1. Le nom (une) panne (une étoffe, un tissu) vient du latin pĭnna « plume ; aile », probable variante de pĕnna, voir : penne, attesté en gallo-roman au sens de « fourrure » qui aurait pu être influencé par le germanique, plus exactement par le francique, puisque ce sens vit en ancien provençal pena « sorte de fourrure » depuis le début du 13ème siècle.
2. Une panne est la graisse sous la peau du porc ; la graisse qui enrobe le filet et les rognons du porc ;ce nom a parfois désigné la graisse apparente chez un être humain. Ce nom est un emploi figuré de panne (1), la couche de graisse plus ou moins épaisse adhérant à la couenne, pouvant être comparée à la doublure d'un vêtement.
3. Rendre la panne, mettre, rester, se tenir en panne signifient disposer la voilure de façon à immobiliser le bateau ou à ne le soumettre qu'à l'effet de dérive.
Être, mettre, rester, se tenir en panne signifient s'arrêter dans l'exécution d'un projet en attendant le moment favorable.
Une panne est un arrêt momentané accidentel et subit du fonctionnement d'un mécanisme, d'un moteur, d'un appareil ; une impossibilité de fonctionner ou de continuer, d'achever une tâche ; une interruption, une coupure accidentelle ; un arrêt momentané d'une activité, d'un travail. Ce nom est le même mot que penne, voir aussi panne (1), l'extrémité de la vergue à antenne, rappelant la pointe d'une plume.
En informatique, une panne est un état anormal d'une unité fonctionnelle la mettant dans l'impossibilité d'accomplir une fonction requise. Le terme anglais fault désigne aussi une anomalie, condition anormale diminuant ou supprimant l'aptitude d'une entité fonctionnelle à accomplir une fonction requise. JORF du 22/09/2000.
Une panne était un rôle insignifiant, sans importance (être dans la panne, dans la misère), ou une œuvre insignifiante, de médiocre qualité. L'adjectif panné, pannée, signifiait pauvre, sans argent, dans la misère. Une panouille était un petit rôle, une figuration.
Le verbe dépanner est dérivé de panne. D'où un dépannage, un dépanneur, une dépanneuse.
Le verbe empanner (pour un navire à voile) est dérivé de panne. D'où : un empannage.
4. Une panne est la partie amincie du marteau, opposée à la tête, ainsi que la partie plate et tranchante d'un piolet. Ce nom est le même mot que penne, voir aussi panne (1), par analogie de forme.
5. Une panne est une bande de nuages au-dessus de l'horizon (une panne de brume). Ce nom est probablement le même mot que penne, voir panne (1) par analogie avec la forme d'une plume, ou à rapprocher du provençal moderne pano « nuage léger qui flotte dans les airs », se rattachant au latin pannus « morceau d'étoffe ».
6. Une panne est une poutre horizontale reliant les fermes d'un comble. Ce nom très attesté dans le nord et l'est de la France, est probablement à rattacher comme l'ancien provençal padenal, le gascon padeau, le galicien padea, l'allemand pfette, au bas latin patĕna « crèche, mangeoire », emprunté au grec π α ́ θ ν η v, φ α ́ τ ν η, également attesté au pluriel au sens de « lambris d'un plafond disposé par compartiments » et « râtelier », la transposition de sens s'étant faite à partir de la notion de position horizontale et de longueur des poutres d'une mangeoire, alors que celle de cavité n'aurait joué aucun rôle (par analogie avec l'assemblage de larges barres de bois que forme le râtelier posé sur l'auge).
7. Une panne est une tuile. Ce nom est emprunté au néerlandais pan ou à l'ancien flamand pane « tuile », du latin patina « plat creux ». D'abord employé en français pour désigner une tuile faitière en forme de S couché, le mot désigne dans les dictionnaires de Wallonie et du Nord de la France une tuile en général.
Le Dictionnaire des belgicismes indique une latte à pannes (une latte clouée sur les chevrons pour maintenir les tuiles), une panne de verre (une tuile en verre ; un crâne chauve), une pannerie (une fabrique de tuiles).
8. En Belgique, une panne est une dépression humide dans les dunes. Ce nom est probablement un emploi par analogie de forme du sens de « poêle à frire » du mot panne en néerlandais, lui-même issu du latin patina « plat creux », pour désigner une dépression. En Belgique le nom de la ville La Panne (en néerlandais De Panne) signifie « la dépression ». Le mot correspondant Pfanne et l'anglais pan connaissent la même acception.
9. En Belgique, une panne est un bassin hygiénique, un bassin de lit.
10. En Belgique, une panne est une poêle à frire.