jeudi 18 juin 2026

Mordre, morceau, mors

En Suisse, une morce est une bouchée, un morceau.

Un morceau est une partie d'un aliment, d'un mets solide ; une partie rompue, coupée, brisée d'un corps ou d'une substance solide ; une partie distincte mais non séparée d'un tout ; un fragment ; une œuvre artistique ou littéraire considérée comme un tout. Ce nom est un diminutif de mors, avec le suffixe -eau.

En Belgique, couper à morceaux signifie couper en morceaux.

L'adjectif morcelable signifie qui peut être morcelé(e).

Un morcelage est l'action de morceler. Se morceler signifie être divisé en plusieurs parties.

Un morcèlement (anciennement : morcellement) est l'action de morceler et son résultat.

Le verbe morceler signifie diviser en plusieurs morceaux en plusieurs parties. Ce verbe est dérivé de morceau.

En argot, un morcif est un morceau. Cracher le morcif signifie lâcher, manger le morceau. Ce nom est une déformation argotique de morceau par la substitution du suffixe -if à -eau. En argot, un morcif est un morceau. Cracher le morcif signifie lâcher, manger le morceau. Ce nom est une déformation argotique de morceau par la substitution du suffixe -if à -eau.

Le nom (un) écrou (2) (un acte qui constate l'arrivée d'un prisonnier) vient de l'ancien bas francique skrôda « bout, lambeau ».

Le verbe froisser vient du latin vulgaire frustiare « mettre en pièces », dérivé du latin classique frustum « morceau, fragment ».

Le nom (un) lopin est dérivé de lope « morceau », qui n'est cependant attesté en ce sens qu'au 15ème siècle, peut-être de même origine que loupe (1).


Une mordache est une plaque de métal mou ou un morceau de bois garnissant les mors d'un étau ; l'extrémité de certaines pinces ou de grosses tenailles ; une grosse pince qui sert à disposer les buches dans une cheminée. Ce nom est probablement emprunté à un représentant occitan ou peut-être plutôt franco-provençal signifiant « morailles », du latin vulgaire mordacia, féminin du latin médiéval mordacium « agrafe », de mordaceus « pince », altération morphologique de mordax « tenailles » de mordax « habitué à mordre, mordant (au propre et au figuré) ».


Une mordacité est la qualité d'une substance corrosive et le caractère de ce qui blesse. Ce nom est emprunté au latin mordacitas « aptitude à piquer, nature piquante, saveur piquante » et au figuré « paroles mordantes, virulence du langage ».


Le mordage du poisson est l'action de mordre et le résultat de cette action, la façon qu'a le poisson de mordre l'appât. Ce nom est dérivé de mordre, avec le suffixe -age.


Un mordançage est une imprégnation de la laine, d'une étoffe par un mordant, en vue de l'impression ou de la teinture ; une technique pour permettre ou faciliter l'action d'un colorant ; une transformation d'une épreuve photographique ; l'action de l'acide qui attaque le métal du cliché.

Le verbe mordancer signifie imprégner de la laine, une étoffe par un mordant en vue de l'impression ou de la teinture ; appliquer un mordant sur une copie photographique. Ce verbe est dérivé de mordant.


Un mordâne est un contrefort de consolidation, d'un tenon, correspondant à un évasement en biais de sa mortaise. Ce nom est composé de mors du latin morsus « action de mordre, morsure » et de d'âne probablement à cause de la ressemblance de la partie saillante de cette découpe avec la lèvre inférieure d'un âne.


L'adjectif mordant, mordante, signifie qui mord ; qui entame, use, corrode ; qui provoque une sensation vive ; qui a une sonorité particulièrement pénétrante ; qui est d'une hostilité, d'une agressivité blessante.

L'adjectif extramordant, extramordante, qualifie ce qui donne une intense impression de morsure.

A. Un mordant est un instrument servant à saisir, pincer ou maintenir en place un objet ; une partie d'une tenaille ; une substance corrosive ; une substance permettant de fixer la couleur ; une substance dont on imprègne les tissus pour qu'ils prennent la teinture ; un vernis utilisé dans les impressions métalliques ; une substance chimique qui rend la coloration plus aisée.

B. Un mordant est le caractère de ce qui attaque, de celui qui attaque, qui critique avec vivacité ; une vivacité, une énergie, un entrain ; ce qui caractérise une sonorité et une vivacité particulières.


Une mordelle (Mordella) est un insecte. Ce nom est dérivé de mordre car les articles triangulaires des antennes représentent les dents d'une scie

Les mordellidés sont une famille d'insectes coléoptères polyphages cucujiformes ténébrionoïdes.


L'adjectif mordeur, mordeuse, signifie qui a l'habitude de mordre ; qui mord ou a mordu ; qui provoque une sensation vive.


L'adjectif mordicant, mordicante, qualifie ce qui est âcre et provoque un picotement ; quelqu'un qui aime à railler, à critiquer. Une chaleur mordicante est une sensation de picotement que l'on éprouve au contact de la peau de certains malades qui ont de la fièvre. Ce mot est emprunté au bas latin mordicans, mordicantis, participe présent de mordicare « irriter, avoir une action corrosive », dérivé de mordere, voir : mordre.

Une mordication est un picotement.

L'adverbe mordicus signifie obstinément, avec entêtement.


Un mordillage ou mordillement sont l'action de mordiller.

L'adjectif mordillant, mordillante, qualifie ce qui provoque ou se traduit par des sensations vives et répétées.

Le verbe mordiller signifie mordre légèrement et à diverses reprises. Ce verbe est dérivé de mordre, avec le suffixe -iller. On a lu aussi mordillonner et une mordillure.


Le verbe mordre signifie saisir avec les dents ; serrer fortement de manière à entamer ou à blesser ; attaquer, se défendre en saisissant avec les dents ; s'enfoncer dans quelque chose, s'y accrocher ; empiéter ; trouver une prise ; entamer en coupant ; porter atteinte, attaquer en usant, en consumant, en corrodant ; faire profondément souffrir, tourmenter ; critiquer avec agressivité, ironie ; regarder ; piger ; venir à l'appât et se faire prendre ; se laisser attirer, séduire. Mordre la poussière signifie subir un échec.

Se mordre signifie serrer fortement entre ses dents au point de se couper, de se blesser. Se mordre la joue, c'est la pincer avec les dents. Se mordre la langue, c'est se retenir de parler. Se mordre la queue, c'est, pour certains animaux, tenir sa queue dans la bouche, dans la gueule. Se mordre les doigts de quelque chose, s'en mordre les doigts signifient s'en repentir vivement, avoir des regrets. Ce verbe vient du latin populaire mordĕre (à comparer avec l'italien mordere, le catalan, l'espagnol, le portugais morder), en latin classique mordēre « entamer avec les dents », et en parlant du froid ou de paroles « tourmenter, piquer, chagriner ».

Ne pas en démordre signifie s'entêter, ne pas renoncer.

Familièrement, à la mords-moi-le-nœud signifie d'une façon extravagante, pas sérieuse. 


L'adjectif mordu, mordue, qualifie quelqu'un qui est amoureux ou qui est passionné. Une mordue, un mordu sont ceux qui sont passionnés par une activité ou un centre d'intérêt.

Être mordu par des puces, c'est être piqué. Avec une couture mordue, un bord de l'étoffe dépasse l'autre. Sur un navire, une manoeuvre mordue est étroitement serrée entre le réa et la joue d'une poulie, si bien qu'elle ne peut plus courir.

Le nom (une) momordique (une plante) est emprunté au latin botanique momordica, formé d'après le latin momordi, de mordere (mordre) parce que la semence est rugueuse et comme mordillée.


Une morène est un petit nénuphar à fleurs blanches. Ce nom est peut-être composé de mors du latin morsus « morsure » et de rène (rencontré en ancien français sous les formes raine, rene, reine) en position de génitif, du latin rana « grenouille », une appellation vulgaire reprise dans le latin botanique pour désigner une espèce du genre des hydrocharidacées, hydrocharis Morsus ranae.


Un morfil (2) est l'ensemble des particules et petites aspérités métalliques qui se forment sur le bord du tranchant d'une lame fraichement affutée ; l'ensemble des petites barbes métalliques sur les bords du corps du burin ; l'ensemble des barbes laissées sur la plaque de cuivre par le burin ou la pointe du graveur. Ce nom est composé de mort et de fil.

Un morfilage est la dernière opération de l'affutage des dents d'une lame de scie.

Le verbe morfiler signifie débarrasser du morfil le bord d'une lame fraichement affutée ; rendre lisse un objet métallique ; faire une encoche sur la tranche d'une carte, pour tricher.

Le verbe émorfiler signifie retirer le morfil sur une lame qui vient d'être affutée (un émorfilage). 


Familièrement, un morpion (ou, en argot, un morbaque) est un pou du pubis ; une personne de petite taille ou dont on a peine à se débarrasser ; un enfant, un gamin. Le morpion est un jeu. Ce nom est composé de mordre et de pion au sens de « pou », attesté en wallon au 15ème siècle, donc littéralement « le pou qui mord ». 


Un mors est une pièce métallique du harnais ; ce qui réfrène, ce qui contraint ; chacune des mâchoires d'un étau, de tenailles, de pinces ; la saillie d'une reliure. Ce nom vient du latin morsus « morsure (au propre et au figuré) » de mordere « mordre ».

Prendre le mors aux dents signifie s'emballer ; se mettre soudainement et avec énergie à une tâche, une activité ; se laisser aller à la colère.

Prendre le frein aux dents signifiait « prendre une bonne résolution et l’effectuer ». Cette expression, qui disparaît de notre Dictionnaire dès la 4e édition (1762), était concurrencée par prendre le mors aux dents, qui a fini par la remplacer. Il peut être intéressant de se pencher sur l’évolution du sens de cette dernière, dans laquelle le nom mors représente, comme l’ancien frein, « l’appareil qui se place dans la bouche du cheval pour le gouverner ». Si l’on en croit les premières éditions de notre Dictionnaire, l’expression a d’abord voulu dire « prendre une bonne resolution & l’effectuer ». Elle avait donc alors un sens positif et évoquait un sursaut moral. La deuxième édition (1718) est encore plus explicite : « Il se dit aussi de ceux qui ayant esté dans l’indolence ou dans le libertinage, prennent tout d’un coup la resolution de se corriger & de se porter au bien, & qui l’effectuent ». Or aujourd’hui, elle a une valeur morale négative et, pour notre Dictionnaire, elle « se dit d’une personne qui cède soudain à ses impulsions, ou s’emporte subitement ». De la bonne résolution, on est passé à l’impulsion. Cela étant dit, il est toujours question d’un emballement soudain, qu’il prenne la forme d’un redressement ou d’un relâchement. Et cet emballement, c’est celui du cheval qui tient le mors entre ses dents, empêchant ce mors de faire son office de contrôle. En savoir plus : Académie française.

Un mors du diable est une scabieuse des bois, une plante.

Un mors de chape est une agrafe vestimentaire.


 Une morsure est l'action de mordre ; une marque, une plaie qui en résulte ; une blessure, une piqure ; l'action d'entamer en coupant ; une vive attaque ressentie à la surface de la peau, sur le corps ; une empreinte, une marque laissée par le temps, l'âge ; une attaque d'un matériau servant de support d'impression ; une attaque de la pierre ou des métaux dans les procédés lithographiques ; l'action de ce qui tourmente, de ce qui ronge, de ce qui attaque. Ce nom est dérivé de mors avec le suffixe -ure.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire