dimanche 1 novembre 2026

péd(i)-, péd(o)-, pod(o)-

1. péd(o)- est tiré du grec π α ι ̃ ς, π α ι δ ο ́ ς « enfant ».

pédago, pédago-distrayant, pédagogie, pédagogique, pédagogiquement, pédagogisme, pédagogue, pédagoguer, pédagolinguistique

pédamment, pédant, pédantaille, pédanter, pédanterie, pédantesque, pédantesquement, pédantique, pédantisant, pédantiser, pédantisme, pédantocratie

pédéraste, pédérastie, pédérastique

pédiatre, pédiatrie, pédiatrique

pédiomètre, pédiométrie

pédobaptisme

pédocriminalité

pédodontie, pédodontiste

pédogenèse (1)

pédolâtrie

pédologie (1)

pédomorphose

pédophile, pédophilie, pédopiégeage

pédopornographe, pédopornographie

pédopsychiatre, pédopsychiatrie


2. péd(i)- est tiré du latin pes, pedis « pied », podo- est tiré du grec π ο υ ́ ς, π ο δ ο ́ ς « pied ».

pédal, pédalage, pédale, pédalée, pédalement, pédaler, pédaleur, pédalier, pédalo, pédard

pédestre, pédestrement, pédestrian, pédestrianisme

pedibus, pédibus

pédicellaire, pédicelle, pédicellé

pédiculaire, pédiculate, pédicule, pédiculé

pédicurage, pédicure, pédicurer, pédicurie

pédieux

pédifère

pédiluve

pédimane

pédipalpe

pédiplaine, (pédiment)

pédonculaire, pédoncule, pédonculé, pédonculo-protubérantiel

podagraire, podagre

podaire

podal

podalique

podarge, podargidé, podargiforme

podarthrocace

podencéphale, podencéphalie

podiatre, podiatrie, podiatrique

podium

podo-

podure, podurelle, poduridé, poduroïdes, poduromorphe


3. pédi- vient du latin pedis « pou ».

pédiculaire, pédiculate, pédiculicide, pédiculidé, pédiculose


4. péd(o)- est tiré du grec π ε ́ δ ο ν « sol ».

pédalfer

pédocal

pédoclimat

pédoclimax

pédofaune

pédogenèse (2)

pédologie (2), pédologique, pédologue

pédomètre

pédopaysage

pédosphère



Pectase, pectine

 

Une pectase est l'enzyme du groupe des diastases. Ce nom est dérivé de pecto- « coagulation », du grec π η κ τ ο ́ ς « épaissi, coagulé », de π η ́ γ ν υ μ ι « coaguler », avec le suffixe -ase.

Les pectases constituent un groupe hétérogène d'enzymes capables de dégrader la pectine, un polysaccharide complexe présent dans la paroi cellulaire des plantes. Plus précisément, elles hydrolysent les liaisons glycosidiques de la pectine, ce qui modifie sa structure et ses propriétés.

On distingue plusieurs types de pectases, chacune agissant sur différents aspects de la molécule de pectine :

  • La pectine lyase clive la chaine de pectine par hydrolyse β-1,4, produisant de l'acide pectique.

  • La pectinesterase catalyse l'élimination des groupes acide galacturonique de la pectine, conduisant à la déméthylation de la pectine.

  • La polygalacturonase hydrolyse les liaisons α-1,4 entre les acides galacturoniques, dépolymérisant ainsi la pectine.

  • La pectate lyase clive les chaînes d'acide pectique par hydrolyse β-1,4.

Les pectases sont largement utilisées dans diverses industries, notamment dans l'agroalimentaire pour améliorer la clarification des jus de fruits, l'extraction du jus, la modification de la texture des fruits et légumes, et dans la production de vin. Elles sont également employées dans l'industrie textile pour le traitement des matières premières végétales, et dans la fabrication du papier.


Une pectine est une substance organique qui, grâce à ses propriétés gélifiantes, est utilisée dans l'industrie alimentaire et dans l'industrie pharmaceutique. Ce nom est dérivé de pecto- « coagulation », du grec π η κ τ ο ́ ς « épaissi, coagulé », de π η ́ γ ν υ μ ι « coaguler », avec le suffixe -ine.

Une pectine est une substance organique qui, grâce à ses propriétés gélifiantes, est utilisée dans l'industrie alimentaire et dans l'industrie pharmaceutique.
La pectine est un polysaccharide complexe présent dans la paroi cellulaire des plantes, principalement dans les fruits, notamment les agrumes, les pommes et les poires. Sa structure chimique est constituée d'une chaîne linéaire d'acide galacturonique, partiellement méthoxylé.

Les propriétés gélifiantes de la pectine dépendent de son degré de méthoxylation (DM). Plus le DM est faible, plus la pectine nécessite une faible concentration en sucre et en acide pour gélifier. Les pectines à DM élevé gélifient avec un taux de sucre plus élevé.

La pectine est largement utilisée comme agent gélifiant, épaississant et stabilisant dans une variété de produits alimentaires tels que les confitures, les gelées, les marmelades, les desserts, les yaourts, et les produits de boulangerie. Elle contribue à la texture et à la consistance de ces produits, et permet de réduire la quantité de sucre nécessaire à la gélification.
Elle est utilisée comme agent stabilisant dans les suspensions et les émulsions pharmaceutiques. Elle peut également servir de source de fibres alimentaires dans les compléments alimentaires. Elle est également étudiée pour ses propriétés prébiotiques et son potentiel à moduler le système immunitaire.

La pectine à haut degré de méthoxylation (HM pectine) nécessite une forte concentration en sucre pour gélifier. La pectine à faible degré de méthoxylation (LM pectine) gélifie à faible concentration en sucre et est souvent utilisée en combinaison avec des sels de calcium.

La pectine est extraite des déchets de l'industrie agroalimentaire, tels que les peaux et les alvéoles d'agrumes et la pulpe de pommes. Le processus d'extraction implique généralement une acidulation et une extraction à chaud, suivie d'une purification et d'un séchage.

Un acide pectique est un acide organique issu de la transformation de la pectine par la pectase : des composés, des matières, des substances, des jus pectiques

Une pectisation est une transformation de particules colloïdales en masse de matière insoluble conduisant à la formation d'un gel. Ce nom est un dérivé savant de pectique qui est dérivé de pecto- « coagulation », du grec π η κ τ ο ́ ς « épaissi, coagulé », de π η ́ γ ν υ μ ι « coaguler », avec le suffixe -ique.

Une pectographie est, en chimie, une étude des figures de dessication des gels.

Une pectolite est un silicate naturel de sodium et de calcium, cristallisant dans le système triclinique, de couleur blanc grisâtre à éclat soyeux.

Ces noms sont composés de pecto- représentant pectique, et de -graphie et -lit(h)e.

Une pectose est un composé glucidique insoluble que l'on rencontre dans les tissus végétaux associé à la cellulose. Ce nom est composé de pecto- du grec « épaissi, coagulé » et -ose.


Pêche, pêcher

 1. Une étendue d'eau douce est pêchable si on peut y pêcher. Un poisson pêchable peut être pêché. Ce mot est dérivé de pêcher, avec le suffixe -able.

Une ligne pêchante, un leurre pêchant, un attirail de pêche pêchant sont efficaces pour capturer favorablement le poisson. Ce mot vient du participe présent de pêcher. 

Une pêche est l'action ou la manière de pêcher, d'attraper du poisson (la pêche à la ligne‎, la pêche à la mouche, la pêche à pied‎) ; le produit de la pêche ; l'action de chercher et éventuellement de recueillir quelque chose ou quelqu'un.

Une pêche à gué est une pêche à la ligne que l’on pratique dans un cours d’eau en se tenant debout immergé jusqu’à la ceinture. En anglais : wading. Voir aussi : pantalon-bottes. JORF du 19/08/2015.

Une pêche aux ailerons ou une amputation des ailerons de requin sont la pratique consistant à capturer des requins pour leur couper les ailerons et la nageoire caudale puis à les rejeter mutilés à la mer. En anglais : shark finning. JORF du 13/05/2012.

Une pêche ciblée est la pêche destinée à la capture d'une espèce cible. En anglais : directed fishing. Voir aussi : espèce cible. JORF du 30/11/2001.

La pêche minotière est la pêche dont les captures sont destinées à la production industrielle de farines et d’huiles de poisson. La pêche minotière se pratique avec des filets à petites mailles qui capturent de grandes quantités de poissons, principalement de petits pélagiques ; elle n’est pas sélective. En anglais : fish meal fishery ; industrial fishery ; reduction fishery. Voir aussi : pêche sélective. JORF du 19/08/2015.

La pêche dite minotière, par opposition à la pêche alimentaire, est spécialisée dans la capture d’espèces transformées en farines, en huiles par les usines de réduction. On l’appelle aussi « pêche à finalité industrielle » (Carré, 2006). La pêche minotière se pratique avec des filets à petites mailles qui capturent de grandes quantités de poissons, principalement de petits pélagiques ; elle n'est pas sélective. En savoir plus : Géoconfluences.

La pêche minotière est un domaine de production primaire dans lequel l'exploitation des ressources halieutiques cherche à remplir des objectifs de trois ordres : économique (réaliser des bénéfices supérieurs au seuil garantissant la rentabilité du secteur), sociétal (assurer la pérennité des activités, des équipements, et des salariés), biologique (préserver et pérenniser les stocks de poissons exploités, voire surexploités). En savoir plus : Encyclopédie de l'Académie d'Agriculture de France.

La pêche monospécifique est la pêche dirigée vers la capture d'une seule espèce cible. En anglais : single-species fishery. La pêche plurispécifique est la pêche dirigée vers la capture de plusieurs espèces cibles. En anglais : multispecies fishery. Voir aussi : espèce cible. JORF du 30/11/2001.

La pêche rebelle est une pêche sportive au cours de laquelle les pratiquants transgressent la règlementation en vigueur dont ils contestent le bien-fondé. L'expression gangsta fishing, empruntée de l'anglais, est à proscrire. JORF du 21/04/2011.

La pêche sélective est la pêche mettant en œuvre des engins et des techniques capables de capturer soit des espèces déterminées, soit des individus de taille ou de poids déterminés. En anglais : selective fishing. Voir aussi : pêche minotière. JORF du 30/11/2001.

La pêche sportive en bord de mer ou le lancer dans la vague sont une pêche sportive pratiquée en bord de mer dans la zone de déferlement. En anglais : surf casting ; surfcasting. JORF du 12/06/2018.

La pêche urbaine est une pêche sportive itinérante, pratiquée en milieu urbain selon les principes du pêcher-relâcher. En anglais : street fishing ; urban fishing. Voir aussi : pêcher-relâcher. JORF du 21/04/2011.

Une, un garde-pêche sont des agents chargés de la surveillance de la pêche. Un garde-pêche est un bateau chargé de la surveillance de la pêche côtière. Le pluriel est des garde-pêches.

La famille du mot pêche continue une famille de mots latins : pêcher vient de piscari, pêcheur de piscator ; le nom pêche a été tiré du verbe pêcher. En latin ces mots étaient transparents (ou, comme on dit à présent, motivés) par rapport au nom du poisson piscis. Aujourd’hui, par suite de l’évolution linguistique, nous ne percevons plus aucun rapport de forme entre les mots pêcheur et poisson. En savoir plus : Georges Gougenheim.

Le mot halieutique (qui concerne la pêche, notamment la pêche en mer) est emprunté au latin classique halieuticus « de pêcheur », pluriel neutre halieutica halieutiques [traité de pêche, titre d'un ouvrage d'Ovide], en grec α ̔ λ ι ε υ τ ι κ ο ́ ς « de pêche ou de pêcheur » (η ̔ α ̔ λ ι ε υ τ ι κ η ́ « la pêche »). D'où : une halieutique (l'art de la pêche, notamment de la pêche en mer ; un traité sur la pêche). 

 Le verbe pêcher signifie capturer ou essayer de capturer, de sortir de l'eau des poissons, des crustacés, des mollusques ou d'autres animaux ; aller chercher au fond de l'eau, retirer de l'eau, ramasser ; prendre, saisir ; chercher, découvrir. Ce verbe vient du latin populaire piscare, du latin classique piscari « pêcher », dérivé de piscis « poisson ».

Le pêcher-relâcher est la pratique de pêche à la canne dans laquelle le poisson est capturé avec précaution pour être remis à l'eau sur place. L'emploi de l'expression « pêche no-kill », empruntée de l'anglais, est à proscrire. En anglais : catch-and-release. Voir aussi : pêche urbaine. JORF du 19/12/2010.

Une pêcherie est un lieu de pêche ; un ensemble d'installations spécialement aménagées pour la pêche ; un stock de ressources halieutiques d'un domaine géographique donné, exploité par une flottille donnée. Ce nom est dérivé du verbe pêcher, avec le suffixe -erie.

Une pêcherie est, selon la définition de l’IFREMER, « une entité de gestion d’une capacité de pêche circonscrite à une zone géographique donnée, où opèrent différents métiers qui capturent des espèces occupant des habitats de caractéristiques semblables ». Ainsi, la flotte de pêche française travaille la pêcherie du golfe de Gascogne, les pêcheries thonières de l’océan Indien (Couliou, 2019), ou la pêcherie profonde.

Une pêcherie peut être monospécifique, spécialisée dans la capture d’une seule espèce cible, ou au contraire plurispécifique.

Une pêcherie durable est un espace où le stock prélevé n’endommage pas la bonne santé de la population et permet l’entrée d’une cohorte de recrues au moins égale à l’effort de pêche. C’est l’importance du groupe de géniteurs qui détermine la viabilité de la pêcherie puisque c’est de lui que dépend l’abondance des naissances.

L’échelle de la pêcherie est une échelle pertinente pour la gestion des ressources halieutiques.

En savoir plus : Géoconfluences.

Une pêchette est un petit filet pour la pêche aux écrevisses et aux crevettes. Ce nom est dérivé du verbe pêcher, avec le suffixe -ette (-et). 

Une pêcheuse, un pêcheur sont ceux qui pêchent (une marin pêcheuse, un marin pêcheur). Ce nom vient du latin piscator, piscatoris, accusatif de piscatorem « pêcheur », dérivé de piscari « pêcher ».

Un martin-pêcheur est un passereau, un oiseau.

 

2. Un cheval péchard ou pêchard est aubère, sa robe est constituée de poils blancs et alezans mélangés. Le mot pêchard signifie « gris tirant sur la couleur de la fleur de pêcher [en parlant des chevaux] ». Voir aussi pinchard.

Une pêche est le fruit du pêcher. Familièrement, c'est une tête, un visage, ou un coup de poing, une gifle. Se fendre la pêche signifie bien s'amuser, rire aux éclats. Avoir la pêche signifie être plein de dynamisme, être en pleine forme. Ce nom vient du bas latin persica « pêche », de (malum) persicum proprement « fruit de Perse », ainsi nommé en raison de sa provenance. Les noms du pêcher en latin étaient persica arbor proprement « arbre de Perse », persicus, persica malus. Les pêches Melba ont été ainsi nommées en 1893 par le cuisinier français G. A. Escoffier, en l'honneur de la cantatrice australienne Nellie Melba.

Le nom de la pêche vient du latin persica, « fruit du pêcher » (VIe s.) qui a été aussi pessica au 4ème siècle. Ce nom est un neutre pluriel collectif pris comme un féminin singulier comme poma, « pommes » et donc « pomme ». Plus anciennement, la pêche remonte à l'ellipse de malum persicum, « la pomme de Perse » (Ier s.), tandis que l'arbre était persicus, persicus arbor et persicus malus, « arbre de Perse ». Le fruit comme l'arbre étaient désignés par leur origine. En savoir plus : site de Dominique Didier.

 Un pêcher est un arbre fruitier. Ce nom est dérivé d'une pêche.  

L'adjectif pêchu, pêchue, qualifiait quelqu'un qui a la pêche, est en grande forme, plein d'ardeur ; ce qui a un rythme soutenu. 

Le nom (une) persicaire est emprunté au latin médiéval persicaria, dérivé de persicus « pêcher (arbre) ».

Le nom (un) persicot est dérivé à l'aide du suffixe -ot du latin persicus (voir : persique) ou du français persicque « espèce de grosse pêche ».

Pécher

 Le Dictionnaire des régionalismes de France indique que pécaïre ou pécaïré, peuchère, pechère, péchère sont, en Provence, une exclamation traduisant la surprise, l'attendrissement, l'admiration ou la pitié. Ce mot régional, emprunté au provençal pecaire « pécheur », employé dès l'ancien provençal comme interjection exprimant la compassion, l'attendrissement, correspond à l'ancien français pechiere (cas sujet de pecheor « pécheur »), également employé comme interjection avec cette même valeur.

Une peccabilité était le caractère peccable d'un être humain ou spirituel. L'adjectif peccable signifiait susceptible de pécher, enclin, encline à pécher. Ce mot vient du latin médiéval peccabilis « capable de pécher, pécheur », dérivé du latin classique peccare « pécher » au moyen du suffixe -abilis (-able).

L'adjectif impeccable signifiait incapable de pécher ou dépourvu(e) de péché. Les adjectifs impeccable ou impec qualifient ce qui n'a pas de défauts ; quelqu'un qui n'a pas commis de fautes ; quelqu'un qui est incapable de faillir, de commettre des erreurs ; ce qui est sans tache, net, régulier ; ce qui correspond exactement aux critères. Le mot impeccable est emprunté au latin impeccabilis, d'abord attesté au sens de « incapable de faute » puis, chez les auteurs chrétiens, au sens de « incapable de pécher ».

L'adverbe impeccablement signifie d'une manière impeccable.

Une peccadille était un péché véniel, sans gravité ; c'est une faute légère et excusable. Ce nom est emprunté à l'espagnol pecadillo, diminutif de pecado « péché », du latin peccatum, voir : péché. La forme pecadille a été refaite en peccadille d'après le latin peccatum et le changement de genre s'explique par l'influence du suffixe -ille, formateur de substantifs féminins.

L'adjectif peccamineux, peccamineuse, qualifiait ce qui est de l'ordre du péché ; ce qui est relatif au péché ; quelqu'un qui est enclin à pécher, qui est capable de faire le mal. Ce mot vient du latin médiéval peccaminosus « de la nature du péché », dérivé au moyen du suffixe -osus (-eux) du latin chrétien peccamen, peccaminis « faute, péché », dérivé de peccare « pécher ».

Une humeur peccante, une exhalaison peccante étaient viciées ou trop abondantes dans l'organisme et censées provoquer les maladies. Le mot peccant vient du bas latin humores peccantes, composé de humores, pluriel de humor (humeur) et de peccantes, pluriel de peccans, du participe présent de peccare « être défectueux » (pécher).

Un peccata était un âne dans les combats publics d'animaux ou un homme stupide. Le nom latin peccata, pluriel de peccatum « péché » a été donné à l'âne, réputé supporter patiemment les fardeaux, par référence populaire aux paroles de la liturgie : Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, Agneau de Dieu, qui portes les péchés du monde.

Un bon peccavi était une bonne contrition, un vrai repentir de ses péchés. Dire son peccavi, faire son peccavi ont signifié se reconnaitre pécheur, confesser et regretter ses péchés. Le mot latin peccavi « j'ai péché » (du parfait de peccare « pécher »), est une expression fréquente dans la Bible.

Un péché est une transgression d'une loi religieuse ou d'un principe. Ce nom vient du latin chrétien peccatum « faute contre la loi divine, péché », en latin classique « faute, action coupable, erreur », du participe passé de peccare (voir : pécher).

Le verbe pécher signifie ne pas respecter une loi religieuse ou un principe ; commettre une faute, une erreur. Ce verbe vient du latin chrétien peccare « commettre une faute contre la loi divine, pécher », en latin classique « commettre une faute, faillir, faire mal ; être fautif, défectueux ».

je pèche, tu pèches, il pèche, nous péchons, vous péchez, ils pèchent ;
je péchais ; je péchai ; je pècherai ou pécherai ; je pècherais ou pécherais ;
j'ai péché ; j'avais péché ; j'eus péché ; j'aurai péché ; j'aurais péché ;
que je pèche, que tu pèches, qu'il pèche, que nous péchions, que vous péchiez, qu'ils pèchent ;
que je péchasse, qu'il péchât, que nous péchassions ; que j'aie péché ; que j'eusse péché ;
pèche, péchons, péchez ; aie péché, ayons péché, ayez péché ;
(en) péchant. 

Une pécheresse, un pécheur sont ceux qui commettent ou ont commis un ou plusieurs péchés, qui sont en état de péché ; ce sont la femme, l'homme en tant que créatures déchues par le péché originel. Le nom (une) pécheresse, féminin de pécheur, dérivé de pechierre(s), cas sujet singulier de ce dernier, avec le suffixe -esse, a supplanté pecheriz du latin chrétien peccatrix, féminin de peccator. Le nom (un) pécheur vient du latin chrétien peccator « pécheur », dérivé de peccare « pécher ».

Peautre, épeautre

Un épeautre est une variété de froment dont la balle adhère fortement au grain et qui fournit une farine très légère. Ce nom vient du bas latin spelta, de même sens, lui-même d'origine germanique.

Comme les blés, l’orge, l’avoine, le seigle, l’épeautre, le riz, le maïs, le millet, le sorgho… l’engrain fait partie des céréales, ce qui renvoie à deux caractères : il produit des « grains » comestibles avec lesquels on peut fabriquer de la farine et il appartient à l’immense famille des graminées ou poacées (les « herbes » en langage courant). Pour le botaniste, l’engrain est une espèce de blé : on le classe dans le genre Triticum tout comme le blé dur (Triticum turgidum) ou l’épeautre (Triticum spelta) ; l’orge se range dans un autre genre, Hordeum ou le seigle dans le genre Secale. [...] Comme il n’y a qu’une fleur fertile (sauf dans certaines variétés d’engrain à deux fleurs fertiles), il n’y a donc qu’un grain par épillet : ceci explique le nom français d’engrain dérivé de « un grain » ou le nom allemand, einkorn, repris comme nom anglais. Les botanistes ont aussi retenu cette particularité pour le nommer : Triticum monococcum (coccum pour coque, donc grain dur). Extrait de La révolution culturale de l’engrain (Zoom nature).

Un peautre était un mauvais lit, un grabat, une paillasse. Envoyer quelqu'un au peautre, aux peautres signifiait le brusquer pour le congédier, le chasser, le renvoyer. Aller au peautre signifiait se perdre, périr. Ce nom est issu de l'ancien français pealtre, piautre, pautre « balle de blé », de même origine qu'épeautre, attesté par la forme pautre, d'où « paillasse, mauvais lit, grabat ». 

Peau

 Une peau est la membrane résistante, imperméable et élastique qui recouvre le corps des animaux vertébrés et de certains invertébrés ; l'épiderme de l'être humain ; ce qui forme une enveloppe ou une pellicule épaisse autour de quelque chose ou à la surface de quelque chose ; en savoir plus : CNRTL. Ce nom vient du latin classique pellis « peau d'animal, fourrure, peau tannée, cuir, parchemin, enveloppe extérieure », qui dans le parler populaire a supplanté cutis « peau d'homme ».

Le Dictionnaire des régionalismes de France indique que se lever la peau, s’enlever la peau signifient se décarcasser, faire beaucoup d’efforts, se donner beaucoup de mal.

Une peau d'étanchéité est une paroi, généralement en acier, placée sur la face interne d’un ouvrage en béton afin d’en assurer l’étanchéité. En anglais : liner ; steel liner [en métal]. JORF du 23/04/2016.

L'adjectif peaucier, peaucière, signifie inséré(e) dans la peau : un (muscle) peaucier.



Un peaufinage est une finition méticuleuse. Le verbe peaufiner signifie apporter un soin minutieux à l'exécution ou à la finition de quelque chose ; apporter un soin méticuleux à sa toilette ; nettoyer avec une peau de chamois. Ce verbe est probablement dérivé. de peau-fine « camarade imberbe au teint rosé » (1830 à St Cyr) d'où le sens premier du verbe.



L'adjectif peau-rouge était relatif aux Indiens vivant sur les territoires actuellement partagés entre le Canada et les États-Unis. Une, un peau-rouge étaient des Indiens vivant sur ces territoires. Ce nom a été utilisé pour désigner des apaches, c'est-à-dire des malfaiteurs qui pratiquaient l'agression et le vol à Paris ou dans les grandes villes.



Le verbe se peausser a signifié changer de vêtement, mettre les vêtements d'un autre.

La peausserie est le travail des peaux, des cuirs.

Une peaussière, un peaussier sont ceux qui transforment les peaux en cuirs.

L'adjectif peaussu, peaussue, signifie qui présente de nombreux replis de peau.

Le latin distinguait, dans son vocabulaire, la peau de l’homme (cutis) de la peau des animaux (pellis), mais, comme toutes les langues populaires, le latin populaire se plaisait à appliquer aux hommes les dénominations propres aux animaux. Il a donc gardé un mot unique : pellis, devenu peau en français. De même dorsum (en latin populaire dossum), « croupe des animaux », a éliminé tergum (« dos humain »). En savoir plus : Georges Gougenheim.

Cutis n’existe en français que dans des mots d’emprunt appartenant à la langue médicale : cutané, sous-cutané, cuti-réaction. Peau désigne la peau des animaux sur eux-mêmes et aussi quand, séparée du corps, elle sert à confectionner des vêtements ou des objets. Nous disons par exemple des gants de peau. On connaît les vers de Victor Hugo (dans La Légende des siècles) : Lorsqu'avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes… Caïn se fut enfui de devant Jéhovah. Peau se dit, en particulier, des peaux d’animaux à fourrure dont on fait des vêtements. Dans La Chanson de Roland, les grands portent des « pels (peaux) de martre ». Deux groupes de dérivés, qui apparaissent dès le Moyen Âge, correspondent aux deux façons de travailler les peaux : 1. pelletier et pelleterie se disent du travail de la fourrure et sont faits sur la forme pel avec un double suffixe -et -ier (erie) ; 2. peaussier et peausserie, faits sur la forme peau, s’appliquent au travail de la ganterie et à ses analogues. En savoir plus : Georges Gougenheim.

Le nom (un) cuir vient du latin classique corium « peau de l'homme » et « peau des animaux ».

Le mot cutané est dérivé du latin cutis « peau » avec le suffixe -ané sur le modèle du bas latin intercutaneus et subcutaneus.

Le verbe dépiauter est dérivé de piau forme dialectale de peau. D'où : un dépiautage, dépiauté.

derm-, derma-, dermato, dermo- sont tirés du grec δ ε ́ ρ μ α, α τ ο ς « peau ».

Le nom (un) derme et l'élement -derme sont empruntée au grec δ ε ́ ρ μ α « peau ». D'où : -dermie.

Le nom (une) écorce vient du latin impérial scŏrtea « manteau de peau », de scorteus « de cuir, de peau ».

Le verbe écorcher vient du bas latin excorticare « écorcer », formé sur le latin classique cortex « enveloppe ; tout ce qui couvre ».

Le nom (un) érysipèle (ou érésipèle, érésypèle) (une infection cutanée aigüe) est emprunté au latin médical erysipelas, en grec ε ̓ ρ υ σ ι ́ π ε λ α ς « érysipèle, inflammation de la peau ». D'où : érysipélateux.

Le nom (une) excoriation est emprunté au latin médiéval excoriatio, terme de médecine. Le verbe excorier est emprunté au bas latin excoriare « écorcher la peau » (ex et corium « peau », voir : cuir).

Le nom (une) moleskine ou molesquine (une étoffe ou une toile de coton) est emprunté à l'anglais moleskin, composé de skin « peau » et mole « taupe », attesté depuis 1668 comme terme désignant la fourrure de peau de taupe ou toute fourrure dont le rasage des poils lui donnerait un aspect semblable (la surface du tissu étant rasée au cours de la fabrication de ce velours).

Le nom (un) oripeau, (des) oripeaux est composé à l'aide de l'ancien adjectif orie « doré », emprunté au latin aureus « d'or » et de pel, voir : peau.

Le verbe peler vient du bas latin pĭlare (de pĭlus, voir : poil) au sens de « arracher les poils, épiler », avec, par étymologie seconde, rapprochement de l'ancien français pel (peau), d'où est issu le sens de « ôter la peau ». D'où : un (bois) pelard, une pelade, un pelage (2), pelé, une pelure.

Le nom (une) pelisse vient du bas latin pellicia « vêtement fait de peaux » issu du latin tardif pellicius, pelliceus « fait de peaux (dérivé de pellis, voir : peau) » en sous-entendant un terme comme tunica ou vestis.

Le nom (une) pellagre (une maladie) est emprunté à l'italien pellagra, dérivé de pellis (peau) formé sur le modèle de podagra « goutte aux pieds ». D'où : pellagreux.

Le nom (un) pelletier (celui qui achète des peaux et les prépare) est dérivé de l'ancien français pel « peau » à l'aide du suffixe -(et)ier. D'où : une pelleterie.

Le nom (une) pellicule est emprunté au latin pellicula « petite peau ; pelure d'un fruit » (diminutif de pellis « peau »).

Peanut

 

Le Dictionnaire historique du français québécois indique qu'une peanut ou pinotte sont une arachide, une cacahuète (du beurre de peanut). Des peanuts sont peu de chose ; des poussières. Pour des peanuts signifie pour deux fois rien. Ce nom est emprunté à l'anglais peanut « arachide, cacahuète » composé de pea « pois » et nut « noix », attesté depuis 1807, la culture de l'arachide au sud des États-Unis et l'importante consommation de celle-ci dans le continent Nord-américain sous diverses formes (notamment le beurre de cacahuète, en anglais peanut butter) expliquant cet emprunt et les emplois figurés en anglo-américain (dès 1836 pea-nut fellows « comparses minables »).

Péage

Un péage est un droit dont devaient s'acquitter les usagers de certaines voies ou ouvrages (routes, ponts, rivières) pour eux-mêmes, leurs bêtes, leurs véhicules ou leurs marchandises ; une taxe perçue au passage de certaines voies ou ouvrages publics importants ; un endroit où sont installés les postes et les agents habilités à percevoir la taxe ; un droit perçu sur les personnes, sur les bateaux au passage d'un bac, d'une écluse ou de certains ouvrages maritimes ou fluviaux importants ; une taxe locale perçue pour l'entretien et le développement de certains ports ; un droit perçu sur le produit de la pêche en mer pour l'amortissement des installations portuaires. Ce nom est très anciennement dérivé de pied, formé probablement dans la langue de l'administration dès l'époque carolingienne, proprement « droit de mettre le pied ».

Un péage (de lecture numérique) est un droit d’accès payant à certains contenus numériques. Par exemple, l’accès à la lecture complète de certains articles en ligne peut être soumis à péage. En anglais : paywall. JORF du 25/06/2019.

Un (chemin) péageau était soumis à un droit de péage.

Une péagère, un péager sont des employés habilités à percevoir les droits de péage. L'adjectif péager, péagère, est relatif au péage.

Une, un péagiste, une péagère, un péager, sont des employés au péage des autoroutes.