

En ne soignant pas nos infections, nous infections d'autres personnes.

Avec ces injections de capitaux, nous injections un nouvel espoir.

Nous inspections chaque année mais il y avait des inspections supplémentaires. 

Nous intentions un nouveau procès car nos intentions ne changeaient pas.

Nous interceptions les passeurs mais ces interceptions étaient risquées.

Nous inventions encore et nos inventions devenaient célèbres. 

Nous mentions sur l'origine de nos mentions. 

Nous notions les nouvelles notions. 

Nous objections que leurs objections n'étaient pas valables.

Nous options pour de nouvelles options.

Nous persécutions nos frères mais ces persécutions ne nous semblaient pas graves.

Nous leur portions des portions supplémentaires.

Nous préemptions souvent mais les droits de ces préemptions étaient parfois contestés.

Nous prétéritions (désavantagions [Suisse]) notre adversaire par nos prétéritions.

Nous prospections de nouveaux terrains mais ces prospections restaient vaines.

Nous rations souvent la distribution des rations.

Nous rééditions ces ouvrages, c'étaient leurs premières rééditions.

Nous réfractions la lumière. Nous utilisions des prismes pour ces réfractions.

Nous relations l'origine de nos relations.

Nous nous rétractions du fait des rétractions du béton.  

Nous sécrétions la tristesse, était-ce dû à nos sécrétions ?

Nous sélections des programmes et établissions de nouvelles sélections.

Nous nous surinfections sans pouvoir atténuer ces surinfections.

Nous tractions d'anciennes tractions avant.

Nous transitions par de brusques transitions.

Comment définir les homonymes ?

 Monsieur,

 Professeur en retraite depuis maintenant plus de quinze ans, je ne maîtrise pas suffisamment l’informatique pour correspondre directement sur vos sites et je vous prie de m’excuser pour le dérangement que cela pourra vous causer.

 Je ne peux que souligner la richesse de ce que vous présentez :

  • l’usage du bon sens plutôt que l’énoncé de règles conventionnelles pour les mots composés, les accords dans le groupe nominal, …..

  • la signification des mots terminés en al, ail,….. à l’occasion de leur mise au pluriel.

  • une longue liste d’homographes non homophones

 Et bien d’autres détails, notamment les fluctuations des règles de grammaire au cours des siècles passés qui constitueraient une savoureuse conclusion à votre exposé « du singulier au pluriel » .

 Cependant il est une question sur laquelle même des spécialistes restent plutôt muets :

 Les nuances de la phonétique dans les homophones

« Les homonymes sont des mots qui se prononcent de la même façon mais qui n’ont pas la même signification ».

 Alors, après écoute attentive des voyelles,

  • patte et pâte : longueur du son

  • pomme et paume : ouverture

  • pêcher (du poisson) et pécher (faute) : ouverture

  • du lait (lè) dans le Nord et du lait (lé) dans le Midi : ouverture

  • ou et houx : expiration

  • haie et hé ! : intonation

 Ces mots forment-ils des couples d’homonymes

  • à l’école primaire ?

  • au lycée ?

  • en faculté ?

 En vous remerciant de votre attention, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.



 Bonsoir Monsieur,

 Étant également retraité, cela me permet d'aborder les questions linguistiques  sans les contraintes de l'enseignement qui pourtant a guidé ma démarche. Aussi j'apprécie vraiment votre message et votre ouverture.

 Je suppose que vous faites référence à ma tentative de clarification des contenus enseignés que ce soit en grammaire, conjugaison, vocabulaire et orthographe. Il y a tellement de temps perdu avec des apprentissages inutiles et des contradictions...

 Cependant, ma "priorité" est le mégadictionnaire que j'utiliserai ensuite pour parfaire ces réflexions sur la validité des règles. La conception de ce dictionnaire est de permettre de trouver l'orthographe d'un mot même si on n'en connait qu'approximativement la prononciation ou de découvrir ce mot au moyen des familles étymologiques.

 Dans cette optique, s'imposent les archiphonèmes afin de tenir compte des différences de prononciation entre régions, entre pays et même entre voisins... C'est pourquoi y figure souvent la mention "Prononciation plus ou moins proche selon les régions".

 Dans le mégadictionnaire, la démarche est de faire figurer le plus grand nombre de mots avec des définitions qui aident à reconnaitre la graphie correcte (ou les graphies), et en mettant en évidence les similitudes ou ressemblances phoniques.

 Cela ne signifie pas d'effacer les différences phonologiques que vous mettez justement en valeur mais d'aider à la réflexion et au choix. Par exemple, une des causes d'échec dans l'apprentissage de la lecture est le fait que l'enseignant impose une prononciation alors que la plupart des mots (votre exemple du lait est tout-à-fait révélateur) sont prononcés différemment selon les élèves. Un bon lecteur a compris que beaucoup de mots peuvent être dits de plusieurs façons.

 Le degré d'homophonie que vous mettez en évidence est un élément fondamental de la langue française mais le tort est d'imposer une norme de prononciation alors que c'est un moyen de comparer et d'enrichir la langue. Et ces oppositions sont intéressantes dès la maternelle si ce n'est pas une volonté d'imposer un savoir : cela constitue alors un enrichissement par la mise en valeur des différences et de l'évolution de nos échanges oraux.

 En espérant que mon courriel vous est parvenu (les adresses e-mail étant tellement usurpées), je vous adresse l'expression de mes cordiales salutations.

 Gilles Colin

Homophones, homographes, homonymes, paronymes et antonymes

 

Les homonymes

Les noms propres

 Quand on parle d'homonymes, on pense d'abord à deux personnes qui n'ont pas de lien de parenté mais qui ont le même nom.

Les noms communs

 Un homonyme est un mot ou un signifiant qui a une prononciation et/ou une graphie identique à celle d'un autre mais un signifié différent.

  • un coq, une coque, un coke

  • une geste, un geste

  • se fier, il est fier

Les homographes sont des mots qui s'écrivent de la même façon, les homophones ont la même prononciation.

Les homographes homophones

 Certains homographes se disent aussi de la même façon :

  • une pêche (un fruit)

  • une pêche de poissons.

Ces mots n'ont pas la même origine.

Les homographes non homophones

 D'autres homographes (parfois nommés hétéronymes) se prononcent différemment : Il est à l'est.

Les homophones non homographes

Quand tu auras le temps d'aller à Caen, il faudra qu'en partant du camp tu me préviennes.

 Les homophones non homographes, généralement appelés homonymes, sont étudiés plus souvent.



Les paronymes

Beaucoup de mots se ressemblent phonétiquement mais n'ont pas le même sens, ce sont des paronymes.

  • une gallérie : un insecte.

  • une galerie : un lieu de passage ou de promenade, plus long que large ; une salle aménagée pour une exposition ; un magasin de vente d'œuvres d'art ; ...



Les antonymes

Quand un mot a un sens contraire à un autre, ils sont antonymes.

  • grand, petit.



Onze règles pour l'accord du verbe

 

1. Avec tu, le verbe se termine par s, sauf : tu peux, tu veux, tu vaux.

  • tu écoutes, tu écoutais, tu écouteras, tu as écouté.

 Pour les verbes en -er, les verbes couvrir, cueillir, défaillir, offrir, ouvrir, souffrir et leurs dérivés, ainsi que le verbe avoir, on ne met un s final au singulier de l'impératif présent que pour faire une liaison : laisse-le, laisses-en, retourne-la, retournes-y.


2. Le sujet peut être après le verbe.

  • Sur le toit chantaient les oiseaux. Quand reviendras-tu ?


3. Plusieurs sujets = un sujet au pluriel.

  • Un garçon et une fille jouent.


4. toi et moi, lui et moi, elle et moi, eux et moi, elles et moi, vous et moi = nous.

lui et toi, elle et toi, eux et toi, elles et toi = vous.

  • Toi et moi sommes les premiers. Mon amie et moi jouons au foot. Florence et toi avez raison.


5. Le pronom personnel "les" n'est jamais sujet.

  • Ces journaux, il ne les vend pas, il les donne.


6. "nous" et "vous" devant le verbe peuvent être compléments.

  • Je vous écrirai. Tu nous écriras. Ils nous écriront.


7. moi qui = je ; toi qui = tu ; eux qui = ils.

  • C'est moi qui suis venu(e). C'est toi qui es venu(e). Ce sont eux qui sont venus.


8. L'infinitif en "er" peut être remplacé par un autre infinitif (faire, voir, prendre,...) ; on peut remplacer le participe passé en "é" par fait, vu, pris,...

  • J'aime chercher. Je vais décider. J'ai cherché. J'ai décidé.


9. Terminaisons du participe passé : is, it, i,...

  • Il a pris. Elle est prise.

  • Il a écrit. Elle est écrite.

  • Il a fini. Elle est finie.


10. Avec l'auxiliaire être, le participe passé s'accorde avec le sujet.

Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé s'accorde si on on sait d'avance qui ou ce qui est concerné.

  • Les lettres sont écrites et expédiées. J'ai écrit et expédié les lettres. Je les ai écrites et expédiées.


11. Comment accorder avec le pronom "nous" ?

 Lorsque la personne qui parle (avocat, notaire) le fait en tant que représentant des intérêts d'une personne, l'adjectif et le participe passé s'accordent normalement : Nous sommes mandatés pour la gestion de cette affaire.

 Dans le cas d'un pluriel de modestie ou de majesté, l'accord se fait avec le vrai sujet (ainsi que pour un représentant de la loi) : (pour une reine) Nous sommes étonnée de cette décision.

 Pour s'adresser à quelqu'un en signe d'intérêt, d'affection, l'accord suit les mêmes règles : (en s'adressant à une femme) Alors, nous sommes contente ?

Le préfixe ab- ou abs-

 

ab- (ou abs- souvent devant c et t) signifie l'éloignement ou l'écart.

  • abarticulaire « qui est en dehors de l'articulation »

  • abduction « mouvement qui écarte un membre ou une partie quelconque du plan médian du corps »

  • abhorrer « détester, sentir une vive répulsion pour ... »

  • abject, e « digne du plus grand mépris, qui inspire une violente répulsion » (primitivement « jeté à part »)

  • abjurer « abandonner solennellement une opinion religieuse »; « renoncer solennellement à la religion que l'on professait »

  • ablégat « commissaire chargé d'une mission par le pape » (primitivement « envoyé de »)

  • abnégation « sacrifice volontaire de soi-même, de son intérêt, éloignement de son propre intérêt »

  • abroger « déclarer nul (ce qui avait été établi, institué), annuler, casser, révoquer, supprimer »

  • abscission « perte passagère de la mémoire et même de la connaissance, due à un excès de fatigue ... »

  • absence « le fait de n'être pas dans un lieu où l'on pourrait, où l'on devrait être »

  • absorber « engloutir » (primitivement « faire disparaitre en avalant »)

  • s'abstenir « ne pas faire par volonté délibérée » (primitivement « se tenir éloigné »)

  • abstraire « isoler par la pensée (un objet, une personne) »

  • un abusage : [matériaux / verre et céramique] une formation d’éraflures à la surface d’objets en verre, qui est due au frottement de ces objets entre eux ou se produit au contact des équipements de conditionnement ou de manutention. En anglais : scuffing. Journal officiel de la République française du 25/04/2014.


  • signifie « hors de », mouvement de l'intérieur vers l'extérieur : abréaction, en psychanalyse, « réaction d'extériorisation par laquelle un sujet se libère d'un refoulement affectif »

  • exprime un écart quantitatif : abuser « user mal, avec excès ; outrepasser »

  • exprime le point de départ dans le temps : aborigène « personne qui vit dans son pays depuis sa naissance »

  • exprime l'arrêt : ablactation « cessation de la lactation, considérée par rapport à la mère ».


La plupart des dérivés en ab- sont des termes spécialisés. On peut aisément déterminer leurs aires d'emploi qui rendent compte à la fois des quelques mots analysés en synchronisme et des mots où le préfixe n'est plus analysable :

  • en droit : abdiquer « renoncer à » (au trône) ; abolir « supprimer, abroger, annuler » (abolir une loi) ; abroger

  • en géologie : ablation « perte de substance subie par un relief » ; abrasion « usure mécanique d'une roche par l'eau chargée de débris »

  • en médecine : abcès (d'abcéder) « amas de pus collecté aux dépens des tissus environnants détruits ou refoulés » ; abduction ; aberration « dérangement, déviation hors de l'état normal » ; ablactation ; ablation « action d'enlever chirurgicalement une partie du corps » ; abortif « qui est venu avant terme » « se dit des substances dont l'absorption passe pour provoquer l'avortement » ; abrasion « séparation ou excision de petits fragments muqueux superficiels » ; abréaction ; abruption « fracture transversale d'un os avec des fragments rugueux » (à comparer cependant avec abrupt) ; abscission ; absence (et aussi l'emploi courant du mot) « perte passagère de la mémoire et même de la connaissance, due à un excès de fatigue, ou à une intoxication ... » ; abstème.

  • en morale et psychologie : abhorrer « avoir en horreur, détester au plus haut point » ; abjection « extrême degré d'abaissement, d'avilissement » ; abominable « qui inspire de l'horreur, affreux, atroce, horrible, monstrueux »

  • en philosophie et didactique : abscons « difficile à comprendre » abstraire.


Tous ces termes ont une valeur superlative. Quand ils ne sont pas spécialisés, ils relèvent d'un style soutenu.

Ce préfixe présente en latin une forme simple : ab- et une forme élargie : abs-.

Actuellement ab- n'est productif que dans la langue scientifique. Pourtant il est analysable dans un nombre relativement élevé de mots : abarticulaire, abjurer, ablactation, abnégation, abréaction, abscission, abuser, abstenir, (abs-),... On trouvera parfois l'opposition ab- / ad-.

Le préfixe ab- s'oppose, du point de vue sémantique, à ex-, qui marque le mouvement de l'intérieur vers l'extérieur, et à de-, qui peut exprimer le mouvement de haut en bas, ou la diminution. La langue semble avoir préféré de- à ab- et ex-.

Les préfixes a-

a- (1)

Le préfixe a- (1) remonte à la préposition latine ad-, très productive en position préverbale. En latin, ad- modifie surtout des radicaux verbaux mais aussi (bien que très rarement) des radicaux nominaux, des adjectifs et des adverbes. Le d s'assimile le plus souvent à la consonne qui suit, dont il entraine le dédoublement.

Le préfixe a- a pour variante la forme ad- dans un nombre restreint de mots : adjacent(e), adjoindre, adjuger, admettre. Cette forme est reprise de nos jours (bien que très rarement) dans certains néologismes techniques comme adsorber.

Le préfixe a- subsiste essentiellement dans les mots composés de formation ancienne, dont plusieurs sont toutefois en voie de disparition : accourcir, alentir, apetisser, assauvagir, assoter. Il est souvent remplacé ou concurrencé par ra-, où r- a une valeur intensive : rabaisser, ralentir, rabattre, raccrocher... Comme néologisme, on ne relève que amocher « rendre moche, abimer ».

Beaucoup de créations en a- ne sont plus guère analysées de nos jours : accaparer, accomplir, acheter, acquiescer, adapter, admirer, affecter, affrioler, affubler, agglomérer, ajouter, ablution, accastillage, accointance, admonestation, adversaire, affection.

a- est fortement concurrencé en français moderne par le préfixe en-, les suffixes -ifier et -iser. Ces derniers lui sont manifestement préférés par la langue scientifique et technique. Aussi les néologismes en a-/ad- sont-ils très rares : accouver, accouvage ; adsorber (1907) calqué sur le radical d'absorber ; alunir et amerrir ont été formés sur atterrir. La faible productivité du préfixe semble due par ailleurs au regain de vitalité du a- privatif particulièrement productif aux 19ème et 20ème siècles, ce dernier étant nettement motivé.

En français moderne le préfixe a- ne s'accole qu'à des mots commençant par une consonne. Les radicaux commençant par une voyelle lui préfèrent le préfixe en- (enorgueillir). a- entraine souvent le redoublement de la consonne initiale du mot de base.

Le préfixe a- se combine avec le préfixe ré- : réaccoutumer, réadapter, réadmettre, réaffirmer, réajuster mais aussi rajuster, réapparaitre, réapprovisionner, réarranger, réarrangement, réassigner, réassortir. Beaucoup plus nombreux sont les exemples où a- se combine avec la forme abrégée du préfixe re- (qui n'exprime pas l'itération) : rabattre, raccompagner, raccourcir, raffiner, raffoler, rajuster, ralentir, rallonger, ramasser, ramener, ramollir, rapetisser, rapprocher, rassembler, rassurer, ravitailler, raviver. L'alliance de r- et de a- entraine souvent des spécialisations sémantiques : affiner, raffiner ; affoler, raffoler ; assurer, rassurer. a- peut également se combiner avec le préfixe dés- : désacclimater, désaccoutumer, désagrément, désapparier, désappointer, désapprouver.


a- exprime une idée de passage d'un état à un autre, ou d'attribution, ou de direction vers un lieu, ou de manière ou encore d'inchoativité.

1. Dans les mots composés à base adjectivale et dans les dérivés de verbes, avec l'idée de passage plus ou moins complet d'un état à un autre « rendre, rendre plus ... »

A.− Dans les parasynthétiques (préfixe, radical, suffixe) à base adjectivale.

  • Le tanneur assouplit le cuir :

  • « le tanneur rend le cuir souple » (sens absolu) ;

  • « le tanneur rend le cuir plus souple » (sens relatif, par rapport à l'état de l'objet au début de l'action).


Dans cette fonction, a- est concurrencé :

  • par le préfixe en-, qui va souvent de pair avec une idée d'intériorité : embourgeoiser « pénétrer de l'esprit bourgeois », empuantir « pénétrer de puanteur », engraisser « gaver, gorger », enjuiver « pénétrer de l'esprit juif » ... Noter aussi : embêter « ennuyer, contrarier fortement ». Cependant des mots comme enlaidir ou embellir se rapprochent des formations en a-. L'expression la plus nette de la concurrence en langue entre a- et en- est fournie par le couple d'antonymes : appauvrir : « rendre pauvre » « rendre plus pauvre », enrichir : « couvrir de richesses » « couvrir de plus de richesses ». En- implique parfois des connotations d'ordre moral, incompatibles avec le préfixe a- : anoblir, sens propre / ennoblir, sens moral ; durcir, sens propre / endurcir, sens moral.

  • par les formations d'un adjectif de couleur + er / ir qui constituent une classe de verbes symétriques (tantôt transitifs, tantôt intransitifs) : les papiers jaunissent ; jaunir des papiers.

  • par les mots composés en é- : échauffer, éclairer, égayer, épurer ;

  • par les suffixes -ifier et -iser qui n'expriment pas l'idée d'un passage plus ou moins complet ; le passage d'un état à l'autre est total et net : mollifier « rendre mou », amollir « rendre (plus) mou », tranquilliser « rendre tranquille » ; -ifier marque en particulier le passage d'un état physique à un autre : gazéifier, humidifier, liquéfier, solidifier. Il s'accole de préférence à des radicaux savants : dulcifier à côté de adoucir, rubéfier à côté de rougir (à comparer cependant avec amplifier et simplifier). Usités fréquemment dans le langage scientifique, ifier et -iser traduisent surtout la notion de transformation, étrangère au préf. a- : pétrifier « transformer en pierre ».


B. Dans les dérivés de verbes

  • baisser/abaisser : baisser est absolu et abaisser est relatif ; abaisser, c'est baisser vers. Le verbe baisser exprime uniquement l'action ; contrairement à abaisser, il se désintéresse du caractère progressif.

  • raser un mur « abattre un mur à ras de terre » ; araser un mur « mettre un mur de niveau »

  • Dans assujettir, a- rend explicite la différence de niveau entre le sujet et l'objet, la subordination progressive de l'un à l'autre.


2. Dans les mots composés à base substantivale, avec l'idée d'attribution, de direction vers un lieu, de manière.

A. L'idée d'attribution : le substantif de base a valeur de complément d'objet.

  • accoutumer « donner la coutume à ... »

  • accréditer « donner l'autorité nécessaire à ... »

  • affamer « donner faim à ..., faire souffrir de faim en privant de vivres »

  • affiler « primitivement, donner le fil à un tranchant »

  • affourager « pourvoir en fourrage »

  • amariner « pourvoir un navire en marins »

  • annoter « pourvoir un texte de notes » « mettre des notes en marge de ... »

  • apeurer « donner peur à ... »

  • approvisionner « donner des provisions à ... »

  • assoiffer « donner soif à, faire souffrir de soif en privant de boisson » ...

  • amariner , le radical est de l'animé (marin).

  • De même, achalander signifiait « pourvoir en chalands (clients) »; ce mot a pris le sens de « pourvoir en marchandises » (un magasin bien achalandé).


B.− L'idée de lieu.

Le substantif de base a (ou avait) valeur de complément d'objet :

  • s'accouder « mettre les coudes à ... »

  • s'accroupir

  • acculer

  • adosser « mettre le dos à ... »

  • s'agenouiller


Le substantif de base a valeur de complément de lieu (au sens propre ou au sens figuré) :

  • Verbes préfixés transitifs : aboutir « arriver au but, atteindre le but », acheminer « faire avancer sur un chemin, mettre en chemin », aliter « mettre au lit », attraper « prendre (comme) dans un piège ».

  • Verbes préfixés intransitifs : alunir « aborder sur la lune », amerrir « se poser à la surface de la mer », apponter « se poser sur la plate-forme d'un porte-avions », atterrir « reprendre terre ». Dans le verbe (s') attarder « (se) mettre en retard » (de base adjectivale) s'exprime l'idée de temps.


C. L'idée de manière (« disposer, réunir en » + substantif de base).

  • affourcher « primitivement, disposer en fourche »

  • aligner « mettre en ligne »

  • amasser « réunir en quantités considérables »

  • ameuter « assembler en meute pour la chasse » d'où le sens cour. :« rassembler dans une intention de soulèvement ou de manifestation hostile »


3. Dans les dérivés de verbes, avec l'idée d'inchoativité de l'action.

  • ranger signifie « mettre à sa place »; et arranger « créer, assigner aux choses des places convenables », c'est à dire « ranger pour la première fois, établir la combinaison qui donne à un ensemble de choses leur place ». De même, a- suggère l'inchoativité dans : aposter « poster qqn dans un endroit déterminé », assigner « indiquer la place d'une chose »

  • On perçoit avec les sens, avec l'esprit. On aperçoit avec les yeux. L'acte d'apercevoir entraine la perception, analyse intérieure et consciente du stimulus. On apercoit pendant un seul moment.

  • Le verbe paraitre signifie « se montrer » (aux yeux). L'apparition est le début de cette action, l'instant seulement où la chose se révèle (au sens propre et au sens figuré) : un personnage apparait sur la scène (sens propre) ; dans un roman un personnage nous apparait honnête, bon, etc. (sens figuré).


Remarques :

1. Les verbes constituent la part la plus importante des créations en a-. Le préfixe permet :

des formations parasynthétiques (préfixe, radical, suffixe)

  • dont la base est un adjectif : abâtardir, abêtir, abrutir, s'acagnarder, accommoder, accouardir, accourcir, acoquiner, acquitter, adoucir, affadir, affaiblir, affermir, affiner, affoler, affranchir, affriander, aggraver, agrandir, ajuster, alentir, allonger, alourdir, amaigrir, amatir, améliorer, amenuiser, amincir, amoindrir, amollir, annuler, anoblir, apetisser, aplanir, aplatir, appesantir, approcher, approfondir, arrondir, assagir, assainir, assécher, assombrir, assoter, assauvagir, assouplir, assourdir, assurer, attendrir, attiéder, attrister, aveulir, avilir, aviver, etc.

  • dont la base est un substantif : accompagner, accréditer, affamer, affiler, affourager, allaiter, annoter, apeurer, approvisionner, assoiffer.


des formations où le préfixe modifie une base verbale qu'on reconnait aisément (battre, abattre), même si le verbe composé est sémantiquement éloigné du verbe de base (coucher - accoucher; mettre - admettre).

des formations issues de locutions dans lesquelles la préposition à est absorbée par le mot suivant : accroire, faire à croire, laisser à croire ; affleurer, à fleur (de)



2. Moins nombreux que les verbes, les substantifs préfixés en a- sont :

tantôt des dérivés verbaux obtenus par suffixation

  • en -ment pour les verbes en -er : (accommodement, acoquinement, affinement, ajustement, attristement) ou en -issement pour les verbes en -ir inchoatifs (abâtardissement, abêtissement) ;

  • en -age (abordage, achalandage, accostage, affilage, amarinage, arrivage à comparer avec arrivée, atterrage) ou en -issage pour les verbes en -ir inchoatifs (amerrissage, atterrissage) ;

  • et plus rarement en -ation (aggravation, amélioration, annotation).


tantôt des substantifs obtenus par une dérivation régressive : accroc, accrocher ; acquit, acquitter ; affront, affronter (noter cependant la différence de sens entre affront et affronter) ; annonce, annoncer ; atour, atourner.

tantôt des substantifs dont les verbes correspondants ont disparu : adent, adenter ; assentiment, assentir ; attrait, attraire (attirer).



Intégrée au mot qu'elle précède, la préposition à fournit également quelques substantifs : acompte, adieu, ajour, aplomb.

D'autres substantifs remontent à des locutions entièrement lexicalisées (avoir à faire, affaire ; pleuvoir à verse, averse ; jouer à tout, atout) ou partiellement lexicalisées (à-coup, à-peu-près, à-côté). Les formations substantives parasynthétiques à base adjectivales sont très rares : (ac)calm(ie) (voir l'histoire de ce mot), (ap)proxim(ation) / (ap)proxim(atif) (à comparer avec proximité). Les dérivés en a- peuvent être des adjectifs (formes en -ant, ent) : adjacent(e), attenant(e), avenant(e). À noter aussi : aprioriste, a priori.



a- (2)

a- (2), d'origine grecque, signifie « sans » « privé de ». La plupart des dérivés appartiennent au vocabulaire technique.

  • acardiaque, acataphasie, acéphale, acéphalie, adynamie, agrammatisme, agraphie, aleucémique, alexie, anergie, anorganique, aphasie ;

  • anonyme « sans nom » « inconnu » ; anormal « qui n'est pas normal, qui s'écarte de la norme » ; apolitique « qui se tient en dehors de tout courant politique » ; atypique « qui n'a pas de type régulier » ;

  • achromatique (primitivement « sans couleur ») en optique « qui fait voir les images des objets sans franges irisées », en chimie « qui se colore mal par les colorants usuels » ; apesanteur « absence de pesanteur » ; asymétrique « dépourvu de symétrie » ;

  • acotylédone « dont les cotylédons sont peu visibles » ; acyclique en géologie « qui ne présente pas de caractère cyclique » ; amitose « mode de division directe de la cellule » ; aptère « qui est dépourvu d'ailes ».


Ce préfixe s'écrit a- devant une consonne dont il n'entraine jamais le redoublement : abiotique, acardiaque, acéphale, achromatique, acotylédone, acyclique, adynamie, agrammatisme, agraphie, aleucémique, alexie, alogique, amoral, anormal, apolitique, asymétrie, etc. Il devient an- devant une voyelle : anencéphale, anérétisme, anergie, anorganique, anorthographie, etc.

Le préfixe a- privatif s'accole de préférence aux adjectifs : acyclique, alogique, amoral, atypique, etc. plus rarement à des substantifs : acotylédon, agrammatisme, agraphie.

Dans alogique (« qui ne tombe pas sous les exigences de la logique ») et amoral (« qui est moralement neutre »), le préfixe est commutable avec in- qui signifie « contre, qui va contre... » (illogique « qui va contre la logique, incohérent », immoral « qui viole la morale, qui va à l'encontre de la morale ») ; in- sert à nier et à manifester une réaction contre ce qui est établi, a- exprime la passivité à l'égard de ce qui est, il signifie « qui reste étranger à..., qui est sans rapport avec... ». Cependant, dans quelques néologismes, il se rapproche du sens de anti- (asocial « qui ne peut pas ou ne veut pas s'adapter à la vie sociale » ; asyndical « qui est étranger au..., qui va à l'encontre du syndicalisme »). Et dans le vocabulaire de la médecine : abiotique « contraire à la vie ».

Les dérivés en a- privatif sont :

1. Des mots grecs entrés dans la langue par l'intermédiaire du latin :

  • acéphale, acephalus, κ ε φ α λ η ́ « tête »

  • acolyte, acolythus, α ̓ κ ο ́ λ ο υ θ ο ς « suivant, serviteur » « clerc dont l'office est de servir à l'autel »

  • alyte, alytes, α ́ λ υ τ ο ς « qu'on ne peut pas dénouer » « batracien terrestre qui porte enroulés autour de ses pattes les chapelets d'œufs pondus par la femelle »

  • anonyme, anonymus, anonyma, anonymum, an + ο ́ ν ο μ α « nom » « qui n'a pas de nom, dont on ignore le nom »

  • asymétrique, asymmeter, α ̓ σ υ μ μ ε τ ρ ι ́ α « absence de symétrie ».


2. Des emprunts récents faits directement au grec :

  • abiotique (1877), a + β ι ω τ ι κ ο ́ ς, β ι ́ ο ς « vie »

  • achromatique (1764), α ̓ χ ρ ω ́ μ α τ ο ς « sans couleur »

  • adynamie (1808), α ̓ δ υ ν α μ ι ́ α « faiblesse physique »

  • agrammatisme (1931), α ̓ γ ρ α ́ μ μ α τ ο ς « illettré »

  • akinésie (1931), α ̓ κ ι ν η σ ι ́ α « immobilité »


3. Des mots de formation française, qui témoignent de la grande vitalité du préfixe en synchronie :

  • acardiaque, acotylédone, acyclique, agraphie, alogique, amoral, anergie, apolitique.

Le radical est aisément isolable dans la plupart des dérivés : acardiaque, acotylédone, acyclique, adiabatique, agrammatisme, agraphie, aleucémique, alogique, amoral, anorganique, anormal, anorthographie, apolitique, asymétrie. Pour certains dérivés, le radical relève de la langue technique ou scientifique : acataphasie, acathésie, achylie, agénésie, aglossie, agnosie, amitose, amusie, analgésie, anazoturie, anémie, anesthésie, anorexie, apyre...

Le préfixe a- privatif est encore productif dans la langue scientifique et même dans la langue courante : alexie (1907), agrammatisme (1931), akinésie (1931), acyclique (1933), agnosie (1948), aux dépens du préfixe homophone issu du latin.

jeudi 26 février 2026

Toutes les façons d'écrire les sons français

[p] passer, appeler, absent.

[b] il est bas, dribbler, abhorrer.

[v] vite, neuf ans, un évhémérisme, un W-C.

[f] un phare, un fil, effacer, sulfhydrique, un vreneli.

[l] le, une allée, une silhouette.

[r] rire, arrêter, un rhume, une diarrhée, un ghassoul.

[m] mais, comme, un amharique.

[n] nul, annuler, inhaler, condamner, un aulne.

[ɲ] se baigner, manier, vous vous baigniez, vous maniiez.

[ɳ] un ring.

[ʃ] cher, un shérif, un schéma, un fascisme le çivaïsme, un caitya, un rough.

[s] si, une scie, assez, une action, un forsythia, dix, un cirque, une succion, ça, une zarzuela, Metz, un asthme.

[ʒ] gentil, je nageais, jamais.

[z] dixième, une rose, quinze, un alzheimer, un lazzi (deux prononciations).



[t] toute, attendre, une thèse, quand il.

[tʃ] tchadien, un chat (sur internet), vivace (en musique), ciao (ou tchao), un qi gong.

[ts] un tsar ou tzar ou czar, un csardas ou czardas, une canzone


[k] une carte, cueillir, accaparer, un technicien, un kart, un drakkar, un khat, cinq, quatre, acquérir, un fiqh, un romsteck.

[ks] un taxi, exciter, un accident, se pacser, ksi.


[g] un gorille, un joggeur, un spaghetti, je naviguais, second.

[gz] un exercice, exhorter, zigzaguer.


[d] dix, adhérer, additif, un bouddhisme.

[dz] une pizza, un dzêta ou zêta.

[dʒ] un gin, une loggia, un djobeur, un badge, un jean.



[ə] un cheval, un faisan, monsieur.

Le son [ə] est souvent élidé à l'oral : un cheval, un ch'val, des cheveux, des ch'veux, le lendemain, le lend'main, nous faisons, nous f'sons, je faisais, je f'sais, monsieur, m'sieur).

[ø] eux, il est heureux, un nœud, des œufs, des bœufs, un œdème (deux prononciations), un maelström.

[œ] il pleure, une heure, un œuf, un bœuf, un œil, un röntgen, un flipper, un tee-shirt, hum.


[o] au, en haut, ho, des os, les Vosges, il est tôt, un hôpital, de l'eau, un heaume, un yacht

[ɔ] un aurochs, une tortue, un hors-jeu, un os, un aquarium, un alcool, un coaltar.

La prononciation de ces phonèmes peut différer selon les régions et les locuteurs : cauchemar, causticité, caustique, cautère, cautériser, cautérisation,...



[a] il a, ha, ah, à, un âtre, un hâle, une femme. L'opposition [a] patte / [ɑ] pâte est de moins en moins sensible.

[i] dire, hiberner, y, une hydre, un tweed, haïr, vous fîtes, un e-mail.

[y] tu, humer, il a eu, qu'il eût, il crût (verbe croître), elle est aigüe (anciennement : aiguë).

[u] ou, un houx, où, aout (anciennement : août), un foot, un hooligan, il est new age, un bowling (deux prononciations), un haïku.


[ã] un an, un handicapé, une lampe, une hampe, en, Henri, une tempe, un paon, Caen.

[ɔ̃] on, une honte, il tombe, rhombe, un taon [Québec], un acupuncteur, un zérumbet.

La différence entre ces phonèmes est plus ou moins nette selon les régions et les locuteurs.


[ɛ̃] un lapin, il est impossible il est hindou, il est brun, le parfum, les Huns, il est humble, un pain, une faim, un peintre, Reims, hein, un lynx, un tympan, un rhynchite, un thym, bien. La prononciation de ce phonème peut différer selon les régions.


[e] une école, hésiter, descendre, hennir, et, prêt à, une maison, il le hait, il est, un eider, l'Aveyron, une abbaye, un heavy metal, une clef, vous allez, aller, mes, un fœtus, un freesia.

[ε] règlementaire, elle, un heptagone, un jouet, il gèle, il hèle, être, un hêtre, une aile, une haine, un abcès, il est, il neige, un jockey, un tramway, un hayon, un ready-made, un chef-d'œuvre, Noël.

La prononciation de ces phonèmes diffère selon les régions et les locuteurs.


[j] des yeux, un lion, une hiérarchie, une hyène, aïe !, un fjord.

[ja] un charabia, un hiatus, un yaourt, une hyalite, un jass.

[ju] un fioul, une yourte (ou iourte), il est new age, un yucca.

[jɔ] un iode, une yole, jodler.

[ej] ou [εj] il essaye, une abeille, il est pareil, un volleyeur, vous essayiez, vous veilliez, vous volleyiez.

[aj] de l'ail, ailleurs, il bâille, un haillon, un kayak, un cahier, aïe, un haïku, bye, une hype, un firewall, un night-club, un alzheimer, un zaibatsu, vous bâilliez, nous maillions, nous bayions (aux corneilles).

[ɔj] une goyave, roiller.

[œj] une feuille, un deuil, un orgueil, orgueilleux, un œil, une œillette, vous effeuilliez, vous cueilliez.

[uj] un fenouil, mouiller, une houille, un rocouyer, vous mouilliez.

[ij] une fille, crier, hier, y aller, une thyiade, un riyal, vous criiez, vous brilliez.

[ɥij] ennuyer, une cuillère, vous ennuyiez, vous aiguilliez.


[wa] de la ouate, une houache, un watt, une moelle, une poêle, une oie, un hoir, un moere ou moëre.

[waj] envoyer, une cancoillotte, vous envoyiez, vous batoilliez.

dimanche 15 février 2026

Iris et iridium

Le nom (un) iris est emprunté au latin iris, iridis (lui-même emprunté au grec ι ̃ ρ ι ς « arc-en-ciel, halo, iris [plante], partie colorée de l'œil »).

irido- est issu du grec ι ̃ ρ ι ς, ι ́ ρ ι δ ο ς « partie colorée de l'œil » et, pour quelques mots, du substantif iridium « métal extrait de certains minerais de platine ».


1. iridescence, iridescent, iris, irisage, irisation, irisé, irisement, iriser.

Une iridescence est le caractère de ce qui est iridescent ; la propriété qu'ont certaines surfaces à sembler changer de couleur selon l'angle de vue ou d'illumination. L'adjectif iridescent, iridescente, qualifie ce qui brille avec des reflets irisés. Ce mot est un dérivé savant du latin iris, iridis (iris), avec le suffixe -escent.

Un iris est un arc-en-ciel ; un halo de lumière parasite.

Une irisation ou un iris sont un spectre lumineux produit par une diffraction de la lumière blanche ; des reflets aux couleurs de l'arc-en-ciel apparaissant sur la surface de certains corps.

Un irisage ou une irisation, un irisement sont l'action d'iriser ; son résultat.

L'adjectif irisé, irisée, signifie qui a les couleurs de l'arc-en-ciel ; qui brille de reflets colorés.

Le verbe iriser signifie colorer des couleurs, des nuances de l'arc-en-ciel ; faire briller, faire chatoyer. S'iriser signifie devenir irisé.


2. iridacée, iridée, iridomyrmex, iridoptérygidé, iris, irone.

A. Un iridomyrmex est un genre d'insectes hyménoptères formicidés d'Australie et d'Argentine.

Les iridoptérygidés sont une famille d'insectes néoptères orthoptéroïdes dictyoptères mantodés.

Un iris est un insecte.

B. un iris est une pierre d'iris, un minéral.

C. Une iridacée ou iridée sont une plante de la famille ayant pour type l'iris.

Un iris est une plante ; une poudre extraite de son rhizome ; sa couleur.

Le genre Iris se démarque, y compris au sein de sa propre famille, par une architecture florale très particulière ; chaque fleur est en fait formée de trois « sous-fleurs » réunies en une avec un style à trois branches qui prend des allures de corolle. On se doute bien qu’une structure aussi complexe et originale a du se mettre en place au cours de l’évolution sous la pression de la sélection liée à la pollinisation par les insectes. Extrait de Fleurs d’Iris : un tunnel pour pollinisateurs (Zoom nature). Voir aussi Un iris sauvage dans les vergers ; Iris d’Allemagne : fascinante orchidée du Nord ; L’iris des serpents souffre d’un problème de pollinisation ; L’iris des serpents : un iris pas comme les autres ; Un iris sauvage dans les vergers (Zoom nature).

Les racines d’iris sont exploitées depuis l’Antiquité en médecine et en parfumerie. Leur nom iris vient, par le latin iris, du grec iris, qui est le nom de la messagère des dieux Iris, personnification de l’arc-en-ciel dans la mythologie. En effet, selon Dioscoride, « L’iris a des fleurs blanches ou jaunes ou violettes ou bleues ; aussi cette variété de tons l’a-t-elle fait comparer à l’iris céleste. » Pline l’Ancien abonde dans ce sens : « Les fleurs sont de couleurs diverses, comme l’arc-en-ciel, d’où son nom », qui en grec déjà désigne aussi l’iris de l’œil. Incidemment, l’iridium, métal élément 77, a été nommé ainsi par le chimiste anglais Tennant en 1804 à cause de la diversité des couleurs de ses sels. Enfin, Linné a retenu le nom de genre Iris, qui comporte environ 250 espèces aujourd’hui. En savoir plus : À propos d’irones et d’ionones, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 503.

Une irone est une matière odorante que l'on extrait du rhizome de l'iris de Florence. Ce nom est un dérivé savant d'iris, avec le suffixe -one.

Il s’agit de substances d’origine végétale, utilisées en parfumerie, dont les noms ont été créés par le chimiste allemand Ferdinand Tiemann dans une publication de 1893, « Sur le parfum de la violette » : Iron et Ionon, avec le suffixe -on (-one en français) car ce sont des cétones. L’auteur rappelle que les sources naturelles de ce parfum sont principalement « la fleur fraiche de violette et la racine sèche de l’iris », ce qui donne implicitement l’origine des deux noms. Tiemann nomme Iron (irone) « le principe odorant de l’iris », une substance huileuse qu’il extrait de la racine (un rhizome) d’iris, et il attribue à cette molécule la formule C13H20O. En savoir plus : À propos d’irones et d’ionones, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 503.


3. iridectomie, iridien, iridocèle, iridochoroïdite, iridocyclite, irido-diagnostic, iridocèle, iridodialyse, iridodonèse, iridodonésis, irido-kératite, iridologie, iridologique, iridologue, iridoplégie, iridopsie, irido-sclérotomie, iridoscopie, iridotomie, irien, iris, iritis

Une iridectomie ou iridotomie sont une excision d'une partie de l'iris. Le nom (une) iridectomie est un composé savant des mots grecs ι ̃ ρ ι ς, ι δ ο ς (iris) et de ε ̓ κ τ ο μ η ́ « coupure, amputation ».

Les adjectifs iridien (1), iridienne ou irien, irienne, sont relatifs à l'iris de l'œil.

Une iridocèle est une protrusion, une saillie, de l'iris à travers une lésion de la cornée.

Une iridochoroïdite est une inflammation de l'iris et de la choroïde.

Une iridocyclite est une inflammation de l'iris et du corps ciliaire.

Un irido-diagnostic est une méthode de diagnostic d'une affection générale basée sur des détails de la structure de l'iris ; un diagnostic d'une affection de l'iris.

Une iridodialyse est une résection chirurgicale des adhérences de l'iris ; une désinsertion accidentelle ou chirurgicale de l'iris ; une division congénitale ou traumatique au niveau de l'iris.

Une iridodonésis ou une iridodonèse sont une mobilité anormale de la membrane irienne.

Une irido-kératite est une inflammation de l'iris et de la cornée.

Une iridologie est une étude de l'iris. L'adjectif iridologique est relatif à cette étude. Une, un iridologue sont des spécialistes.

Une iridoplégie est une paralysie complète ou partielle de l'iris.

Une iridopsie est un trouble oculaire caractérisé par la perception d'anneaux colorés autour d'une source lumineuse.

Une irido-sclérotomie est une incision chirurgicale de la sclérotique et de la marge de l'iris, pratiquée en cas de glaucome.

Une iridoscopie est un examen de l'iris.

Une iridectomie ou iridotomie sont une excision d'une partie de l'iris.

Un iris est une membrane de l'œil.

L'adjectif iridien (1), iridienne ou irien, irienne, est relatif à l'iris de l'œil.

Une iritis est une inflammation de l'iris. Ce nom est un dérivé savant d'iris, avec le suffixe -itis.


4. iridié, iridien, iridium, irido-bronze, iridosmine.

L'adjectif iridié, iridiée, qualifie ce qui contient de l'iridium.

L'adjectif iridien (2), iridienne, qualifie ce qui rappelle le chatoiement de l'arc-en-ciel et la dureté de l'iridium.

Un iridium est un métal. Ce nom a été créé sur le latin iris, iridis « arc-en-ciel » (iris), à cause des couleurs variées qu'offrent les combinaisons de ce métal.

Un irido-bronze est un alliage d'iridium et de bronze.

Une iridosmine est un alliage naturel d'iridium et d'osmium.

En 1804, le chimiste américain Tennant découvre encore un métal, caractérisé par la diversité de couleurs de ses sels. En s’inspirant d’Iris (Iris, Iridos en grec), la messagère des dieux, personnification de l’arc-en-ciel, il nomme ce métal en anglais iridium (français iridium, allemand Iridium, espagnol iridio). En grec, iris, iridos désignait déjà l’arc-en-ciel, ou la fleur d’iris (chez Théophraste), ou l’iris de l’œil (chez Galien), d’où irisé, « aux couleurs d’arc-en-ciel  », iridacée, «  plante de la famille de l’iris », irien, iridien, « relatif à l’iris de l’œil », des mots qui n’ont de rapport avec iridié, « qui contient de l’iridium », que par la mythologie grecque. En savoir plus : À propos du tantale et du titane, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 426.