jeudi 7 mai 2026

Sommaire du journal de la langue française

Le dictionnaire international de la langue françaiseLa langue française
Conjugaison (extraits du livre de conjugaison avec des compléments).
Grapho-phonétique (extraits de Particularités de la langue française)
Homonymes et paronymes (extraits de Homonymes et paronymes)
Jeux (extraits de Jeux lexicaux)
Préfixes, suffixes et éléments similaires (extraits de Particularités de la langue française avec des compléments)
Recherches lexicales (extraites du mégadictionnaire)

Dire, ne pas dire, mai 2026

Abominable, exécrable, détestable, effroyable, horrible

Ressentiment, rancœur, rancune, vengeance

C’est abuser de trop vouloir expliquer, c’est abusé de prétendre que j'ai compris.

« Étique » ou « Éthique » ?

« Temporaire » ou « temporel » ?

Masterpiece

« Bagel » pour « Roue de bicyclette »

Dire, médire et maudire

Marcher sur les brisées de quelqu'un et autres expressions provenant du vocabulaire de la chasse.

Dans le courrier des internautes : destructeur et destructif, étymologie du Calvados, Lesestock.


vendredi 6 mars 2026

Le verbe gésir

Le verbe gésir signifiait être étendu, couché, sans pouvoir se mouvoir ; être couché dans la tombe, être enterré ; être tombé, être dispersé ; se trouver enfoui, enfermé dans quelque chose ; se trouver, résider, consister. Ce verbe vient du latin jacere « être couché, être étendu ; s'étendre, être situé ». Voir aussi : gisant, gisement, gite ou gîte, giter ou gîter.

je gis, tu gis, il gît, nous gisons, vous gisez, ils gisent :

je gisais, tu gisais, il gisait, nous gisions, vous gisiez, ils gisaient ;

gis, gisons, gisez ;

(en) gisant.

Ci-git ou ci-gît signifient ici repose, ici est enterré.

On observe, de plus en plus fréquemment semble-t-il, l'usage des formes "giserait" et "giseraient" (au sens de se trouver enfoui, enfermé dans quelque chose).

Gésir est surtout employé dans l'expression des épitaphes : ci-gît, ci-gisent, « ici repose(nt) ». Le nom gisant désigne une sculpture représentant le mort couché sur un tombeau.

Il provient du latin classique jaceo de la deuxième conjugaison, « être couché, étendu ». Il s'agit d'un sens figuré à partir de jacio « lancer, jeter ». Le résultat de l'action est considéré comme un état. La racine indoeuropéenne ye donne des mots comme jet, jactance (mais non jacter) qui conservent l'idée de la projection.

Les sens du latin étaient fort étendus : séjourner avec l'idée d'abandon, être situé, être calme, stagnant, immobile, en ruines, en décombres, appesanti, abattu, démoralisé, affaissé, terrassé, abîmé par la douleur, négligé, diminué, malade, mourant, endormi, engourdi, sans vie, à la disposition de tous. Cela pouvait s'appliquer à des parties du corps ou à des inanimés. Les temps les plus employés étaient ceux de l'infectum ce qui explique pourquoi le passé simple issu du perfectum était si rare en ancien français.

L'ancien français a repris le sens le plus fréquent d'être couché, mais il a procédé à une même dérive sémantique avec gésir en pour « résider dans » (1160, Énéas). À l'époque classique, le verbe a signifié « se trouver » : « À l'endroit où gisait cette somme enterrée » (La Fontaine).

En ancien français encore, gesir de a signifié « accoucher » (1180), ce qui donne la gésine (1160) qui devait remonter à un latin populaire jacina, « couche », par le biais de l'ancien occitan jazina, « litière ». L'expression en gésine est désuète à l'époque classique. On la trouve néanmoins chez La Fontaine : « Où la laie était en gésine ».

Les dérivés de gésir sont plus nombreux qu'on pourrait le croire. Le gisant ou représentation sculptée et couchée du défunt est une forme évidente, mais le sens est en fait récent (1911) même si la forme est ancienne. Le gisant s'oppose en fait à l'orant ou statue montrant une personne en train de prier. Un autre participe présent est issu du latin de manière savante : jacent (1509). Il est formé sur jacens avec le sens d'être à l'abandon, sans propriétaire. Ce sens existait déjà en latin. Il s'emploie donc comme un concurrent de vacant.

Le participe passé gis est une réfection de geü sur les verbes du deuxième groupe, mais il a donné le gîte ou endroit pour se loger (1176), la gîte ou lieu dans lequel un bateau s'est enfoncé (1859), le gisement comme action de se coucher puis d'endroit où se trouvent des minéraux (1200). Le participe passé a donné par l'intermédiaire du gîte le verbe gîter (1210) pour fournir un gîte, puis pour se loger en parlant des bêtes. Plus spécialement encore, c'est le terrier du lapin ou du lièvre.

En savoir plus : site de Dominique Didier.

 

Je m’interroge sur les formes du verbe gésir. Que faudrait-il écrire si on voulait le conjuguer au subjonctif, par exemple dans Je ne pense pas qu’il (gésir) ici ? Et qu’en est-il des autres modes et des autres temps ?

L’Académie répond :

La première édition du Dictionnaire de l’Académie française, en 1694, signalait déjà que le verbe gésir était défectif. On y lisait : « Vieux mot qui n’est guere en usage qu’en quelques-uns de ses temps. Il gist, ils gisent. il gisoit. ils gisoient &c. » L’édition actuelle précise quels sont ces temps : « N’est usité qu’au présent de l’indicatif : je gis, il gît, nous gisons ; à l’imparfait : je gisais, nous gisions ; au participe présent : gisant. » Cela étant, dans son Thresor de la langue francoyse, tant ancienne que moderne, paru en 1606, Nicot donne encore une forme de participe passé et de passé simple : « Quand elle eut jeu un mois, elle releva. Elle jeut un mois, puis elle releva. » Quant aux formes de futur, elles semblent abandonnées, même si, dans son excellente Encyclopédie du bon français dans l’usage contemporain, Dupré indique que l’on trouve encore gîrai dans Tête d’Or, de Claudel : « Bientôt, tout de mon long, je gîrai par terre, les mains ouvertes », et gésirai dans Honorine, de Balzac : « Je gésirai la tête fracassée sur un pavé. »

Si ce verbe est aujourd’hui défectif, il n’en a pas toujours été ainsi ; en ancien français, on le trouvait à tous les temps et tous les modes. On avait un subjonctif présent : gise, gises, gise, gisiens, gisiez, gisent. Il existait aussi deux formes de passé simple : jui, geüs, jut, geümes, geüstes, jurent d’une part et, d’autre part, gis, gesis (ou geïs) gist, gesimes (ou geïmes), gesistes (ou gesistes), girent. De ces deux passés simples étaient tirées deux formes de subjonctif imparfait : geüsse, geüsses, geüst, geüssiens, geüssiez, geüssent et gesisse ou geïsse, etc.

On pourrait donc dire, et écrire : « Je ne pense pas qu’il gise ici », ou, avec des choix archaïsants assez prononcés : « Je ne pensais pas qu’il geüst, gessist ou geïst ici. »


Comment prononcer le groupe gn- ?

 En français le digramme (-)gn- note le plus souvent une consonne nasale vélaire, celle que l’on entend dans agneau ou vigne. Ce son et sa transcription sont un héritage du latin tardif, mais il existe cependant quelques termes où ces deux lettres, le plus souvent quand elles sont placées à l’initiale, sont articulées séparément. Dans leur grande majorité il s’agit de mots tirés d’une racine grecque et latine, gno-, indiquant la connaissance. Au nombre de ceux-ci on trouve, par exemple, gnose, gnomon et des mots de cette famille comme agnosie, agnostique, cognition, diagnostic, physiognomonie, etc. Il en va de même pour les mots tirés du grec gnathos, « mâchoire », agnathe et prognathe. À cette liste, il faut ajouter pignoratif, mais aussi agnat, pugnace, stagner et leurs dérivés. Théoriquement, et le plus souvent en pratique également, on prononce séparément les consonnes g et n dans igné et les mots de sa famille, mais, en raison de l’analogie avec des formes comme mignon, cogner, etc., ces consonnes sont parfois articulées comme dans lignite. Il arrive aussi que, par un phénomène d’assimilation régressive du g, l’on entende inifugé

 Académie française

Dire, ne pas dire, mars 2026

 L'Académie française nous propose de nouvelles études et réflexions sur la langue française : 

Les noms audace, bravoure, courage, hardiesse désignent l’attitude de qui se résout à affronter un danger, une menace, une situation pénible ou à prendre une initiative pouvant mettre sa vie en péril, mais il y a des uns aux autres de fortes nuances.

De gustibus et coloribus non disputandum (« Des goûts et des couleurs, on ne doit pas débattre »), dit le proverbe dans son infinie sagesse. Certes, mais il est possible de s’intéresser au sens de ce mot, goût, et de mettre en regard le nom saveur

Comment prononcer le groupe gn- ?

Les noms cuirassé et cuirassier sont des paronymes qui ont une étymologie commune, mais ils désignent des réalités bien différentes.

« On est plus que deux » ou « On n’est plus que deux » ?

National Record

Il est rare que l’on rapproche ces personnages, dont les occupations divergent : le cambrioleur visite subrepticement des appartements pour y faire main basse sur les objets de valeur ; le chambellan était un gentilhomme chargé de régler le service intérieur de la chambre d’un souverain, et le premier d’entre eux était appelé grand chambellan. Ce sont là deux occupations bien différentes, mais ces noms ont la même origine.

Le bouc, le boucan et le vieux marcheur

Et dans le courrier des internautes : 

  • Je m’interroge sur les formes du verbe gésir. Que faudrait-il écrire si on voulait le conjuguer au subjonctif, par exemple dans Je ne pense pas qu’il (gésir) ici ? Et qu’en est-il des autres modes et des autres temps ?
  • Il existe à Meudon une rue des Cotigniers. Pourriez-vous me dire ce que signifie ce nom ?


mercredi 4 mars 2026

Le suffixe -ure

 -ure, -ature : suffixe formateur de substantifs féminins à partir d'un adjectif, d'un substantif ou plus souvent d'un verbe.

-ure signifie le fait d'être, pour une personne ou une chose, ce que signifie l'adjectif de base.

  • courbé, une courbature.

-ure ou -ature a une valeur collective en rapport avec le substantif de base.

  • un cheveu, une chevelure.

  • un muscle, une musculature.

-ure signifie le fait d'avoir certaines des qualités du substantif de base :

  • un nerf, une nervure.

La base est un verbe : -ure ou -ature signifie l'accomplissement d'un procès ou la manière dont il s'accomplit, éventuellement, par métonymie, ce qui est ainsi accompli, le résultat de l'action.

  • baver, une bavure.

  • filer, une filature.

À un substantif en -age ou en -ment désignant une action, peut correspondre un dérivé en -ure désignant le résultat concret. Le suffixe -ment s'oppose souvent à -ure et à -age, plus voisins.

  • un balayage, une balayure.

  • un courbement, une courbure.

  • un égouttement, un égouttage, une égoutture.

  • un déferrage, un déferrement, une déferrure.

De nombreux mots en -(at)ure sont des emprunts au latin.

  • armature, clôture, manufacture, pâture, préfecture, quadrature, questure,...

-ure est un suffixe utilisé en chimie pour désigner un anion monoatomique qui, associé à un autre élément, forme un composé binaire en particulier, dans le nom des sels et des éthers-sels des acides suffixés en -hydrique.

  • Les mots construits sont des substantifs masculins : un amidure, un antimoniure, un borure,...

-ure est tiré du latin -urus (du grec « queue ») :

  • un animal dont la queue est caractérisée par le premier élément : un cœnure, un gymnure, un ménure, un oxyure, un pachyure.

  • une plante identifiée dans la taxinomie populaire par sa ressemblance avec la queue d'un animal : un léonure, un myosure.

-ure en chimie

Dans la Méthode de nomenclature chimique de 1787, Lavoisier et ses collègues écrivaient  : « Nous trouvons dans ces trois mots comparables, carbure, sulfure & phosphure […] un moyen de donner une idée exacte de combinaisons analogues, & de les distinguer d’avec tous les autres composés.  » Ce texte instaurait l’usage du suffixe -ure en chimie, adopté en particulier par GayLussac pour le cyanure en 1815. On voit que le suffixe s’ajoute au radical du mot latin de base, en l’occurrence ici : carbo, carbonis ; sulfur, sulfuris  ; phosphorus, phosphori  ; cyanus, cyani, alors que sont formés sur le génitif de ces mots les noms des acides carbonique, sulfurique, phosphorique et cyanique, dont le sel est un cyanate. Un cas particulier : on connaît l’acide hétérocyclique, l’acide cyanurique, où l’adjectif n’est pas formé sur cyanure, mais sur cyan- et -urique « relatif à l’urée », cet acide étant un dérivé de l’urée. En anglais, à la place de -ure, on emploie le suffixe -ide de oxide (d’ailleurs emprunté à la Nomenclature de 1787), d’où les formes distinctes de cyanide et cyanuric acid. Idem en allemand : Cyanid et Cyanursäure. En dehors de la chimie, le suffixe -ure est courant en français dans les mots abstraits (cf. nomenclature) et en zoologie, où l’élément ure signifie « queue » du grec oura, « queue ». Ainsi, le mot oxyure ne désigne pas un dérivé de l’oxygène, mais un vilain petit ver parasite dont la queue (ure) est en pointe (oxy) ! En savoir plus : À propos de cyanures, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 437.

lundi 2 mars 2026

Le suffixe -ium

1. -ium est un suffixe utilisé pour la construction de termes appartenant au vocabulaire de la chimie et de la physique.

Métalloïdes ou métaux rares :

  • (base française) béryllium, magnésium, zirconium.

  • (base latine ou grecque) actinium, cadmium, gallium, lutécium, osmium, rhodium, rubidium.

  • (mots empruntés à l'anglais) aluminium, palladium, plutonium, silicium, sodium, strontium

Pour des éléments rares ou qui n'existent pas dans la nature, la base est généralement un nom propre : curium (Curie), francium (France), Américium (America), Berkélium (Berkeley, université de Californie), Californium (California), Einsteinium (Einstein), Fermium (Fermi).

On peut enfin s’arrêter sur le y de baryum en français, certes inspiré du grec barus « pesant », mais qui ne va pas de soi. En effet, la forme barium, avec le suffixe -ium (neutre du suffixe latin -ius, qui traduit une dépendance) est logique pour une substance tirée d’un minerai, alors que la forme baryum, avec le suffixe -um, conviendrait pour un nom de matière première (comme en latin cuprum, « cuivre », lignum, « bois »…). D’ailleurs, sur 112 éléments (jusqu’au copernicium), on a en français 70 noms en -ium, et un seul en -um, le baryum. En outre, l’anglais a gardé tel quel barium proposé par Davy, avec un i, comme en allemand, Barium, et le comble est qu’en grec moderne, baryum se dit bario (avec un iota), alors que l’adjectif « pesant » se dit toujours barus, comme en grec ancien, avec un upsilon. Ce y de baryum résulte, si l’on ose dire, d’un excès de zèle étymologique propre au français... et au turc ?, puisqu’il écrit aussi baryum. Là, c’est autre chose car en turc le suffixe -ium s’écrit -yum, d’où aussi magnezyum, kalsiyum, stronsiyum, radyum et berilyum ! Rien n’est simple ! En savoir plus : À propos des alcalinoterreux, Pierre AVENAS, paru dans l'Actualité chimique n° 403.


2. -ium est une terminaison de mots latins : aquarium, actium, géranium, harmonium, latium, laurium, minium, opium, palladium, pallium, radium, sunium,...

Dans actium et latium, la lettre "t" se prononce [s].

dimanche 1 mars 2026

Charades

 

Mon premier est un métal doré.

Mon deuxième est dans tous les jours de la semaine.

Mon troisième transmet les messages au cerveau.

Mon tout est habituel.


Mon premier sert à éclairer.

Mon deuxième est un rongeur.

Mon troisième est la partie du crayon qui écrit.

Mon quatrième est cuisiné.

Mon tout est extraordinaire.


Mon premier dure 24 heures.

L'enfant capricieux dit mon deuxième.

Mon troisième est une série de mots.

Mon tout écrit des articles.


Mon premier est le plus fort.

Mon deuxième est le double de 50.

Un frère en a souvent.

On trouve mon tout dans beaucoup d'immeubles.


Mon premier circule dans le corps.

Mon deuxième est après "me".

Mon troisième permet de bouger les muscles.

Mon tout est une personne très âgée.


Mon premier est l'ensemble des journaux.

Mon deuxième est une syllabe dans tirer et petit.

Mon troisième est dans tous les jours de la semaine.

Mon quatrième est un abri pour le lièvre ou des personnes.

On fait mon cinquième en touchant avec les doigts.

Mon sixième dure 60 minutes.

Mon tout est un magicien.


Mon premier est une carte à jouer.

Mon deuxième attaque les bateaux.

Mon troisième se trouve avec une horloge.

Mon tout est un appareil ménager.


Un fruit est comestible quand il est mon premier.

Mon second est un cri de douleur.

Mon tout protège un château fort.


Mon premier est la dix-neuvième lettre de l'alphabet.

Mon deuxième empêche de rouler ou de bouger.

Mon troisième signifie attacher.

Mon tout permet de monter ou descendre.


Mon premier et mon troisième sont une année.

Il faut soigner quelqu'un qui fait mon deuxième.

Mon tout est un professeur.


Mon premier est la première lettre de l'alphabet.

La guêpe fait mon deuxième.

Mon troisième est une religion.

On lit mon quatrième sur une montre.

Mon tout élève des abeilles.



Jeu des définitions

Voici des mots à trouver dans le mégadictionnaire. Les réponses commencent par ab et sont dans l'ordre alphabétique.

Ce nom en trois lettres désigne une étoffe, un costume et un manteau.

Quelle était la tenue vestimentaire décrétée par Mobutu ?

Comment est nommé le sceptre que portait le grand maitre des templiers ?

Comment désigne-t-on une impossibilité de marcher sans trouble musculaire ?

Ce verbe synonyme de stupéfier est dérivé d'un verbe signifiant tuer.

Il vaut mieux les numéroter avant de se battre.

Ce nom a longtemps été en concurrence avec apostume et apostème.

Ce nom de religieux en Perse correspond à derviche chez les Turcs, et à moine chez les chrétiens.

C'est une ponction de l'abdomen.

Quel est le contraire d'une adduction ?

Ça ne convient pas du tout.

Un adjectif signifiant "qui ressemble au sapin".

Ce qui est fait sous l'emprise de la colère.

C'est l'action de se laver.

Ce nom désigne la caillette, l'estomac glandulaire des ruminants.

Ce sont les habitants originaires du pays où ils vivent.

C'est un avortement.

Quel terme médical désigne des difficultés ou une impossibilité de l’exercice de la volonté ?

les tenants et les ...

Cette expression signifiait montrer un grand empressement, une grande hâte, un air affairé, un air empressé.

On portait comme amulette cette pierre taillée, souvent gravée de caractères magiques.

C'était un synonyme d'abréger.

Le nom de ce fruit vient du latin praecoquum « fruit précoce ».

C'est un taillis brouté par les bestiaux ou le gibier.

Cet adjectif qualifie une chevelure très longue.

Ce verbe difficile à trouver signifie cacher.

C'est celui qui efface une faute ou un délit.

Il est conseillé d'écrire ce participe passé avec un t final.

Ces produits ont été remplacés par les détergents.

C'est une analyse succincte d'un ouvrage.

C'est difficile à comprendre.

Ce nom désigne une formation d’éraflures à la surface d’objets en verre.

C'est le droit de vendre, de détruire le bien dont on est propriétaire.

vendredi 27 février 2026

Les homographes non homophones

Homographes particuliers

Tu as l'as de carreau.

Ben s'exclame : "Ben alors vous ne venez pas."  

Nous billions (projetions des billes sur) la surface métallique.  Des billions sont des millions de millions.

Il livre le pain bis au 22 bis.

C'est un bon ami qui a donné ce bon d'achat.

Il a renversé le panier de cassis en passant sur un cassis (dos-d'âne).

Le chef nous présente son chef-d'œuvre.

Les cossus (papillons) volent autour des messieurs cossus.

Un croc est une canine d'un carnivore. Il fait un croc-en-jambe à son adversaire.

Il est à l'est.

Il va ester sur les conséquences de l'utilisation de cet ester.   

Chez toi et moi, il y a des CD, des livres, des jeux, et cætera (ou et cetera, etc).

Les exocets (missiles, nom déposé) ont tué des exocets (poissons volants).

Il est venu exprès pour cet envoi exprès.

On ne peut pas se fier à lui car il est trop fier. 

Les fils de mes voisins ont apporté des fils de laine. 

J'étais jouasse car mon entraineur voulait que je jouasse.

Il a installé ses lacs près des lacs. 

Las (hélas), il est trop las (fatigué). 

Tu limes le bois pour reconstituer le limes (une fortification romaine). 

Je lis que l'emblème des rois était le lis. 

Le lot principal est un séjour dans le Lot. 

Marc ne boit pas le marc. 

Le chien enterre son os avec les autres os.

Ouïe (ouille) !  j'ai une otite et cela altère mon ouïe (audition).

Un pet est un bruit causé par des gaz intestinaux. Un pet est une matière plastique. Un pet est un bruit ou une trace causés par un choc. 

Cette montagne pointue est un pic. Cet oiseau est un pic-vert (ou pivert). 

J'avais acheté plus de yaourts mais il n'y en a plus. 

Pupillaire concerne un pupille. Pupillaire est relatif à la pupille de l'œil.

Les rachis (abréviation de rachianesthésie ou rachianalgésie) sont des anesthésies de la partie inférieure du corps. Le rachis est la colonne vertébrale, un axe central pour une plante ou une plume d'oiseau.

Sens-tu dans quel sens va le vent ? 

Le seps (reptile) est dérangé par les seps des charrues.

Soit ! Il se peut qu'il soit responsable.

Êtes-vous tous là ? Tous les participants auront une récompense.

Il fixe la vis vis-à-vis de la première.



Homographie avec un mot d'origine étrangère.

Il se base sur cette stratégie pour le base-ball.

Il va le biper (prévenir) avec son biper (ou bipeur).

Il a bu un bitter. Il ne va rien bitter (ou biter, comprendre).

Il faut booster (développer) le booster (amplificateur ou propulseur).

Si tu veux boxer, mets ton boxer  (boxer-short) et attache ton boxer (chien).

Le bull-terrier aboie quand le bull (bulldozer) passe.

Le bunker du golf est près d'un bunker.

Il va carter le fil (le mettre autour d'une carte). [rare]   Le mécanicien répare le carter.

Voilà un cent. Tu en auras bientôt cent.

Ce chat sur internet parle du chat de gouttière.

Il chatte (ou tchatte) sur internet. La chatte ronronne.

Tu chattes (ou tchattes) sur internet. Les chattes ronronnent.

Un chopper est un outil de la préhistoire ou une moto. Il va chopper (se tromper, ou heurter du pied un obstacle).

Il va clipper la gravure d'un clipper.

On entend les supporters corner pendant le corner.

Les dans sont les degrés de qualification dans les arts martiaux japonais.

Cet ancien dealer a recommencé à dealer.

Le discounter va à nouveau discounter les meubles.

Nous dominions les anciens dominions.

Il utilise un driver pour apprendre à mieux driver.  Il va driver le sulky.

Tu ne vas pas flipper en jouant au flipper !

Le forte demande une intensité plus forte pour ce final.

La gens était un groupe de familles romaines. Les gens sont arrivés.

L'interviewer (ou intervieweur) commence à interviewer l'invité.

Jean mit un jean.

Il a dessiné le jet d'un seul jet.

Un logos est une rationalité suprême. Les entreprises ont des logos.

Je trouve le temps long pour avoir un long drink.

Quand tu auras fini de tirer avec le luger, tu viendras luger avec nous.

Il a reçu un e-mail lui donnant rendez-vous sur le mail.  

Le manager (manageur) doit mieux manager (diriger) son équipe.

Pour le mixer, c'est  plus facile avec un mixer (ou mixeur).

Les papas rencontrent le papas.

Un plaid était l'assemblée ou la décision des comtes et des évêques à l'époque franque. Un plaid est une couverture de voyage ou un tissu de laine à carreaux.

L'ingénieur alla se placer près du placer (gisement sédimentaire).

J'ai vu le pointer pointer ses oreilles.

Le serveur va porter une porter au client.  

Je vais poster la commande d'un poster.

Cette émission prime sur les autres car elle est en prime time.

Un prospect est une distance à respecter entre des constructions. Un prospect est un client potentiel d'une entreprise.

Il fait de la pub (publicité) pour son pub à Belfast.

D'habitude, il a du punch, mais aujourd'hui, il a bu du punch.

Il change de putter pour putter la balle de golf.

Avec trente quarts d'essence, il a rempli trois quarts du réservoir.

Chaque ranger va se ranger.

Les ras (chefs éthiopiens) se dirigent vers le ras (plate-forme flottante).

Ils organisent des raves près du champ de raves.

Le reporter va reporter son article à demain.

Bien que n'étant pas rewriter, il va rewriter (récrire) l'article.

Le rot est une maladie des plantes. Un rot est une éructation.

Le sampler va sampler (échantillonner) les nouveaux morceaux.

Il sample (échantillonne) le sample (l'extrait musical).

Tu samples les samples.

Avec ce nouveau scanner, ils vont scanner plus précisément.

Il finit le best-seller avant d'aller seller le cheval.

Le Japonais a mis le ticket qu'il a payé 80 sens dans le mauvais sens.

Le danseur soul danse sur de la soul music.

Le sprinter se prépare à sprinter dans les cent derniers mètres.

Le squatter (squatteur) cherche un autre logement à squatter (squattériser).

Le supporter va supporter les conséquences de son geste.

Il surfait avec un style surfait.  

Il surfait (surestime) sa compétence quand il surfait.

Tu surfais ta compétence quand tu surfais. (verbes surfaire et surfer)

Il surfera (surestimera) sa compétence quand il surfera.

Tu surferas ta compétence quand tu surferas. (verbes surfaire et surfer)

Je surferai (surestimerai) ma compétence quand je surferai.

Ils surferaient leur compétence quand ils surferaient.

Tu surferais ta compétence quand tu surferais.

Il surferait sa compétence quand il surferait.  

Vous surferez votre compétence quand vous surferez. (verbes surfaire et surfer)

Vous surferiez (surestimeriez) votre compétence quand vous surferiez. (verbes surfaire et surfer)

Nous surferions (surestimerions) notre compétence quand nous surferions.(verbes surfaire et surfer)

Nous surferons (surestimerons) notre compétence quand nous surferons.

Ils surferont leur compétence quand ils surferont. (verbes surfaire et surfer)

Un suspense interdit l'exercice de fonctions religieuses. Un suspense est une attente angoissée.

Un têt est une coupelle en terre réfractaire. Un têt est le premier jour d'une année du calendrier lunaire vietnamien.

Une ton est une unité anglo-saxonne de masse. Un ton est une caractéristique de la voix, une manière de parler, une tonalité, une couleur.

Une truste (ou trustis) était l'entourage d'un roi mérovingien. Il truste (monopolise) la meilleure place.

Près de sa plante vivace, il écoute un allégro vivace.

 

Homographie avec un passé simple.

Je bus en vitesse car le bus arrivait.

Le joueur but après avoir marqué le but décisif.

Ils lui dirent "chut !" quand il chut de sa chaise.

Tu damas le sol puis tu décoras le mur avec un damas.

Hélas, tu le hélas trop tard.

Tu lampas l'eau puis tu installas le lampas.

Tu lias l'étude du crétacé au lias.

Il lut que le lut est un enduit.

Tu plus plus à Sophie qu'à Hélène. 

Il raya le nom du raya (ou raïa).

Tu rayas les noms des rayas (ou raïas).

Je sus alors que le roi avait dit :"Sus à l'ennemi !".

Tu tapas dans les réserves de tapas.

Le froid le transit pendant son transit.

Tu trias les documents sur le trias.

Enfin, tu vis la vis égarée. 



Homographie avec un verbe terminé par -ent.

Les pêcheurs affluent à l'affluent du Rhône.

Ils coalescent l'alliage : chaque métal est coalescent (réuni mais distinct).

Un triangle coïncident peut se superposer point par point à un autre. Les dates coïncident.

La Saône et le Rhône confluent : leur confluent est à Lyon.  

Ils nous content l'histoire et mon frère est content.

Ils convergent enfin bien que leur travail n'ait pas été convergent.

Ils nous convient à leur fête et ça nous convient. (verbes convier et convenir)

Les poules du couvent couvent.

Ils détergent le sol avec un nouveau détergent.

Ils divergent toujours car leur intérêt est trop divergent.

Des pays émergent sur ce marché émergent.

Les résultats équivalent, le procédé est aussi équivalent.

Il est évident qu'ils évident l'objet.

Comme ils excellent, le résultat est excellent.

Ils expédient ce qui ne leur semble qu'un expédient.  

Ils féculent les pommes de terre. Un féculent est un "sucre lent".

Ils ferment le récipient et attendent que le ferment agisse.  

Quand les torrents fluent, le paysage est fluent.

Ce personnage influent et ses collaborateurs influent trop sur les décisions.

Ce photographe insolent et son assistant insolent la pellicule.

Ils négligent de lui rappeler qu'il est trop négligent.

Avec mon lointain parent, ils parent au plus pressé.

Le président et le premier ministre président la réunion.  

Ils se pressent de le rassurer mais il pressent un malheur.

Ce résident et sa famille résident dans ce village.

Ils résilient le contrat pour l'étude de ce matériau résilient.

Ils somnolent en cours. Cet enfant est particulièrement somnolent.

Comme ils manquent de talent, ils talent les pommes en les cueillant.

Les réponses urgent car le dossier est vraiment urgent.

Avec leur aspect violent, ils violent les lois.



Homographie avec un verbe à l'imparfait.

Nous ablations des organes ; ces ablations permettaient la survie des patients.

Nous acceptions les acceptions de ces mots.

Nous actions vos actions dévouées. 

Par notre gravitation, nous accrétions la matière ; ces accrétions augmentaient nos astres.

Nous les adoptions mais ces adoptions devenaient difficiles.

Nous affections de ne pas remarquer leurs affections.

En manquant d'attentions, nous attentions à leur liberté.

Par nos auditions du personnel, nous auditions l'organisation.

Nous coéditions des ouvrages. Ces coéditions étaient recherchées.

Nous collections des objets pour nos collections.

Nous complétions les complétions pour la production de pétrole.

Nous concoctions de nouvelles idées pour les concoctions.

Nous nous contentions des améliorations obtenues grâce aux contentions.

Nous nous contractions sous l'effet des contractions de nos muscles.

Nous dations les dations.

En observant les décontractions successives, nous nous décontractions enfin.

Nous désaffections les locaux tant les désaffections étaient importantes. 

Les désertions étaient nombreuses alors nous désertions aussi de temps en temps.

Nous désinfections sans cesse mais ces désinfections étaient tardives. 

Grâce aux nouvelles détections, nous détections une forme de vie.

Nous les détractions en vain car nos détractions étaient infondées.

Nous dictions avec de nouvelles dictions. 

Nous diffractions la lumière avant d'étudier les diffractions d'autres ondes.

Nous disjonctions sous l'effet des disjonctions des responsabilités.

Nous éditions ces livres sans modifier la forme des anciennes éditions. 

Nous ne nous éjections qu'au dernier moment car ces éjections étaient risquées.

Nous ne nous électrocutions pas car nous connaissions les conséquences des électrocutions.

Nous exceptions les exceptions les plus rares.

Nous excrétions normalement mais nos excrétions devaient être analysées.

Nous exécutions les ordres mais refusions les exécutions.

Nous exemptions des malades mais ces exemptions étaient rares.

Nous formations l'ordinateur pour les nouvelles formations.

En ne soignant pas nos infections, nous infections d'autres personnes.

Avec ces injections de capitaux, nous injections un nouvel espoir.

Nous inspections chaque année mais il y avait des inspections supplémentaires. 

Nous intentions un nouveau procès car nos intentions ne changeaient pas.

Nous interceptions les passeurs mais ces interceptions étaient risquées.

Nous inventions encore et nos inventions devenaient célèbres. 

Nous mentions sur l'origine de nos mentions. 

Nous notions les nouvelles notions. 

Nous objections que leurs objections n'étaient pas valables.

Nous options pour de nouvelles options.

Nous persécutions nos frères mais ces persécutions ne nous semblaient pas graves.

Nous leur portions des portions supplémentaires.

Nous préemptions souvent mais les droits de ces préemptions étaient parfois contestés.

Nous prétéritions (désavantagions [Suisse]) notre adversaire par nos prétéritions.

Nous prospections de nouveaux terrains mais ces prospections restaient vaines.

Nous rations souvent la distribution des rations.

Nous rééditions ces ouvrages, c'étaient leurs premières rééditions.

Nous réfractions la lumière. Nous utilisions des prismes pour ces réfractions.

Nous relations l'origine de nos relations.

Nous nous rétractions du fait des rétractions du béton.  

Nous sécrétions la tristesse, était-ce dû à nos sécrétions ?

Nous sélections des programmes et établissions de nouvelles sélections.

Nous nous surinfections sans pouvoir atténuer ces surinfections.

Nous tractions d'anciennes tractions avant.

Nous transitions par de brusques transitions.

Comment définir les homonymes ?

 Monsieur,

 Professeur en retraite depuis maintenant plus de quinze ans, je ne maîtrise pas suffisamment l’informatique pour correspondre directement sur vos sites et je vous prie de m’excuser pour le dérangement que cela pourra vous causer.

 Je ne peux que souligner la richesse de ce que vous présentez :

  • l’usage du bon sens plutôt que l’énoncé de règles conventionnelles pour les mots composés, les accords dans le groupe nominal, …..

  • la signification des mots terminés en al, ail,….. à l’occasion de leur mise au pluriel.

  • une longue liste d’homographes non homophones

 Et bien d’autres détails, notamment les fluctuations des règles de grammaire au cours des siècles passés qui constitueraient une savoureuse conclusion à votre exposé « du singulier au pluriel » .

 Cependant il est une question sur laquelle même des spécialistes restent plutôt muets :

 Les nuances de la phonétique dans les homophones

« Les homonymes sont des mots qui se prononcent de la même façon mais qui n’ont pas la même signification ».

 Alors, après écoute attentive des voyelles,

  • patte et pâte : longueur du son

  • pomme et paume : ouverture

  • pêcher (du poisson) et pécher (faute) : ouverture

  • du lait (lè) dans le Nord et du lait (lé) dans le Midi : ouverture

  • ou et houx : expiration

  • haie et hé ! : intonation

 Ces mots forment-ils des couples d’homonymes

  • à l’école primaire ?

  • au lycée ?

  • en faculté ?

 En vous remerciant de votre attention, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.



 Bonsoir Monsieur,

 Étant également retraité, cela me permet d'aborder les questions linguistiques  sans les contraintes de l'enseignement qui pourtant a guidé ma démarche. Aussi j'apprécie vraiment votre message et votre ouverture.

 Je suppose que vous faites référence à ma tentative de clarification des contenus enseignés que ce soit en grammaire, conjugaison, vocabulaire et orthographe. Il y a tellement de temps perdu avec des apprentissages inutiles et des contradictions...

 Cependant, ma "priorité" est le mégadictionnaire que j'utiliserai ensuite pour parfaire ces réflexions sur la validité des règles. La conception de ce dictionnaire est de permettre de trouver l'orthographe d'un mot même si on n'en connait qu'approximativement la prononciation ou de découvrir ce mot au moyen des familles étymologiques.

 Dans cette optique, s'imposent les archiphonèmes afin de tenir compte des différences de prononciation entre régions, entre pays et même entre voisins... C'est pourquoi y figure souvent la mention "Prononciation plus ou moins proche selon les régions".

 Dans le mégadictionnaire, la démarche est de faire figurer le plus grand nombre de mots avec des définitions qui aident à reconnaitre la graphie correcte (ou les graphies), et en mettant en évidence les similitudes ou ressemblances phoniques.

 Cela ne signifie pas d'effacer les différences phonologiques que vous mettez justement en valeur mais d'aider à la réflexion et au choix. Par exemple, une des causes d'échec dans l'apprentissage de la lecture est le fait que l'enseignant impose une prononciation alors que la plupart des mots (votre exemple du lait est tout-à-fait révélateur) sont prononcés différemment selon les élèves. Un bon lecteur a compris que beaucoup de mots peuvent être dits de plusieurs façons.

 Le degré d'homophonie que vous mettez en évidence est un élément fondamental de la langue française mais le tort est d'imposer une norme de prononciation alors que c'est un moyen de comparer et d'enrichir la langue. Et ces oppositions sont intéressantes dès la maternelle si ce n'est pas une volonté d'imposer un savoir : cela constitue alors un enrichissement par la mise en valeur des différences et de l'évolution de nos échanges oraux.

 En espérant que mon courriel vous est parvenu (les adresses e-mail étant tellement usurpées), je vous adresse l'expression de mes cordiales salutations.

 Gilles Colin

Homophones, homographes, homonymes, paronymes et antonymes

 

Les homonymes

Les noms propres

 Quand on parle d'homonymes, on pense d'abord à deux personnes qui n'ont pas de lien de parenté mais qui ont le même nom.

Les noms communs

 Un homonyme est un mot ou un signifiant qui a une prononciation et/ou une graphie identique à celle d'un autre mais un signifié différent.

  • un coq, une coque, un coke

  • une geste, un geste

  • se fier, il est fier

Les homographes sont des mots qui s'écrivent de la même façon, les homophones ont la même prononciation.

Les homographes homophones

 Certains homographes se disent aussi de la même façon :

  • une pêche (un fruit)

  • une pêche de poissons.

Ces mots n'ont pas la même origine.

Les homographes non homophones

 D'autres homographes (parfois nommés hétéronymes) se prononcent différemment : Il est à l'est.

Les homophones non homographes

Quand tu auras le temps d'aller à Caen, il faudra qu'en partant du camp tu me préviennes.

 Les homophones non homographes, généralement appelés homonymes, sont étudiés plus souvent.



Les paronymes

Beaucoup de mots se ressemblent phonétiquement mais n'ont pas le même sens, ce sont des paronymes.

  • une gallérie : un insecte.

  • une galerie : un lieu de passage ou de promenade, plus long que large ; une salle aménagée pour une exposition ; un magasin de vente d'œuvres d'art ; ...



Les antonymes

Quand un mot a un sens contraire à un autre, ils sont antonymes.

  • grand, petit.



Onze règles pour l'accord du verbe

 

1. Avec tu, le verbe se termine par s, sauf : tu peux, tu veux, tu vaux.

  • tu écoutes, tu écoutais, tu écouteras, tu as écouté.

 Pour les verbes en -er, les verbes couvrir, cueillir, défaillir, offrir, ouvrir, souffrir et leurs dérivés, ainsi que le verbe avoir, on ne met un s final au singulier de l'impératif présent que pour faire une liaison : laisse-le, laisses-en, retourne-la, retournes-y.


2. Le sujet peut être après le verbe.

  • Sur le toit chantaient les oiseaux. Quand reviendras-tu ?


3. Plusieurs sujets = un sujet au pluriel.

  • Un garçon et une fille jouent.


4. toi et moi, lui et moi, elle et moi, eux et moi, elles et moi, vous et moi = nous.

lui et toi, elle et toi, eux et toi, elles et toi = vous.

  • Toi et moi sommes les premiers. Mon amie et moi jouons au foot. Florence et toi avez raison.


5. Le pronom personnel "les" n'est jamais sujet.

  • Ces journaux, il ne les vend pas, il les donne.


6. "nous" et "vous" devant le verbe peuvent être compléments.

  • Je vous écrirai. Tu nous écriras. Ils nous écriront.


7. moi qui = je ; toi qui = tu ; eux qui = ils.

  • C'est moi qui suis venu(e). C'est toi qui es venu(e). Ce sont eux qui sont venus.


8. L'infinitif en "er" peut être remplacé par un autre infinitif (faire, voir, prendre,...) ; on peut remplacer le participe passé en "é" par fait, vu, pris,...

  • J'aime chercher. Je vais décider. J'ai cherché. J'ai décidé.


9. Terminaisons du participe passé : is, it, i,...

  • Il a pris. Elle est prise.

  • Il a écrit. Elle est écrite.

  • Il a fini. Elle est finie.


10. Avec l'auxiliaire être, le participe passé s'accorde avec le sujet.

Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé s'accorde si on on sait d'avance qui ou ce qui est concerné.

  • Les lettres sont écrites et expédiées. J'ai écrit et expédié les lettres. Je les ai écrites et expédiées.


11. Comment accorder avec le pronom "nous" ?

 Lorsque la personne qui parle (avocat, notaire) le fait en tant que représentant des intérêts d'une personne, l'adjectif et le participe passé s'accordent normalement : Nous sommes mandatés pour la gestion de cette affaire.

 Dans le cas d'un pluriel de modestie ou de majesté, l'accord se fait avec le vrai sujet (ainsi que pour un représentant de la loi) : (pour une reine) Nous sommes étonnée de cette décision.

 Pour s'adresser à quelqu'un en signe d'intérêt, d'affection, l'accord suit les mêmes règles : (en s'adressant à une femme) Alors, nous sommes contente ?

Le préfixe ab- ou abs-

 

ab- (ou abs- souvent devant c et t) signifie l'éloignement ou l'écart.

  • abarticulaire « qui est en dehors de l'articulation »

  • abduction « mouvement qui écarte un membre ou une partie quelconque du plan médian du corps »

  • abhorrer « détester, sentir une vive répulsion pour ... »

  • abject, e « digne du plus grand mépris, qui inspire une violente répulsion » (primitivement « jeté à part »)

  • abjurer « abandonner solennellement une opinion religieuse »; « renoncer solennellement à la religion que l'on professait »

  • ablégat « commissaire chargé d'une mission par le pape » (primitivement « envoyé de »)

  • abnégation « sacrifice volontaire de soi-même, de son intérêt, éloignement de son propre intérêt »

  • abroger « déclarer nul (ce qui avait été établi, institué), annuler, casser, révoquer, supprimer »

  • abscission « perte passagère de la mémoire et même de la connaissance, due à un excès de fatigue ... »

  • absence « le fait de n'être pas dans un lieu où l'on pourrait, où l'on devrait être »

  • absorber « engloutir » (primitivement « faire disparaitre en avalant »)

  • s'abstenir « ne pas faire par volonté délibérée » (primitivement « se tenir éloigné »)

  • abstraire « isoler par la pensée (un objet, une personne) »

  • un abusage : [matériaux / verre et céramique] une formation d’éraflures à la surface d’objets en verre, qui est due au frottement de ces objets entre eux ou se produit au contact des équipements de conditionnement ou de manutention. En anglais : scuffing. Journal officiel de la République française du 25/04/2014.


  • signifie « hors de », mouvement de l'intérieur vers l'extérieur : abréaction, en psychanalyse, « réaction d'extériorisation par laquelle un sujet se libère d'un refoulement affectif »

  • exprime un écart quantitatif : abuser « user mal, avec excès ; outrepasser »

  • exprime le point de départ dans le temps : aborigène « personne qui vit dans son pays depuis sa naissance »

  • exprime l'arrêt : ablactation « cessation de la lactation, considérée par rapport à la mère ».


La plupart des dérivés en ab- sont des termes spécialisés. On peut aisément déterminer leurs aires d'emploi qui rendent compte à la fois des quelques mots analysés en synchronisme et des mots où le préfixe n'est plus analysable :

  • en droit : abdiquer « renoncer à » (au trône) ; abolir « supprimer, abroger, annuler » (abolir une loi) ; abroger

  • en géologie : ablation « perte de substance subie par un relief » ; abrasion « usure mécanique d'une roche par l'eau chargée de débris »

  • en médecine : abcès (d'abcéder) « amas de pus collecté aux dépens des tissus environnants détruits ou refoulés » ; abduction ; aberration « dérangement, déviation hors de l'état normal » ; ablactation ; ablation « action d'enlever chirurgicalement une partie du corps » ; abortif « qui est venu avant terme » « se dit des substances dont l'absorption passe pour provoquer l'avortement » ; abrasion « séparation ou excision de petits fragments muqueux superficiels » ; abréaction ; abruption « fracture transversale d'un os avec des fragments rugueux » (à comparer cependant avec abrupt) ; abscission ; absence (et aussi l'emploi courant du mot) « perte passagère de la mémoire et même de la connaissance, due à un excès de fatigue, ou à une intoxication ... » ; abstème.

  • en morale et psychologie : abhorrer « avoir en horreur, détester au plus haut point » ; abjection « extrême degré d'abaissement, d'avilissement » ; abominable « qui inspire de l'horreur, affreux, atroce, horrible, monstrueux »

  • en philosophie et didactique : abscons « difficile à comprendre » abstraire.


Tous ces termes ont une valeur superlative. Quand ils ne sont pas spécialisés, ils relèvent d'un style soutenu.

Ce préfixe présente en latin une forme simple : ab- et une forme élargie : abs-.

Actuellement ab- n'est productif que dans la langue scientifique. Pourtant il est analysable dans un nombre relativement élevé de mots : abarticulaire, abjurer, ablactation, abnégation, abréaction, abscission, abuser, abstenir, (abs-),... On trouvera parfois l'opposition ab- / ad-.

Le préfixe ab- s'oppose, du point de vue sémantique, à ex-, qui marque le mouvement de l'intérieur vers l'extérieur, et à de-, qui peut exprimer le mouvement de haut en bas, ou la diminution. La langue semble avoir préféré de- à ab- et ex-.