Une neige est une précipitation de cristaux de glace agglomérés en flocons ; ce qui évoque la neige, par exemple une drogue. Ce déverbal de neiger a évincé l'ancien français noif qui est issu du latin nix, nivis « neige », de même que l'ancien provençal neu, le catalan neu, l'espagnol nieve, le portugais neve, l'italien neve, le roumain nea. Le déclin de noif est dû à la fois à son éloignement de neigier qu'on ne sentait plus en rapport avec lui, et à la collision homonymique avec noiz. Neige a également évincé l'ancien français nive relevé dans les domaines du nord et du nord-est, se rattachant au latin nivere.
Aller à la neige, c'est aller aux sports d'hiver, à la montagne.
Battre des œufs en neige permet de former une masse volumineuse, mousseuse.
La neige marine est l'ensemble de particules de matière organique et minérale qui s'agrègent dans l'eau de mer pour former des flocons, restent en suspension puis tombent dans les profondeurs marines. La neige marine est une source de nourriture pour les invertébrés filtreurs et pour certains poissons des profondeurs. Le plancton mort contenu dans la neige marine apporte du carbone aux sédiments présents au fond des océans. En anglais : marine snow. JORF du 03/10/2025.
Un banc de neige est un amas de neige compacte, formé naturellement par accumulation ou lors d’un déneigement.
Une boule-de-neige est un arbuste ou un champignon.
Une motoneige est un petit véhicule à moteur, monté sur chenilles et muni de skis pour se déplacer sur la neige. Une, un motoneigiste sont ceux qui pratiquent la motoneige, un sport avec une motoneige.
Un pare-neige ou paraneige sont une construction destinée à pallier les inconvénients dus à d'abondantes chutes de neige. Le pluriel est des pare-neiges ou pare-neige, paraneiges
L'adjectif neigé, neigée, signifiait enneigé(e), couvert, couverte de neige. Une neigée était une chute de neige.
Le verbe neigeoter signifie neiger légèrement.
il neigeote ; il neigeotait ; il neigeota ; il neigeotera ; il neigeoterait ; il a neigeoté ; il avait neigeoté ; il eut neigeoté ; il aura neigeoté ; il aurait neigeoté ; qu'il neigeote ; qu'il neigeotât ; qu'il ait neigeoté ; qu'il eût neigeoté ; (en) neigeotant.
Le verbe neiger signifie tomber de la neige ; tomber, se répandre ou survenir de la même façon. Ce verbe vient du latin vulgaire nivicare, fréquentatif du bas latin nivere, attesté sous la forme impersonnelle nivit « il neige », puis sous la forme personnelle au sens de « devenir blanc comme la neige », dérivé de nix, nivis « neige ». La création de nivicare à côté du verbe classique ninguere est due au fait que le rapport entre ce dernier verbe et le substantif n'était plus perçu.
il neige ; il neigeait ; il neigea ; il neigera ; il neigerait ; il a neigé ; il avait neigé ; il eut neigé ; il aura neigé ; il aurait neigé ; qu'il neige ; qu'il neigeât ; qu'il ait neigé ; qu'il eût neigé ; (en) neigeant.
L'adjectif neigeux, neigeuse, qualifie ce qui est formé de neige, ce qui en contient ; ce qui est couvert de neige ; ce qui évoque la neige. Le temps est neigeux quand des précipitations de neige sont possibles.
Un déneigement est l'action de déneiger une voie ; le résultat de cette action ; la fonte des neiges, le fait de se débarrasser naturellement de la neige. Le verbe déneiger signifie ôter la neige ; fondre. Une déneigeuse, un déneigeur retirent la neige.
L'adjectif enneigé, enneigée, qualifie ce qui est couverte ou couvert de neige. Un enneigement est le fait d'être recouvert de neige ; l'état d'une surface enneigée, l'épaisseur de la couche de neige. Le verbe enneiger signifie couvrir de neige ; couvrir d'une matière blanche ou donner une coloration blanche qui évoque la neige.
Les Esquimaux ont une centaine de mots pour désigner la neige.
Cette légende est constamment répétée, avec des nombres divers, et elle ne possède aucun fondement réel. la première fois que je l'ai entendue, c'était en cours de philosophie et mon professeur voulait nous transmettre l'idée de la relativité des cultures et des civilisations. En dépit de cette intention louable, il aurait été incapable de fournir la liste de ces mots ou même d'en citer un. C'est quelque chose que l'on a entendu ou lu et que l'on rapporte toujours sans preuve.
L'anthropologue Laura Martin a reconstitué le développement du mythe avec les variantes de nombres qui peuvent aller de vingt à plus de cent. Geoffrey Pullum a recensé son étude dans The Great Eskimo Vocabulary Hoax (1991).
Combien de mots différents existent-ils ? La langue yup'ik possède deux douzaines de racines désignant la neige ou des actions en rapport avec la neige. Ce n'est pas quelque chose de significatif. Le français possède des racines aussi variées : neige, pleige, congère, avalanche, lavanche ou lavange, blizzard, poudrerie, bourrasque, flocon, fondrière, giboulée, névé ou niévé, gel, regel, glace, cristal... Des adjectifs pour désigner la neige : poudreuse, sèche, fondue, compacte... Des dérivés savants : nivéal, nivôse, niviforme, nives. Des mots composés : boule de neige, bonhomme de neige, pelotes de neige, chasse-neige, tourmentes de neige, fonte des neiges. Des dérivés : neigeux, enneigé, enneigement, déneiger. Des verbes régionaux : nèvoler (Savoie) pelucher (Lyon) pleiger (Suisse).
Le total des mots yup'ik peut être augmenté de manière considérable par les mots dérivés, composés. Les langues inuks peuvent ainsi construire une centaine de formes différentes à partir d'un radical de départ. Cependant, c'est vrai pour toutes les langues du monde et en particulier pour les langues agglutinantes comme les langues inuks.
En savoir plus : site de Dominique Didier.
Intéressons-nous maintenant à la neige elle-même. On sait que les Inuits ont un grand nombre de mots pour désigner la neige. Les Grecs anciens distinguaient, quant à eux, la neige qui tombe, khiôn, que l’on rattache à kheima, « hiver », de la neige tombée, niphas ou niphetos, que l’on rattache au latin nix, « neige », mais aussi aux termes anglais et allemand de même sens, snow et Schnee. Puisque nous parlons de neige, rappelons que c’est à elle, et non à la laine, que l’on doit l’expression faire sa pelote, qui signifie « amasser peu à peu des économies », et que cette pelote, on ne la fait pas grossir en y enroulant du fil, mais en y agglomérant de la neige. D’ailleurs dans les six premières éditions du Dictionnaire de l’Académie française, on se battait encore « à coups de pelotes de neige », et non « de boules de neige ». En savoir plus : Académie française.
Si grêler, grêle et grêlon sont d’origine inconnue, la dénomination de la neige vient du latin. Le verbe du latin populaire nivicare, qu’avait remplacé ninguere, a donné le verbe neiger. Le nom latin de la neige (nix, à l’accusatif nivem) est devenu, par le jeu des changements phonétiques, noif en ancien français. Mais on ne voyait plus le rapport entre noif et neiger et, au 14ème siècle, noif a été éliminé au profit de neige, fait d’après neiger. En savoir plus : Georges Gougenheim.
Le nom (un) névé (un amas de neige qui se trouve à l'origine d'un glacier ; ce qui évoque un névé par sa blancheur) vient d'un mot franco-provençal dérivé de la forme dialectale représentant le latin nix, nivis « neige » à comparer avec le latin nivatus « rafraichi avec de la neige ».
L'adjectif nival, nivale, nivaux, nivales, qualifie ce qui est formé de neige, ce qui caractérise, concerne la neige. Ce mot est emprunté au latin classique nivalis « (temps) neigeux ; (montagne) couverte de neige », dérivé de nix « neige ».
Une nivaquine est un antimalarique de synthèse dérivé de l'amino-quinoléine. Ce nom de marque déposée est construit par apocope à partir de l'adjectif latin nivalis « de neige ; couleur de neige » et de quinine.
Une nivation est l'action de la neige sur le relief. Ce nom est un dérivé savant du latin nix, nivis « neige », avec le suffixe -(a)tion.
L'adjectif nivéal, nivéale, nivéaux, nivéales, qualifie ce qui évoque la neige. Une plante nivéale fleurit en hiver ou se trouve dans la neige. Ce mot est un dérivé savant du latin nix, nivis « neige », avec le suffixe -al.
L'adjectif nivéen, nivéenne, qualifie ce qui évoque la neige par sa blancheur. Ce mot est un dérivé savant du latin niveus « qui a la blancheur de la neige », avec le suffixe -éen (-ien).
Le nom (une) nivéole (une plante) est un dérivé savant du latin niveus « qui a la blancheur de la neige ».
L'adjectif nivicole signifie qui vit en groupe sur les névés ou les glaciers pendant l'hiver. Ce mot est formé de nivi- du latin nives « neige » et de -cole emprunté au latin -cola, lui-même issu du verbe colo, colis, colere.
nivo- est tiré du latin nix, nivis « neige ».
Un dépôt nivo-éolien provient de la fonte de congères qui résultent d'amas de neige, de sable et de limon transportés par le vent.
L'adjectif nivoglaciaire qualifie ce qui concerne le régime des cours d'eau influencés par la fonte des neiges et des glaciers.
La nivologie est la science qui traite de la neige, de l'évolution du manteau nival, du déclenchement des avalanches.
L'adjectif nivologique se rapporte à la nivologie.
Une, un nivologue sont des spécialistes de l'étude, de la mesure de la neige.
Un nivomètre est un appareil servant à mesurer la hauteur de la neige.
Une nivométrie est une mesure de la neige tombée, du régime nival des cours d'eau.
L'adjectif nivométrique est relatif à la nivométrie, à la mesure de la neige.
Une, un nivoplanchiste sont des pratiquants de planche de neige. En anglais : snowboarder. Voir aussi : ligne de pente, planche de neige. JORF du 26/11/2008.
L'adjectif nivopluvial, nivopluviale, nivopluviaux, nivopluviales, signifie influencé(e) par la fonte des neiges et les chutes de pluie.
Un nivôse est le quatrième mois du calendrier républicain. Ce nom est un dérivé savant du latin nix, nivis « neige ». Pour éviter la prononciation méridionale de [o] par [ɔ], Fabre d'Églantine, originaire de Carcassonne, a mis un accent circonflexe à nivôse, pluviôse, ventôse.
Une nivosité est la proportion de la neige dans l'ensemble des précipitations.