vendredi 19 juin 2026

La mort

Une mort est la cessation de la vie ; une fin ; une diminution de la force, de l'activité, des pouvoirs ; une sensation intense ; un malheur, une grande affliction. Ce nom vient du latin mors, mortis « mort, peine de mort [morte multare] » désignant la personnification de la Mort, au figuré « déficience, ruine, perte [mors memoriae] », dans la langue philosophique et religieuse pour la vie terrestre, dans la langue chrétienne « mort spirituelle (par le péché), mort spirituelle définitive ».

La locution in articulo mortis signifie à l'article de la mort.

Une morte, un mort sont le corps d'une personne décédée ; une personne très diminuée, atteinte dans son intégrité physique ou morale. La morte, le mort sont ceux qui ne participent pas à une partie de bridge ou de whist. En Belgique, sonner à mort signifie sonner le glas.

L'adjectif mort, morte, signifie qui a cessé de vivre ; qui semble, sous certains aspects, avoir perdu la vie ; qui est privé(e) d'une partie importante de ses moyens, est à bout de forces ; qui n'a plus d'existence reconnue, ne présente plus d'intérêt ; qui n'est pas ou n'est plus vivant, vivante ; qui n'est pas ou n'est plus en mouvement, en activité.

(Couleur) feuille-morte est de cette couleur, brun-roux.

Une nature morte est un tableau représentant des objets inanimés ou des animaux morts. Une, un nature-mortiste sont des peintres de natures mortes.

L'adjectif mainmortable signifie assujetti(e) à la mainmorte et qui est de mainmorte. Une mainmorte est un état des biens de dépendants dont ils ne pouvaient disposer ; la situation juridique des biens non aliénables.

Une malemort est une mort tragique.

Il semble que, pour tenir la mort à distance et pour s’en protéger par le langage, les vivants aient assemblé, à la manière des fils de Caïn, une grande quantité d’expressions, tantôt populaires et triviales, tantôt poétiques, tantôt limpides, tantôt obscures, mais toujours euphémiques pour dire le trépas. Les latins disaient que l’on rejoignait ses ancêtres, que l’on allait ad patres. Certaines expressions rappellent que la vie est liée au souffle et que la mort nous le reprend : rendre l’esprit, rendre l’âme, rendre son dernier soupir. D’autres sont plus imagées comme casser sa pipe ou avaler son bulletin de naissance. Pour désigner la mort comme état, et non plus comme évènement, on trouve, entre tant d’autres, manger les pissenlits par la racine, être six pieds sous terre, être entre quatre planches. En savoir plus : Académie française.

Le verbe estourbir (assommer, tuer) est un terme argotique dérivé de la forme alémanique du participe passé de l'allemand sterben « mourir », à comparer avec l'argot schtourbe « mort ».

-thanasie est tiré du grec -θ α ν α σ ι α, lui-même de θ α ́ ν α τ ο ς « mort » : une apothanasie (une prolongation de la vie), une cacothanasie (la pratique des médecins qui épuisent tous les moyens, même les plus énergiques, alors qu'il n'y a aucune probabilité de sauver le malade, lui rendant ainsi la mort plus pénible), une dysthanasie (une mort lente et douloureuse marquée par une longue agonie), une euthanasie (l'acte de provoquer la mort par compassion à l’égard d’un malade incurable pour mettre fin à ses souffrances), d'où : euthanasier, euthanasique.

Le nom (une) kère (un génie femelle de la destinée ou de la mort dans la mythologie grecque) est emprunté au grec κ η ́ ρ « déesse de la mort », « mort ; malheur, calamité ».

Le mot létal (qui provoque la mort) est emprunté au latin letalis « mortel, qui cause la mort », dérivé de letum « la mort ». Ce mot a été écrit léthal par rapprochement avec Léthé qui est emprunté au grec Λ η ́ θ η « Léthé, un des fleuves des Enfers », de λ η ́ θ η « oubli ». D'où : une létalité qui a aussi été écrit léthalité.

Le mot léthifère [le h n'est pas étymologique] (qui cause, entraine, provoque la mort ; où de nombreuses personnes trouvent la mort) est emprunté au latin letifer « qui donne la mort, meurtrier », composé de leti- (de letum « la mort », voir : létal) et de -fer (-fère).

Le mot (un roi) mat est tiré de l'expression échec et mat, emprunté à l'arabe as-sāh māt(a) « le roi est mort » (as-, forme assimilée de l'article défini al-; sāh « roi, dans le jeu d'échecs », emprunté au persan sāh « roi », voir : schah ; māta « il est mort »). D'où le verbe mater (1).

Les jurons mordieu ou mordienne, mordious, morbleu, signifient mort de Dieu ! par la mort de Dieu !


Un morfil est l'ensemble des particules et petites aspérités métalliques qui se forment sur le bord du tranchant d'une lame fraichement affutée ; l'ensemble des petites barbes métalliques sur les bords du corps du burin ; l'ensemble des barbes laissées sur la plaque de cuivre par le burin ou la pointe du graveur. Ce nom est composé de mort et de fil. Un morfilage est la dernière opération de l'affutage des dents d'une lame de scie. Le verbe morfiler signifie débarrasser du morfil le bord d'une lame fraichement affutée ; rendre lisse un objet métallique ; faire une encoche sur la tranche d'une carte, pour tricher. Le verbe émorfiler signifie retirer le morfil sur une lame qui vient d'être affutée (un émorfilage).


L'adjectif moribond, moribonde, signifie près de disparaitre, près de sa fin ; faible, sans éclat ; sur le point de mourir. Une moribonde, un moribond sont sur le point de mourir. Ce mot est emprunté au latin moribundus « qui est près de mourir ». Le verbe moribonder a signifié agoniser.


nécro- est tiré du grec ν ε κ ρ ο ́ ς « mort, cadavre ».


Le nom (un) obit (une mort, un décès ; une messe célébrée par fondation pour un défunt ; une chapelle pour ce service religieux. des obits : des honoraires versés aux prêtres pour la célébration d'un service funèbre) est emprunté au latin ecclésiastique obitus (tiré du latin obitus « mort »), « service anniversaire pour un mort ». Le mot obituaire est emprunté au latin médiéval obituarium.


Un serf mortaillable était attaché à la glèbe de père en fils, il ne pouvait transmettre ses biens qu'à des héritiers directs, le seigneur en héritant en cas contraire (taillable et mortaillable). On lit aussi : mainmortable.

Une mortaille est le droit que le seigneur avait, dans quelques coutumes, de succéder à son serf sans héritiers naturels. Ce nom est composé de mort et taille.


Une mortalité est le fait d'être mortel ; la nature, la condition mortelle ; le fait de mourir. Ce nom est emprunté au latin mortalitas « nature, condition mortelle, sujétion à la mort », à basse époque « quantité d'individus qui meurent ; épidémie, peste ; carnage ».

La mortalité désigne le nombre de décès intervenus sur une période donnée (une année) dans une population donnée. Elle s'exprime en général par le taux (brut) de mortalité pour lequel le nombre de décès est rapporté à 1 000 habitants le plus souvent, mais aussi à 10 000 ou à 100 000 lorsque les données le justifient.

La surmortalité correspond à un taux de mortalité anormalement élevé par rapport à une situation considérée comme « normale ». Pour la mesurer, on utilise l’indice comparatif (ou standardisé) de mortalité calculé, pour un groupe donné, comme le rapport entre le nombre de décès effectivement observés sur une période donnée et le nombre de décès qui seraient survenus au cours de cette même période si ce groupe avait été soumis à la mortalité par âge de l'ensemble de la population, multiplié par 100. Un rapport supérieur à 100 s'interprète comme une surmortalité dans le groupe observé.

Le taux de mortalité infantile est le nombre de décès d’enfants de moins d’un an pour 1 000 naissances vivantes. Les taux de mortalité infantile dans le monde sont très inégaux.

La mortalité prématurée ou évitable est par convention l’ensemble des décès survenus entre 1 et 64 ans. Certaines causes de décès à l’origine de la mortalité prématurée peuvent être considérées comme « évitables », c’est-à-dire qu’en l’état actuel des connaissances médicales et compte-tenu des capacités de prise en charge du système de soins, elles ne devraient pas entraîner de décès avant 65 ans.

En savoir plus : Géoconfluences.


Une immortalité est la qualité, l'état de celui ou de ce qui est immortel, de ce qui se perpétue ou semble se perpétuer indéfiniment, de ce qui dure ou semble durer tel quel pendant très longtemps ; une survivance dans la mémoire humaine ; la qualité de membre de l'Académie française.

Une néomortalité est la mortalité des nouveau-nés.


Une mort-aux-rats est une substance empoisonnée destinée à détruire les rats. Ce nom est composé de mort, aux, rats.


Un mort-bois est le bois de peu de valeur. Ce nom est une traduction, à l'aide de mort et de bois, du latin médiéval mortuum lignum, mortuum nemus auquel correspond le bas latin arbor infelix (à comparer avec l'antonyme felix « qui porte des fruits ») et auquel s'oppose le latin médiéval nemus vivum, lignum vivum. Mort-bois est à dissocier de bois mort « bois sec, bois pourri, bois abattu ».


Une morte-eau est une marée de faible amplitude qui survient à la quadrature entre la nouvelle et la pleine lune ; c'est aussi l'époque à laquelle se produit cette marée. Ce nom est une traduction du latin médiéval aqua mortua.


L'adjectif mortel, mortelle, signifie sujet, sujette à la mort ; qui peut périr, disparaitre ; qui cause la mort ; qui est pénible, désagréable ou ennuyeux, ennuyeuse à mourir ; qui évoque la mort, en a les caractéristiques. Une dépouille mortelle est un cadavre. Une mortelle, un mortel sont des êtres humains. Ce mot est emprunté au latin mortalis « sujet à la mort, périssable ; humain, mortel ; des mortels » « être humain » « mortel, qui donne la mort », spécialement mortale crimen, mortalia delicta « péché mortel » dans la langue chrétienne.

L'adverbe mortellement signifie de façon mortelle.

Une immortalisation est l'action d'immortaliser dans la mémoire ; son résultat ; c'est aussi une production de cellules en culture. Le verbe immortaliser signifie préserver de la mort, assurer la vie éternelle ; assurer une très longue durée à quelque chose et permettre ainsi sa transmission à la postérité ; rendre immortel dans la mémoire des hommes. S'immortaliser signifie acquérir une très longue renommée, devenir célèbre.

L'adjectif immortel, immortelle, signifie qui n'est pas sujet, sujette à la mort ; qui se perpétue ou semble se perpétuer indéfiniment ; qui dure ou semble pouvoir durer tel quel pendant très longtemps ; qui lasse par sa durée excessive. Une immortelle, un immortel sont ceux qui ne meurent pas ou des membres de l'Académie française. Une immortelle est une plante à fleurs persistantes.



Une morte-saison est une saison où l'activité est moindre pour un corps de métier. Ce nom est composé de morte, mort et saison.


Un mort flat est un ver à soie mort de flacherie. Ce nom est composé de mort et de flat de l'ancien français flac, flache « qui manque de fermeté », issu du latin classique flaccus (voir : flasque 1 et flacherie).


Un mort-gage est un procédé de crédit. Ce nom est une traduction du latin médiéval juridique mortuum wadium.


Une, un morticole étaient des médecins réputés faire mourir les malades plutôt que les guérir. Ce nom vient du titre du roman de Léon Daudet, Les Morticoles (composé du latin mors, mortis « mort » et du suffixe -cole) qui désigne des maniaques de la médecine, habitants de la Morticolie, pays imaginaire administré par des médecins. On a lu morticoliser.


L'adjectif mortifère signifie qui cause la mort ; qui provoque ou entraine la mort d'un grand nombre de personnes. Ce mot est emprunté au latin mortifer « mortel, qui cause la mort, fatal ».


L'adjectif mortifiant, mortifiante, signifie qui mortifie, blesse ou est propre à blesser le corps ; qui afflige le corps ou l'âme pour favoriser la pénitence, l'élévation spirituelle ; qui est de nature à blesser l'âme, à la corrompre ; qui mortifie l'amour-propre ; qui est est humiliant, humiliante, vexant, vexante.

Une mortification est un processus d'altération, de décomposition d'un tissu par la mort des cellules ; l'état qui en résulte ; l'action de garder certaines viandes pour qu'elles deviennent tendres et gagnent du fumet ; un acte volontaire par lequel on s'inflige une souffrance corporelle ou morale dans un souci de pénitence ou d'élévation spirituelle ; une blessure d'amour-propre, une humiliation, une vexation.

L'adjectif mortificatoire signifie mortifiant, mortifiante.

L'adjectif mortifié, mortifiée, signifie qui pratique des mortifications, a coutume de se mortifier ; qui est blessé(e) dans son amour-propre, est vexé(e), contrarié(e).

Le verbe mortifier signifie altérer, provoquer la décomposition d'un tissu biologique ; attendrir une viande en la battant, en la faisant rassir ; faisander un gibier ; meurtrir, mettre à mal ; infliger une souffrance dans un esprit de pénitence ou dans un souci d'élévation spirituelle ; faire souffrir quelqu'un dans son amour-propre ; blesser, humilier, vexer. Se mortifier signifie s'infliger une souffrance. Ce verbe est emprunté au latin mortificare, dans la langue chrétienne « tuer, mettre à mort » [spirituellement, par opposition à vivificare, « faire mourir » ; à l'emploi passif « être mort à, délivré de (lege, vitiis...)»], spécialement « mortifier, réprimer [opera carnis, voluntatem]», se mortificare, à l'époque médiévale [mordificare] en médecine « déterminer la gangrène » et en alchimie.


Une mortinaissance est la naissance d'un enfant mort-né.

Une mortinatalité est le nombre des enfants mort-nés par rapport à celui des naissances normales pour une période et dans une population donnée. Ce nom est composé du latin mors, mortis « mort » et de natalité.

L'adjectif mort-né, mort-née, signifie qui est mort, morte avant de naitre ; qui échoue avant même d'avoir pris son essor. Une mort-née, un mort-né sont des enfants morts avant de naitre.


Des morts-terrains sont des terrains qu'il faut traverser pour atteindre les roches exploitables ; des terrains relativement récents, recouvrant complètement un gite minier de formation plus ancienne.


L'adjectif mortuaire qualifie ce qui concerne la mort ; ce qui est funèbre, triste, lugubre. Ce mot est emprunté au substantif latin mortuarium, attesté une première fois au sens figuré puis à l'époque médiévale comme terme de droit au sens de « main-morte » et de « somme due à l'église sur l'héritage d'un mort » ; mortuarium est issu du bas latin mortuarius « funèbre [en parlant des jeux] » d'où le sens actuel.

une dissolution mortuaire ou une immersion mortuaire [en anglais : water cremation] le procédé par lequel le corps d'un défunt est réduit en ses composantes chimiques les plus élémentaires par hydrolyse alcaline. On lit ausso aquamation, resomation et biocrémation qui sont des marques de commerce. OQLF.

L'adverbe mortuairement signifie de manière mortuaire.


L'adjectif et le nom morte-vivante, mort-vivant qualifient ceux qui paraissent morts ou semblent sur le point de mourir.


Un mort-volant ou mort volant est une soie mal filée comportant des brins libres lors du dévidage des cocons. Ce nom est composé de mort et de volant, le participe présent de voler (1).


Voir aussi : mourant, mourir, mouroir.

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