Une gourme est une maladie contagieuse chez les jeunes équidés ; un impétigo ; en Belgique, c'est une enflure de la peau. Jeter sa gourme signifie, pour un cheval, être atteint de la gourme pour la première fois ; pour une personne, faire des folies de jeunesse. Ce nom vient de l'ancien bas francique worm [ou wurm] « pus » que l'on peut restituer d'après l'ancien haut allemand wurm et le néerlandais worm de même sens, l'ancien provençal vorm « morve du cheval ».
L'adjectif gourmeux, gourmeuse, signifie atteint, atteinte de la gourme ; dont l'origine est la gourme.
Comme l’indique notre définition, la gourme désignait (depuis le 14ème siècle) une maladie du jeune cheval. Dès le 16ème siècle, jeter sa gourme a pris le sens figuré de « faire ses premières folies » en parlant des jeunes gens.
Certains historiens de la langue pensent que c’est la métaphore médicale qui explique le glissement de sens : les frasques seraient une sorte de passage obligé, comme les maladies infantiles (la gourme désignait aussi l’impétigo des enfants).
D’autres linguistes font l’hypothèse d’une contamination entre la gourme, maladie du cheval et la gourmette, une chaînette métallique tenant à chaque côté du mors et passant sous la mâchoire inférieure du cheval, qui permettait de le contraindre et de le diriger (un cheval pouvait ainsi avoir la gourmette trop serrée). Il existait d’ailleurs une expression figurée, que donne la première édition de notre Dictionnaire, avec gourmette : rompre, casser sa gourmette, « se dissiper ou s’abandonner à ses passions après s’être contraint, après avoir vécu dans la retenue ». Sa signification est effectivement très proche du sens figuré de jeter sa gourme et il est plausible qu’il y ait eu une contamination de sens.
Nous l’avons vu, le nom gourme désigne une maladie qui affecte principalement les jeunes chevaux. Ce mot (dont la variante méridionale était vorme) serait issu du bas francique wurm ou worm, « pus », et, pour certains linguistes, on pourrait y rattacher le mot morve.
En remontant plus loin encore dans le temps, les historiens de la langue font l’hypothèse que ces formes worm et wurm seraient de la même famille que le mot latin vermis, « ver ».
En savoir plus : Académie française.
L'adjectif gourmé, gourmée, signifiait qui a une apparence raide, compassée, sans naturel. Gourmer un cheval signifie le brider en lui mettant la gourmette. Se gourmer signifiait affecter un air, un maintien raide et compassé.
Familièrement, gourmer quelqu'un signifiait le battre à coups de poing. Se gourmer signifiait se battre à coups de poings. Une gourmade était un coup, un coup de poing sur la figure.
Le verbe gourmer est dérivé de gourme sans doute en raison des tuméfactions qui résultent de coups de poings, comparables à celles laissées sur la peau par la gourme, ou du sens « rendre raide comme la gourmette qui entrave le libre jeu de la ganache du cheval ».
Une gourmette est une chainette passant sous la mâchoire inférieure du cheval et servant à fixer le mors dans sa bouche ; une chaine de montre, un bracelet à mailles aplaties. Familièrement, lâcher la gourmette à quelqu'un signifiait lui donner plus de liberté.
Quant à notre gourmette, si elle est rangée aujourd’hui dans le domaine « Orfèvrerie » du Dictionnaire de l’Académie française, elle est de moins haute naissance. En effet, avant d’être une chaîne de montre ou de bracelet à mailles plates, elle a été une chaînette métallique tenant à chaque côté du mors de bride et passant sous la mâchoire inférieure du cheval, que l’on appelait aussi mors à gourme. C’est de là que vient l’expression jeter sa gourme, « se livrer aux plaisirs et à certains excès propres à la jeunesse ». On dit d’ailleurs aussi en ce sens : casser sa gourmette. Cette gourme est une maladie des chevaux que Bescherelle définit ainsi : « C’est un écoulement d’une humeur visqueuse, gluante, roussâtre ou blanchâtre, qui flue des naseaux. » Ce nom, gourme, est issu du bas francique wurm ou worm, « pus », des formes à l’origine des noms allemand et anglais signifiant « ver ». En savoir plus : Académie française.
L'adjectif gourmeux, gourmeuse, signifie atteint, atteinte de la gourme ; dont l'origine est la gourme.
Une morve est une maladie contagieuse caractérisée notamment par un écoulement nasal abondant ; une sécrétion visqueuse s'écoulant des narines ; un degré de cuisson d'un sirop ; une maladie attaquant diverses plantes. Ce nom est peut-être une altération, par métathèse consonantique, née dans le domaine d'oc, de vorm « morve (du cheval) », forme méridionale de gourme.
Le verbe morver a signifié laisser couler sa morve.
L'adjectif morveux, morveuse, signifie relatif, relative à la morve, ce qui est de morve ; atteint, atteinte de la morve ; qui a la morve au nez, qui est couvert, couvert, de morve ; pour une plante, qui a la morve, se pourrit.
Familièrement, se sentir morveux signifie se sentir coupable, atteint par le jugement proféré, la critique émise. Une morveuse, un morveux sont des enfants, des personnes très jeunes, ou des personne gonflées de prétentions en dépit de leur jeune âge.
Le nom (une) malléine (un extrait de culture du bacille de la morve utilisé pour le diagnostic allergique de la morve) est un dérivé savant du latin malleus « marteau ; morve [maladie du cheval] ». D'où : malléiner, une malléination
myx(o)- est tiré du grec μ υ ́ ξ α « morve, mucosité » : une myxadénite, un myxadénome, une myxine, une myxobactérie, un myxochondrome, un myxocystome, myxœdémateux, un myxœdème, myxoïde, une myxomatose, un myxome, des myxomycètes, un myxomyome, une myxorrhée, un myxosarcome, un myxovirus (ci-dessous).
Le verbe moucher vient du latin tardif muccare dérivé de muccus « morve », variante de mucus. D'où : un mouchoir.
Le nom (un) mucus vient de ce mot latin signifiant « morve ». Le mot muqueux est emprunté au latin mucosus « muqueux », de mucus. Le nom (une) mucosité est emprunté au latin médiéval mucositas, de mucosus (voir : muqueux). Voir aussi : muci-, muco-, muscoso-.
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