jeudi 18 décembre 2025

Heur et heure

 

heur

Un heur était un destin favorable, une bonne chance, ce qui arrive d'heureux. Avoir l'heur de ... signifie avoir la chance, le plaisir de ... Ce nom vient du latin augurium « augure, interprétation des présages, présage (dans la religion romaine) » par l'intermédiaire de la forme agurium du bas latin et glissement au sens de « sort, condition, destinée » ; la collision homonymique avec heure, notamment dans des expressions avec bon eur ou mal eur, est à l'origine de l'ajout de l'initiale h au Moyen Âge.

Les noms bonheur et malheur sont composés à l’aide d’heur, lui-même issu du latin augurium, « présage favorable ». À l’origine, et conformément à l’étymologie, heur s’écrivait sans h et se rencontrait sous les formes öur, eür ou eur. Ce nom signifiait « sort, fatalité, destin ». À partir du 14ème siècle, la graphie heur est apparue, sans doute par analogie avec le mot heure. Cette dernière forme est le fruit d’une réfection savante : le latin hora a en effet évolué en or(e), forme que l’on retrouve dans les adverbes encore et lors et la conjonction de coordination or. Cette modification graphique était liée à l’homonymie des deux termes, mais aussi au fait que l’on voyait de l’un à l’autre un rapport de cause à effet, l’heure de naissance étant censée influer sur la destinée et donc sur le bonheur ou le malheur des individus. Cette croyance, ajoutée au fait qu’au Moyen Âge l’orthographe était mal fixée, explique que l’on trouve, surtout dans les composés, une grande variété de formes avec ou sans h.

En effet si on peut lire dans un sermon de saint Bernard « Bienaureiz sera cil ki demorrat en sapience » (« Bienheureux sera celui qui restera dans la sagesse »), Pierre de Larivey écrit, quant à lui, dans Les Esprits, une pièce dont s’inspirera Molière pour son Avare, « Les pauvres femmes sont cause de tous maux et ne bienheurent jamais une maison que par leur mort ». De même, Guernes de Pont-Sainte-Maxence, auteur plus connu sous le nom de Garnier, écrit au 12ème siècle, dans sa Vie de saint Thomas Becket, « De tuz les cheitis, sui li plus malourez » (« De tous les infortunés, je suis le plus malheureux »), alors que son homonyme, Robert Garnier, écrira, quatre siècles plus tard, dans Antigone ou la Piété, « Et ne va malheurer de mon malheur ta vie ».

Ce rapprochement entre la bonne ou la mauvaise fortune et le moment de la naissance va être souligné par des formes comme malheure, contraction de male heure, que rien ne distingue phonétiquement de malheur, et que l’on rencontre dans des expressions comme De malheure suis né.

Mais c’est par la croyance aux horoscopes, nom qui est emprunté, par l’intermédiaire du latin horoscopus, « constellation sous laquelle on est né », du grec hôroskopos, « qui examine l’heure de naissance », que l’on va lier par des rapports de dépendance l’heur, les heures et les astres. Ces rapports de dépendance, notre langue les dit encore avec des expressions comme être né sous une bonne étoile et être né sous une mauvaise étoile. Mais bien vite, on va passer de la chance ou de la malchance qu’ont eue tel ou tel en naissant à leur caractère, et l’on dira d’eux qu’ils sont bien lunés ou mal lunés. Enfin, ceux qui sont nés sous une mauvaise étoile vont être peu à peu perçus comme responsables de ce qui leur arrive et l’on confondra assez vite l’infortuné et le méchant (on constate le même glissement de sens avec la forme misérable). Ainsi le terme malotru, dans lequel on reconnaît le radical astre, a d’abord désigné une personne née sous une mauvaise étoile, sens aujourd’hui disparu, avant de désigner quelqu’un de mal élevé et de grossier. Son antonyme benastru, qui désignait, dans la langue du Moyen Âge, une personne née sous une bonne étoile, a disparu du français courant. Il ne se conserve plus guère aujourd’hui que dans certains parlers régionaux de l’Ouest de la France, et en particulier en Mayenne.

Académie française.



Le français a exprimé la notion de bonheur par un nom venant, par une évolution populaire, de augurium. Ce mot désignait, dans la langue religieuse des Romains, le présage tiré du vol des oiseaux. Augurium a donné l’ancien français eür, dissyllabique. En évoluant en français eür a subi deux modifications, l’une purement orthographique : l’h initial dont il a été doté, d’après le mot heure (du latin hora) – l’autre, phonétique, qui a consisté d’abord dans la réduction de e-ü dissyllabique à u, fait général que nous retrouvons dans sûr, issu de seür, dans armure, issu de armeüre –, ensuite dans le passage de u à eu. Ce passage résulte de l’hésitation qui a existé jusqu’à la fin du 16ème siècle entre u et eu, surtout devant r. C’est ainsi que burre est devenu beurre, tandis qu’inversement meure est devenu mûre. On aboutit ainsi à un mot heur.

Par son origine le sens d’heur n’était ni favorable ni défavorable. On pouvait l’orienter à l’aide d’un adjectif en disant bonheur ou malheur. Mais, comme d’autres mots relatifs à l’issue d’un événement (fortune, succès, chance), il a pris un sens favorable et heur s’est trouvé synonyme de bonheur. Heur est encore très vivant dans la première moitié du 17ème siècle. Corneille l’emploie couramment : T’en souviens-tu, Cinna ? Tant d’heur et tant de gloire Ne peuvent pas sitôt sortir de ta mémoire. (Cinna, V, 1.) On le trouve aussi chez Molière. Dans L’École des femmes Arnolphe invite Agnès, qu’il va épouser, à bénir toute la journée l’heur de sa destinée (III, 2 ; v. 680). Mais on le chercherait vainement dans l’œuvre de Racine. Dans un passage du chapitre « De quelques usages » où il traite des mots vieillis ou disparus, La Bruyère constate avec regret, semble-t-il, que le mot n’est plus en usage : « Heur se plaçait où bonheur ne saurait entrer ; il a fait heureux qui est français et il a cessé de l’être. » Heur ne subsiste plus que dans un très petit nombre de locutions. Ainsi l’on peut dire par ironie : « Il n’a pas l’heur de vous plaire. » Littré enregistre encore le dicton : « Il n’y a qu’heur et malheur en ce monde » (c’est-à-dire : tout est incertain dans les destinées humaines). Nous ne croyons pas qu’il soit très usité. Il est légitime de se demander pourquoi heur a disparu. On peut penser à des homonymies fâcheuses avec heure : quelle heure avez-vous ? pouvait, à l’audition, se comprendre de deux façons. En savoir plus : Georges Gougenheim.

Le nom (un) bonheur est composé de bon et heur du latin augurium « augure, interprétation des présages, présage (dans la religion romaine) ».

Le nom (un) malheur est composé de mal et heur.

Le nom (une) félicité est emprunté au latin classique felicitas « bonheur, chance ».

Voir aussi : un ou une happy end (un dénouement heureux), des happy few (un ensemble restreint de privilégiés).

Heur s'est d'abord écrit eür, aür (1160). Le mot vient du latin impérial agurium, en latin classique augurium « présage » qui subit une syncope à la post-tonique. Il a été confondu avec heure venu de hora. Les composés bonheur et malheur subissent la même erreur. Le mot est en provençal auguri, augur, agur, en espagnol aguero, en portugais agouro, en italien augurio. Le terme a été disyllabique jusqu'au 16ème siècle. En savoir plus : site de Dominique Didier.

heure, heure-machine

Une heure est l'espace de temps égal à la vingt-quatrième partie du jour, d'une durée de 60 minutes ; un moment convenu, prévu, fixé ; un moment du jour plus ou moins long ; un moment de la vie d'un individu, d'une société. Ce nom vient du latin hora, unité de mesure du temps désignant un point aussi bien dans le temps en général que dans la journée d'après le système de division du temps, ou une durée.

La tournure « c’est quelle heure ? » fait l’objet d’une certaine stigmatisation par les locuteurs du français qui ne disposent pas de ce tour dans leur usage (si vous ne nous croyez pas, lisez voir les commentaires sous ce post Facebook). D’aucuns diront qu’il est plus correct de dire: « quelle heure est-il ? », ou simplement « il est quelle heure ? ». Peu de gens savent que cette tournure est régionale, et on ne la trouve d’ailleurs dans aucun dictionnaire spécialisé. En savoir plus : Français de nos régions.

Le Dictionnaire des régionalismes de France indique : à bonne heure (de bonne heure, tôt ; à cette heure) prononcé à c’t’heure (maintenant) ; à point d’heure (à une heure exagérément matinale ou tardive) ; à pas d’heure, à plus d’heure (trop tard) ; jusqu’à pas d'heure, jusqu'à plus d’heure (jusqu’à une heure exagérément tardive) ; entre l’heure (entre la fin de la matinée et le début de l’après-midi) ; tout à l’heure (de nos jours, actuellement) ; j’ai vu l’heure que ... (il s’en est fallu de peu que ...) ; une heure de temps : (durant une heure).

Une heure de grande écoute est une tranche horaire où l'audience est la plus forte. En anglais : prime time. Voir aussi : avant-soirée, créneau de jour. JORF du 18/01/2005.

Une heure-machine est une unité de temps de travail correspondant au travail d'une machine pendant une heure.

On lit une demi-heure, six heures et demie, un quart d'heure, six heures et quart, six heures moins le quart, un kilomètre-heure ou km/h.

Voir aussi : horaire, horloge, horodaté, horodateur, horodictique, horokilométrique, horométrie, horoscope, généthliaque.

Concluons en rappelant que si heure vient du grec hôra et heur du latin augurium, ces deux termes ont été souvent confondus tant était forte la croyance que le bonheur d’une vie dépendait de l’heure de la naissance et que donc naître à la bonne heure était une promesse de nombreuses bonnes années. En savoir plus : Académie française.

De leur côté, l’anglais year et l’allemand Jahr tirent leur nom d’une racine indo-européenne, jor-, qui pouvait désigner les années, mais aussi et surtout les saisons, appréhendées essentiellement par leur caractère cyclique. Cette racine est à l’origine du grec hôra, auquel nous devons, par l’intermédiaire du latin hora, le nom « heure ». Mais ce mot a d’abord désigné toute période de temps revenant régulièrement, les années, certes, mais aussi les saisons, les mois, les jours et les heures. Ce furent surtout les saisons qui intéressèrent les peuples de l’Antiquité, peuples essentiellement de cultivateurs et d’éleveurs. Dans la mythologie grecque, les Hôrai, que nous appelons improprement « les Heures », sont les filles de Zeus et de Thémis qui accompagnent les dieux et sont au nombre de trois puisque, aux temps archaïques, les Grecs ne comptaient que trois saisons, printemps, été et hiver. On invoquait surtout les deux premières, considérées comme les déesses de la vie et de la croissance. À ces sens s’ajoutait celui de « moment favorable, propice » et, le cours de la vie des êtres humains étant traditionnellement comparé au déroulement d’une année, ce même nom désignait aussi la jeunesse, puisqu’elle est considérée comme le plus bel âge, celui qui est gros de toutes les promesses de récoltes à venir. En savoir plus : Académie française.

La division en heures (du latin hora) était fondée chez les Romains sur le jour considéré comme temps de clarté. La durée qui s’étend du lever au coucher du soleil était divisée en douze heures. La sixième heure coïncidait avec le milieu du jour ainsi conçu, elle était toujours à midi. Mais les heures étaient variables selon les saisons : plus longues en été où il fait clair plus longtemps, et plus brèves en hiver. Cette division est restée dans l’usage ecclésiastique, avec les mots prime (première heure du jour), tierce (troisième heure), none (neuvième heure). Le mot sieste en porte aussi témoignage : il est emprunté de l’espagnol siesta (sixième heure). La sieste est donc le repos du milieu du jour. La division du jour (de minuit à minuit) en vingt-quatre heures égales date du Moyen Âge. Mais elle ne s’est généralisée qu’à la Renaissance, avec le perfectionnement des horloges et des montres, qui exigeaient des mesures constantes et indépendantes des saisons. Au contraire, l’ancienne division était appropriée aux cadrans solaires. En savoir plus : Georges Gougenheim.

La pensée de Pierre de Jade : J'arrive toujours à l'heure mais c'est rarement la bonne.



heurette

Au Moyen Âge, les formes heurete, horette, horeite, hurete ou encore urette ne supposaient pas un temps long : elles étaient couramment employées sans qu’il soit toujours facile de déterminer l’étendue temporelle qu’elles représentaient. Ainsi, dans son Comput (un ouvrage sur le calcul des calendriers), Philippe de Thaon en fait de minuscules laps de temps. Il écrit en effet : De momenz, d’atometes / Que apelum huretes, « De moments, d’atomettes, que nous appelons des heurettes ».

On notera avec intérêt que, deux siècles avant que ne soit attesté le nom atome, on rencontre cette forme atomete, utilisée pour désigner la plus petite division du temps, et présentée comme un synonyme d’heurette.

Un instant très bref, c’est encore le sens que Guyart des Moulins donne à heurette dans la première version française en prose de la Bible, où il écrit : Tant de richeces sont destruictes « en une heurete », pour traduire le latin una hora, un passage que la plupart des traducteurs modernes rendent par « en un moment » (Apocalypse, 18, 17).

Mais il arrive aussi qu’horette corresponde à peu près à notre heure. On lit ainsi dans le Dit du Besant de Dieu, de Guillaume le Clerc de Normandie : E une horette el cham labore (et il travaille une petite heure au champ). C’est ensuite par antiphrase et de manière plaisante que cette « petite heure » va désigner une durée longue et indéterminée.

En savoir plus : Académie française.



heureusement, heureux

L'adjectif heureux, heureuse, qualifie ce qui est favorisé par le hasard, le destin ou la nature ; ce qui apporte ou annonce quelque chose de favorable, de positif, un avantage quelconque ; ce qui a une conclusion satisfaisante, des conséquences positives ; ce qui présente un caractère harmonieux, un ensemble de qualités correspondant à certains critères d'appréciation ; ce qui a un rôle bénéfique, suscite un jugement favorable ; quelqu'un qui se trouve dans un état de bonheur, de satisfaction, d'épanouissement ; ce qui exprime, donne ou favorise le bonheur ; quelqu'un qui semble éprouver, manifester du bonheur. Ce mot est dérivé d'heur.

L'adverbe heureusement signifie d'une manière opportune ; d'une manière naturellement avantageuse, favorisée par la chance ; de façon à produire des effets positifs, avec succès ; d'une manière ingénieuse, harmonieuse (par hasard ou comme par l'effet du hasard) ; de manière bénéfique, propre à susciter un jugement favorable ; de façon propice ; dans un état de bonheur, d'une manière pleinement satisfaisante

L'adjectif bienheureux, bienheureuse, signifie qui représente une chance très favorable ; qui est signe ou promesse de bonheur. L'adverbe bienheureusement signifie de façon bienheureuse ; pour son bonheur ; dans un état de grande satisfaction. Une bienheureuse, un bienheureux sont des termes religieux désignant ceux qui ont été élus, qui jouissent de la béatitude éternelle ou ceux qui ont été béatifiés par l'Église, mais non encore canonisés.

L'adjectif malheureux, malheureuse, qualifie quelqu'un qui n'est pas heureux ; ce qui n'est pas favorisé par la nature, les circonstances ou le destin ; ce qui est sans importance, mérite peu d'attention ; ce qui n'est d'aucune efficacité ;quelqu'un qui se trouve dans un état de malheur, de peine, d'affliction. L'adverbe malheureusement signifie d'une manière malheureuse ; d'une manière misérable, affligeante, digne de pitié ; d'une manière malencontreuse, fâcheuse ; d'une manière qui donne de la peine, du tourment, du malheur ; (en début de phrase) par malheur , hélas. Une malheureuse, un malheureux sont ceux qui sont dans une situation pénible, douloureuse ; ceux qui inspirent la pitié.

Le verbe féliciter est emprunté au bas latin felicitare « rendre heureux ».



vendredi 12 décembre 2025

Dire, ne pas dire (décembre 2025)

 L'Académie française commence par l'étude de l'usage d'une paire et une couple, un couple ainsi que de leurs dérivés. Cette analyse approfondie met aussi en évidence l'évolution des sens avec des exemples.

  Le pléonasme "prévenir à l'avance" est déconseillé en se basant sur l'étymologie de ce verbe et le rappel de ses significations. Il convient cependant de tenir compte de l'utilité de ces tournures à l'oral. "Je te préviens" est plus péremptoire que "Je te préviens à l'avance". "Je descends en bas" est mieux compris que "Je descends" qui fait attendre une précision (quoi). 

"Elle s'est mise en tête" ou "elle s'est mis en tête" ? La distinction est mieux comprise avec les exemples que par l'analyse de la fonction de s'.

 Littré écrivait de ne pas confondre "à revoir" et "au revoir". L'Académie s'étonne d'entendre "en revoir"...

 Découverte d'anglicismes : "comfort food" qui donne  l'occasion de rappeler que confortable en est un, et "keep in touch" que je connais pas davantage.

 Une très intéressante étude de noms et qualificatifs d'insectes rappelle que les apparences sont souvent trompeuses. 

 La qualité du champ lexical du nombre neuf est aussi un réel plaisir. 

 En réponse au courrier des internautes, des précisions sont apportées au sujet de termes féodaux. On découvre ensuite que le diner était un repas du matin et l'est parfois resté.

samedi 6 décembre 2025

Origine et évolution du mégadictionnaire

 Même la liberté de s'exprimer s'amenuise de jour en jour. Pour que la langue française conserve sa vitalité en s'affranchissant des impératifs commerciaux, le mégadictionnaire, gratuit et sans inscription, aide à trouver les mots, sans les censurer ni les bannir, tout en proposant des approfondissements avec des sites de qualité.


"C'est même pas français, c'est pas dans le dictionnaire !"

Beaucoup d'enfants sont restés perplexes en entendant cela. Peu ont pris le temps de vérifier d'autant que cet ouvrage est rare dans les familles tant qu'il n'y a pas une obligation d'achat d'un dictionnaire adapté à l'âge, donc inutile car l'élève y trouve rarement ce dont il a besoin, ou la fameuse distribution de cet ouvrage par le maire aux élèves entrant en sixième.

Se rendant compte du peu d'intérêt de cette "récompense", certaines municipalités distribuent maintenant des tablettes.

Mais il n'y a pas que les enfants... Un secrétaire de mairie me disait fièrement avoir conseillé au maire de répondre au député qui refusait un financement que le mot "infaisable" n'était pas dans le dictionnaire. Il n'apprécia pas qu'à mon avis, cela dépendait des dictionnaires...

Certains diront qu'on trouve tout sur internet. Oui si l'on connait le mot, si on sait l'écrire, si on évite les suggestions de recherche et les références commerciales. Et encore...

Au moins les dictionnaires "papier" permettaient d'explorer l'univers des mots, du moins le croyait-on. Nous avons tous été étonnés de ne pas y trouver un mot dérivé pourtant d'usage courant, de découvrir un mot commençant par eury- sans s'imaginer qu'il puisse y en avoir des dizaines, ou de ne pas comprendre les définitions.

C'est encore pire avec internet. Vous ne trouverez dans les dictionnaires que les mots que vous savez écrire donc que vous connaissez déjà. Il n'y a pas d'index, pas de champ sémantique. C'est comme si vous arriviez dans un immense centre commercial pour acheter un objet que vous ne savez pas nommer alors que tous les noms des rayons ont été enlevés.

Les dictionnaires indiquent généralement une graphie choisie en se basant sur "l'usage" mais bien souvent pour économiser de l'espace.

De nombreux mots disparaissent des dictionnaires ou n'y sont même pas admis. Chaque dictionnaire se base sur un corpus (certains auteurs et médias), sur les attentes présumées des acheteurs et sur le devoir impérieux de montrer le bon usage. Les fameuses nouveautés, argument commercial repris systématiquement par les médias, ont une durée d'utilisation généralement limitée. Certains chroniqueurs en ont fait leur terrain de prédilection pour traquer les manquements et fustiger ceux qui ne respectent pas les règles.

Ceux qui vivent de la langue française veillent à conserver la complexité de ces règles et même à l'amplifier afin de préserver l'élitisme, base de l'enseignement. Celles que j'ai décortiquées sont pourtant inutiles voire néfastes pour la compréhension du fonctionnement de notre langue.

Si vous entendez quelqu'un clamer dans un média complaisant qu'il est opposé à une réforme de l'orthographe, renseignez-vous. Il y a certainement intérêt pour en tirer profit. Notre langue évolue et c'est bien ainsi.

Cela se complique de plus en plus avec le politiquement correct. Il devient incongru d'utiliser certains mots. Il est impossible de citer d'excellents articles de linguistes car on y trouve un mot prohibé. "Quand on se repose sur l'intelligence artificielle, on ne peut pas attendre des résultats intelligents" écrit l'un de ceux dont les liens vers ses articles sur un réseau dit social sont systématiquement effacés.


Quelles ressources pour la langue française ?

La langue française, en France, est dominée par des entreprises commerciales qui font tout pour se prétendre indispensables. La tâche est ardue pour se libérer de leur carcan.

Les ouvrages anciens étant réédités avec un vocabulaire "contemporain", le dictionnaire Littré reste la base pour (re)découvrir les éditions originales (par exemple sur Gallica) mots du 19ème siècle maintenant honnis.

L'Académie française nous offre des rubriques souvent passionnantes, parfois pointillistes ou surannées. Je les indique généralement dans le mégadictionnaire en les modifiant en raison de la déplorable habitude d'utiliser comme titre la tournure "fautive".

L'Office québécois a édité de nombreuses rubriques sur l'usage des mots en particulier au Québec, elles-aussi référencées dans le mégadictionnaire. Le dictionnaire terminologique est d'un usage plus ardu à moins de rechercher des précisions sur un mot.

Il n'y a pas de coordination entre l'ajout de néologismes par l'Office québécois de la langue française et la Commission d'enrichissement de la langue française dont les décisions sont publiées au journal officiel de la République française.

Pour finir, il est impossible de compter sur l'apport des médias qui privilégient des tournures élitistes et les (faux) anglicismes.


Un dictionnaire qui aide à trouver les mots.

Les dictionnaires "papier" indiquent deux à trois fois moins de mots que le mégadictionnaire de la langue française. Ils n'ont pris en compte que progressivement les rectifications orthographiques de 1990. Les homonymes indiqués se limitent aux homophones ayant, selon ces ouvrages, la même prononciation.

Le Petit Larousse souffre du pointillisme de l'ordre alphabétique et de la séparation systématique entre noms propres et noms communs. Certains choix de mots et de graphies sont discutables, la prononciation est "normative". La typographie le rend très difficile à lire dès que la vue baisse.

Le Petit Robert a commencé de timides groupements (adjectif et adverbe). Il amorce des pistes étymologiques.

Les dictionnaires adaptés aux âges ne sont utiles que pour les apprenants (CP/CE1). Les autres suggèrent une langue française limitée et stéréotypée.

Le passage à internet n'a pas apporté de réelles améliorations. Les liens hypertextes s'ouvrent rarement dans la même fenêtre ce qui égare rapidement. Les commentaires et apports des internautes sont généralement refusés. Et surtout, il faut connaitre et savoir écrire le mot dont on a besoin...

Littré indique les mots précédents et suivants mais cela oblige à les chercher un à un.

Dans le mégadictionnaire, on peut facilement intégrer un maximum de mots pour aider à les trouver avec des définitions aussi concises que possible, des rapprochements par ressemblances et des regroupements par familles. Les contributions ne sont pas modifiées ou retirées sans l'accord de l'auteur.

Le mégadictionnaire est une porte d'entrée dans la langue française, généralement plus efficace que les portails.

Que va devenir le mégadictionnaire ?

L'histoire du dictionnaire international de la langue française est tumultueuse.

Une recherche de cohérence dans l'enseignement a conduit à établir des listes puis un dictionnaire des homophones d'abord publié dans des sites gratuits donc peu fiables ou rapidement envahis par la publicité.

Les fournisseurs d'accès à internet ayant proposé de créer des sites perso, cette solution a nécessité un investissement en temps de travail conséquent. Mais en 2014, Orange a interdit l'accès au site Gaétan Solo qui existait depuis dix ans puis a supprimé tout ce site, dont le dictionnaire des homophones, de son serveur. La raison n'en a pas été indiquée, était-ce parce que des liens pointaient vers des sites complémentaires ?

Heureusement, les fichiers étaient réalisés avec un logiciel gratuit et bien pratique (à condition de trouver un site de téléchargement sans entourloupe) : Nvu devenu Kompozer.

D'autre part, n'ayant que de très maigres connaissances en informatique, la mise en page devenue fastidieuse m'a orienté vers les sites Google qui n'imposent pas de publicités.

Le dictionnaire des homophones, devenu le Dicthographe (ou Dictho), occupait des milliers de pages sur une vingtaine de sites en 2020, date à laquelle Google a décidé de modifier l'apparence des sites. La nouvelle version ne convenant plus et le logiciel html ne pouvant plus supporter une telle densité, tout a été transféré sur Libre Office avec une parution en fichiers pdf. De nombreuses coquilles ont dû être corrigées.

Maintenant, les fichiers pdf étant eux-mêmes devenus difficiles à utiliser, peut-être du fait des logiciels experts ("l'intelligence artificielle"), j'ai supprimé les index que vous pouvez rétablir sous Libre Office. Cependant Chrome vient d'annoncer une amélioration pour la lecture des pdf.

L'internet était une évolution prometteuse. Collaborer, innover, conserver des documents en pouvant les enrichir, échanger, nous y avons cru. Beaucoup ont été découragés par des commentaires sur la qualité de l'orthographe et des photos, ou des remarques agressives. La création d'un site n'est plus encouragée.

Aujourd'hui, la seule collaboration suggérée est financière, l'innovation non commerciale a pratiquement disparu et tout est conçu pour créer une éphéméréité intrusive.

Pourtant certains sites perdurent contre vents et marées, ayant évité les écueils des innovations graphiques « indispensables » mais rapidement inadaptables aux nouveaux standards. Ils sont parfois victimes de leur gigantisme, ne pouvant pas mettre à jour leur contenu. Quelques forums sont lassants, permettant surtout à certains de montrer qu'ils sont capables de plastronner avec des informations décousues piochées ça et là.


Le dictionnaire international de la langue française

Le mégadictionnaire de la langue française, également nommé Dicthographe ou Dictho, permet de trouver un maximum de mots avec leurs variantes graphiques, par exemple en raison de l’évolution de l’orthographe, par ordre alphabétique, par famille ou par ressemblance.

Le mégadictionnaire simplifie la reconnaissance de la nature des mots : chaque nom est précédé d’un article, chaque adjectif est précédé par le verbe être ou un nom. Les noms propres y sont insérés, généralement s’il existe des noms dérivés.

Les mots sont groupés par famille étymologique, c’est-à-dire par référence à une origine commune.

Ce dictionnaire s’adresse aussi à ceux qui hésitent sur l’orthographe et donc bien souvent sur la prononciation en tenant compte des particularismes régionaux ou nationaux et de la tendance à ne plus opposer nettement des sons voisins (le â de gâteau et le a de bateau par exemple).

Dans le mégadictionnaire sont aussi prises en compte les formes verbales, sans négliger celles qui, pour certains, seraient actuellement moins prisées (imparfait du subjonctif par exemple).

Pour les mots techniques, un lien permet d’accéder au site adéquat. Les paronymes sont indiqués avec la mention : « Mots se ressemblant ». La francophonie y est particulièrement à l’honneur.

Trois couleurs sont utilisées : le bleu pour les mots moins utilisés (familiers, littéraires, régionaux, anciens), le rouge pour les mots scientifiques et techniques, et le noir.

Le mégadictionnaire, constamment complété et amélioré, est gratuit et ne vous impose pas de publicité. 

Pour en savoir plus sur l'évolution de ce dictionnaire : Pearltrees (sans inscription).

mardi 2 décembre 2025

La goule et la gueule

 1. Une goule est un vampire femelle qui, selon les superstitions orientales, dévore les cadavres dans les cimetières. Ce nom est emprunté à l'arabe ġūl, au pluriel ġīlān.


2. Familièrement, une goule est une bouche ; une gueule ; une ouverture plus ou moins arrondie. Venir, arriver la goule enfarinée signifient avec un visage faussement avenant. Se casser la goule signifie chuter. Fermer sa goule ou sa gueule signifient se taire. Faire la goule, faire la gueule signifient bouder. Voir le Dictionnaire des régionalismes de France. Cette forme du nom (une) gueule, attestée en ancien et moyen français a été reprise en français populaire et s'est maintenue dans certains parlers régionaux.

Familièrement, une goulée est une bouchée ou une gorgée avalées avec avidité. Prendre une goulée d'air signifie respirer profondément. Ce nom est dérivé de gole, goule, ancienne forme de gueule, avec le suffixe -ée.

Le verbe dégouliner est dérivé de dégouler « s'épancher », dérivé de goule (gueule).

Le nom (un) engoulevent (un oiseau) est composé de la forme verbale engoule (engouler) et de vent. Le verbe engouler (pour un animal, prendre brusquement avec la gueule ; avaler goulument) est dérivé de gueule.



Un goulet est un goulot ; un passage ou un bras de mer étroit ; un entonnoir pour pêcher. Un goulet d'étranglement est un goulot d'étranglement. Ce nom est un diminutif de goule, gueule, avec le suffixe -et.



Familièrement, une goulette ou margoulette sont une bouche, une mâchoire ; une gueule ; un visage, une figure. Se casser la margoulette signifie tomber. Pour l'étymologie de margoulette, voir : CNRTL.



Un vin gouleyant est frais et léger. Ce mot est dérivé de goule, gueule.



Familièrement, une, un gouliafre étaient des personnes qui mangent avec voracité et malproprement. L'adjectif gouliafre signifiait glouton, gloutonne, goulu, goulue. Ce mot est dérivé de gole, goule, gueule. Une gouliafrée était une orgie.



Un goulier est la mâchoire inférieure et la partie antérieure du cou du porc ; au Québec, c'est une bajoue de porc fumé. Ce nom attesté en Normandie et en Bretagne, est dérivé de goule, gueule, avec le suffixe -ier.



Un goulot est le col d'un récipient, d'une bouteille, d'un vase ; familièrement, c'est la bouche, le gosier. Boire au goulot signifie boire directement à la bouteille. Se rincer le goulot signifie boire. Ce nom est dérivé de goule, gueule, avec le suffixe -ot.

Un goulot d'étranglement est un passage difficile, ce qui retarde la circulation ou un processus.

Un dégoulottage est la suppression d’un goulot d’étranglement dans la chaine des opérations d’une installation industrielle afin d’en augmenter la capacité de production. En anglais : debottlenecking.


Une goulotte est un conduit d'écoulement des eaux ; un conduit ou un couloir incliné qui sert au transport par pesanteur de différents matériaux ; une ligne de glace en haute montagne. Voir le Dictionnaire des régionalismes de France. Ce nom est un diminutif de goule, gueule, avec le suffixe -otte.



L'adjectif goulu, goulue, signifie qui mange, boit ou désire une chose avec avidité ; qui est impatient, impatiente de manger. Ce mot est dérivé de goule, gueule, avec le suffixe -u. L'adverbe goulument ou goulûment signifie d'une manière goulue ; avec avidité. 


Familièrement, sa gueugueule est sa petite gueule. Une gueulade est un gueulement. Une gueulante est des cris, une clameur de protestation. Sa gueulette était sa petite gueule.

Un gueulard est l'ouverture supérieure d'un haut-fourneau ou du foyer d'une chaudière ; un porte-voix ; un canon. Familièrement, une gueularde, un gueulard sont ceux qui parlent fort et beaucoup. L'adjectif gueulard, gueularde, qualifie quelqu'un qui a pour habitude de parler haut et fort ; quelqu'un qui obéit difficilement ; quelqu'un qui est gourmand, goinfre ; ce qui est d'une couleur éclatante, criarde.

Familièrement, une gueulardise était une gourmandise ; une friandise.

Une gueule est la bouche de certains animaux ; un aspect, une apparence ; une ouverture béante. Ce nom vient du latin gula « gosier, gorge », « palais, bouche », par extension « gourmandise ».

Familièrement, une gueule est la bouche de l'homme ou un visage. Se casser la gueule signifie tomber. Casser la gueule à quelqu'un, c'est le frapper violemment au visage. Ta gueule ! Tais-toi !

Une gueulebée est un tonneau à un seul fond. Ce nom est composé de gueule et bée.

Une gueule-de-loup est un muflier, une plante ; un nœud ; une malformation caractérisée par un bec-de-lièvre complexe ; un tuyau permettant l'évacuation des fumées suivant la direction du vent ; un assemblage d'une menuiserie. Ce nom vient d'une certaine analogie de forme.

Familièrement, une gueulée était un cri, une clameur, des paroles proférées avec violence : une goulée. Un gueulement est le fait de gueuler ; un cri, un hurlement.

Familièrement, le verbe gueuler signifie pousser des hurlements ; crier, vociférer ; réclamer avec force ; revendiquer, protester bruyamment ; être bruyant ; produire un effet éclatant ; saisir avec la gueule.

Familièrement, une gueulerie est un gueulement.

Un gueules est une couleur rouge représentée sur une armoirie par des lignes verticales. Ce nom qui vient de gueule « gosier d'un animal », en raison du rôle important de la peau du gosier des animaux, surtout de la martre, dans la pelleterie ancienne, fait seulement référence à la couleur en héraldique (à comparer avec des noms de fourrure servant à désigner des couleurs : sable, hermine, vair),.

Familièrement, un gueuleton est un repas excellent et abondant. Le verbe gueuletonner signifie faire un gueuleton, bien manger.

On a lu un gueuloir pour la bouche considérée comme un instrument de résonance grâce auquel peut être jugée la qualité des sonorités de chaque mot du texte que l'on déclame.

Une gula est une gorge d'insectes (voir d'autres sens en entomologie).

L'adjectif gulaire qualifie ce qui fait partie ou est autour de la gueule : une plaque gulaire, une suture gulaire. Une gulaire est une plaque cornée autour de la gueule de certains animaux. Ce mot est tiré du latin gula « gosier, gorge » « palais, bouche » « gourmandise ». 

On lit un gulamentum (chez certains ordres d'insectes prognathes).

Le mot bégueule est composé de bée (béer) et gueule.

Le verbe dégouliner est dérivé de dégouler « s'épancher », dérivé de goule (gueule).

Les verbes dégueuler et égueuler sont dérivés de gueule.

Le nom (un) engoulevent (un oiseau) est composé de la forme verbale engoule (engouler, dérivé de gueule) et de vent.

Le verbe engueuler est dérivé de gueule. On lit aussi malengueulé (qui parle grossièrement, qui est malappris) [Québec]

Le nom (une) margoulette est un diminutif de goule, forme ancienne de gueule. D'où un margoulin.

samedi 15 novembre 2025

Gemme, gemme, gemme

Le nom (une) gemme, emprunté au latin gemma « bourgeon » et par analogie de forme et de couleur « pierre précieuse », a succédé à l'ancien français jame, forme autochtone, à une époque difficile à préciser étant donné que jame était souvent écrit en ancien français sous la forme étymologisante gemme (à comparer en ancien français avec les graphies fame / femme). Par l'intermédiaire des parlers du sud-ouest, le sens de résine est issu par métaphore de celui de « pierre précieuse ».

 

A. Une gemme est toute pierre précieuse ; tout cristal très dur, coloré et ayant l'aspect des pierreries.

Le gemmail est la technique de composition de vitraux d'art par simple juxtaposition et superposition de pièces de verre de couleur, sans le support d'un plombage. Un gemmail est un vitrail sans plomb, obtenu par collage de morceaux de verre. Le pluriel est des gemmaux. Ce nom est composé de gemme et du suffixe -ail tiré de vitrail.

L'adjectif gemmal (1), gemmale, gemmaux, gemmales, qualifie ce qui a l'apparence d'une pierre précieuse.

Le verbe gemmer (1) signifie orner de gemmes, de pierres précieuses. Ce verbe dérivé de gemme « pierre », est à comparer avec le latin gemmatus, et gemmare « être couvert de pierreries ».

L'adjectif gemmifère qualifie ce qui contient, recèle des gemmes, des pierres précieuses.

L'adjectif gemmiforme qualifie ce qui a les caractéristiques d'une gemme.

Une, un gemmiste sont des artistes spécialisés dans la composition de gemmaux.

La gemmologie est l'étude des gemmes, des pierres précieuses. Une, un gemmologue ou gemmologiste sont des spécialistes.


B. Une gemme est le suc résineux du pin recueilli par entaille pratiquée dans le tronc.

Un gemmage est l'opération qui consiste à inciser le tronc d'un pin pour en recueillir la résine. Ce nom est emprunté au landais yœmádya « récolte de la résine », dérivé de yēme, voir : gemme (3).

Un gemmage à vie est un gemmage modéré permettant la croissance de l'arbre. Un gemmage à mort est l'épuisement de l'arbre dans les années qui précèdent son abattage par l'ouverture de nombreuses carres [entailles faites au carré].

Un bois gemmé est durci par la montée de gemme. Le verbe gemmer (2) signifie inciser l'écorce des pins pour recueillir la gemme. Ce sens est emprunté au gascon gema « faire les opérations pour récolter la résine », en landais yœma « exploiter la résine », dérivé de yēme, voir : gemme. On lit un (ouvrier) gemmeur, une (ouvrière) gemmeuse.



B. Un sel gemme est un sel fossile extrait des mines sous forme de minerai.


C. Une gemme [gemma] est un bourgeon ou un élément reproducteur d'un végétal ou de certains animaux comme les polypes hydraires.

Les barbes des plumes gemmacées ont la forme d'un demi-cercle à leur extrémité.

L'adjectif gemmaire ou gemmal (2), gemmale, gemmaux, gemmales, est relatif au bourgeon.

Une gemmation est la formation des gemmes ou bourgeons reproducteurs ; en biologie, c'est une génération par bourgeonnement, une gemmiparité. Ce nom est dérivé du supin gemmatum, du latin classique gemmare « bourgeonner ».

L'adjectif gemmipare signifie, en botanique et en zoologie, qui se reproduit par des gemmes.

Une gemmothérapie est la partie de la phytothérapie utilisant des tissus végétaux, des bourgeons.

Une gemmule est le premier bourgeon apparaissant à la base des cotylédons qui donne naissance à la tige ; un amas de cellules entourées d'une coque protectrice que les éponges isolent quand les conditions de vie deviennent défavorables ; une particule représentative des propriétés cellulaires, imaginée par Darwin pour expliquer l'hérédité. Ce nom (une) gemmule est emprunté au bas latin gemmula « petit bourgeon ; petite pierre précieuse ».


D. Des gemmes [gemmae] sont des appendices thoraciques des hyménoptères formicidés de la sous-famille des ponérinés.

vendredi 14 novembre 2025

Est-ce que ça gazouille ?

 Pouvez-vous classer ces mots : famille de gaz, famille de gaze, autres mots ?


gaz

Un gaz est un état de la matière, classiquement opposé à celui des liquides et à celui des solides ; un fluide gazeux ; un mélange de gaz utilisé comme combustible ou carburant. Ce nom a été créé par le médecin flamand Van Helmont (1577-1644) à partir du latin chaos (en grec χ α ́ ο ς) « masse confuse des éléments répandus dans l'Univers », avec la graphie g d'après la prononciation flamande de ch-.

Mettre les gaz signifie accélérer. Avoir des gaz signifie avoir des flatulences.

Dans le détail, les gaz à effet de serre (GES) (en anglais greenhouse gas, GHG) absorbent le rayonnement infrarouge émis ou renvoyé par la surface de la Terre, ce qui augmente sa température, supérieure à ce qu'elle serait en l'absence des GES. En savoir plu : Géoconfluences.

Un gaz délaissé est une réserve de gaz naturel qui, pour des raisons techniques ou économiques, n'est pas exploitée. En anglais : stranded gas. JORF du 25/04/2009. Un gaz d'ajustement ou gaz d'appoint sont un gaz acheté pour couvrir rapidement une surconsommation journalière et dont la quantité n'a pas été prévue dans les contrats à long terme. En anglais : swing gas. Voir aussi : producteur d'ajustement. JORF du 12/02/2012. Un gaz de substitution est un gaz manufacturé qui peut être substitué au gaz naturel dans les applications thermiques. Un gaz de substitution est généralement composé d’un mélange d’air et de propane, ou d’air et de butane. Un gaz de synthèse est un mélange de monoxyde de carbone et d’hydrogène obtenu le plus souvent par oxydation partielle, qui est à la base de nombreuses synthèses chimiques. Parmi les produits synthétisés, on trouve le méthane, le méthanol, l’acide acétique et l’ammoniac. En anglais : synthesis gas. JORF du 03/04/2014.

Un gaz de charbon est un gaz naturel, essentiellement composé de méthane, extrait des gisements houillers. En anglais : coal-bed methane ; CBM ; coalbed methane ; CBM ; coal-bed natural gas ; CBNG ; coalbed natural gas ; CBNG. JORF du 14/08/2015. Un gaz d'hydrates ou gaz de clathrates sont un gaz naturel piégé dans les cavités présentes dans la structure cristalline des hydrates de gaz situés au fond des océans ou dans certaines zones périglaciaires. Le gaz d’hydrates est un gaz non conventionnel. Un gaz de réservoir compact est un gaz naturel qui est difficile à extraire de la roche dans laquelle il est piégé, en raison de la faible perméabilité de celle-ci. Le gaz de réservoir compact est un gaz non conventionnel. En anglais : tight formation gas ; tight gas. Un gaz de roche-mère :est un gaz naturel présent dans une roche, où il s’est formé et où il est resté confiné. Le gaz de roche-mère est un gaz non conventionnel. Lorsque la roche-mère est un schiste argileux, le gaz confiné est nommé « gaz de schiste ». En anglais : source rock gas. Un gaz de schiste est un gaz naturel présent dans des formations de schistes argileux. Le gaz de schiste est un gaz non conventionnel. En anglais : shale gas. Un gaz non conventionnel est un gaz naturel qui est piégé dans des roches peu perméables ou des gisements de charbon, et dont l’extraction nécessite le recours, dès le début de l’exploitation, à des techniques de stimulation de la roche qui diffèrent de celles qui sont utilisées couramment. Le gaz de roche-mère, le gaz de schiste, le gaz de réservoir compact, le gaz de charbon et le gaz d’hydrates sont des gaz non conventionnels. En anglais : non conventional gas ; NCG ; unconventional gas ; UG. JORF du 19/09/2018.

Un gaz de chasse est un gaz utilisé pour expulser des solides ou des liquides à l'extérieur d'une enceinte. En anglais : exhaust gas. Voir aussi : circuit d'alimentation. Un gaz de pressurisation est un gaz utilisé dans les réservoirs pour refouler les ergols dans les canalisations d'alimentation. En anglais : pressuring gas. Voir aussi : alimentation par détente, alimentation par pression constante, ergol. JORF du 22/09/2000.

Un gaz naturel est un mélange d'hydrocarbures saturés gazeux, très majoritairement du méthane, et d'autres composants, utilisable comme combustible. Uun gaz naturel comprimé, GNC ou gaz naturel pour véhicules, GNV sont un gaz naturel qui a été comprimé pour être utilisé comme carburant dans des véhicules. Le gaz est généralement comprimé à 200 bar, soit 2 x 107 Pa. En anglais : compressed natural gas ; CNG ; natural gas for vehicles ; NGV. Voir aussi : biométhane pour véhicules. JORF du 03/04/2014. Un gaz naturel liquéfié ou GNL est un gaz naturel qui a été condensé par refroidissement et qui est conservé sous forme liquide à des températures cryogéniques. Le gaz naturel liquéfié, qui est du méthane à l’état quasi pur, peut être utilisé soit comme combustible, pour la production d’électricité par exemple, soit comme carburant. En anglais : liquefied natural gas ; LNG. Voir aussi : condensat de gaz naturel, distribution directe du GNL, liquide de gaz naturel, soutage en GNL, terminal méthanier, unité flottante de production, de liquéfaction et d'expédition du GNL, unité flottante de stockage et de regazéification du GNL. JORF du 19/09/2018. En savoir plus : Géoconfluences. Un liquide de gaz naturel ou LGN est un hydrocarbure présent dans le gaz naturel, qui est récupéré sous forme liquide pendant les phases d’extraction et de production de celui-ci. L’éthane, le propane, les butanes et les condensats sont des exemples de liquides de gaz naturel.

Des gaz rares sont des gaz dépourvus d'affinité chimique et ne donnant aucun composé (l'argon, l'hélium, le krypton, le néon et le xénon).

Un gaz vecteur ou gaz porteur sont un gaz inerte introduit dans une colonne de chromatographie en phase gazeuse pour effectuer le transport physique des constituants d'un échantillon. En anglais : carrier gas. JORF du 02/09/2010.



gazage

1. Un gazage est l'action de gazer.

2. Un gazage est un flambage, l'action de passer un fil à la flamme d'un gaz.

Un dégazage est une élimination ou extraction des gaz ; l'opération consistant, après déchargement, à ventiler les citernes à cargaison pour éliminer les gaz explosifs qu'elles contiennent. Le terme « dégazage » est souvent utilisé improprement comme synonyme de « rejet en mer » (le plus souvent illicite) de déchets liquides ou solides.

Appelé parfois improprement « dégazage », le déballastage est le fait, pour un navire, d'opérer la vidange du lest liquide (ou ballast) qu'il transporte dans ses réservoirs pour s'alourdir pendant ses voyages à vide. Cette opération représente un double danger quand elle se fait en dehors des installations portuaires prévues à cet effet : dispersion des résidus (hydrocarbures par exemple) présents dans les cuves, à l'origine des nappes d’huile et des boulettes échouées sur les côtes ; dispersion d'espèces exotiques pompées lors du remplissage des cuves (eau de mer) en un autre lieu de la planète. En savoir plus : Géoconfluences.



gaze

Une gaze est un tissu très fin et très léger, de coton, de soie ou de lin, à l'aspect presque transparent, dont les fils de trame sont fortement liés à la chaine ; un tissu de coton très fin et aéré, généralement stérilisé, dont on se sert pour les pansements ; une membrane légère et transparente ; une substance ou une matière ayant l'aspect de la gaze. Ce nom est d'origine incertaine ; il serait plutôt emprunté à l'arabe qazz « bourre de soie », lui-même emprunté au persan, qu'issu du nom de la ville de Gaza en Palestine où l'existence ancienne d'une industrie textile n'est pas assurée.

Une gaze métallique est un treillage fait d'un fil de métal très fin servant à diffuser une flamme.



gazé, gazéifiable, gazéificateur, gazéification, gazéifier, gazéifieur, gazéiforme, gazéité

L'adjectif gazé, gazée, signifie qui subit ou a subi l'action de gaz asphyxiants.

Un gazé est un nom vernaculaire d'un insecte lépidoptère de la famille des piéridés, Aporia crataegi, de couleur blanche aux nervures noires. On lit aussi une piéride de l'aubépine.

J’ai vraiment un faible pour le gazé, ce papillon pourtant d’apparence banale ! Mais passé le premier coup d’œil, on perçoit vite son élégance raffinée ou l’art de faire du très beau avec presque rien : que du blanc, mais quel blanc pur, un blanc neige souligné par un réseau de nervures noires. Chez les individus âgés, les ailes en perdant une partie de leur revêtement d’écailles deviennent presque hyalines d’où ce surnom de gazé au sens de gaze. Les anglo-saxons le nomment à juste titre le « blanc veiné de noir » (black-veined white). Et puis il y a sa façon de voler en alternant battements amples et planés qui lui donne cet air éthéré d’elfe léger comme l’air ! Extrait de Le gazé : l’elfe blanc des prés fleuris (Zoom nature).

L'adjectif gazéifiable signifie qui peut être transformé(e) en gaz.

Un gazéificateur est un appareil d'éclairage au gaz ; un appareil servant à gazéifier l'eau.

Une gazéification est une transformation d'une substance en gaz ; une incorporation d'un gaz à un liquide ; un procédé de fermentation d'un liquide qui vise à rendre celui-ci gazeux.

La regazéification du gaz naturel liquéfié ou regazéification du GNL est l'opération qui consiste à reconvertir à l'état gazeux du gaz naturel qui a été préalablement liquéfié par refroidissement pour être transporté. La regazéification du gaz naturel liquéfié constitue la dernière étape de la chaîne du GNL. En anglais : liquefied natural gas regasification, LNG regasification. Voir aussi : chaine du gaz naturel liquéfié, gaz naturel liquéfié, unité flottante de stockage et de regazéification du GNL. JORF du 26/11/2021.

Le verbe gazéifier signifie transformer une substance en fluide gazeux ; incorporer un gaz en suspension dans un liquide ; rendre gazeux un liquide par fermentation.

Un gazéifieur est un dispositif de pyrolyse de déchets industriels et urbains produisant du gaz combustible.

L'adjectif gazéiforme signifie qui existe à l'état de gaz, est de même nature que le gaz.

Une gazéité est la propriété d'un corps d'exister à l'état de gaz.



gazelle

Une gazelle est un mammifère de la famille des antilopes ; une jeune fille ou femme élancée, particulièrement gracieuse. Ce nom est emprunté à l'arabe classique ġazāl (au féminin ġazāla), en arabe maghrébin ġazēl.

Une (entreprise) gazelle est une jeune pousse dont la croissance soutenue pendant plusieurs exercices atteste l'extensibilité du modèle économique. En anglais : scalable start-up, scale up, scaleup, scale up company. Voir aussi : extensibilité d'un modèle économique, jeune pousse, licorne. JORF du 30/08/2022.

Une cheville de gazelle, une corne de gazelle, un pied de gazelle sont un petit gâteau, à base de pâte d'amandes, originaire du Maghreb.



gazer

Le verbe gazer (1) signifie couvrir d'une gaze ; couvrir d'une substance qui en a l'aspect ; adoucir, tempérer. Ce verbe est dérivé d'une gaze.

Le verbe gazer (2) signifie intoxiquer quelqu'un avec des gaz de combat ; soumettre à l'action d'une flamme des fils dont on veut enlever le duvet ; aller bien, prendre bonne tournure. Les verbes gazer (2) et dégazer sont dérivés de gaz, d'où un dégazage, un dégazement, un dégazeur.



gazetier, gazette

Une gazetière, un gazetier étaient des fondateurs, directeurs ou rédacteurs d'une gazette ; des chroniqueurs ; des journalistes ; des personnes qui colportent des ragots.

Une gazette est une publication périodique ; en Belgique, un journal [un papier de gazette] ; un récit détaillé de petites nouvelles ; c'était une personne bavarde et bien informée. Ce nom est emprunté à l'italien gazzetta « feuille volante d'information », du vénitien Gazeta de le novite, nom d'un journal créé à Venise et qui coûtait une gazeta « pièce de monnaie valant environ trois liards » frappée à Venise en 1539 (d'où le français gazette « pièce de monnaie italienne ») ; le vénitien gazeta est d'origine controversée : soit dérivé du latin classique gāza « trésor, richesses », emprunté au grec γ α ́ ζ α « trésor du roi de Perse », soit, moins vraisemblablement, dérivé du vénitien gaza « pie », de même origine que geai.

Les premiers journaux français apparurent au 17ème siècle. On les appela des gazettes, ainsi La Gazette de France que Théophraste Renaudot publia chaque semaine à partir de 1631. Le mot vient de l’italien gazzetta, d’abord nom d’une petite monnaie de Venise, qui était le prix des feuilles de nouvelles paraissant dans cette ville. En savoir plus : Georges Gougenheim.



gazeur

1. Une gazeuse, un gazeur sont des ouvriers en dentelle qui font les remplissages des fleurs et des feuilles dans le point d'Alençon ; ceux qui savent gazer, déguiser les choses trop libres. Ce nom est dérivé de gazer (1), avec le suffixe -eur.

2. Un gazeur est un appareil servant à gazer les fils textiles. Ce nom est dérivé de gazer (2).



gazeux

L'adjectif gazeux, gazeuse, qualifie ce qui est relatif au gaz ; ce qui est de la nature du gaz ; ce qui est composé de gaz. Une boisson gazeuse contient du gaz carbonique dissous.



gazier

Une gazière, un gazier (1) sont des personnes qui travaillent pour la fabrication ou l'exploitation du gaz ; des employés du gaz. Familièrement, un gazier était un homme quelconque, un gars, un type.

L'adjectif gazier, gazière, est relatif au gaz de ville, à l'exploitation ou à la fabrication du gaz.

Un thème gazier est un ensemble de caractéristiques qui définissent un certain type de prospect gazier. Des prospects forment un thème gazier lorsqu’ils ont en commun le même niveau stratigraphique, la même roche-mère, le même réservoir ou les mêmes mécanismes de piégeage. En anglais : gas play.


Une gazière, un gazier (2) fabriquent de la gaze.



gazillon

Un gazillon est un bandeau de gaze très légère.



gazinière

Une gazinière est un appareil de cuisson au gaz.



gazo-

gazo- représente le nom gaz.



gazochimie, gazoduc, gazogène, gazo-iodé

La gazochimie est la partie de la chimie qui étudie la préparation, la purification et l'analyse des gaz.

Un gazoduc est une conduite destinée au transport du gaz du lieu du gisement au lieu d'exploitation.

L'adjectif gazogène qualifie ce qui fonctionne au gaz ; ce qui produit un gaz ; ce qui transforme un corps en gaz ; ce qui rend gazeux. Un gazogène est un appareil produisant un gaz par oxydation incomplète d'un combustible liquide ou solide ; un moteur et un véhicule fonctionnant ainsi.

L'adjectif gazo-iodé, gazo-iodée, qualifie ce qui est à base de gaz et d'iode.



gazole

Un gazole [en anglais : gas oil] est un carburant pour moteur diesel. C'est le distillat du pétrole obtenu après le kérosène, utilisé pour la carburation du gaz à l'eau et pour l'alimentation des moteurs Diesel. Le mot anglo-américain gas-oil est composé de gas « gaz » et oil « huile » (désignant notamment le pétrole), cet hydrocarbure étant connu comme matière première dans la fabrication du gaz avant d'être plus généralement utilisé comme carburant de certains types de moteurs.



gazoline

Une gazoline est une essence liquide, très volatile, obtenue à partir de la distillation du pétrole. Ce nom est emprunté à l'anglais gasolene, gasoline, dérivé de gas, avec -ol, tiré de benzol, et le suffixe -ène, -ine.

Le verbe dégazoliner signifie récupérer le pétrole dans le gaz naturel. On a lu dégasoliner.



gazométallurgie

La gazométallurgie est la partie de la métallurgie qui traite de l'utilisation de gaz pour débarrasser les métaux en fusion de leurs impuretés au moyen de l'injection de gaz inertes ou inactifs au travers du métal fondu et susceptible de produire une émulsion gazeuse.



gazomètre, gazométrie, gazométrique

Un gazomètre est un appareil ou une construction destiné à emmagasiner, à mesurer un gaz, à en régulariser la diffusion. La gazométrie est la partie de la chimie qui étudie les volumes et les densités des gaz. L'adjectif gazométrique est relatif à la mesure des gaz, à leur conservation.



gazon, gazonnage, gazonnant, gazonnement, gazonné, gazonner, gazonneux, gazonnier, gazonnière

Un gazon est de l'herbe très courte et très fine ; une surface ainsi couverte. Une motte de gazon est une motte de terre carrée couverte de gazon que l'on découpe à la pelle. Ce nom vient de l'ancien bas francique waso « motte de terre revêtue d'herbe », à comparer avec l'ancien haut allemand waso, le moyen néerlandais wase, l'allemand Rasen, Wasen « gazon ». Le mot a été introduit dans la Galloromania comme terme juridique de l'investiture. Les Francs avaient l'habitude d'offrir une paire de gants et un morceau de gazon découpé en symbole de la remise d'une terre.

On utilise un lève-gazon (en horticulture).

On lit un gazonnage ou gazonnement d'un terrain, un dégazonnement ou dégazonnage, un engazonnement.

Une plante gazonnante forme un gazon ; elle ne pousse pas en hauteur, elle rampe.

Une surface gazonnée, un terrain gazonné sont couverts de gazon.

Le verbe gazonner signifiait couvrir, revêtir de gazon ; pousser en gazon ; se couvrir de gazon. Le verbe dégazonner signifie retirer le gazon, l'herbe. Le verbe engazonner signifie semer du gazon ou garnir de gazon.

L'adjectif gazonneux, gazonneuse, qualifie ce qui est couvert d'herbe courte et fine.

Une gazonnière, un gazonnier sont des jardiniers spécialisés dans la réalisation de plate-bandes de gazon. Une gazonnière est une entreprise spécialisée dans la culture et l'exploitation du gazon en plaques, en tapis, en rouleaux ; un terrain planté de gazon en vue de l'exploitation du gazon en plaques, en tapis, en rouleaux. OQLF.



gazoscope

Un gazoscope est un appareil permettant de déceler le grisou.



gazouillage, gazouillant, gazouillard, gazouillé, gazouillement, gazouiller, gazouilleur, gazouillis

L'adjectif gazouillant, gazouillante, signifie qui gazouille. On a lu aussi gazouilleur, gazouilleuse, gazouillard, gazouillarde. On a lu une gazouillarde, un gazouillard pour ceux qui a une mauvaise élocution, un mot gazouillé.

On lit un gazouillement ou un gazouillage (d'un oiseau ou d'une personne).

Le verbe gazouiller (1) signifie, pour un oiseau, faire entendre une suite de sons légers et agréables ; pour de l'eau, faire un bruit léger en s'écoulant ; pour une personne, commencer à parler, parler doucement, sur un ton chantant, parler, discourir. Ce verbe est dérivé du radical onomatopéique gas-, voir jaser ; voir aussi gargouiller.

Une personne, gazouilleuse, un oiseau gazouilleur gazouillent.

Un gazouillis est un bruit léger produit par une personne, un animal ou une chose qui gazouille ; une suite de sons variés qu'émet un enfant d'un à cinq mois.


Familièrement, le verbe gazouiller (2) signifie gazer un peu, aller assez bien. Ça gazouille.



Gazprom

Gazprom (acronyme de Gazovaïa Promychlennost : « industrie gazière » en russe) est une société anonyme russe spécialisée dans les activités gazières, mais aussi pétrolières. Elle est un exemple de société privatisée dans des conditions opaques au profit des oligarques pendant la période de transition économique, puis reprises en main par l’État sous le mandat de Vladimir Poutine. En savoir plus : Géoconfluences.


samedi 18 octobre 2025

fable, fabulation, affabulation

Une fable est ce qui sert de matière, de sujet à un récit ; l'ensemble des faits constituant le fond d'une œuvre ; un sujet de conversations, de propos souvent ironiques ou défavorables concernant les faits et gestes d'une personne ; un récit, le plus souvent symbolique, dans lequel l'imagination intervient pour une grande part ; un récit ayant trait à l'Antiquité, relatant notamment les hauts faits des dieux et des héros de la mythologie ; un court récit allégorique, le plus souvent en vers, qui sert d'illustration à une vérité morale ; une allégation fausse, récit mensonger. Ce nom est emprunté au latin classique fabula « propos, paroles » d'où « récit fictif, pièce de théâtre, narration, conte, apologue ».

la Fable était l'ensemble des récits mythologiques.

Une fable-express était un court récit humoristique, en vers, se terminant par un calembour en guise de moralité.

Un fabliau est un conte populaire en vers, satirique ou moral. Le pluriel est des fabliaux. Ce nom est dérivé de fable, fabliau étant la forme picarde de l'ancien français fablel, fableau.

Une fablière, un fablier sont des fabulistes, des auteurs de fables ; des personnes qui donnent pour historiques des faits inventés. On a désigné ainsi La Fontaine. Un fablier est un recueil de fables. Ce nom est dérivé de fable.

On a lu fabulaire, qui relève de la fable, qui est créé par l'imagination.

Une fabulation peut être synonyme d'une affabulation, l'organisation des faits constituant le fond d'une œuvre littéraire. Elle désigne un récit imaginaire et l'ensemble des récits à caractère imaginaire se rapportant à l'histoire d'une nation, à la mythologie. En psychologie, c'est la tendance à présenter des récits imaginaires, de façon plus ou moins organisée et cohérente, comme étant réels. En philosophie, c'est l'activité de l'imagination. Ce nom est une formation savante sur le latin classique fabula « propos, paroles » « récit fictif, pièce de théâtre, narration, conte, apologue », duquel provient aussi le nom (une) fable.

Le verbe fabuler (présenter comme réels des faits imaginés par l'esprit ; construire une œuvre sous forme de fable, de récit d'imagination) emprunté au latin fabulari « parler, causer, bavarder » et « inventer une histoire, une fable », a été refait sans doute au sens moderne en rapport avec fabulation.

On a lu aussi fabuliser, transformer des faits réels en récits fabuleux.

De même le mot fabulatrice, fabulateur (ceux qui présentent comme réels des récits imaginaires ; l'adjectif qui est relatif à la faculté d'imagination) est emprunté au latin classique fabulator « auteur de récits, conteur, fabuliste » ; le terme moderne est sans doute refait sur fabulation par substitution du suffixe.

L'adverbe fabuleusement signifie à la manière des fables et des récits légendaires ; d'une manière extraordinaire, dépassant l'imagination.

L'adjectif fabuleux, fabuleuse, qualifie ce qui a trait aux légendes, au merveilleux, aux récits élaborés par l'imagination ; ce qui se rapporte à la mythologie de l'Antiquité ; ce qui présente le caractère imaginaire inhérent à la fable, qui relève de l'irréel, de la fiction ; ce qui semble imaginaire, offre un caractère extraordinaire, invraisemblable, tout en étant réel ; ce qui est considérable par ses proportions : dont l'importance dépasse l'imagination. Les âges fabuleux, les temps fabuleux sont les époques les plus reculées de la vie d'un peuple, où l'histoire et la légende se confondent. C'est fabuleux ! c'est admirable ! c'est étonnant ! Le mot fabuleux est emprunté au latin fabulosus « qui tient de la fable, légendaire ». On a lu une fabulosité pour une chose fabuleuse.

Une, un fabuliste sont des écrivains qui composent des fables. Ce nom est une formation savante sur le latin classique fabula (voir : fable).

Une affabulation était une morale énoncée au début ou plus généralement à la fin d'une fable, d'un apologue et une moralité tirée d'un évènement symbolique. Elle a ensuite désigné une organisation méthodique d'un sujet en « fable », c'est-à-dire en intrigue d'une pièce de théâtre, en trame d'un récit imaginaire. C'est maintenant un récit inventé de toutes pièces. Ce nom est emprunté au bas latin affabulatio « moralité d'une fable » attesté depuis la fin du 5ème ou le début du 6ème siècle au sens de « moralité d'une fable », non attesté en latin médiéval. Les autres sens ne sont attestés ni en bas latin, ni en latin médiéval ; ils sont peut-être le fait d'un néologisme formé sur fable au sens « trame d'une œuvre d'imagination » et qui signifierait proprement « mise en forme (ad-) de fable ».

Le verbe affabuler (20ème siècle) signifie organiser en épisodes continus le thème d'une œuvre d'imagination ; arranger la réalité à sa manière ; présenter comme réels des faits imaginés par l'esprit. Il est dérivé du radical d'affabulation. D'où : une affabulatrice, celle qui présente comme réel ce qu'elle a imaginé et un affabulateur, celui qui présente comme réel ce qu'il a imaginé.

Le verbe hâbler est emprunté à l'espagnol hablar « parler », du latin fabulari « parler, converser », dérivé de fabula (fable). Le sens péjoratif est dû à l'idée que les Français du 16ème siècle se faisaient du tempérament espagnol.

Iris et iridium

Le nom (un) iris est emprunté au latin iris, iridis (lui-même emprunté au grec ι ̃ ρ ι ς « arc-en-ciel, halo, iris [plante], partie colorée...