Les feuilles de papyrus furent exportées d'Égypte en Europe occidentale jusque vers la fin du 8ème siècle, l'arrivée des Arabes dans la vallée du Nil au 6ème siècle ayant progressivement mis un terme à leur exportation. Il fut dès lors peu à peu remplacé dans les pays occidentaux par le parchemin presque exclusivement en usage encore au 12ème siècle. À cette époque, papyrus commença à désigner le papier de chiffon, d'origine chinoise, fabriqué ensuite par les Arabes (après la prise de Samarkand, 751) qui l'introduisirent vers le début du 11ème siècle en Espagne et de là en Italie du Nord, d'où il se répandit en France où fonctionnent des moulins à papier vers le milieu du 14ème siècle en Champagne et en Lorraine. En Italie du Nord, le mot se présente sous deux formes : le type paper à l'Ouest, issu par voie demi-savante de paperium (altération de papyrum d'après le suffixe -erium), relevé au 13ème siècle, d'où le français papier ; le type palpei (parpé) au Centre, issu d'une forme en palp-, d'origine discutée, d'où le français paupier, répandu en Lorraine et en Champagne.
Pour désigner le papier lui-même, on a pris en France le mot papyrus, en l’adaptant d’après le suffixe -ier, d’où notre mot papier (13ème siècle). Plus tard, au 15ème et au 16ème siècles, on a fait sur le même radical les mots papetier et papeterie. Le mot français s’est répandu dans la plupart des langues de l’Europe occidentale avec quelques variantes à la finale (espagnol papel, anglais paper, allemand Papier, etc.). En savoir plus : Georges Gougenheim.
Familièrement, un papelard est un papier manuscrit ou imprimé, ou un article rédigé pour un journal. Des papelards sont des papiers officiels, des documents d'identité. Ce nom est issu de papier par substitution des suffixes -el et -ard.
La paperasse ou des paperasses sont un ensemble de papiers écrits ou imprimés, présentant peu d'intérêt et jugés encombrants ; un ensemble de documents administratifs. Ce nom est dérivé de papier, avec le suffixe -as, -asse (-ace).
Le verbe paperasser a signifié remuer, feuilleter, classer des paperasses ; produire de la paperasse ; multiplier les documents administratifs.
Une paperasserie est une accumulation de paperasses ; un ensemble de paperasses ; une multiplication abusive de papiers administratifs.
Une paperassière, un paperassier sont ceux qui s'occupent à écrire des paperasses, des documents administratifs. L'adjectif paperassier, paperassière, qualifie quelqu'un qui s'attache exagérément à la paperasse administrative, qui la multiplie abusivement.
Une papérisation est une opération effectuée sur un support, (en général un film, en matériau de synthèse), visant à lui donner des propriétés de surfaces les plus proches possibles de celles des papiers.
L'adjectif papérisé, papérisée, qualifie ce qui a pris les caractères du papier. Ce mot est dérivé de papier, avec le suffixe -isé selon la forme du participe passé d'un verbe en -iser.
Familièrement, une paperole ou paperolle est un petit morceau de papier. Ce nom, emprunté au béarnais, est dérivé de papier, avec le suffixe -ole, -olle.
La papeterie est la fabrication et le commerce du papier ; les articles de papier ; les articles de bureau.
Une papeterie est une usine où l'on fabrique le papier ; un magasin où l'on vend du papier et des articles de bureau ; une écritoire, un nécessaire à écrire.
Une papetière, un papetier sont des fabricants de papier ou ceux qui ont un commerce de papeterie, qui vendent du papier et des articles de bureau. L'adjectif papetier, papetière, est relatif à la fabrication du papier (l'industrie papetière). Ce mot est dérivé de papier, avec le suffixe -(t)ier.
Une librairie-papeterie est une librairie où l'on vend également de la papeterie, tenue par une libraire-papetière, un libraire-papetier.
Un papier est une matière à base de cellulose que l'on étend et sèche pour former une feuille mince ; une feuille d'étain ou d'aluminium utilisée pour présenter ou emballer divers produits ; une feuille ou un ensemble de feuilles sur quoi l'on écrit ou reproduit quelque chose ; une feuille, un morceau de papier ; une feuille sur laquelle est écrit ou imprimé un texte ; une pièce ou un document administratif (avoir ses papiers d'identité) ; un article rédigé pour un journal.
Un papier-calque est un calque, un papier translucide.
On lit l'industrie des papiers-cartons.
L'OQLF indique un papier à démaquiller, un papier à stérilisation, un papier ciré, un papier fumigatoire, un papier hygiénique, un papier ingraissable, un papier stérilisé, un papier sulfurisé, un papier tue-mouches, un papier-mouchoir.
Un papier commercial [Québec] ou billet de trésorerie sont un billet à ordre à court terme, non garanti, émis par une entreprise ou un établissement financier et négociable sur le marché monétaire.
Un papier électronique est un support souple fonctionnant avec une source d’énergie et un microprocesseur, sur lequel peuvent s’afficher des textes ou des images au moyen d'encre électronique. En anglais : electronic paper ; e-paper. Voir aussi : encre électronique. JORF du 16/09/2014.
Un papier-filtre est utilisé pour la filtration des liquides.
Un papier-ministre est un papier de format spécial.
Un papier-monnaie est une monnaie fiduciaire non convertible en métal précieux.
Un papier-paille est un papier fabriqué à partir de paille cuite avec de la chaux.
Un papier-pierre est un carton très dur.
Un papier tue-mouche est un piège adhésif.
Une, un gâte-papier étaient des gratte-papiers, des scribouillards, des mauvais écrivains. Le pluriel est des gâte-papiers.
Une, un gratte-papier sont des employés de bureau ou des fonctionnaires chargés de tâches peu importantes ; ce sont aussi des écrivains médiocres. Le pluriel est des gratte-papiers.
Une, un papivore sont des grands lecteurs ou des magnats de la presse. Ce nom est composé de papi- pour papier, et -vore (manger).
L'adjectif papyracé, papyracée, signifie mince et rigide comme une feuille de papier. Ce mot est une adaptation du latin papyraceus « de papyrus ».
Un papyrifère est une plante dont l'écorce sert ou peut servir à faire du papier.
La papyrographie est le procédé d'impression lithographique qui utilise, au lieu de la pierre, un support en papier recouvert d'une préparation spéciale ; la science des textes sur papyrus. Ce nom est composé de papyro- tiré du latin papyrus «papier» et de -graphie.
La papyrologie est l'étude des manuscrits sur papyrus. L'adjectif papyrologique est relatif à la papyrologie. Une, un papyrologue sont des spécialistes.
Un papyrus est un roseau, une plante ; une feuille constituée par la superposition de bandes de tiges de cette plante ; un ensemble de feuilles collées bout à bout ; un manuscrit dont le support est un papyrus ; le texte de ce manuscrit. Ce nom est emprunté au latin papyrus « feuille ; écrit », lui-même emprunté au grec π α ́ π υ ρ ο ς terme de botanique.
Doublets également que les formes, savantes : « crypte », « papyrus », « paradis », « lynx », et populaires : « grotte », « papier », « parvis », « once ». Il convient donc de se souvenir qu’il est des mots grecs qui se cachent sous des déguisements latins et il ne faut pas priver de leur origine première des formes qui nous semblent par trop uniquement latines ou uniquement françaises. En savoir plus : Académie française.
L'origami est l'art traditionnel japonais du papier plié.